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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 17:29

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2016

282 pages

20 €

 

Comme toujours chez Laurent Gaudé, le style est envoûtant. Pourtant l’arrière-fond est sombre, le thème est celui de la guerre. En même temps qu’une odeur  de feu et de sang,  c’est la lassitude infinie d’Assem qui émane du roman. Agent des renseignements généraux français  depuis plusieurs années, il est las de remplir  des missions  de détection et se sentir responsable de tant de destructions. De sa mémoire jaillissent pêle-mêle des illustres guerriers qui apparaissent dans leurs faiblesses, conscients  des ravages qu’ils engendrent pour remporter la victoire. Car la seule chose qui compte en temps de guerre  c’est d’avancer. « Et tant pis si c’est en enfer ». Alors les questions se multiplient dans le cœur d’Assem : « Qu’avons-nous réussi ? », « A quoi obéissons nous ? » A quoi bon  tous ces efforts si le monde a plaisir à s’autodétruire ? A quoi bon  si le guerrier est semblable au joueur d’échecs qui rêve que la partie ne s’arrête jamais pour  simplement échapper à l’angoisse de la solitude? Epopée lyrique qui véhicule une réflexion métaphysique. La mort  omniprésente  empêche  tout vainqueur de fêter  sa victoire. Seules les œuvres d’art demeurent hors du temps et c’est pourquoi deux personnages émeuvent le lecteur : Mariam, la géologue irakienne,  et monsieur Assadd, le gardien du musée de Syrte,  seuls conscients de l’importance de la transmission du beau aux générations futures. Livre d’actualité où l’ivresse de détruire va jusqu’à vouloir soumettre le temps lui-même. C’est pourquoi  le lecteur  reste, au risque de se perdre, dans le parcours  labyrinthique de Laurent Gaudé .

B. C. D

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2016
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