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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 12:18

 

Parution :2014

Editions : Folio

430 pages

 

 

 

  Après la lecture de ce roman plein de détails réalistes, le lecteur est en droit de se demander  si le pseudonyme de l’auteur qui protège scrupuleusement son anonymat serait par peur de représailles. Car l’histoire d’Elena et Lila au cœur de la mafia napolitaine est pleine de vraisemblance.  Elle est aussi un prétexte, voire une allégorie : de même que l’amitié d’ Elena et Lila est un curieux mélange d’admiration et jalousie, de même les frères Solara  et Carracci suscitent à la fois peur et fascination. Dans les années 50 les deux jeunes filles ont pour seuls plaisirs les études scolaires considérées comme un luxe pour privilégiés  et les déambulations sur la Via dei Mille avec leur frères comme  gardes du corps.  Les initiatives économiques débutent, mais l’arrogance des jeunes nouveaux riches  fait déjà  souffrir les deux adolescentes autant que la violence physique ou verbale de leurs parents dépassés. L’enrichissement et la soumission vont de pair, comme le mariage et la perte de liberté, comme l’instinct de domination et  le crime. Que ce soit le cordonnier penché sur son gagne-pain ou l’énergie des jeunes pour «asséner une bonne claque  à la misère de leur  quartier », aucun ne parvient à effacer ce qui s’est passé « avant », pas même Lila à l’imagination  « prodigieuse ». A moins qu’à l’avenir, Elena, éclairée par ses professeurs dévoués,  apporte la solution ! Au  lecteur d’acheter les trois tomes suivants, car la narratrice en quête de vérité  s’exprime avec beaucoup d’intelligence et sincérité…Livre qui peut et doit être lu dans plus d’un pays afin que le développement économique ne soit pas au détriment de la liberté individuelle!

B C D

 

 

 

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 18:33

 

 

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Octobre 2014

249 pages

21 €

Estimation : 3,5/5

 

Comme dans la majorité des livres édités par Sabine Wespieser, le lecteur retrouve dans ce roman toute la finesse nécessaire pour décrire la complexité et la variété des sentiments. En août 1937 Franz Huchel,  « un  drôle de rejeton de paysan ou de forestier » de la Haute-Autriche  part  gagner sa vie à Vienne. L’annexion par l’Allemagne nazie n’a pas encore eu lieu mais le  jeune homme ressent, sans la comprendre,  une atmosphère sous-jacente  de « nazification » qui contraste avec son innocence fruste sans jamais l’altérer.  Les personnages rencontrés par de heureux hasards n’ont rien de banal,  que ce soit Tresniek, le petit buraliste juif spécialisé dans l’information politique, ou  le vieux  Sigmund Freud lucide sur l’avenir,  ou la jeune Aneska aussi versatile que sensuelle. Tous l’affectionnent à leur façon et contribuent  à lui dévoiler  que « la vie n’est pas un conte de fées ». Chacun a sa solution: la mort, la fuite, la collaboration. Très beau roman initiatique où  le campagnard, dur à dégrossir à son arrivée, finit en héraut de vérités que bien peu osent écouter. Car tout le monde a peur,  sauf Franz Huchel…

B.C.D

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 18:30

 

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février 2016

239 pages

17,50 €

Estimation : 2,5/5

 

 

Il est facile de comprendre pourquoi ce roman a  inspiré le film de Noami Kawase sélectionné à Cannes. L’histoire se passe au rythme des saisons des cerisiers japonais. Dans sa petite boutique Sentero a bien du mal à fabriquer et vendre ses dorayaki, « les délices de Tokyo ». Sa vie va changer le jour où, en désespoir de cause, il autorise  la vieille Tokue à venir l’aider dans son échoppe. Malgré ses  mains toutes déformées, les talents de la pâtissière attirent la jeunesse jusqu’au jour où son  passé de lépreuse la rattrape.  Bien que définitivement guérie Tokue doit repartir, mais en  laissant derrière elle une belle leçon de vie, qui enrichira le lecteur autant que  Sentero. Emouvante par sa simplicité d’expression et  sa dignité, Tokue fait partie de ces personnages  qui chantent la beauté de  l’existence malgré les plus grandes souffrances. Un combat pour l’espérance, une ode à ces reclus,  un livre poignant  de réalisme qui mérite d’être lu.

