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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:33

 

 

Editions : Flammarion

Parution : Avril 2013

288 pages

21,90 €

 

Rendre à  Lucrèce l’hommage qui lui est dû, telle est  l’intention de S .Greenbalt. S’il  y parvient   brillamment c’est  grâce à sa mise en scène  du célèbre  calligraphe Le Pogge, né en Toscane à l’ère qui voit naître  la typographie de Gutenberg. Préférant  au poste de secrétaire apostolique la chasse aux manuscrits antiques, celui-ci part à la recherche du « De rerum natura » de Lucrèce qui avait disparu et qu’il finit par retrouver à l’abbaye de Fulda au fin fond de l’Allemagne. D’emblée Le Pogge est séduit par la beauté poétique de ce long poème de 7400 hexamètres qui aborde cosmologie et métaphysique dans un très beau style métaphorique. Selon lui, l’art de Lucrèce réside dans une intuition scientifique où  « toutes les particules sont en mouvement dans un vide infini », prophétie  qui l’incite à adresser au ciel  de splendides prières suppliantes.  Ainsi Lucrèce  ne fait pas peur au Pogge,  car l’étude des Anciens  n’est pas un péché mortel tant qu’elle se cantonne à l’esthétique  de la forme poétique. C’est là où S. Greenbalt prend le relai du Pogge et fait  de Lucrèce, non plus un simple poète, mais un héros de modernité et de vérité scientifique où la loi du hasard gère le monde et lui inspire un « bréviaire d’athéisme ». Alors, pense-t-il, la divine Providence et l’éternité de l’âme n’ont plus de raison d’être et les religions, sources d’intolérance, ne font qu’entraver le plaisir sur terre. Le lecteur est  en droit de penser que, si  foi et  science se complètent plus qu’elles ne s’excluent, Lucrèce et Le Pogge sont bien plus d’avant-garde que S. Greenbalt !

B.C 

 

 

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2013
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