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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 15:12

 Editions : Galimard

Parution : Mai 2016

375 pages

21 €

 

 

L'histoire est celle de Beckomberga, hôpital psychiatrique des années 30 à côté de Stockholm où l'isolement des malades mentaux dans un cadre spacieux et  verdoyant promet des merveilles. C 'est aussi l'histoire de Jim qui y est interné et celle de sa fille Jacky qui a plaisir à lui rendre visite. Car Jackie est consciente de cette lourde hérédité qui pèse sur ses épaules et ne veut pas l'imposer à son petit garçon . Dans ce  " château des Toqués" elle  décèle un mal-être que l'auteur dépeint avec toute la subtilité de la littérature suédoise, par touches successives qui font des allers-retours entre présent et passé, entre la peur de l'effervescence de la vie  et une soif de tranquillité, entre le désir de vivre et de mourir et l'incapacité d'aimer. Car la  faiblesse psychologique de Jim est telle que seule une vie à l'écart , sans la moindre responsabilité ni la moindre émotion ,  le satisfait. Jusqu' à ce que  les neuroleptiques arrivent sur le marché dans les années 90. L'internement n'a plus sa raison d être, l'hôpital ferme ses portes.  Que va devenir Jim? Quoi qu'il arrive, Jacky  continue à se rendre à Buckomberga, refuge indéniable de celui qui avait peur du monde comme de la solitude et qu'il croyait construit pour lui seul, alors qu'ils étaient  et sont encore des milliers comme lui... Livre de la rentrée littéraire dont la douceur du style estompe la tristesse.

 B C D

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2016
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 15:00

 

 

 

Editions : Zulma

Parution : Septembre 2016

156 pages

17,50 €

 

Si le propre de l’art est de révéler les beautés simples de la terre, il est bien naturel que Audur Ava Olafsdottir  ait une renommée internationale. Sur un tableau sombre d’une petite île islandaise, où les jours se confondent avec les nuits, où la Montagne se perd dans les nuages et le ciel  avec la mer, tente d’avancer Augustina,  car ses jambes sans muscles ont du mal à marcher. Rien n’épargne la jeune adolescente, mais la blancheur de la neige   comme  le rouge des branches de rhubarbe et du sang des perdrix de Noël allument son chemin en direction de  la Montagne où elle s’est juré de parvenir. Si elle y parvient, c’est grâce à ce continuel dépassement d’elle-même qui lui fait se contenter de peu, d’une lettre laconique d’une mère toujours absente, d’une bouteille à la mer pour un père inconnu. A sa persévérance s ‘ajoute celle de trois personnages dévoués qui animent de leur amour désintéressé un paysage sinistre et le rendent enchanteur. Livre plein de réalisme et de symboles,  coloré  comme une peinture naïve  et aussi succulent qu’une confiture à la rhubarbe…

B C D   

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 17:29

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2016

282 pages

20 €

 

Comme toujours chez Laurent Gaudé, le style est envoûtant. Pourtant l’arrière-fond est sombre, le thème est celui de la guerre. En même temps qu’une odeur  de feu et de sang,  c’est la lassitude infinie d’Assem qui émane du roman. Agent des renseignements généraux français  depuis plusieurs années, il est las de remplir  des missions  de détection et se sentir responsable de tant de destructions. De sa mémoire jaillissent pêle-mêle des illustres guerriers qui apparaissent dans leurs faiblesses, conscients  des ravages qu’ils engendrent pour remporter la victoire. Car la seule chose qui compte en temps de guerre  c’est d’avancer. « Et tant pis si c’est en enfer ». Alors les questions se multiplient dans le cœur d’Assem : « Qu’avons-nous réussi ? », « A quoi obéissons nous ? » A quoi bon  tous ces efforts si le monde a plaisir à s’autodétruire ? A quoi bon  si le guerrier est semblable au joueur d’échecs qui rêve que la partie ne s’arrête jamais pour  simplement échapper à l’angoisse de la solitude? Epopée lyrique qui véhicule une réflexion métaphysique. La mort  omniprésente  empêche  tout vainqueur de fêter  sa victoire. Seules les œuvres d’art demeurent hors du temps et c’est pourquoi deux personnages émeuvent le lecteur : Mariam, la géologue irakienne,  et monsieur Assadd, le gardien du musée de Syrte,  seuls conscients de l’importance de la transmission du beau aux générations futures. Livre d’actualité où l’ivresse de détruire va jusqu’à vouloir soumettre le temps lui-même. C’est pourquoi  le lecteur  reste, au risque de se perdre, dans le parcours  labyrinthique de Laurent Gaudé .

