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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 19:30

 

 

Editions : Albin-Michel

Parution : Août 2016

295 pages

19,50 €

 

Le  titre  en dit long sur la beauté de ce livre. Le lecteur y retrouve non seulement les célèbres tableaux de Vincent van Gogh mais aussi  sa façon  si particulière de peindre, le besoin de se plonger dans la nature sans même  la regarder. D’où peut-être le drame amoureux qui s’ensuit.  Car Marguerite Gachet fait penser à Adèle H. ou à Camille Claudel, éperdument amoureuse de ce peintre au physique d’ouvrier agricole, avare  de parole si ce n’est de tendresse.  Aux talents de romancier de J-M Guénassia s’ajoutent des extraits de courrier de Vincent van Gogh à sa famille et ses amis, qui ne font que rendre plus crédible cette  douloureuse histoire d’amour interdit. Car Marguerite est la fille du docteur d’Auvers-sur-Oise, censé soigné van Gogh venu trouver du repos. Le Docteur Gachet a du plaisir à fréquenter le peintre, mais jamais il ne lui donnera sa fille.  Le narrateur est Marguerite elle-même, et J-M Guénassia la révèle  telle qu’elle devait être, fille insoumise et révoltée devant la condition des femmes au XIXème siècle, mais pleine de foi dans cette peinture d’avant-garde et d’idéalisme dans sa conception de la liberté. « Un roman plein de mensonges, et de vérités » reconnaît Guénassia.  Car comment jauger  la haine à l’égard de Dieu sur laquelle le livre se finit, quand on a touché, comme Marguerite, à la beauté de la création, qu’elle soit humaine ou divine? 

B C D

 

 

 

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2016
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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 05:10

 

Editions : P.O.L

Parution : Mars 2016

146 pages

14,25 €

 

Quand Marie Darrieussecq découvre Paula Modersohn-Becker elle n’a plus qu’une idée : faire revivre la  femme qui se cache derrière ses tableaux si longtemps méconnus. Marie Darrieussecq  n’a rien à inventer. La correspondance de Paula avec son ami  Rilke et son époux Otto Modersohn révèle la femme partagée qu’on retrouve dans ses oeuvres. Car la peinture de  Paula est d’avant-garde, n’a rien de commun avec celle toute académique d’Otto déjà célèbre. Pleine de simplicité presque primitive, de couleurs chatoyantes, elle transcende par sa naïveté. Paula est très jeune, pressent sa mort et ne fera aucune concession. Partagée entre  son  petit village artistique   Worpswede au nord de l’Allemagne et Paris qui la séduit, entre un mari conservateur et un désir inassouvi de liberté, les traits de son dessin ont  l’assurance de la femme qui ne veut rien d’autre que de l’authentique. C’est pourquoi Marie Darrieussecq  ne veut pas d’un roman, ni d’une biographie chronologique, mais une suite de pensées propres à Paula dont le titre aurait pu tout aussi bien être « le prix à payer pour parvenir à se réaliser ». Son  style à la fois sobre et concis ne fait qu’augmenter cette  reconnaissance que Paula aurait tant aimé recevoir avant sa mort prématurée. « Comme elle fut courte, ta vie » lui dira Rilke dans son « Requiem à une amie » . Et pourtant  Paula avait  peint  en toute discrétion  plus d’un millier de tableaux. C’est pourquoi Marie Darrieussecq veut « lui rendre plus que justice : je voudrais lui rendre l’être–là, la splendeur.» Car « Etre ici est une splendeur »…

B.C. D.

