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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 15:39

Éditeur : Serge Safran
Parution : Janvier 2016
218 pages 
16,90 €




Max Genève est étonnant par son analyse  peu banale d'Honoré de Balzac et par sa plume aussi alerte que celle de son inspirateur. Dans ce roman il cerne à merveille l'aristocrate endetté qui part momentanément à Turin pour fuir ses échecs de romancier et de politicien ambitieux et gagner quelque argent grâce à Sarah Visconti. Les difficultés de l'ascension du Mt Cenis, les découvertes successives  de cette vieille ville de Turin, les réceptions mondaines qui y affluent, rien ne lui échappe. Au départ de ce périple c'est la présence à ses côtés  d'un prétendu jeune secrétaire qui fait toute la joie de Balzac, combien justifiée:  sous la redingote masculine se cache Caroline Marbouty, jeune et jolie bourgeoise de Limoges plus connue à son époque sous le pseudonyme de Claire Brunne qui rêve d'acquérir avec ses écrits la célébrité de George Sand. L'homme aux  mille facettes,qui fréquente avec le même plaisir grands salons ou infâmes bordels, saura-t-il résister à cette jeunesse pleine d'esprit qui contraste avec son âge mûr?  Chez cet épicurien il y a un cœur  plein d'amitié pour Mme de Berny, de reconnaissance pour Sarah Visconti,  mais aussi d'amour pour Éva Hanska, la comtesse polonaise. Alors ce voyage à Turin s ´achève par un retour précipité à Paris. Balzac rentre convaincu que la femme est un  être inexplicable, ce qui fera de lui le portraitiste le plus subtile qui soit.

B Clavel Delsol

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 17:18
Editions : Actes Sud

Parution : Avril 2016

184 pages

19€

 

 

Tout sépare Destiny et Anne. Destiny est une  Nigérienne immigrée dépouillée de tout, sauf d’un instinct de survie ; elle a vécu des horreurs  qu’Anne, jeune grand-mère  parisienne, est à cent lieues d’imaginer. Celle-ci est pleine de bonne volonté pour l’aider, même si les réactions de Destiny sont déroutantes. Destiny n’hésite pas à rejoindre une communauté religieuse tandis qu’Anne met toute  sa confiance en l’Etat Providence dont les services publics permettent à Destiny d’aller d’hôpitaux  en hôtels sociaux et de confier ses enfants à la DASS. Le 115 est le numéro miracle avant que, à son tour, la CGT joue le rôle de sauveur et prenne la situation en main.  La France souffre du chômage mais  Destiny, bien que sans papiers de résident, trouve un emploi. Anne voit son compte bancaire en déficit et  ne sait plus s'"il faut tout donner ou rien donner"."Si elle se perd, je me perds, le monde se perd" pense-t-elle. Ainsi plus qu´un plaidoyer politique c´est l'angoisse  d'une humaniste impuissante  que révèle l'auteure. Néanmoins une lueur d'espoir perce ce livre.Sans doute est-ce grâce à son instinct de survie et à sa foi en Dieu que Destiny fait feu de tout bois pour s’en sortir,  profitant du système dans lequel elle vit, quel qu’il soit …

 

B C D

 

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 08:15

 

 

Editions : Julliard

Parution : Avril 2016

140 pages

16 €

Estimation : 4/5

 

 

 Tout est à l’image de Michel Field dans ce roman : débrouillardise et cocasserie.  A partir de la grande prison d’Abidjan où son vieux père est incarcéré pour détournement de fonds, c’est  l’Afrique profonde que l’auteur  dépeint. Ce n’est pas un  prisonnier effondré  qu’il retrouve,  mais un réformateur  plein d’imagination car « papa Field »  est « plus africain que l’Afrique ». Si ses conseils de gestionnaire et ses idées de réformes sont devenus indispensables au directeur de la prison, néanmoins depuis un an il croupit chaque soir au fin fond d'une cellule collective. C’est pour  fixer la date d'un procès que Michel Field sollicite une audience auprès du président Houphouët-Boigny qu’il finit par obtenir le matin même de son retour en France, tout endolori des frasques de sa dernière nuit à Abidjan. Rien n’échappe au lecteur, ni la beauté de l’Afrique, ni les rouage usés  de ses institutions, ni la verve de ce célèbre journaliste qui parvient à métamorphoser une situation tragique en une aventure rocambolesque. C’est tout le cœur de l’Afrique qui bat dans ce joli livre.

