Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 10:35

 

 

 

Editions : L’âge d’homme

Parution : Février  2012

466  pages

25 €

 

Si le lecteur se réfère à l’étymologie du mot apocalypse qui signifie révélation, il a le droit de définir ce livre  comme apocalyptique. S’il prend en  compte l’écriture épurée de la pièce de théâtre qui suit le roman au style aussi embrouillé qu’angoissant, il ne peut s’empêcher de reconnaître en Henry Le Bal un philosophe talentueux,  fin observateur de l’homme au milieu des troubles de l’existence, poète amoureux de la beauté  et  de la vérité.

Dans « Naamah »  le nom du narrateur  Canaan rappelle les noces de Cana où  l’eau fut changée en vin. C’est ce qu’il advient à cet homme enfermé dans sa maison ballotée sur un rocher  par une tempête au milieu d’un océan déchaîné. L’eau qui tombe du ciel et monte le long de ses murs est enivrante. Elle lui apporte toutes les étapes de la grande solitude,d’abord le plaisir de contempler  ce qu’il n’avait jamais pris le temps de regarder, puis la résurgence des  souvenirs et  des regrets, enfin la peur avec  tout ce qu’elle engendre : ironie, révolte et déraison  face au destin inexorable, avant l‘acceptation finale de la vérité tragiquement déguisée jusqu’ici de mots trompeurs. 

Naamah étant le nom préposé de la femme de Noé, le lecteur retrouve  l’universalité du sort humain, la précarité des choses et le don qu’est la  grâce.  La reine Falihnda, l’héroïne de la pièce qui suit, écrite à la hâte par Canaan, est aussi belle et sainte que Naamah. Prise au piège d’ une guerre politico-religieuse,  elle apporte l’unique solution qui n’est autre que  celle de l’amour, du silence, du sacrifice de soi.  

Ainsi Henry Le Bal captive le lecteur,  lui révèle  l’importance de l’écriture, aussi variée soit-elle, seul chemin menant  à la paix intérieure , tant qu’elle met de côté tout ce qui est vanité et reste au service de l’unique vérité.

Brigitte Clavel

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2012
commenter cet article

commentaires