Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 06:32

 

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Mai 2016

264 pages

21,80 €

 

Il faut lire ce livre comme on suit aveuglement un guide, car la vie d’Abraham, c’est « un concentré de notre histoire à tous ». Sous « l’angoisse d’Abraham » se trouve celle de l’auteure qui, comme lui, n’a d’autre vocation que d’acquérir la sérénité. L’exil forcé est sa hantise : « Ca peut arriver, de ne plus avoir d’endroit sur terre ».  Sans doute cette obsession est-elle due à sa grand-mère qui ne cessait de répéter : « On nous a chassés d‘Espagne ».  Heureusement le voyage et les études  sont là pour lui faire découvrir ce qu’elle cherchait : l’universalité des sentiments intimes,  l’incessant renouveau des paysages, la continuité de la langue hébraïque, et le bienfait des mots. Certes des visages croisés révèlent la souffrance, des murs tagués dévoilent  la haine des accords  de paix qui  explosent avant même d’être énoncés. Mais un passage éclair à Auschwitz  suffit  à assumer l’enfer humain.  Un ami de kibboutz, à l’instar d’Isaï Fomitch, le juif de Dostoïevski, rappelle, conformément à sa religion, d’alterner lamentations  et allégresse. Selon Abraham, être Juif c’est être un passant, un  étranger,  non pas  un paria,  mais  un résident provisoire qui « enrichit la terre ». Ainsi ce récit d’une vie personnelle résonne d’un accent biblique très précieux  car il « cherche à ordonner le monde et le sortir du tohu-bohu  originel ». Exister grâce aux mots,  traduire l’hébreu en turc et en français, telle est la tâche de Rosie Pinas-Delpuech  qui fait tout son bonheur en même temps que le nôtre.

B C D 

Partager cet article

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2016
commenter cet article

commentaires