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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 07:51
Edition : Gallimard
Parution : Mars 2014
231 pages
19,50 €


C' est un J.M.G Le Clézio égal à lui-même que le lecteur retrouve dans ses deux dernières nouvelles avec son  style bien spécifique où toujours l'innocence  rejoint l'essence même de la poésie.
 Dans "Tempête", seule la mer  qui entoure l'île coréenne d'Uto  peut effacer la mort, la solitude, la culpabilité , le remords. Elle est refuge pour Mary,  consolation pour June,  nourricière pour les femmes indigènes et pour Mr Kyo une force qui efface tout sur son passage, " une porte qui s'ouvre  sur un autre monde" et qui  ne donne " plus envie de revenir sur terre". Mais June,comme un ange de lumière, va intervenir sur le chemin de celui-ci et lui redonner peu à peu  goût à la vie, à la terre, et même à un nouveau départ... Car, si les yeux vert d'eau  de Mr Kyo attirent l'adolescente malheureuse en recherche d' affection, celui-ci se révèle vite impuissant, en tout cas peu en osmose avec la nature dans son attirail de pêche, à la différence des vieilles pêcheuses sous-marines  qui sauvent l'enfant de la mort.
Car il y a deux catégories de gens que  le lecteur découvre dans la deuxième nouvelle "Une femme sans identité":
ceux  qui vivent au jour le jour au gré de leurs caprices, de leurs passions amoureuses ou pleines de haine, qui jouent "au jeu des déplacements" avec une totale insouciance ou une cruauté impitoyable,déménagent en cas de guerre, divorcent en cas de mésentente, abandonnent à son triste sort l'enfant orphelin.
Et ceux qui, victimes de  la violence comme Rachel, cherchent à exister à tout prix , à etre reconnus  par tous les moyens, à prendre  " n'importe quelle place" au sein de l'univers, quitte à oublier le beau  rivage au sable blanc et n' y revenir que par miracle.
Ainsi J.M.G Le Clézio entrouvre la porte de la misère trop souvent ignorée, montre du doigt le mur qui sépare deux mondes, celui des fantômes et vagabonds errant sans identité aucune, et  ceux qui abusent égoïstement  de leurs titres et de leurs droits. 
L'auteur, lui, incite à faire de la vie "une histoire plus  belle qu'un rêve".
Brigitte Clavel Delsol

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2014
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