Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 12:11


 

 

 

Editions : Salvator

Parution : Avril 2011

275 pages

18 €

 

 

C’est avec un style prosaïque que l’auteur aborde un sujet des plus spirituels dans un contexte tout à fait  ordinaire. Yanis Bastien est las de ses deux adolescents  provocateurs, qui logent chez lui comme deux locataires, indifférents à sa tristesse de père. Ses  nuits deviennent de plus en plus tourmentées,  il sent  peser sur lui une présence inéluctable, voire même « un faible  souffle d’air ». Et si c’était « la brise légère » que ressentait déjà Abraham? Et  si l’excentricité de son fils était tout simplement  celle  de Néonikos, fils de Damalys? Le miracle existe,  dans la Bible comme dans la vie de tous les jours.  L’histoire du clochard qu’il rencontre, Luigi, jadis perceur de coffres-forts, le prouve. Aujourd’hui ce sont les cœurs que celui-ci  perce et réconforte. Comme Jésus, Luigi meurt pour ceux qu’il aime. Comme St Pierre renie  le Christ, Yanis renie Luigi et pleure. Où trouver le soutien de Dieu ? Et c’est là le paroxysme… Yanis court le chercher entre les murs d’une église où il s’entend dire que « le seul lieu sacré est l’être humain ». Alors si Dieu habite son fils, la place de Yanis est à ses côtés…Dommage que l’auteur ne reconnaisse pas  que si les lieux saints étaient plus fréquentés, il y aurait moins d’adolescents désespérés et de parents angoissés …

Brigitte Clavel

 

Par brigitte clavel-delsol - Publié dans : 2011
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 08:09

 

 

Ecrit  en 1931

Editions : Livre de Poche

Parution : Décembre 2009

221 pages

6 €

 


 L’auteur francophile appelle cette vieille aristocrate londonienne «Lady Slane» ou la «veuve» ou «Miladi», ou «Mère», à la dernière page «Sa Seigneurie», mais jamais par son prénom Deborah, sauf quand celle-ci se revoit dans l’innocence de sa jeunesse. Le dévouement silencieux de cette vice-reine des Indes pour sa famille fut  sa qualité majeure. Aujourd’hui, au chevet de son mari défunt, elle surprend son entourage, veut avoir son indépendance, vivre sans la moindre obligation les jours qui lui restent… Hymne à la liberté, à l’amour de la vie, à la sérénité de l’âge avancé « où l’on ne fait confiance qu’à la délicatesse et à la tendresse » et où tout esprit de compétition et de réussite sociale est banni. Alors qu’elle croyait sa vie finie, plein d’imprévu survient. Que va-t-elle alors conseiller à son arrière-petite-fille qui est tout son portrait? Certainement pas le mariage…Et si c’était l’opinion d’une trop vielle dame qui préfère simplement, à une valise de trésors trop lourde à porter, "toute passion abolie » ???

 

Brigitte Clavel

 

Par brigitte clavel-delsol - Publié dans : 2009
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 20:56

                                               

 

Editions : Julliard

Parution : Mars 2011

232 pages

19 €

 

Charles IX a la réputation d’un roi fou. Jean Teulé  lui consacre  une biographie où il révèle avec art et  subtilité  la grande bonté de celui-ci et les raisons  de sa démence en partie provoquée par de plus fous que lui. Le livre commence à la veille de la St Barthélémy où Charles IX est le seul qui fasse preuve de lucidité: il ne comprend pas la nécessité d’un tel massacre, considère l’amiral de Coligny, chef des Huguenots, comme un « père » et non comme un traître. Mais, trop faible pour résister longtemps à l’autoritarisme de la reine mère et aux moqueries de son jeune frère dévoyé, il cède et des milliers d’exécutions ont lieu.  Dorénavant la Seine devant les fenêtres du Louvre est rouge de sang, la France a perdu ses meilleurs serviteurs, les « croa ! » des charognards dans le ciel de Paris  se confondent avec les « crois ! » des fanatiques. Charles IX, hypersensible de nature, s’enfonce dans une tristesse de plus en plus  morbide, fuit toutes les décisions, se réfugie dans la chasse où le sang coule à flot et qu’il a plaisir à boire, mais pas à faire couler … Hémophile de surcroît, il est hanté  par ce sang qui saigne de son propre corps. Personne ne saura soulager ses maux, ni lui expliquer pourquoi  le cerf de la tapisserie murale a son  œil qui change régulièrement de couleur…La solitude des rois n’est pas un mythe.

Brigitte Clavel

 

Par brigitte clavel-delsol - Publié dans : 2011
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 10:00

                                 

               

 

Editions : Flammarion

Parution : Novembre 2011

309 pages

19 €

 

 

Personne ne peut  résister à l’opportunité de sauter dans le Transsibérien ni échapper à l’envoûtement du style de Paolo Coelho et à ses références pluriculturelles. D’où le succès de son dernier livre où le surréalisme est malheureusement trop vite rattrapé par les obsessions de l’auteur. La jeune violoniste  Hilal est éperdument amoureuse de l’auteur-narrateur, lui impose  sa présence alors que celui-ci s’embarque à la recherche tout à la fois d’une paix intérieure  et d’une notoriété auprès de  ses lecteurs. Cet espace clos que représente le train va réveiller en lui ses démons intérieurs qu’il pense être « Energie divine ». Persuadé qu’il est réincarné pour la troisième fois après avoir été un lâche dominicain de l’Inquisition et un écrivain du XIXème siècle, il finit par reconnaître en cette irrésistible  Hilal une de ces femmes de ses vies antérieures par  laquelle il est indéniablement attiré physiquement. Mais l’âge aidant, Paulo Coelho va parvenir à prouver que l’union sexuelle peut être dépassée par l’ « Aleph »,  transe mutuelle en forme d’anneau de lumière où convergent Temps et Espace, grâce auquel des nuits chastes  épargnent une infidélité à sa femme  dévouée !!! Livre somme toute amusant, d’autant plus que l’auteur se considère comme  un métaphysicien émérite…

Brigitte Clavel

 
Par brigitte clavel-delsol - Publié dans : 2011
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 18:16

                                      

 

 

             Editions : Héloïse d’Ormesson

             Parution : Octobre 2011

             121 pages

             15 €

 

 

              Les talents d’écriture de Jean d’Ormesson sont aussi surprenants que les victoires remportées par Bonaparte. Le voilà aborder un genre  littéraire nouveau, celui du théâtre,  avec un style plus jeune que jamais et un thème des plus contemporains: celui de l’ambition politique. Ainsi se déroule la conversation entre Bonaparte, premier consul, et Cambacérès, deuxième consul, dont les propos abordent tous les sujets : conquêtes militaires, manœuvres politiques, réformes sociales, histoires d’alcôves et  désir inassouvi de  richesses chez les futurs princes d’empire. Mais le plus important est la vision de Bonaparte à visage découvert. Ses aveux lui ressemblent. Rien ne fait peur à cet "homme comme les autres", pour qui la gloire est le but suprême. Dès le début de l'entretien il fait acte de sa carrière pour réclamer un titre plus grand que celui de roi.Il veut être César. Il aime la grandeur. Pour y accéder, nul besoin du droit divin : il suffit d’un peu de ruse et trouver réconfort  dans un miroir aux alouettes …

       Brigitte Clavel 

             

Par brigitte clavel-delsol - Publié dans : 2011
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