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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 11:25


Editions : Flammarion

Parution : Janvier 2013

187 pages

18 €

 

 

Yasmina Reza ne pouvait pas trouver un plus joli titre pour ces scènes de la vie quotidienne qu’elle décrit avec le plus grand humour pour en extirper le ridicule ou le tragique. Toutes les situations sont présentées, des plus graves aux plus comiques, des plus banales aux plus obscènes. L’écriture ressemble à  l’auteur : un style fluide qui déverse sa rancœur avec une élégance au scalpel. La vie de famille est présentée comme un enfer, l’institution du mariage  comme de l’esclavagisme ou mieux du masochisme. Sans scrupules elle réduit le chrétien à un superstitieux simpliste. Si le jeune schizophrène  fait souffrir son père en voulant devenir Céline Dion, la narratrice se contente d’un « masque d’empathie » avant d’éclater de rire, la liberté individuelle et la loi du genre n’étant pas une évidence ? Avec une impudeur qui empêche de mettre ce livre dans les mains d’un adolescent, elle dépeint des scènes de lit à trois ou d’homosexualité rémunérée qui font que la béatitude semble plutôt se trouver en enfer que sur terre. Certes si l’objectif de Yasmina Reza  est de " réduire au minimum l’exigence du bonheur", elle y parvient tout à fait, mais à quel prix ! Aux  "valeurs célestes bourgeoises », elle préfère s’accrocher avec humour  à la force toute animale: « …c’est une erreur de m’avoir mis dans une société humaine. Dieu aurait dû me mettre dans la savane et me faire tigre. J’aurais régné sur mon territoire… ». Et c’est ainsi  que  le nihilisme gagne du terrain.

B.C

 

 

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2013
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