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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 07:18

 

Editions : Albin Michel

 

Parution : janvier 2016

263 pages

19,80 €

Estimation : 4,5/5

 

 

C’est une Sylvie  Germain toujours éveillée aux problèmes du monde que le lecteur retrouve   dans son dernier roman. Sa  fusion avec la nature  pleine de  poésie et sensualité ne l’empêche pas de voir la part d’animalité dans l’homme qui est à l’origine d’une  barbarie impitoyable toujours  au nom d’appartenances politiques ou religieuses. Si  elle invite « à la table des hommes », c’est pour révéler la nécessité de  la prise de conscience des forces du mal et susciter une renaissance personnelle. Son protagoniste s’appelle Babel, nom de la confusion. Car Babel ne comprend rien au monde ni à aucun  langage. C’est un être innocent, un enfant sauvage, qui  jouit de son insouciance  jusqu’au jour où il devient conscient de  la cruauté des hommes et devient Abel, comme le juste. Mais pour cela, il doit  se réapproprier le monde, ne pas avoir honte d’appartenir au rang d’adultes, car si beaucoup sont des prédateurs, d’autres l’ont sauvé par leur amour.  Joutes oratoires ou silence sage, fuite ou volte face devant le tragique de la vie et la finitude humaine, rien n’échappe à Abel.  Et quand un commando surgit et extermine ses amis, il s’oblige à ne penser qu’aux beautés de la vie, à la corneille fidèle, à la mère courageuse, au ciel étoilé. Car l’important ce n’est pas de plaire à ses semblables ni de vouloir exister à leurs yeux, c’est de se souvenir de ce qui a été reçu, de s’émerveiller  plus que de comprendre, de rendre grâce plus que de pleurer… Livre magnifique et plein d’originalité, où un léger souffle spirituel suffit à balayer la bestialité de l’homme. 

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2015
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