B C D 

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 14:42

 

 

Editions : Livre de poche

544 pages

8,10 €

1ère Publication : Février 2014

 

 C’est lors d’une visite  au musée Spinoza dans un petit village près d’Amsterdam que l’auteur de ce livre apprend la rafle de la bibliothèque personnelle du célèbre philosophe juif  par Alfred Rosenberg en 1941. Cela suffit pour inspirer à Irvin Yalom, médecin-psychiatre, philosophe et écrivain, un « roman à idées ». Pourquoi, à trois siècles d’intervalle, le bras droit d’Hitler est-il obnubilé par ce grand philosophe juif ? Certes tout sépare Spinoza de ce défenseur de la race aryenne : l’époque, le tempérament, les certitudes. Et pourtant celui-là n’a rien du Juif intégriste qui s’enferme dans sa  communauté. Au contraire il s’en fait exclure, annonce le siècle des Lumières en révélant la supériorité  de la raison sur les rites et les  superstitions. Sans doute est-ce la raison précise qui obsède Rosenberg! La force d’Irvin Yalom est de peindre talentueusement le cheminement douloureux de ces deux hommes si différents, l’un pour qui «l’obéissance aveugle sans questionnement est une maladie  », l’autre pour qui le bonheur réside dans la pureté de la race  et l’obéissance au Führer. Le lecteur voit le premier évoluer vers la liberté intérieure et la compréhension de l’humanité, l’autre vers la haine des faibles jusqu’à la folie du génocide. Si l’obsession de peuple élu et de race supérieure traverse le temps, seule « la Divine Nature » le transcende…Roman passionnant  qui montre les dangers de l’irrationalité comme de  l’hyper-rationalisme.  

B C D

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 15:20

 

Editions : Gallimard

Parution : Février 2016

154 pages

15 €

 

Le feu d’ « Inigo » ne brûle pas dans le dernier livre de François Sureau. C’est là  que réside le talent de l’auteur.  Il adapte son style  à son héros, Charles de Foucauld, à la fois  éternel insatisfait, désireux de convertir sans jamais en  être apparemment  capable. Le  fil conducteur est  imperceptible, comme  Dieu dans la vie de l’officier de St Cyr  et du moine de la Trappe. Néanmoins une lueur d’espoir s’élève peu à peu  chez  ce réfractaire. Le froid ethnologue se métamorphose en un  traducteur sensible à la langue et à la poésie touareg.   L’aristocrate militaire a la ferme intention d’étendre l’Evangile plus que les colonies. S’il se révèle indulgent pour les déshérités, il fait preuve d’intransigeance  pour les milieux fermés, militaires ou religieux. Il croit au progrès mais prône le plus grand dépouillement et le statut de serviteur. L’ouvrage de F. Sureau est sobre, il va dans le sens de Charles de Foucauld, invite à avancer sur une route « sans paroi » entre le royaume des cieux et la vie terrestre, car ils ne font qu’un.  Erreur à ceux « qui pensent que Dieu est loin, ailleurs, quelque part, qu’il commande et qu’il juge » ! Très belle réflexion sur le radicalisme et le fanatisme qui montre que Charles de Foucauld est toujours d’actualité !

B C. D

 

 

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 07:45

 

 

Editions de Fallois/ Paris

Parution : Août 2015

471 pages

22€

Estimation : 4,5/5

 

« Je vous aime, les Goldman » sera la conclusion du lecteur en refermant ce livre.  Car celui-ci  y trouve les valeurs qui forgent une famille, les jalousies qui la mettent en danger, les ambitions qui embellissent l’existence avant que la mort détruise les rêves. Si la bourse  symbolise la versatilité du destin, chaque personnage reste néanmoins maître de son existence. La troisième génération des Goldman apparaît tout aussi différente mais  obstinée que les deux précédentes. La magnificence des apparences familiales  va malheureusement vite s’estomper au profit d’une vérité authentique sur la valeur de l’individu plus importante que celle de la tribu.  L’auteur a tout le talent nécessaire pour faire découvrir chacune des mille facettes de l’Amérique comme celles de l’éternel humain, huppée ou vulgaire, généreuse ou égoïste, bornée ou audacieuse, violente ou pacifiste. Cette très jolie saga, où les protagonistes sont aussi attachants que le narrateur lui-même, a un fil conducteur qui fait des allers–retours entre des souvenirs d’une enfance merveilleuse et un présent tragique. Car dès les premières pages « le Drame » est  annoncé, et s’il reste mystérieux jusqu’au dénouement, le lecteur se rend vite compte que les promesses de la jeunesse ont du mal à rattraper le  bonheur d’’ « être en paix avec soi-même ». 

