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24 janvier 2023 2 24 /01 /janvier /2023 07:27

« SOUMISE » par Christine ORBAN

 

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2023

272 pages

20,90 €

 

Les romans historiques ont toujours un danger, celui de  broder qui éloigne de la vérité. Qu’en est il de ce roman de Christine Orban qui veut « soulever le voile des non-dits »  où  l’amour fraternel  frise l’inceste , où une petite fille, âgée  de huit ans à peine, séduit par ses talents poétiques la reine de France,  Richelieu et même le grand Corneille ? La bibliographie de l’auteure atteste le génie de ces deux enfants de la famille Pascal,  leur différence de tempérament qui déchire leur cœur.  Blaise  est aussi brillant que Jacqueline  effacée, celui-là est tout en raisonnement, celle-ci tout en sentiment.  Marie Nimier a déjà écrit dans « Petite sœur » l’attrait qu’un frère peut avoir pour une cadette. S’il est bon ton de défigurer des sentiments familiaux en  tentations , il est encore plus courant de révéler le fanatisme où peuvent mener des convictions religieuses. Le jansénisme est l’exemple parfait.  Après que celui-ci ait dépouillé Jacqueline , c’est au  tour  de Blaise de renoncer au monde .  Sa découverte de l’existence du vide  qui rend le vieux  Descartes méchamment jaloux et celle de la machine à calculer qui  séduit jusqu’à la cour de Suède  ne suffisent plus à son bonheur  personnel. Jacqueline va par tous les moyens lui inculquer  ce désir de  « mourir au monde » et elle y parviendra.  Christine Orban  convainc le lecteur de  la réalité de ces mortifications  en faisant part de sa découverte, aux archives de la Bibliothèque Richelieu de Paris, non seulement du Mémorial du savant converti mais de la cilice  avec laquelle il se mortifiait.  Le roi Louis XIV et le pape Alexandre VII mettent fin aux erreurs théologales et au fanatisme  dangereux   tandis que Christine Orban  reste  hantée par cette quête du  bonheur qu’elle soulevait déjà dans son roman « N’oublie pas d’être heureuse ».  Ce dernier livre « Soumise »,  parfaitement écrit et documenté,  ressuscite  à merveille  ces écrivains qui tentaient  comme Chateaubriand d’apporter  quelque boussole ou bouée de secours  aux athées et aux libertins de l’époque.   A d’autres temps …d’autres mœurs...

B. C. D.

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19 janvier 2023 4 19 /01 /janvier /2023 14:22

« La sainte Russie contre l’Occident »  par Kathy Rousselet

 

Editions : Salvator

Parution : Octobre 2022

170 pages

18,50 €

 

Ce livre de Kathy Rousselet,  spécialiste des questions religieuses en Russie post-soviétique, ne peut passer inaperçu. Dans cet ouvrage elle montre l’interdépendance entre l’Eglise orthodoxe et le pouvoir poutinien,  et confirme le nombre croissant des siloviki chargés à l'application de la loi au sein des religieux.  Elle insiste surtout sur le ciment de cette alliance qui n’est autre qu’une propagande contre l’Occident   accusé de perversité morale.   La mémoire  de la rigidité du régime soviétique mit dans un premier temps un frein à l’intervention de l’Etat au sein de la famille ou lors de certains évènements artistiques choquants. Mais quand les orientations sexuelles non traditionnelles firent leur apparition , elles furent  perçues comme un véritable danger religieux pour Kirill, le patriarche orthodoxe, et démographique pour Poutine.  Si Kathy Rousselet émet quelques doutes sur les convictions  morales de Poutine, une chose est certaine c’est que Kirill et Vladimir Poutine ont la même vision  impérialiste de la Russie.  Le souci d’expansion du patriarcat de Moscou et la concurrence grandissante avec le patriarcat de Constantinople expliquent son alliance avec l’Etat lors des guerres en Georgie et en Syrie.  Tout en prônant les qualités pacificatrices de la religion, Kirill justifie la guerre en Ukraine en la présentant d’abord comme « préventive » contre les forces du mal puis « cosmique », avec un désir de « rééducation » générale. Ainsi  le patriarcat de Moscou s’oppose autant au patriarcat de Constantinople qu’à l’Occident, nourrissant à la fois la propagande de Poutine et celle de son Eglise. Mais tous ne sont pas d’accord. Quand un métropolite proclame que l’Eglise « n’a que l’arme de la prière » ou qu'un autre  appelle à « transformer les épées en socs de charrue » ou qu’un autre s’oppose contre « l’opération spéciale »  ils sont  dénoncés,  contraints à se taire, à démissionner. Le prêtre Ioann Bourdine déchargé de ses fonctions ne cache pas que cette guerre  est  « un mensonge satanique car il s’attaque non seulement à la vie humaine mais aussi à l’âme humaine ». Ce livre est passionnant et d’une précision imparable. B. Clavel Delsol

