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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:13


 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février  2013

499 pages

22,50 €

 

 

Ce roman rappelle ceux  de Pearl Buck : même écartèlement entre Occident et Orient, entre modernisme et tradition, liberté de pensée et soumission. Mais à travers l’histoire de Sin Ming, c’est l’histoire de la Chine déshumanisante de Mao et de la Chine revancharde actuelle que  Roselyne Durand-Ruel présente avec réalisme. Sans doute son souci historique  est quelque peu philosophique, ou tout simplement humaniste,  car, selon Liu Ji-Wen, le père de Sin Ming, « l’homme ne peut pas savoir où il va s’il ne sait d’où il vient ». Sin Ming écoute alors sagement son vieux père, professeur de philosophie  qui, insoumis au Parti, fut interné pour lavage de cerveau pendant vingt ans. Aucune doctrine ne pourra jamais justifier la férocité d’un Etat qui se plaît à broyer ses opposants, à appauvrir la mère patrie, à séparer des parents des enfants, et à  les « forcer à se fondre dans la masse ». Quelle stupéfaction quand, au retour de son incarcération,le professeur Liu Ji-Wen arrache Sin Ming de l’université pour un entrainement intensif de natation ! Il en est sûr : le seul  salut de son fils  réside dans la fuite à la nage  jusqu’à l’île de Macao avant de rejoindre son oncle à la tête d’un grand empire financier d’Hong Kong. Le lecteur suit alors le long voyage initiatique de Sin Ming, son éprouvante traversée, sa découverte de  « la forêt de métal et de verre », son envol à la célèbre université de Princeton, où « le nageur de la liberté » connaît des déceptions, mais où il se forge avec obstination. Son retour à Hong Kong  fait de lui un célèbre « tycoon » que toutes les femmes européennes ou cantonaises convoitent. Mais bien vite  ses désirs  d’indépendance  se heurtent à sa pitié filiale. Il se voit imposé de lourdes  obligations familiales auxquelles il ne sait échapper. Heureusement, au libertinage destructeur  des mœurs modernes et aux rites ancestraux très oppressants Sin Ming préfère  la voie d’Ayn Ran.  Célèbre écrivain américaine née en Russie, dans un carcan communiste comme lui, celle-ci « prône l’insoumission et l’estime de soi pour préserver l’harmonie de son entourage ». L’homme est enfin sauvé, mais n’a pas droit au repos. A son tour de participer à la grande histoire humaine ! Il pense aux paroles de son père vieilli prématurément par tant de souffrances : « Un homme honorable en sécurité ne devrait jamais oublier l’existence du danger ». Bravo à Roselyne Durand-Ruel pour tant de psychologie et clairvoyance !

B C

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2013
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