B. C. D

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:15

 

Editions : Seuil

Parution : Août 2016

283 pages

18 €

 

Dans son dernier roman, Makine veut sortir le lecteur de ce « théâtre d’ombres » dans lequel joue l’humanité, monde de mensonges et de cruauté. Heureusement l’allégorie du titre est pleine de promesses. Sous le régime stalinien, un commando de cinq  militaires est chargé de capturer un évadé du goulag dans l’immensité de la taïga. L’un d’entre eux, orphelin de parents suspects au parti, puis réserviste de l’armée, se sent  un « pantin de chiffon » au service de l’Etat. Tel est Pavel Gartsev, qui, lors de cette longue traque à l’homme, découvre chacun de ses compagnons, les uns dépendant de leur carriérisme et de leur goût du sang, d’autres capables de sacrifices surhumains. Il finit alors par douter  de l’identité du fuyard lui-même,  si agile et prévoyant, si en osmose avec la nature. Le rythme du roman épouse la lenteur de cette quête de vérité, seule source salvatrice. On y retrouve Makine,  son attachement à la beauté des grands espaces,  son désir de  fuite et de liberté. Et mieux encore, sa conviction que seule « l’attitude de douleur partagée » peut sauver l’humanité. Très beau livre qui fait découvrir une « autre vie » possible,  symbolisée  par l’archipel  sauvage des Chantars juste au-delà de la Sibérie orientale. 

B. C. D

 

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 18:20

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2016
365 pages

22,50 €

Ce  roman australien a tout du roman initiatique où suspense, réalisme et magnifique étude psychologique  feront le plus grand plaisir du lecteur. Vivre une vie d’artiste, loin des contraintes quotidiennes de l'existence , a plus d’un attrait pour cette génération du XXI ème siècle « au cœur d’orphelin » et sans aucun repère. Tom Button le narrateur  n’y échappe pas.   Après avoir  quitté sa campagne pour une vie universitaire à Melbourne, il trouve mieux que l’université : un groupe de pseudo-artistes  en marge de la société auquel il adhère corps et âme. Si ceux-ci lui prodiguent de l’affection, ils le manipulent tout autant. Car aucun d’entre eux n’a de véritables talents, seuls la drogue et l’alcool leur donnent l’illusion nécessaire  pour se persuader d’une vocation artistique. Mais quand un rêve de grandeur dépasse la réalité et révèle l’impuissance, les conséquences peuvent être désastreuses, aller jusqu’au vol, la contrefaçon, le crime. Tom parviendra-t-il à échapper à cette descente aux enfers? Avec une grande  maîtrise narrative et une bonne dose de lucidité sur la responsabilité des adultes, Chris Womersley parvient à raconter une histoire qui passionnera et éclairera plus d’un jeune utopiste.

