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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 08:11

  

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : 23 Août 2017

456 pages

22,90 €

 

 

C’est une petite esclave soudanaise inconnue qui inspire V. Olmi, une enfant au cœur pur que  l’auteure sonde si profondément qu’elle finit par se confondre avec elle.  Car V. Olmi se surpasse  par la sobriété  et la pudeur de son style autant que Bakhita par l’immensité de son  courage et de son innocence. L’arrière plan est démoniaque, il représente Bakhita victime des razzias et des viols de négriers musulmans à la fin du XIXème, des cruautés dues à  la  folie humaine qui abuse d’une domesticité résignée. Mais V. Olmi le fait avec finesse et délicatesse,  et une fois l’horreur poussée à son paroxysme, la noirceur émet « une réflexion de lumière ».  La nuit noire à laquelle se confie Bakhita devient révélation. La plus grande détresse dévoile une protection surhumaine, celle d’un  « Patrone » inconnu, impalpable, mais très présent qui finit par se révéler à travers des êtres  aimants et croyants.  C’est au rythme du « chant de la séparation »  que se déroule cette histoire vraie où Bakhita devra toujours quitter  malgré elle ceux qu’elle aime, en ressentant non seulement la plus grande tristesse mais un sentiment de lâcheté injustifiée. Et c’est cette souffrance intime  qui s’ajoute à la honte d’une peau trop noire, tatouée et fouettée, exposée comme un animal de cirque à cause d’une célébrité qui devient rentable pour des institutions qui se veulent humanitaires.  Bakhita accepte tout, à la différence de V. Olmi qui finit par une révolte heureusement apaisée par la lucidité  de Jean-¨Pal II, seul  à percevoir la  sainteté dans le cours diabolique  de l’Histoire…

B.C.D.

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2017
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