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 13:31

« L’ancien calendrier d’un amour » par André Makine

 

 

Editions : Grasset

Parution : Janvier 2023

195 pages

19,50 €

L’atmosphère du dernier  roman d'A.  Makine est recouverte de ce halo mystique  qui rend toujours  la Russie un peu mystérieuse. Malheureusement la comédie humaine y existe et engendre de tels faux-semblants qu'ils finissent par orienter guerres et révolutions. Valdas va-t-il y échapper? C’est dans  la somptueuse villa paternelle  dénommée  Alizé qu’il découvre  le double jeu des  adultes invités. Ceux-ci,  artistes et libéraux, s’amusent, avec libertinage et cynisme,  à remplir des rôles qui ne sont pas les leurs . A l’Alizé  Valdas préfère de beaucoup  le café Vulcain où il trouve la sérénité des vies simples,   ou bien  la maison suspendue au milieu des rochers où il découvre la pureté de l’amour. Lui aussi est capable d’être un acteur  héroïque , celui qui sauve Taïa des trafiquants . C’est précisément ce gouffre, entre  les nantis  et les laborieux appelés à tort les bas-fonds  de l’humanité, qui va  stimuler  Valdas à  tenter d’échapper à l’Histoire. Car sous les discours pleins d’humanisme des pseudo-intellectuels   perce une condescendance  vis-à-vis des plus pauvres qui exclut et engendre une blessure incurable . Et comment refermer celle-ci si ce n’est par la violence contre des  « poitrines au cœur introuvable » ? Alors Valdas se raccroche  au calendrier des jours heureux où « sa »Russie connaissait des « situations difficiles mais  vraies », contrairement  à celle d’aujourd’hui où il faut saisir à tout prix  une série d’ opportunités, faire ses preuves et opter pour des  fuites en avant qui emprisonnent plus qu’elle ne libèrent. Le livre tout en nuances  et en prose  poétique  se lit à toute allure. Au lecteur de percevoir comme Makine et Valdas  ne font qu’un,  tous deux  pleins d’idéal  pour faire face à une société de noctambules épuisés où jamais personne ne les attend, si ce n’est Dieu lui-même. Mais faut-il encore Le voir… !!!

Brigitte Clavel Delsol

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11 janvier 2023 3 11 /01 /janvier /2023 15:27

                                     « ELEFTHERIA »  par Murielle Szac

 

