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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:09

Editions : Gallimard

Parution : Mars 2017

181 pages

17 €

Estimation : 4/5

 

« Le petit garçon » n’est plus. L’adulte enquête sur le passé de Nekta, cette mère aimante, dont le lecteur se souvient   de  la discrétion comme du courage. Qui aurait imaginé que cette jeune épouse d’un conseil juridique grisonnant ait connu les affres d’une enfant abandonnée à plusieurs reprises ? Il est de bon ton de déballer  les histoires de famille mais Philippe Labro le fait sobrement, comme un devoir vis à vis de cette femme à laquelle il doit son succès littéraire. L’histoire de chacun  apparaît  alors comme  « un véritable roman » même si  les conseils d’une mère sont toujours les mêmes. Car elle seule sait  que la vie est dure mais  « belle » et la famille fragile : « Voyez-vous, ne cessez pas de vous voir ». Un très bon moment de lecture qui nous fait apprécier un Philippe Labro toujours aussi sensible  et soucieux d’aimer suffisamment.

 B.C.D.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 08:26

Editions : Equateurs –Littérature

Parution : Janvier 2017

190 pages

18 €

Estimation : 4/5

 

 

On dit que les miracles s’accomplissent dans la plus grande simplicité. Pierre Adrian s’inspire sans doute de cette pensée car, en suivant les pas d’un vieux curé de montagne, il redonne vie à tous les villages surplombant la vallée d’Ossau. Aydius, Masparraute, Marie-Blanque, ne sont pas des noms mythiques. Déjà Francis Jammes,  enfant des Pyrénées,  avait chanté ce coin de France. Pierre Adrian va au-delà d’une simple  description du paysage ou du portrait d’un saint homme. Il rappelle que l’austérité du lieu n’est pas seule responsable de sa désertion. Les rivalités entre partisans d’une voie de chemin de fer ou de bitume, entre Basques et Béarnais, ne facilitèrent pas la communication. Chargé d’un monastère en plus de douze communes et dix-sept clochers, seul ce moine–curé permet de croire que Dieu n’a pas abandonné cette région. Les pèlerins comme le pécheurs y trouvent, comme  l’auteur malgré son jeune âge, non seulement un refuge de paix où le dévouement n’a point d’heures ni limites, mais une source de vie. Car il suffit d’un homme de foi  pour maîtriser  les sommets et ne pas tomber dans le gouffre du suicide... Ce bel itinéraire attirera même les  globe-trotters, car si  on passe cette vallée, on y revient toujours …

B.C.D.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 08:37

Editions : Gallimard

Parution : Février 2017

234 pages

20 €

Estimation : 2 /5

 

« Croire au merveilleux » est la suite du précédent roman d’Ono-dit-Biot. Le lecteur y retrouve César, maintenant veuf et désespéré. Alors César pense au suicide, prend des médicaments et s’enfonce dans un état comateux.  Son rêve l’emporte dans un voisinage  où moeurs étranges et évènements politiques se fondent dans un pastiche d’œuvres antiques. Le style de l’auteur est semblable à l'écartèlement moral de César,  alterne entre le désespoir et des descriptions  paradisiaques. Les voyages sont plus excitants qu’une bibliothèque et les femmes plus provocantes qu’aimantes. Les îles méditerranéennes offrent des grottes pour refuge comme chez Novalis,  ce qui n’empêche pas d’entendre  en arrière-fond  guerres et attentats qui sont le tabou des soirées arrosées. «Face à ce déluge de violence, que peut-on dire à son enfant ? »  L’hyper-information et le monothéisme seraient-ils la cause de tous   les antagonismes? C’est alors  le retrait sur une île déserte, le souvenir de l’innocence de l’enfance, les retrouvailles des battement du cœur  de son épouse . Quelqu'un arrivera-t-il à temps  pour sortir César de sa torpeur et lui dire que son petit garçon  l’attend? Une illustration typique du rêve selon Bachelard: « Nous souffrons par les rêves et nous guérissons par les rêves ».

 

 

 

B.C.D.

