Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 20:40

 

 

 

Editions : Christian Bourgeois

Parution : Août 2012

153 pages

17

 

 

Toni Morrisson a toujours été révoltée face à l’humiliation que l’homme est capable de faire subir à l’homme. Dans ce dernier roman son objectif est de  restituer toute sa grandeur à celui qui, bien qu’anéanti par l’injustice, parvient à  rester debout. Frank Money, jeune Noir Américain,  enrôlé dans la guerre de Corée pour échapper à la misère de Lotus, son  petit village natal de Georgie, n’a pas envie de rentrer au pays.  Son moral est  pitoyable malgré sa médaille de guerre: les combats  l’ont meurtri à jamais, un crime indu le hante, il  alterne alcool et médecine pour surmonter l’inoubliable. En ces années 1950  le maccarthysme  fait rage  aux Etats-Unis et  Frank n’a échappé à  la guerre puis à l’hôpital que pour  retrouver un autre  enfer sur le sol américain.  Incapable de prouver son amour à celle qu’il aime, il parvient  néanmoins  à porter secours à Cee, sa jeune sœur  qu’il a toujours protégée. Et le lecteur suit alors,  au fil des confidences intimes de Frank qui s’alternent avec un récit condensé, le retour périlleux  à Lotus de cette fratrie, victime des horreurs de la guerre comme du ségrégationnisme. C’est avec des yeux d’adulte que  Frank découvre, après tant d'épreuves, son village natal comme un éden sur terre avec des jardins  fleuris et des femmes capables d'amour. Et si  la cruauté persiste en arrière plan, l’homme qu’il est devenu se chargera de la remplacer par la justice. Tel est le sens de l’enterrement final  qui fait écho  aux premières pages du livre, mais cette fois le mort est enveloppé dans un linceul brodé de toutes les couleurs et se tient à la verticale, en homme libre et respecté, au pied d'un laurier, symbole de gloire et d'immortalité …Dans cet ouvrage magnifiquement écrit, la sensibilité toujours à fleur de peau de Tony Morrison est celle d'une femme pleine de maturité. Certes elle ravive des blessures indélébiles, mais elle laisse derrière elle un beau message d'humanisme.

B.C

 

Partager cet article

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2012
commenter cet article

commentaires