B.C D

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 13:30

 

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Mai 2016

98 pages

13, 80 €

Estimation : 4,5/5

 

C’est toute la violence du séisme du 11 Mars 2011 que l’on retrouve dans ce petit recueil, violence non seulement des ravages produits sur la côte Est du Japon  mais aussi dans le cœur de Yasuo.  Directeur du syndicat des pêcheurs, celui-ci, grâce à sa vieille expérience, a permis à ses collègues d’échapper au tsunami en leur faisant  prendre le large avec leur bateau pour devancer l’écrasement de la vague déferlante. Mais une fois de retour sur le rivage rien ne le console des visions d’horreur qu’il découvre. A la culpabilité d’être encore vivant s’ajoute un sentiment  d’impuissance.  Ses certitudes s’effondrent, l’alcool et le sommeil suppléent son envie de vivre, tout lui échappe jusqu’à la jeunesse de sa femme. Grâce à un style sobre et concis,  l’auteure trace  les diverses étapes de découragement traversées par Yasuo, jusqu'au moment où il retourne en mer, le travail apportant plus de joie que les subventions qui n’arrivent jamais. Halte dans le temps,  prise de conscience  de la fragilité humaine devant les forces indomptables de l’univers, ce livre lève avec pudeur le voile des désillusions  …

B C D 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 11:50

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février 2016

297 pages

19,90 €

Estimation : 4/5

 

« Newland » porte bien son nom : il s’agit d’un pays futuriste à partir duquel Stéphanie Janicot montre jusqu’où peut mener l’obsession de l’égalitarisme. Certes il s’agit d’un roman fiction, et l’auteur avec une pointe d’humour caricature un lobby qui n’a pas attendu le  XXIIIème siècle pour émerger.  Comme Orwell, Huxley,  Sansal et Bernard Behaile, Stéphanie Janicot dénonce la volonté étatique de museler l’homme jusqu’à transformer sa nature profonde. Point de liberté à Newland : la stérilisation est obligatoire, la  procréation artificielle est gérée par informatique afin d’éviter jalousies, frustrations, et transmission des gênes. La  longévité de vie doit être égale pour tous. La  fermeture des frontières est imposée par crainte de la « christanie » et de « l’islamie » voisines.  Le respect de la réglementation est surveillé par bracelets électroniques. La population est divisée manu militari  en trois castes selon le jugement et les besoins de l’Etat. Au nom de la bonne entente, il s’agit de supprimer toute  liberté de créativité et d’expression, tout esprit de compétition, tout culte religieux. Une erreur d’affectation de la brillante Marian va lui permettre de prendre le recul nécessaire pour garder  sa lucidité jusqu’à faire un voyage à rebours qui lui apprendra que mêmes les Amazones trouvaient leur bonheur maternel grâce aux mâles… Sous couvert de divertissement ce roman est une véritable mise en garde contre la pensée totalitaire. Sous prétexte  de vouloir le bonheur des hommes, ceux-ci sont robotisés. Stéphanie Janicot atteint son but : de ce livre ressort non seulement l’importance de la liberté  mais aussi le caractère unique et sacré de l’être humain.  