Editions : Emmanuelle Collas

Parution : Août 2022

352 pages

19 €

Quand on aime la Crête , comment ne pas se pencher sur son passé, sur ses paysages et ses habitants ?  Murielle Szac s’y consacre avec dextérité,  se limitant aux années 1940  où l ’île grouille de vie, de soleil ardent , d’histoires familiales ,  le tout recouvert par un esprit religieux qu’il soit juif ou chrétien . Peu importe pour le rabbin si  la jolie Stella épouse un goy, et si Rebecca a des relations hors mariage.  Il y a des sujets plus brûlants, les Allemands approchent , les évènements se précipitent, les placards anti-juifs recouvrent peu à peu les rues, les parachutistes et les bombes nazis tombent du ciel sans qu’on y  ait vraiment cru. Certes  les choix  des habitants  sont différents,  mais tous sont soumis au même sort, celui de la guerre, et aux mêmes aspirations, celles de la liberté, éponyme du titre grec du livre. La narration de Murielle Szac est fragmentée, sans toujours des liens logiques, par des portraits, des anecdotes, des impressions qui se gravent dans l’appareil  du photographe polonais en même temps que dans la mémoire du lecteur. Livre qui fait revivre maints héros ou traîtres, fuyards ou espions, artistes ou simplement protecteurs des plus faibles et dont les souffrances n'enlèvent rien  à la beauté de la Crête .

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31 décembre 2022 6 31 /12 /décembre /2022 10:29

« VIVRE VITE »  par Brigitte GIRAUD

 

Editions : Flammarion

Parution : Août 2022

206 pages

20 €

 Si il y’a quelque chose  que je n’aime pas c’est de jauger le destin avec des “si”, de remonter le temps avec remords . Et pourtant Brigitte Giraud  s’y exerce à merveille . Car si  je n’avais pas lu “Vivre vite” je n’aurais jamais réalisé comme  l’humour est plus fort que les lamentations, comme  la vérité  est supérieure au déni, comme un départ sans au revoir laisse anéanti, comme le goût du risque est grisant ou un coup de fil utile, et comme après vingt d’absence le vide est toujours là. Livre réaliste où inconsciemment on dépanne un petit frère même une fois adulte,  où on confie des petits riens à une mère intrusive, où  le souvenir de la musique pop et de la jolie maison  égaie encore le présent.  L’auteure n’a rien oublié de cette société « bien huilée » où chacun reste à sa place.  Et si le   bien aimé la protégeait à son insu , si c’était son souffle qui lui avait dicté ce livre,  peut -être qu’ à force de scruter le ciel  Brigitte Giraud finirait par prouver  qu’il y a bien  une vie au-delà du terrestre.  En attendant  le prix Goncourt est une grande consolation et pour le lecteur une belle leçon de vivre vite intensément…

 

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30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 10:59

                              « La gloire des petites choses »  par Denis Grozdanovitch

Editions : Grasset

Parution : Novembre 2022

221 pages

20 €

 

Pas étonnant, selon  Denis Grozdanovitch,  que la poésie soit de nos jours tant délaissée !  La prétention intellectuelle et  le désir d’obscurantisme  n’ont  rien d’attractif. « Ne fermez pas vos portes, orgueilleuses bibliothèques… ». L’art abstrait n’attire pas celui  qui attend une révélation en osmose avec le réel.   L’ expression, souvent bien trop conceptualisante, outrage celui qui ne la comprend pas. Or la mission de l’artiste  est de partager cette transe poétique ressentie  à la vue des petites choses, d’apaiser l’angoisse suscitée par le passage du temps en redonnant  sens  à l’intime et sa raison d’être à l’empathie. L’auteur  se défend de toute idéologie. Il présente en vrac  toutes ses expériences vécues, ses découvertes poétiques, ses intimes impressions. Il en conclut que l’absurdisme de l’existence a pour   antidote  les « éphémères vermeilles du quotidien » et que seul un vaillant courage peut contrer le nihilisme ambiant engendré par une société ultra-technicisée. Le lecteur est en droit de regretter que ce livre évolue plus dans le sens d’une critique littéraire que vers une création poétique personnalisée. Puisse le prochain livre du professeur d’échecs et de philosophie être  exclusivement un recueil de poèmes ! Car c’est indéniable, D. Grozdanovitch a l’âme d’un poète-jardinier qui rêve d'embellir la terre d'ici-bas...

