Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 07:17
« Ma vie avec APOLLINAIRE »  par François SUREAU

                                              « Ma vie avec APOLLINAIRE »  par François SUREAU

Editions : Gallimard

Parution : Novembre 2020

155 pages

16 €

 

Si Apollinaire suscita de son vivant de nombreuses amitiés, il en est une post mortem qui est celle de François Sureau. Rien du poète, ni du soldat ni de l’amant n’échappe au biographe. Amoureux de la vie qu’il « boit comme une eau-de-vie » , "le mal-aimé" donne toujours une tournure fantaisiste  à ses vers, même écrits sous les obus ou  à la Santé.  Son âme errante  immortalise les femmes qui transfigurent sa vie de soldat engagé, certes exposée au danger, mais prometteuse d’une meilleure connaissance des lois de la vie. Ce n’est pas une  naturalisation française improbable et encore moins une germanophobie  qui animent cet enfant illégitime d’un officier italien et d’une jeune aventureuse roumaine, mais « le territoire heureux du fait et de l’expérience » auquel s'ajoute le désir de "servir". Si la souffrance dans les tranchées se prolonge, l’inquiétude de l’avenir ne l’épargne pas : « les hommes réunis en troupeaux dociles ne songent même plus qu’il y ait eu des temps où l’on pouvait faire ce que l’on voulait ». Apollinaire n’est pas le bohème qu’on imagine, il est un besogneux  et en impose avec sa pipe en terre et  son costume bleu, « du bleu de la tenue du soldat, du bleu électrique de la mort », de la période bleue de son cher ami Picasso, du bleu de la Méditerranée de son enfance comme de « la rue industrielle ». Car ce poète croit au progrès et aspire à toutes les innovations, qu’elles soient artistiques ou scientifiques. « La mélancolie n’entre pas ici" est la devise de la galerie Vivienne où il se divertit avec ses amis peintres.  Sa célébrité ne vient pas d’une illustre naissance mais d’une imagination  bouillonnante et libertaire que le parisianisme culturel de  F. Sureau met au goût du jour en lui prêtant des sympathies  pour l’androgynéité, voire pour   la loi du genre ! En tout cas ce passionné d’Apollinaire  incite à  se plonger dans les vers sans contraintes du « flâneur des deux Rives » pour qui « La joie venait toujours après la peine »…

B. Clavel Delsol

Partager cet article
Repost0

commentaires