 

B C D

 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 17:29

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2016

356 pages

20,90 €

Estimation 4/5

 

 

 

Et si à partir d’aventures loufoques et de protagonistes  originaux  l’auteur abordait des sujets très sérieux ? Telle est la réflexion du lecteur dès le début de ce livre, condition sine qua non pour poursuivre sa lecture. Car la proposition du vieux couple George et Yoa Nodier faite à Illan Frêne et son irrésistible compagne Soline cache un mystère : leur suggestion de réincarnation de Yoa dans le corps de Soline est-elle un jeu ou un contrat, une farce ou une menace ? Derrière les exigences que Yoa imposent à Soline qui à son tour somme Illan d’en faire autant, c’est toute une leçon d’amour qui se trame. Le thème principal de la réincarnation n’est autre  qu’une métaphore de la transmission, d’un désir de la « nécessité de la durée ». De même le voyage fou jusqu’en Alaska pour perpétuer une civilisation en voie de disparition ou à travers l’Europe  pour récupérer Soline symbolise le chemin  des épreuves à parcourir à la conquête de l’amour et de la pérennité. L’auteur alterne situations comiques et tragiques, crée des personnages à la fois attachants et cocasses, aborde avec humour des sujets pleins d’actualité, voire  métaphysiques. Livre amusant  qui fait passer un excellent moment.

B.C D 

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 17:21

 






Éditions . Albin Michel
Parution : Mars 2016
279 pages 
19,80 €

Estimation :  4/5


Pierre Lemaitre revient en force avec son dernier ouvrage qui ressemble plus à une sérieuse étude psychologique qu'à un simple polar. Antoine Courtin a tout juste douze ans quand il est l'auteur de la mort involontaire du petit Rémi. L'auteur décrit à merveille l'émergence de la panique qui le conduit à dissimuler le corps et à accumuler  mensonges et reniements. Ce sont non seulement trois jours mais toute une vie d'angoisse insurmontable  qui s'en suivent. Car le coupable est toujours resté introuvable.Mais autour du thème du repentir non avoué se greffe une étude de la société où les propos inappropriés du curé de paroisse choquent autant que l'impatience de la presse à divulguer de fausses rumeurs. L'obsession  de la mère d'Antoine à sauver la réputation familiale plutôt que de divulguer avec simplicité les aléas de l'existence va entraîner son fils vers une vie de faux semblants dont il ne sera délivré que par le partage de ce lourd fardeau. Et si les dangers des non-dits au nom des grands principes sont dénoncés, le lecteur découvre des âmes simples et aimantes qui préfèrent une coopération silencieuse à une bruyante dénonciation. Livre plein de suspens et de réalisme dans les différents portraits qui mérite d'être lu. 

B. C. D

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 20:05

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2014

320 pages

19 €

 

 

 

Bertrand Vergely mérite d’être connu. Avec talent, érudition et conviction, il réactualise la culture grecque et la religion chrétienne tout en les reliant. Son but: aider les hommes à vivre en combattant le nihilisme qui règne aujourd’hui et l’angoisse de la mort qui en découle. Sa méthode : éclairer mythes antiques et christianisme  afin de faire naître  en l’homme  cette  conscience cosmique indispensable à la vraie vie.

Avec force il démontre la complémentarité des contraires. Si le temps est «assassin » il est  aussi  « médecin ». Car c’est la temporalité, par l’expérience de l’unique irréversible, qui fait  prendre conscience de l’intemporalité. C’est le temps lui -même qui nous met hors du temps et nous fait non seulement « être » mais « re-naître ». Les exemples abondent. La fuite de la vérité et la dépravation qui s’en suit font qu’Oedipe va se crever les yeux avant de se vouer  à une vie toute spirituelle.  Le linceul détricoté de Pénelope est autant le chemin de la vie que le but de sa vie : la dignité dans la fidélité. De même que  Dieu par l’incarnation  fait l’expérience de la chair et de la condition humaine, par sa résurrection il transforme le corps-matière en corps glorieux, vainqueur du néant. C’est  l’union de cette  transcendance avec le sensible qui  permet  l’harmonie du moi  avec le monde. C’est cette union de l’alpha et l’oméga  qui rend la résurrection indépendante de la mort, qui insuffle la vraie vie, c’est à dire l’éternité.