B Clavel Delsol .  

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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 18:30

« Le Paradis est épars » par Chantal Delsol

 

Editions du Cerf

Parution : Janvier 2023

169 pages                                                                                                                                       

18 €

La montagne est à l’honneur  dans les romans d’aujourd’hui. Après  Sylvain Tesson et Valentine Goby,  elle inspire Chantal Delsol, autant par la   beauté de ses sommets que par la sagesse de ses habitants.  Chris, son héros,   court  à toute allure dans ce beau massif des Ecrins dont il semble connaître à merveille les moindres recoins, car le temps est compté, il faut  retrouver un ami disparu.  Sa frénésie des sommets ne l’empêche pas de relater savamment l’historique de son  petit village de Vallouise, la fierté de ses ancêtres protestants,  à son ami Lorenzo jeune touriste italien. Au physique fragile de Lorenzo s’ajoute   un mal-être romantique que  Chris se promet bien de guérir.  Car la montagne n’offre -t-elle pas toutes  les joies de la liberté  et du risque qui font grandir ? Si les épreuves de la vie n’épargnent pas les  deux  protagonistes, la montagne les réunit toujours, jusqu’au jour où Lorenzo part seul, trop confiant dans ce paysage majestueux où Chris cherche à le rejoindre. La joyeuse insouciance du début du livre s’estompe peu à peu au profit d’une sagesse mûrie par les évènements.   La montagne interroge. Y aurait-il de la suffisance à vouloir narguer crevasses et ciel menaçant, du masochisme  à se forcer d’aller toujours  plus haut ? La montagne a sa réponse. Si crapahuter est un jeu d’enfants, l’esprit de conquête se transforme vite en quête spirituelle.  Car le fil conducteur du guide n’est autre que celui de la responsabilité des autres où qu’ils soient, au fin fond des villes comme au cœur des Ecrins. Livre plaisant et plein d’audace  qui plaira à toutes générations confondues.  

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23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 11:40

« Un enfant sans histoire »   par Minh Tran Huy

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2022

205 pages

21,50 €

 

« Un enfant sans histoire » est  l’histoire tragique du petit garçon  autiste de Min Tran Huy qui  conte tous ses combats de mère : diagnostics médicaux pessimistes, théorie de traumatismes psychanalytiques  culpabilisants, énormes  efforts financiers de prise en charge , quotidien invivable de jour comme de nuit. Il faut une forte santé mentale et un amour incommensurable pour aider son enfant à sortir de l’isolement et à acquérir son autonomie. Mais  la romancière ne désespère pas.  Temple Grandin,  issue d’une grande famille américaine avec le même handicap que le petit Paul, n’a-t-elle pas fini par effectuer un magnifique parcours professionnel ?  Si l’opiniâtreté de sa mère est à l’origine des quelques progrès  de Temple, le ranch de sa tante va être le facteur déclenchant de son ouverture au monde.   L ’empathie de la jeune fille pour les animaux lui révèle ses propres frayeurs et l’incite à lutter désormais pour un meilleur bien-être du bétail aux abattoirs.  Sa thèse de doctorat en science animale aura des répercussions sur toute l’Amérique et fera de Temple une héroïne. Qu’en sera-t-il du petit Paul pour lequel sa mère a tout essayé ?  Si les efforts déployés par celle-ci n’ont guère de résultat, sa  profonde tristesse  finit par faire de ce  petit garçon bouclé l’âme  de ce beau livre qui force à penser que « l’autisme n’est pas un ennemi à abattre », mais la source d’une réflexion sur la dimension de la souffrance humaine et le sacré de la vie . 