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2016
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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 17:28

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2015

192 pages

18,80 €

 

Ce titre est très significatif, car si le roman est la narration de  la libération d’Etienne,  photographe de guerre pris en otage, il va en fait bien au-delà des souffrances morales du prisonnier relâché. En même temps que le lecteur assiste à  la lente réadaptation  d’Etienne, il découvre Irène avec ses éternelles  angoisses de mère, Enzo l’ami fidèle à sa terre, Jofrenka l’avocate obsédée du sort des femmes humiliées comme de celui de ses deux amours d’enfance, Emma lasse d'attendre un mari toujours absent. Jusque là chacun poursuivait  son chemin dans  une  solitude longuement apprivoisée, chacun finissait par  se lover dans  une  paix devenue confortable avec le temps jusqu’à ce que le retour d’Etienne vienne tout chambouler. Ils réalisent que leur vie s’est faite malgré eux, que tous sont  otages de leurs émotions. Ils réagissent  chacun à leur façon, mais tous avec un « sentiment de liberté grande ». Jeanne Benameur ouvre des horizons, mais combien incertains! Irène s’effraie de « voir rentrer dans la maison ce contre quoi elle a toujours lutté »  et laisse entrevoir une tristesse inévitable, celle d’une mère qui sait le parfait  bonheur   impossible. Livre magnifique, très poétique, très romantique, où les mots en disent long sur la difficulté de l’existence  quand une vision  utopique  de la vie se prolonge trop longtemps. 

B. C. D.

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2015
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 14:54

 

Editions : Albin Michel

Parution : 2014

231 pages

18 €

 

 

Si le lecteur avance dans ce livre comme dans un labyrinthe, il a une certitude : « l’enfant des marges » n’est pas unique, il est  à la fois Valentin le petit-fils fugueur et Ioan le grand-père.  Un jour Ioan, reclus dans les Cévennes, décide de laisser derrière lui cette campagne apaisante pour partir à la recherche de Valentin. Il prend la direction de Barcelone et va arpenter tous les faubourgs où se réfugient  les jeunes drogués, les squatters, les révoltés, les anarchistes. Le périple est  embrouillé,  les lieux obscurs, les rencontres étranges, les échanges à demi-mots. Mais Ioan persiste dans sa recherche et en suivant les traces de son petit-fils, c’est celles de son propre père qu’il retrouve, tué  pendant la guerre civile qui résonne encore dans la capitale catalane comme dans le cœur de la jeunesse d’aujourd’hui.  Franck Pavloff se plaît à peindre l’exil intérieur de « l’homme de pierre froide » habitué à cacher ses sentiments, enragé par la colère  des ancêtres qui coule encore dans les veines.  Les Cévennes ne sont plus un refuge mais une prison dont il faut se sauver pour voir la réalité en face et ne plus fuir le passé. Ou alors n’y retourner, comme l’auteur, que lorsque  la fissure est colmatée.

B.  C.  D. 

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2014
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 20:35

 

 

 

Editions : J C Lattès

Parution : Mai 2016

320 pages

19 €

 

 

 

C’est bien  un choc de cultures que l’on ressent à la lecture de ce beau roman. L’âme d’artiste peintre  du parisien  Paul Arezzo  trouve sur l’île tunisienne de Kerkennah le havre de paix toujours recherché. La douceur  des paysages apaise ses tourments et lui apporte l’inspiration artistique qu’il croyait avoir perdue. Sa renommée mondiale le rattrape  et s’il est une personnalité internationale sur l’île, cela ne l’empêche pas de se lier d’amitié avec un jeune pêcheur, Farhat, et sa femme Nora, professeur. Et c’est là que le drame commence. Car Paul pense pouvoir sauver à Paris l’épouse de Fahrat  de sa leucémie foudroyante, de même qu’il est persuadé de faire le bonheur de leurs  deux enfants, Issam et Alham,  en développant leurs talents artistiques. Y parviendra-t-il ?  Car les Frères musulmans  veillent, voient en cet artiste étranger un séducteur qui fait de  l’art  un appât, un piège, détournant ainsi les enfants d’Allah de leurs racines et de leurs traditions  pour mieux les corrompre.  Un jihad médiatique va alors  filer sa toile, dénonçant lentement mais sûrement la corruption du régime   de Ben Ali comme celle  de ses opposants laïques ou des artistes créateurs  qui veulent rivaliser avec  Allah. Si  Issam est pris  dans les mailles de ce filet politico-religieux, la belle Alham y échappera-t-elle? Car rien ne semble la décourager, ni la vie dissolue de Paul, ni la violence des fanatiques qu’elle n’hésite pas à révéler au monde entier. L’objectif de l’auteur n’est autre qu’un cri de liberté au nom de l’amour et de l’art. Le lecteur, lui,  se délecte en lisant de beaux passages sur la nécessité de l’art qui n’est que louange divine.  Mais une question reste énigmatique : la liberté des mœurs occidentales ne serait-elle pas une des causes   du fanatisme religieux oriental ?

