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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 09:14


 

Editions du Seuil

Parution : Août 2012

220 pages

18 €

 

 

 

    Aucune fioriture  dans le récit des nombreuses réussites d’Alexandre Yersin, mais  un style sec  et concis,  car  le temps est compté et précieux pour ce brillant chercheur de l’Institut Pasteur de Paris qui, dans les années 1880, découvre  les bacilles diphtérique et  tuberculeux. Mais Yersin  déteste deux choses : la vie sédentaire et la politique. Sans la moindre hésitation il s’embarque pour l’Asie,  passe plusieurs années à explorer l’Indochine, crée le passage d’Annam au Cambodge,  vaccine les enfants, étudie autant la nature du sol que les microbes qui sont dans l’air, découvre le Ko-Ca et cultive riz et orchidée. Quand la peste éclate à Hong-Kong, Yersin  est le premier à isoler  le bacille et à penser au vaccin. Son succès ne le ramène ni  à Paris ni à Genève. L’Europe est en pleine guerre et Yersin préfère poursuivre son labeur dans toutes sortes de  recherches bactériologiques et de cultures tropicales, jamais à son profit, simplement au nom du progrès et  de la beauté de la nature. Et quand la guerre rejoint le Tonkin et que  l’heure est venue de léguer ses multiples  responsabilités, le roi du quinquina et du caoutchouc se tourne vers le ciel pour étudier l’astronomie, l’électricité, l’aviation et la photographie, vers l’Antiquité pour traduire la littérature grecque et latine, vers la mer pour étudier les marées. «  Il me semblerait que je commets un vol si je passais une journée sans travailler » dira-t-il. Quelle belle épigraphe que seul l’auteur de ce livre sait  restituer  à ce chercheur sans repos et sans gloire, mais qui très tôt avait eu la joie de comprendre que, dans la création, l’ontogenèse récapitule  la phylogenèse…

B.C

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2012
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