Brigitte Clavel Delsol

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 18:51

 

 

 

Editions : Guérin

Parution : Octobre 2015

263 pages

19,50 €

 

L’autodérision  de  cette autobiographie révèle à quel point l’incompréhension mutuelle d’un père et d’un fils, à laquelle s’ajoute la pudeur des mots,  peut engendrer une tristesse indélébile. Sans doute une sévérité excessive à l’encontre d’un enfant hypersensible peut être mal vécue, comme elle le fut chez l’auteur de cette autobiographie. Mais la rigueur morale d’Henri Queffélec ne  peut-elle pas s’expliquer par  le souci de l’aristocrate sans argent, soucieux de la réussite sociale de ce fils qu’il considère comme le mouton noir de la famille et auquel il semble préférer un aîné plus conformiste ? A cela s’ajoute la suffisance intellectuelle  du romancier  reconnu qui l’empêche de discerner les talents de l’écrivain en herbe. Une chose est certaine  c’est que Yann Queffélec puise dans cette attitude paternelle toute son inspiration. Challenge conscient ou inconscient, alternance d’amour et de crainte, d’admiration et de révolte, le livre aborde les thèmes chers à Françoise Dolto tels que  le « reproche d’être né » ou  la «manie d’être aimé » dans un style très expressif mais  tout à fait différent de celui qu'il nomme "l'homme de ma vie".

Brigitte Clavel Delsol  

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 19:54

 

 

Editions : Atlande

Parution : Décembre 2015

160 pages  

 

Rien de théâtral dans cet ouvrage de J-L Jeener, directeur de théâtre, écrivain, dramaturge, metteur en scène, mais une réflexion sur la foi, bouleversante de vérité. Le monde actuel est contradictoire : rien de plus facile pour nos contemporains que de croire en la technologie, mais impossible pour eux de reconnaître Dieu. La force  persuasive de l’auteur est dans sa distinction entre certitude et conviction. Il est aisé de combattre une certitude, mais rien ne peut anéantir une conviction comme celle des Pères de l’Eglise ou celle du simple croyant. Dépasser le rationnel, n’est-ce pas faire preuve de liberté ? De même, accepter la nature humaine pécheresse pour la métamorphoser, n’est ce pas poursuivre  la création ? La sottise est de vouloir être Dieu. Mais reconnaître l’altérité et remplacer l’identification de l’homme avec Dieu  par la filiation, là est l’intelligence. Et si l’esprit religieux s’amenuise, n’est-ce pas au profit d’une nouvelle fraternité conseillée par le christianisme lui-même? Car  Dieu porte en lui la diversité du monde. Et J-L Jeener de répondre à tous les mystères  qui rebutent l’incrédule : il éclaire le dogme de la Trinité par la charité du Dieu amour qui est Un, il considère les sacrements comme des grâces  agissantes,  génératrices d’espérance, la mort comme un chemin vers une vie nouvelle, et la parole de Dieu comme « un silence plein » qu’il faut savoir entendre…Belle réflexion documentée où « le coup de gueule » annoncé par l’auteur se transforme en un partage de sa foi. A savoir que « le théâtre du Nord-Ouest » dont il est responsable dans le 9ème arrondissement de Paris offre un répertoire de pièces de très grande qualité.  