Brigitte Clavel Delsol

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 19:30

 

 

Editions : Albin-Michel

Parution : Août 2016

295 pages

19,50 €

 

Le  titre  en dit long sur la beauté de ce livre. Le lecteur y retrouve non seulement les célèbres tableaux de Vincent van Gogh mais aussi  sa façon  si particulière de peindre, le besoin de se plonger dans la nature sans même  la regarder. D’où peut-être le drame amoureux qui s’ensuit.  Car Marguerite Gachet fait penser à Adèle H. ou à Camille Claudel, éperdument amoureuse de ce peintre au physique d’ouvrier agricole, avare  de parole si ce n’est de tendresse.  Aux talents de romancier de J-M Guénassia s’ajoutent des extraits de courrier de Vincent van Gogh à sa famille et ses amis, qui ne font que rendre plus crédible cette  douloureuse histoire d’amour interdit. Car Marguerite est la fille du docteur d’Auvers-sur-Oise, censé soigné van Gogh venu trouver du repos. Le Docteur Gachet a du plaisir à fréquenter le peintre, mais jamais il ne lui donnera sa fille.  Le narrateur est Marguerite elle-même, et J-M Guénassia la révèle  telle qu’elle devait être, fille insoumise et révoltée devant la condition des femmes au XIXème siècle, mais pleine de foi dans cette peinture d’avant-garde et d’idéalisme dans sa conception de la liberté. « Un roman plein de mensonges, et de vérités » reconnaît Guénassia.  Car comment jauger  la haine à l’égard de Dieu sur laquelle le livre se finit, quand on a touché, comme Marguerite, à la beauté de la création, qu’elle soit humaine ou divine? 

B C D

 

 

 

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 05:10

 

Editions : P.O.L

Parution : Mars 2016

146 pages

14,25 €

 

Quand Marie Darrieussecq découvre Paula Modersohn-Becker elle n’a plus qu’une idée : faire revivre la  femme qui se cache derrière ses tableaux si longtemps méconnus. Marie Darrieussecq  n’a rien à inventer. La correspondance de Paula avec son ami  Rilke et son époux Otto Modersohn révèle la femme partagée qu’on retrouve dans ses oeuvres. Car la peinture de  Paula est d’avant-garde, n’a rien de commun avec celle toute académique d’Otto déjà célèbre. Pleine de simplicité presque primitive, de couleurs chatoyantes, elle transcende par sa naïveté. Paula est très jeune, pressent sa mort et ne fera aucune concession. Partagée entre  son  petit village artistique   Worpswede au nord de l’Allemagne et Paris qui la séduit, entre un mari conservateur et un désir inassouvi de liberté, les traits de son dessin ont  l’assurance de la femme qui ne veut rien d’autre que de l’authentique. C’est pourquoi Marie Darrieussecq  ne veut pas d’un roman, ni d’une biographie chronologique, mais une suite de pensées propres à Paula dont le titre aurait pu tout aussi bien être « le prix à payer pour parvenir à se réaliser ». Son  style à la fois sobre et concis ne fait qu’augmenter cette  reconnaissance que Paula aurait tant aimé recevoir avant sa mort prématurée. « Comme elle fut courte, ta vie » lui dira Rilke dans son « Requiem à une amie » . Et pourtant  Paula avait  peint  en toute discrétion  plus d’un millier de tableaux. C’est pourquoi Marie Darrieussecq veut « lui rendre plus que justice : je voudrais lui rendre l’être–là, la splendeur.» Car « Etre ici est une splendeur »…

B.C. D.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:28

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2015

192 pages

18,80 €

 

Ce titre est très significatif, car si le roman est la narration de  la libération d’Etienne,  photographe de guerre pris en otage, il va en fait bien au-delà des souffrances morales du prisonnier relâché. En même temps que le lecteur assiste à  la lente réadaptation  d’Etienne, il découvre Irène avec ses éternelles  angoisses de mère, Enzo l’ami fidèle à sa terre, Jofrenka l’avocate obsédée du sort des femmes humiliées comme de celui de ses deux amours d’enfance, Emma lasse d'attendre un mari toujours absent. Jusque là chacun poursuivait  son chemin dans  une  solitude longuement apprivoisée, chacun finissait par  se lover dans  une  paix devenue confortable avec le temps jusqu’à ce que le retour d’Etienne vienne tout chambouler. Ils réalisent que leur vie s’est faite malgré eux, que tous sont  otages de leurs émotions. Ils réagissent  chacun à leur façon, mais tous avec un « sentiment de liberté grande ». Jeanne Benameur ouvre des horizons, mais combien incertains! Irène s’effraie de « voir rentrer dans la maison ce contre quoi elle a toujours lutté »  et laisse entrevoir une tristesse inévitable, celle d’une mère qui sait le parfait  bonheur   impossible. Livre magnifique, très poétique, très romantique, où les mots en disent long sur la difficulté de l’existence  quand une vision  utopique  de la vie se prolonge trop longtemps. 