B. C D. 

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2016
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 20:16

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2016

246 pages

18 €

 

Baptiste symbolise à lui seul le monde paysan et ses valeurs traditionnelles. Célibataire endurci, il souffre  de n’être plus en phase avec son siècle. Il rêve d’une épouse  mais sa vie dans  la ferme familiale avec sa vielle mère  au cœur de la Creuse ne favorise pas le mariage. S’il se contente de ses terres, de ses ruches et de son troupeau, les femmes rencontrées ne veulent pas de ce genre de vie. Elles préfèrent de beaucoup le confort urbain, tiennent à leur indépendance et   n’hésitent pas à être provocantes pour arriver à leurs fins. Baptiste se sent diminuer aux yeux de cette modernité avant même qu’un tragique accident avec son tracteur ait pour conséquence l’amputation de son bras gauche. Pas la moindre mièvrerie  dans la démarche de Baptiste. Un détachement progressif de ce qui lui était si cher va l’inciter à devenir ce dont il a toujours rêvé : un jardinier de fleurs exotiques. Très joli livre qui montre les dangers d’un modernisme complètement déshumanisé et déraciné.

B. C. D. 

Published by brigitte clavel-delsol - dans 2016
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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 07:31

 

 

 

Editions : Quai Voltaire

Parution : Mai 2016

324 pages

22,50 €

Estimation : 4,5/5

 

 

Les centres d’intérêt de Tracy Chevalier sont nombreux et variés et elle les dépeint toujours  avec  minutie. Si à première vue ce sont les arbres qui l’ont inspirée pour son  dernier roman, qu’ils soient pommiers ou redwoods et soquoias. ce sont  les hommes qui en forment la trame, réels ou fictifs. Le botaniste  comme l’historien ou le simple voyageur auront   plaisir à suivre les traces de Robert Goodenough  à travers une nature sauvage dont la domestication ne s’est pas faite en un jour. L’histoire débute au début du XIXème,  dans  la boue de  l’Ohio où les parents  de Robert s’épuisent  à cultiver un verger. S’ils en perdent la raison, ils lui transmettent  néanmoins l’amour des arbres qui le font avancer toujours plus vers l’ouest.  Là ce sont  des forêts  riches de promesses que certains transforment en parcs nationaux ou exportent avec succès vers l’Angleterre. Tracy Chevalier décrit à merveille l’hostilité de cette terre sans pitié qui renferme pourtant une richesse insoupçonnable. Une alternance de points de vue dans le récit avec, de surcroît, des échanges de courrier à l’écriture hésitante, ajoute réalisme et authenticité au roman.  Bel hommage aux Etats-Unis d’Amérique et à ces hommes et femmes  courageux  qui savent aimer la terre  et la mettre au service de l’humanité !

B C D 

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 17:21

Editions :   ALBIN MICHEL Terres d’Amérique

Parution : Mai 2016

621 pages

14 €

 

 