B. Clavel Delsol

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 19:19

 

 

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2015

378 pages

21,80 €

 

Frantz Ritte, musicologue autrichien, se réfugie dans la fumée de l'opium à défaut de comprendre les critiques de son ami à l'encontre des cultures  orientales qui envahissent le monde d'aujourd hui. Et si son amour impossible pour Sarah , orientaliste passionnée, n'était autre qu'un rêve tout aussi semblable à celui qu'il veut vivre avec l'Orient? Une insomnie nocturne l'entraîne dans ses souvenirs de voyage où accompagné de celle-ci il découvrit la Syrie et l'Iran. Mais plus que Damas et Téhéran c'est l'impact de l'Orient sur les arts occidentaux qui le marque, que ce soit dans le domaine de la musique ou de  la littérature, des aventures amoureuses ou spirituelles. Pas étonnant que "Boussole" ait remporté   le  dernier prix Goncourt car le lecteur  y trouve  un style proustien indéniable, un romantisme digne de Chateaubriand, et une hantise de la déchéance soulagée à l’opium à l’image  des  poètes maudits. Plus encore  que par sa forme, c’est sa thématique qui  séduit : il s'agit à tout prix de rapprocher l'Occident et l'Orient. "L'orientalisme c'est de l'humanisme avant tout...Il n'est pas honteux de se laisser aller aux sentiments". Cependant "Boussole" ne se limite pas au sentimentalisme , il est un long recueil culturel qui "met en lumière le don de la diversité",  au profit de la paix. Mais est-ce vraiment préparer la paix que de se réfugier dans la drogue et parler de  "la dictature du cantique catholique"? N'est-ce pas plutôt une dangereuse perte d'identité qui fait la faiblesse de l'Occident? 

Brigitte Clavel Delsol 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2015

378 pages

21,80 €

 

Le narrateur Frantz Ritte, alter-ego  de l'auteur Mathias Enard, se présente comme un simple fumeur d'opium qui vit dans son nuage.En fait il a du mal à se remettre de la conférence  d'un de ses amis qui  a dit publiquement souffrir de voir l’art  grec et  romain menacé au profit de l’islam, de l’hindouisme et du bouddhisme et annoncé ainsi la fin du monde.Alors qu'il est traité de pleutre par cet ami et éconduit par Sarah, une orientaliste passionnée dont il est éperdument amoureux, Frantz, musicologue de profession, en perd le sommeil. Une nuit d'insomnie va lui permettre de repenser aux multiples découvertes culturelles  rencontrées lors de ses voyages avec Sarah à Damas et Téhéran. Les souvenirs jaillissent pêle-mêle, et  si les tempéraments opposés de Sarah et Franz ne font que déboussoler notre fragile narrateur, celui ci ne peut que reconnaître  l'influence indéniable de l'Orient sur les artistes et aventuriers occidentaux, qu'elle soit faste ou néfaste, créatrice ou annihilante. Pas étonnant que "Boussole" ait remporté   le  dernier prix Goncourt car le lecteur  y trouve  un style proustien indéniable, un romantisme digne de Chateaubriand, et une hantise de la déchéance soulagée à l’opium à l’image  des  poètes maudits. Plus encore  que par sa forme, c’est sa thématique qui  séduit : il s'agit à tout prix de rapprocher l'Occident et l'Orient. "L'orientalisme c'est de l'humanisme avant tout...Il n'est pas honteux de se laisser aller aux sentiments". Mais "Boussole" ne se limite pas au sentimentalisme , il est un long recueil culturel qui "met en lumière le don de la diversité",  de l'amour et de la paix.

Brigitte Clavel Delsol 
 
 
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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 09:10

 

Editions : Albin Michel

15 €

Janvier 2016

187 pages

 

 

On se sent  loin du monde quand on lit C. de Calan, loin de toute prétention intellectuelle. Peut-être même qu’au début du livre la narratrice a quelque chose d’exaspérant dans sa tonalité de bonne de curé,  de concierge de village au langage cru. Mais bien vite la vie sauvage de cette côte de la Manche  enveloppe le lecteur d’une douceur toute authentique. Les aléas de la vie n’épargnent personne, bonheur et malheur cohabitent, et deux jeunes gens  se lient d’amitié dès leur enfance. L’un qui a toutes les qualités requises pour être un grand amiral de la Marine préfère devenir prêtre de son village natal. L’autre semble vouloir à tout prix expier la vie dissolue d’une mère déchue en choisissant une vie d’ermite. Chacun dans son sacerdoce anime Saint-Clair-des Champs comme ce roman  par sa nature hors du commun et hors du temps. Car Claude de Calan sait comme personne décrire cette région dominée par le mont St Michel où l’on peut vivre  certes de coques et de salicorne, mais surtout de prières et de compassion.

Brigitte Clavel Delsol

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