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 16:45

 

Editions du Cerf

Parution : Avril 2017

206 pages

15 €

 

 Dans « Un personnage d’aventure » Ch. Delsol parachève son « Eloge de la singularité ». Ici la philosophe part de la vulnérabilité de l’enfant trop souvent aux prises d’une éducation conditionnée par la culture de son époque.  Avec une précision de scientifique et maints arguments d’autorité elle n’hésite pas à dénoncer  les conséquences tragiques  que peut engendrer une éducation volontariste ou libertaire, idéologique ou nihiliste. Selon elle, non seulement la jeunesse en  est la première  victime, mais l’essence  même de l’homme est dénaturée. Il y a confusion entre le dessein de l’homme  et la nature de l’animal. Car, contrairement à « l’inachèvement spécifique » du petit animal, l’enfant est « dans l’attente d’un achèvement » personnel. Se déroule alors un magnifique panégyrique de l’art d’initier où l’essentiel réside dans l’authenticité du message transmis qui peut aller jusqu'au sacrifice de soi. Car l’enfant perçoit le mensonge quand la vie privée ne correspond pas à la vie publique et, "si il  imite avec ferveur,  il récuse avec passion ».  Ch. Delsol est catégorique, l’enfant a besoin de bases sûres. Laisser à celui-ci  libre choix sans boussole c’est lui offrir le néant. D’où la nécessité d’un refuge familial le plus stable possible. L’auteure n’a  pas la prétention de présenter une méthode d’éducation, mais pour simple but de contribuer à la bonne marche du monde où  le seul vrai bonheur de l’homme  est de se sentir utile  et de savoir le transmettre.

B.C.D.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:27

« Une journée de bonheur »  par Pascal Quignard

 

 

Editions : Arléa

Parution : Mars 2017

143 pages

11 €

 

A ce sempiternel conseil « carpe diem » Pascal Quignard s’efforce de donner une réponse aussi poétique qu’historique et philosophique.  Le temps est découpé en jours comme la nature sauvage en fleurs. Et si la  fleur par définition ne doit pas être arrachée à son enracinement, néanmoins certaines civilisations la coupent sans hésitation en hommage à leur Dieu,  à leurs défunts, à tout hôte accueillant.  « Sacrifier, c’est offrir de la vie à la vie pour plus de vie. » De même s’il paraît arrogant d’extirper le jour au Temps, il est sage de le  distinguer de la journée qui, elle, se doit d’être cueillie avec un plaisir religieux. Car la caractéristique du beau n’est pas la durabilité  mais plutôt la fragilité. De même la splendeur de l’aube se trouve dans sa promesse d’esquisses et d’éclosions de vie. Et quand la place est au silence,  la lumière s’estompe, arrive le grand crépuscule. Rien pour combler ce vide, si ce n’est  la prière du soir, simplement pour avoir encore l’espoir d’un jour, ou l’écriture, car « pas un jour sans ligne » et  « pas une ligne d’horizon sans un jour ». Un mot entraîne  un autre, et son étymologie révèle son secret. Ainsi « jadis » se décompose en « jà a dies », ce qui veut dire « déjà il y a eu un jour », ce qui implique qu’il y en aura d’autres. Poète helléniste avant tout,  point de tristesse en Pascal Quignard même si le trépas  hante son sommeil: « J’ai connu plusieurs milliers d’aubes. Je ne m’en suis jamais lassé », De très jolis mots, mais le sens ne s’y perd-il pas ? Non, car la beauté afflue…

Brigitte Clavel Delsol.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 19:30