Pour les amoureux de l’Amérique profonde, ce livre vaut un voyage. Ces vingt-et-une  nouvelles écrites par des auteurs  américains de renom sont séduisantes. Le réalisme qui les caractérise offre une palette de personnages inoubliables : des êtres marqués par des évènements tragiques qui émergent des années plus tard de leur subconscient,   un  grand-père  angoissé devant un petit-fils  livré à lui-même,  un jeune  indien  contemplant son vieux père parlant de sa race avec autodérision, une ex-épouse effrayée de se trouver  face à la femme de son mari, un militaire envoûté par les rites du vaudou … Les portraits abondent en diversité.  Partout le  style est  vivant, dépouillé, sans emphases, même si la tonalité est différente. Les paysages révèlent la rudesse de la vie en même temps qu’une  grande beauté sauvage. Que les personnages soient  combattants, humoristiques, revêches,  ou névrosés,  tous ont leurs secrets qui les rendent  attachants. Que les récits soient d’hier ou d’aujourd’hui, tous vont à l’essentiel, sans jamais donner de cours de morale, dépeignant les raisons de chacun. Le lecteur passe d’une nouvelle à l’autre avec le même contentement   qu’il connaît dans une galerie de peinture. Chaque nouvelle est un tableau vivant empli qui de tendresse, qui de tristesse, qui de pastel ou de couleurs criardes …A lire sans hésitation  et à offrir sans risque !

B C D 

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 15:51

Editions : Actes Sud

Parution : Mai  2016

303 pages

22,50 €

 

   Le livre est épais,  le rythme   lent, le contexte difficile  car le narrateur, Luis Nilta-Bergo, est hémiplégique et  souffre d’être la honte de sa famille.   Mais la promesse du titre est tenue : le style est allègre, plein de gravité et d’énergie comme la musique du Libertango.  Luis Nilta–Bergo est depuis son tout jeune âge un mélomane inconditionnel. Une rencontre impromptue de deux grands musiciens pleins d’empathie  pour ce jeune musicien,  Astor Piazzola et Lalo Schifrin, change sa vie : comme eux, il sera chef d’orchestre.  Les opposants à un tel projet seront nombreux  et le  renoncement  d’un instant, que Luis nomme « la nostalgie du non-être »,  le fait souffrir bien davantage que son handicap. Alors  la musique devient revanche, raison de vivre, réalisation de soi avant de se transformer en acte d’amour. Car de  cet art  jaillit un sens de la vie que Luis veut transmettre à « l’humanité souffrante ». Avec  la participation de "trois cents  soldats de la musique", il fonde l’Orchestre du Monde qui se déplace sur tous les lieux frappés par  les guerres, les tsunamis et les tremblements de terre, afin de donner un sens à cette  "humanité souffrante". Ainsi Luis, à l’instar de F Deleght, rend à l’art sa nature première, à savoir non pas un furtif délassement,  mais un remède apaisant à tous les maux de la terre.  Car « la vie, quand elle ne nous offre pas tout, s’en excuse en nous  offrant mille fois plus sous une autre forme ».  Roman magnifique qui,  à défaut d’une réelle  biographie, offre un arrière fond musical comme un appel à la paix.

B. C. D.    

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 19:47

Éditions: Liana Lévi

Parution: Mai 2016  

138 pages

14,50 €

 

Ce livre écrit avec lucidité est le drame de Vi la narratrice autant que celui du Vietnam. Alors que l'empire familial réalisé par un grand père ambitieux permettait d'espérer un avenir radieux, le fils héritier ne sait pas faire face à ses responsabilités. Vi est la fille de celui-ci, prénom qui veut dire précieuse, microscopique, invisible . Mais elle est grande et forte, a hérité de la force morale de sa mère, une maîtresse femme qui aura l'initiative et le courage de s'enfuir du Vietnam avec ses enfants sur un bateau de fortune. Kim Thuya  effleure tous les sujets, le poids des traditions et la légèreté des êtres, les rencontres providentielles, l'ironie du sort qui peut être aussi cruel que clément.  Point de révolte, jamais de lamentation de la part de Vi, même si elle connaît l'abandon de ceux qu'elle a aimés. Car la vie est un cadeau quand on est un rescapé de la guerre. Ce récit réaliste mais plein de tendresse contraste avec l'environnement sans pitié dans lequel il se passe, c'est pourquoi il mérite d'être lu. 

B C D 
 

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