B. C. D.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 14:54

 

Editions : Albin Michel

Parution : 2014

231 pages

18 €

 

 

Si le lecteur avance dans ce livre comme dans un labyrinthe, il a une certitude : « l’enfant des marges » n’est pas unique, il est  à la fois Valentin le petit-fils fugueur et Ioan le grand-père.  Un jour Ioan, reclus dans les Cévennes, décide de laisser derrière lui cette campagne apaisante pour partir à la recherche de Valentin. Il prend la direction de Barcelone et va arpenter tous les faubourgs où se réfugient  les jeunes drogués, les squatters, les révoltés, les anarchistes. Le périple est  embrouillé,  les lieux obscurs, les rencontres étranges, les échanges à demi-mots. Mais Ioan persiste dans sa recherche et en suivant les traces de son petit-fils, c’est celles de son propre père qu’il retrouve, tué  pendant la guerre civile qui résonne encore dans la capitale catalane comme dans le cœur de la jeunesse d’aujourd’hui.  Franck Pavloff se plaît à peindre l’exil intérieur de « l’homme de pierre froide » habitué à cacher ses sentiments, enragé par la colère  des ancêtres qui coule encore dans les veines.  Les Cévennes ne sont plus un refuge mais une prison dont il faut se sauver pour voir la réalité en face et ne plus fuir le passé. Ou alors n’y retourner, comme l’auteur, que lorsque  la fissure est colmatée.

B.  C.  D. 

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2014
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 20:35

 

 

 

Editions : J C Lattès

Parution : Mai 2016

320 pages

19 €

 

 

 

C’est bien  un choc de cultures que l’on ressent à la lecture de ce beau roman. L’âme d’artiste peintre  du parisien  Paul Arezzo  trouve sur l’île tunisienne de Kerkennah le havre de paix toujours recherché. La douceur  des paysages apaise ses tourments et lui apporte l’inspiration artistique qu’il croyait avoir perdue. Sa renommée mondiale le rattrape  et s’il est une personnalité internationale sur l’île, cela ne l’empêche pas de se lier d’amitié avec un jeune pêcheur, Farhat, et sa femme Nora, professeur. Et c’est là que le drame commence. Car Paul pense pouvoir sauver à Paris l’épouse de Fahrat  de sa leucémie foudroyante, de même qu’il est persuadé de faire le bonheur de leurs  deux enfants, Issam et Alham,  en développant leurs talents artistiques. Y parviendra-t-il ?  Car les Frères musulmans  veillent, voient en cet artiste étranger un séducteur qui fait de  l’art  un appât, un piège, détournant ainsi les enfants d’Allah de leurs racines et de leurs traditions  pour mieux les corrompre.  Un jihad médiatique va alors  filer sa toile, dénonçant lentement mais sûrement la corruption du régime   de Ben Ali comme celle  de ses opposants laïques ou des artistes créateurs  qui veulent rivaliser avec  Allah. Si  Issam est pris  dans les mailles de ce filet politico-religieux, la belle Alham y échappera-t-elle? Car rien ne semble la décourager, ni la vie dissolue de Paul, ni la violence des fanatiques qu’elle n’hésite pas à révéler au monde entier. L’objectif de l’auteur n’est autre qu’un cri de liberté au nom de l’amour et de l’art. Le lecteur, lui,  se délecte en lisant de beaux passages sur la nécessité de l’art qui n’est que louange divine.  Mais une question reste énigmatique : la liberté des mœurs occidentales ne serait-elle pas une des causes   du fanatisme religieux oriental ?

B. C D. 

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