C’est ainsi que Bertrand Vergely travaille depuis plusieurs années au service de ses contemporains : son écriture lui ressemble,  simple et directe. Généreux   il met sa culture  à la portée de tous, avec ce désir de les rendre pleinement heureux à partir des réalités terrestres et célestes qu’il a découvertes et aimées.

B C D

 

 

            

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 04:56

 

 

 

Editions Albin Michel

Parution : Avril 2016

181 pages

12 €

 

Le flou délibérément voulu par l’auteur avec lequel elle  tisse son roman  à partir de plusieurs nouvelles ne fait qu’ajouter du charme à ce livre. Les personnages sont tous aussi  attachants les uns que les autres dans leur solitude. Les destins sont inattendus, s’unissent ou s’éloignent,  se croisent  ou s’oublient, tant ils sont fragiles. Les exemples sont multiples mais se ressemblent. La tristesse est toujours due  à une misère affective, souvent à une erreur de jeunesse, la plupart du temps à la lâcheté des adultes.  L’enfant abandonné,  la femme mal aimée, la vie mensongère, la brillance séductrice sont des mélopées universelles. Un rien pourrait  suffire à changer le cours des évènements. Avec un peu de courage Emma aurait pu garder sa gaîté ! Avec moins d’égoïsme  le cœur de Marina Volonge ne serait pas devenu une coquille vide ! Alors le chagrin doit s’apprivoiser, les efforts se multiplier, le bonheur se gagner dans l’apprentissage de la vie et le secours aux plus malheureux, comme en témoignent la directrice d’école et l’institutrice de la petite Alice! Car sur les chemins  qui s’ouvrent devant chacun s’offrent plein de « vies insoupçonnées ». Dans un style fluide et émouvant, Anaïs Jeanneret semble vouloir rappeler qu’il n’y a pas de fatalité, et de conclure : « le bonheur qui tombe comme une bassine d’eau  tiède n’est pas le vrai bonheur». 

B.C.D

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 12:18

 

Parution :2014

Editions : Folio

430 pages

 

 

 

  Après la lecture de ce roman plein de détails réalistes, le lecteur est en droit de se demander  si le pseudonyme de l’auteur qui protège scrupuleusement son anonymat serait par peur de représailles. Car l’histoire d’Elena et Lila au cœur de la mafia napolitaine est pleine de vraisemblance.  Elle est aussi un prétexte, voire une allégorie : de même que l’amitié d’ Elena et Lila est un curieux mélange d’admiration et jalousie, de même les frères Solara  et Carracci suscitent à la fois peur et fascination. Dans les années 50 les deux jeunes filles ont pour seuls plaisirs les études scolaires considérées comme un luxe pour privilégiés  et les déambulations sur la Via dei Mille avec leur frères comme  gardes du corps.  Les initiatives économiques débutent, mais l’arrogance des jeunes nouveaux riches  fait déjà  souffrir les deux adolescentes autant que la violence physique ou verbale de leurs parents dépassés. L’enrichissement et la soumission vont de pair, comme le mariage et la perte de liberté, comme l’instinct de domination et  le crime. Que ce soit le cordonnier penché sur son gagne-pain ou l’énergie des jeunes pour «asséner une bonne claque  à la misère de leur  quartier », aucun ne parvient à effacer ce qui s’est passé « avant », pas même Lila à l’imagination  « prodigieuse ». A moins qu’à l’avenir, Elena, éclairée par ses professeurs dévoués,  apporte la solution ! Au  lecteur d’acheter les trois tomes suivants, car la narratrice en quête de vérité  s’exprime avec beaucoup d’intelligence et sincérité…Livre qui peut et doit être lu dans plus d’un pays afin que le développement économique ne soit pas au détriment de la liberté individuelle!

B C D

 

 

 

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