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20 décembre 2022 2 20 /12 /décembre /2022 17:13

                                   « L’ILE HAUTE »     par     Valentine GOBY

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2022

268 pages

21,50 €

 

Les paysages de montagne de  Valentine Goby sur les hauteurs de Chamonix et plus précisément de Vallorcine sont  de  véritables peintures. Ils font oublier à Vincent, petit parisien de passage venu soit disant soigner son asthme, la séparation des siens. Tout rayonne et resplendit.  La blancheur de la neige, le rouge  flamboyant des sommets, le bleu des yeux de l’aveugle,  le vert  des champs qui fonce avec les saisons l’émerveillent. Même les  cloches des troupeaux et  les sonorités des mots nouveaux   se revêtissent des couleurs des tableaux de Kandinsky. C’est le temps des découvertes, de la contemplation, de l’insouciance. Mais derrière tant d’émerveillement  et d’innocence se cache une ombre. L'absence de Blanche, les sorties d'Eloi dans la nuit, le départ d'Olga, la nuée de piérides font resurgir l'angoisse refoulée.  Les dessins de Vincent n’ont pas la magie du paysage mais comportent des taches noires  pleine de stries inquiétantes. La féerie  des lieux va-t-elle durer ? Un jour Vincent devra redevenir Vadim, fuir les nazis en rejoignant  la frontière suisse. Car on est en pleine guerre mondiale , ce que la famille adoptive de Vincent lui a consciemment fait oublier.  Ce livre plein de lumière dans un contexte historique tragique est un hommage rendu autant à la beauté des montagnes qu’à la noblesse de cœur   de ces  familles qui savaient braver les ennemis autant que la rudesse du climat et les cruautés de la vie. Livre magnifique où le style de l’auteur fait preuve de la même délicatesse que ces Justes de France inspirés par  le silence des montagnes.

 B.   Clavel Delsol

 

 

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18 décembre 2022 7 18 /12 /décembre /2022 16:27

                                                              « LA ROBE DE Hannah »

                                                                 Berlin 1904-2014

                                                                    par Pascale HUGUES

Editions des Arènes , 2014

 Editions J’ai lu chez Poche , 2016

344 pages

7,50 €

Comment s’enraciner  pendant vingt-cinq ans dans une rue berlinoise sans connaître son passé ? Cette rue est si ordinaire que son nom ne sera jamais mentionné. Mais quand les façades sont trop lisses, ne cherchent elles pas à cacher quelque chose, une tristesse, un mystère ? Sans doute la profonde  déception de n’avoir pas eu le temps après la victoire de 1870  de rivaliser avec Paris ou Vienne, alors qu’elle était peuplée principalement de  Juifs aisés !  Alors Pascale Hugues  lance un avis de recherche   pour rassembler les témoignages des habitants aujourd’hui dispersés. Les résultats sont inespérés, les réponses arrivent de tout côté,  de l’immeuble voisin ou celui d’en face,  de la maison de retraite du quartier, et même  depuis Haïfa et de  New York . Tous sont encore meurtris  des réquisitions et des horreurs subies par les nazis,  mais  tous préfèrent  envelopper le passé  de la douceur des  rares moments heureux et de leur espoir dans un exil possible. La plume très discrète de l’auteure semble écarter toute haine et désir de vengeance, comme si la rareté du bonheur voulait pérenniser la beauté de la vie.  La robe d’Hannah ou les meubles d’Ursula suffisent à témoigner des beaux jours. Les  bons  souvenirs ressurgissent , le goût de la vie revient, les décombres finissent par se transformer en buttes verdoyantes d’herbes folles , et  l’exemple des « femmes des ruines » en  moteur de l’économie allemande !  Puis le style de Pascale Hugues devient rapide et nerveux.  Elle constate que sa rue connaît  un  rythme effréné d’expulsions au profit de riches résidences, la colère des écologistes augmente, le  promoteur immobilier se révèle être  celui-là même qui construisit le bunker du Führer . Ainsi la roue tourne, la paix ne dure pas, seuls les souvenirs demeurent !  Très joli livre qui révèle l’incompatibilité du rêve et de la réalité…B. Clavel Delsol

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