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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 06:14


 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février 2013

374 pages

20,90 €

 

Tout, dans ce roman, semble contribuer à montrer la nature humaine sous son côté le plus sombre.  En Juillet 45, après avoir beaucoup souffert de l’Occupation,  la narratrice, Gabrielle Magne, retrouve son village natal au cœur de la Provence. La  chaleur accablante n’est autre que le reflet de l’atmosphère qu’elle y trouve : une mère anormalement acariâtre,  des villageois méfiants, et surtout un silence pesant au sujet de l’assassinat de la famille Roccetti qu’elle avait tant aimée. Si l’enfance et la guerre n’ont pas épargné Gabrielle, la Libération n’a pas ménagé ceux auxquels elle avait donné son affection et les héros de la Résistance finissent par apparaître plus monstrueux que courageux. Fragilisée à l’extrême et lassée de tout, la seule raison de vivre de Gabrielle est le mystère qui entoure ce crime familial. Si le roman prend une allure d’énigme  policière, le lecteur assiste à une quête de la vérité où la protagoniste est prête à tout accepter. La  guerre n’est autre qu’un prétexte pour assouvir les mauvais instincts et laisse derrière elle « un dégoût des choses et des gens ». Ainsi en voulant élucider un massacre injustifié, Gabrielle  découvre la vérité qui habite chacun : sous prétexte d’agir au nom de la liberté, l’homme se permet tout, jusqu’à changer d’identité, éliminer les gênants, accuser sans preuves, camoufler le déshonneur, et ignorer « le prix d’une vie ». Mais le style d’Emma Locatelli est si beau qu’il métamorphose la désillusion en prise de conscience, seul chemin menant à la maturité.

Brigitte Clavel Delsol

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2013
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