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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 21:08

 

 

 

Editions : Seuil

Parution : Août 2014

279 pages

18,50 €

 

Il y a des plaies qui ne se referment jamais. La guerre civile espagnole en fait partie. Elle fut  un bain de sang qui coule encore dans les veines de l’auteur, sa famille n’ayant été autre que  le microcosme de ce pays déchiré. Lydie Salvayre présente l’été 1936  de façon originale. La description des républicains, dénommés « mauvais pauvres » par les nationalistes,   passe par le regard de Montse sa mère, âgée, à l’époque, de 17 ans à peine. Malgré sa détresse, l’accent méditerranéen de Montse reste chantant, débordant  d’insouciance et de joyeux calembours, car l’espoir était grand dans la révolution que lui promettait José, son frère anarchiste. Si celui-ci a quelque dédain pour ses vieux parents  collés à leur misère, et plein de haine pour le fils stalinien de l’aristocrate du village, il a vite fait de découvrir que la cruauté est aussi dans son camp. C’est alors que l’auteur fait référence à l’anéantissement de Bernanos à Palma. Les anaphores se multiplient, les phrases restent  inachevées, le récit est entrecoupé de réflexions spontanées, les interrogatives restent sans réponse, le roman cède sa place au pamphlet, la principale cible est atteinte : l’Eglise, cette  « infâme institution ». Tel est le prix Goncourt 2014 : il ressuscite  tous les défunts, ceux  morts pour l’égalité, comme ceux morts pour la liberté ; il dénonce  le fanatisme religieux, chante  la singularité humaine. Livre attristant, rappel de l’éternelle mésentente, augure de bien d’autres guerres.

B Clavel Delsol

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2014
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