Editions : GALLIMARD
Parution: Septembre 2016
175 pages
17,50 €

Estimation : 4,75 / 5 

Cinq voix venues de Mayotte suffisent à transformer  ce roman magnifique en un témoignage aussi réaliste que tragique. Cinq points de vue différents mais convergents vers le même désespoir. Malgré tout l'amour maternel de Marie, Moïse, partagé entre deux cultures, devient la victime de Bruce, chef d'une bande de délinquants. Olivier est un gendarme désespéré et Stéphane un humanitaire déçu. En arrière fond une île de rêve, au parfum d'eucalyptus, bordée par le plus beau lagon du monde. Bénéficiant du statut de département français voté  depuis un récent référendum, Mayotte est l'eldorado des Comoriens, des Malgaches et d'Africains , ce qui finit par transformer ce paradis en un enfer d'insécurité. Natacha Appanah transcrit avec talent ce qu'elle décrypte dans les cœurs et les coutumes, révèle la bonne volonté de certains et l'engrenage de haine dans lequel d'autres s'enfoncent. Mais point de fatalisme dans la trame de son roman. Après toutes les souffrances endurées, Moïse est lucide. Ce n'est pas "du pain et des jeux" dont il a besoin, mais simplement "un objet qui ne soit rien qu'à soi, même si ce n'est qu'une brosse à dents". Ce souhait réalisé par Hernando de Soto en Amérique du Sud sera-t-il entendu à temps à Mayotte ? En tout cas Moïse restera longtemps dans la mémoire du lecteur l'emblème de la misère actuelle où l'absence de propriété et de patrie fait perdre toute espérance et identité.

B. C. D. 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 18:05

Editions : Le Castor Astral

Parution : Janvier 2017

150 pages

14 €

Il a fallu attendre 2015 pour que cet ouvrage sur Paul Verlaine  écrit en 1902 par S. Zweig soit traduit en français. Olivier Philipponat, biographe bien connu, rattrape ce retard avec une préface prometteuse et bien justifiée. Car l’exploration poétique de Stefan Zweig se veut connaissance de l’homme et du monde qui l’entoure, au moyen d’un style imagé  qui entend percer le secret des cœurs et des choses. La vie de Verlaine  est « un merveilleux jardin de fleurs d’une beauté séductrice, d’une perversité bariolée, dans lequel lui-même ne s’est jamais senti à son aise ». C’est en  fin psychologue que S. Zweig nous dépeint ce poète comme  un « enfant effrayé » ou un « mendiant accablé », sans pour autant dissimuler sa faiblesse en la qualifiant de « masse molle dénuée de force et de résistance ». Car on le sait, à peine relevé de ses déboires, Verlaine rechutait, ce que S. Zweig explique parfaitement par l’écartèlement intérieur de deux forces,  le sensuel et le spirituel, qui doivent s’unir plutôt que se combattre, et que malheureusement  des caprices, purs ou dépravés,  finirent par gagner. Nul doute que c’est à Verlaine qu’on doit l’inspiration de « Bruges », beau poème de S. Zweig avec lequel il termine son livre, "Tel un enfant aveugle qui abandonne soudain la main du guide. »

B.C.D

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 13:44

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2017

358 pages

22 €

 

Ce parcours de Gilles Lapouge  dans la littérature  révèle  un contemporain dont le lyrisme et la hantise du néant n’échaperont à personne. Le choix des romanciers présentés est basé  sur l’art littéraire, une « extension de la vie » selon Henry James. Les écrivains  souffrent de ne  trouver que du vide et  s’efforcent alors de créer et d’inventer. Car « la vie est un piètre écrivain" dit Somerset Maugham. Ainsi les épreuves ont passé sur Colette, sur Marguerite Duras et Edgar Poe, mais ont nourri  leur style. Ce n’est pas le cynisme de Maupassant qui est à l’origine de son succès littéraire, mais  sa pitié pour les hommes et la finesse de son étude des sentiments. Les nouvelles de Zweig sont des trompe-l’œil. Elles dépeignent des décors de luxe alors que lui-même est conscient du tragique des évènements en Europe.  Quant à la Provence de Giono, G. Lapouge la considère comme une  pure invention, résumée en un mot par le titre de son dernier ouvrage,« l’Absente », l’imaginée, l’irréelle. Ainsi c’est la sensibilité de G. Lapouge qui domine dans cet ouvrage, doublée d’un pessimisme indéniable. Il entrecoupe son livre de chapitres personnels où transperce son angoisse devant  le  réchauffement climatique et  une robotisation poussée à l’extrême. La poésie serait donc  sa priorité, mais sans tenir compte des conseils de  Simenon qui voulait une  littérature non orientée. Car G. Lapouge ne cache pas sa fascination pour les Anthropophages, artistes brésiliens du siècle dernier, dont le  but était d’expulser la culture française de leur pays. Ecrire est impossible « quand les enfants se meurent à cause de la méchanceté des hommes ou peut-être à cause du bon Dieu ». Ainsi  l’essence universelle et spirituelle de l’art est niée. La guerre aux civilisés est déclarée et  toute espérance condamnée. Triste avenir culturel !

B.C.D

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:34

Les Editions de Minuit

Parution : janvier 2017

 174 pages

14,50 €

Estimation : 4,5/5

Un seul lieu : le bureau d’une maison d’arrêt. Une seule voix, celle de Martial Kermeur qui  justifie son crime. Car Kermeur l’avoue dès le début : il  a abandonné  en mer le promoteur Antoine Lazenec tombé de son bateau et c’est, selon lui,  « une œuvre de salut public ». Alors le lecteur comme le juge d’instruction écoutent en silence cet homme inculpé de non-assistance en danger. Certes en arrière fond il y a la rade de Brest, grise de brume et d’eau sombre,  qui empêche d’y voir clair. Mais  Lazenec à l’allure de cow-boy  a convaincu les ouvriers licenciés de l’arsenal de Brest que leurs indemnités de chômage pouvaient transformer ce triste  village en un St Tropez de luxe. Et c’est  là que réside le talent de l’auteur : la simplicité d’expression de Kermeur et l’authenticité de ses sentiments  contrastant avec la malhonnêteté  désinvolte mais séduisante de Lazenac. A la fin du roman le personnage qui semble le plus important bien qu’absent n’est autre qu’ un enfant, celui de Kermeur,  auquel le lecteur ne porte pas plus  d’attention que Kermeur lui-même , non pas qu’il ne l’aime pas, bien au contraire, mais parce qu’il ignore la souffrance filiale  devant l’impuissance de la vieillesse  paternelle. Très beau livre qui aborde plus d’un sujet jusqu’à ajouter un nouvel article au code pénal …

B.C.D

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:11

 

 

Editions du ROCHER

Parution : Avril 2016

510 pages

19,90 €

Estimation : 4,5/5

 

Sous l’hilarité  de ce roman perce une peinture sociale bien réaliste! Malgré une grève générale, le comique de situation commence dès la première page par la nécessité d’un abonnement au club de jujitsu, seule solution à Fred Beaumont laissé en "gare divorce"  par une carriériste ! Quand il accepte un job de pigiste dans « Libertas » pour défendre ses convictions libérales sous le pseudonyme de Félix Paquette, il ne donne pas sa démission au « Journal » de gauche, car quand on a un CDI, on s’y accroche ! Alors la sincérité des sentiments de Fred va devoir en permanence lutter pour dissimuler son double jeu. Si, pour une révolutionnaire convaincue comme Audrey, « c’est horrible de coucher avec un mec de droite », pour un journaliste plein de probité intellectuelle c’est encore plus dur de couvrir en même temps plusieurs évènements  pour deux journaux antagonistes! Mais Fred fait face et le lecteur, en tremblant avec cet anti-héros du début à la fin, rit tout autant. Excellent roman satirique où l’auteur tourne en dérision l’aveuglement d’une société, qui sous prétexte de justice sociale, fustige l’esprit d’initiative au profit de bureaucrates neurasthéniques ! Menottés par un Etat qui leur procure tout, y compris le risque zéro, les citoyens ne manquent de rien, sauf de l’essentiel : « l’estime de soi et le respect des autres ». Jusqu’au jour où la dette nationale explose…A travers ce miroir de l’actualité, c’est une tentative de résistance qui s’opère, ou mieux d'espérance, car c'est à toute l'humanité que s'adresse le toast final "A la liberté"! Alors, même ruiné, on est soulagé et on peut sourire...

B. C. D. 

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