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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 21:38
«Histoire du fils » par Marie-Hélène LAFON

«Histoire du fils » par Marie-Hélène LAFON

 

Editions : Buchet.Chastel

Parution : Août 2020

171 paes

15 €

 

 M-H Lafon reste fidèle à sa réputation d’amoureuse de la France profonde.  Elle sait faire résonner les sonorités de Bergerac, Aurillac ou Figeac, comme l’écho joyeux  des familles auvergnates et périgourdines pleines de vie et de ténacité.  Elle sait humer les parfums, que ce soit ceux des boutiques parisiennes  ou des fraises du marché. Elle perçoit  la beauté du crépuscule,  révèle la  chaleur d’une famille de filles, le souci d’avoir à tenir son rang, la nécessité d’un passage au pensionnat de Sarlat et le vide croissant dans le coeur d’un fils sans père.  La chronologie est pleine d’allers retours dans le temps, sans doute pour montrer la ressemblance toujours réitérée des générations et la possible  transformation des  épreuves en source de bonheur. Plein d’allers retours aussi  entre Figeac où résident les  deux sœurs Léoty et  Chanterelle l’ancre des Lachalme,  depuis  Paris, voire même le Canada.  Les personnages n’ont peur ni des ragots de village, ni  des Allemands, ni de l’anonymat dans  la capitale.  Ils savent faire du fils illégitime le cœur de la lignée. Peu importe l’identité du père d’André  qui appelle Gabrielle « mère » et sa tante « maman ». Il est le plus beau cadeau de la famille. L’important  c’est l’écriture de M-H Lafon, véritable reflet de  la beauté des cœurs qui dépassent  la vitalité des corps et la subtilité des esprits. Il semble que  la pureté du ciel  finit toujours par  éclaircir les mystères sur lesquels  l’auteure ne s’attarde pas tant elle fait confiance à cette race de paysans aussi  solides que leur sol.  Livre qui plaira à tous les  passionnés du terroir.

B Clavel Delsol

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 17:53
« La beauté du ciel » par Sarah BIASINI

« La beauté du ciel » par Sarah BIASINI

Editions :  Stock

Parution : Janvier 2021

251 pages

19 €

 

Le style est simple, sans prétention mais  spontané et touchant. Il est celui d’une  jeune   femme prise entre  la joie de la maternité et la tristesse  d’avoir été trop jeune  orpheline de mère. Si elle est la fille de Romy Schneider qui fut  adulée par le monde entier , elle est avant tout Sarah Biasini, hantée par un sentiment de n'avoir pas eu le temps  d'aimer celle-ci  comme elle aurait voulu. Consciente de la fragilité et de l’éphémère de la vie, elle tremble de ne pas savoir  endosser ses nouvelles responsabilités de mère.  Pas de larmoiement  dans son expression, seulement de la crainte.  Les quelques souvenirs flous qui l'assaillent témoignent  de la joie de vivre   de Romy dont elle prendra toujours la défense. Elle n'en oublie pas moins d'exprimer sa profonde gratitude à ses deux mères de substitution, toujours présentes à ses côtés pour l’encourager et lui donner confiance.  Dans ce  livre dédié  autant à sa mère qu’à sa fille, le lecteur retrouvera toute la fébrilité de l'inoubliable reine du cinéma qui aima et subjugua les siens plus que de raison. Très joli livre sur le sens de la famille où solidarité et transmission  sont bien supérieures à la célébrité.

B. Clavel Delsol

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 21:49
« Brèves de solitude » par Sylvie GERMAIN

« Brèves de solitude » par Sylvie GERMAIN

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2021

210 pages

18,90 €

 

 Sylvie Germain offre deux arrière-fonds à l'inéluctable solitude. Le premier est un square  où   une kyrielle  de personnes atypiques se croisent et se recroisent, s’observent à la sauvette, se suspectent ou se haranguent. Chacune d’elles  est venue  chercher un havre de paix à travers des présences rassurantes, un  simple sourire ou une  inspiration pour écrire un livre ou résoudre des mots croisés. Mais les cris d’enfants résonnent, les ballons bousculent, le SDF fait peur, les souvenirs d’un élève suicidé hante le vieux professeur et la vieille femme au cabas  paraît bien étrange. Chacun retourne chez soi avec la même déception qu’à l’arrivée jusqu’au jour où le confinement à cause de la covid  est imposé. L’arrière-fond  n’est plus le square mais la chambre étroite de l’étudiante avide de liberté, la porte fermée de l’ehpad au fils fidèle, les blagues de mauvais goût  d’un demi-frère ou les ovations incompréhensibles de l’enfant à sa mère aide-soignante toujours absente. Confinement ou non, la solitude rôde, règne, persiste, engouffre, enferme jusqu’à ce qu’elle devienne apprivoisée, où les erreurs commises et les désillusions, les souffrances de la maladie ou de l’amour trouvent leur apaisement dans la pâleur du clair de lune semblable au visage vieillissant du miroir. Sylvie Germain est fidèle à elle-même. Bien que réaliste et humoristique, son style poétique  est depuis toujours sa délivrance, son imagination une échappatoire aux vicissitudes et sa mission un souffle de bonheur apporté à ses lecteurs.

B. Clavel Delsol   

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 09:36
« BORGO VECCHIO  »  par Giosuè CALACIURA

« BORGO VECCHIO  »  par Giosuè CALACIURA

 

Editions : NOTAB/LIA

Parution : Août 2019

150 pages

16 €

 

 

Une fois entré dans  Borgo Vecchio à la périphérie de Palerme, où l’imaginaire vient dédramatiser la pauvreté  , on ne peut plus quitter ce quartier. Ses ruelles étroites renferment  des secrets graves, inaudibles, que l’auteur allège avec  humour. La violence, la prostitution, le vol et la lâcheté du silence  n’excluent pas  de nobles  sentiments. Une amitié profonde entre  deux jeunes garçons  se développe   face à la cruauté d’un père ivrogne et à la malhonnêteté sans vergogne de l’autre.  Mimmo et Cristofaro reportent toute leur affection sur un pauvre cheval de course exploité, leur amour sur Céleste enfermée par tous les temps sur un balcon, et  leur admiration sur un  pickpocket qui fait fi de la police comme des non-dits. Sans révéler la fin de ce récit à rebondissements qui a plus du conte philosophique  que du roman, où la fête  de la  sainte patronne du quartier devrait sanctifier l’union de la   femme déchue et le voyou, il est aisé de deviner que l’auteur parvient à transformer l’abject en une poésie irrésistible avec des phrases aussi tortueuses et animées que les rues de Borgo Vecchio d’où l’espoir n’est pas entièrement exclu. Cette littérature typiquement italienne offre un style très vivant qui déguise  la dérision en mascarades, certes rebelles, mais combien touchantes et inoubliables…

Brigitte Clavel Delsol

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 20:18
« Ils voyagèrent vers des pays perdus » par Jean-Marie ROUART

« Ils voyagèrent vers des pays perdus » par Jean-Marie ROUART

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2021

312 pages

21,90 €

 

 

 

 

Le ton est vite donné : avec un style percutant, plein d’imagination et d’humour J-M Rouart, semblable à ses personnages tiraillés entre France libre et pétainisme, refait  l’Histoire. Le livre s’ouvre avec l’arrivée de Mlle de Méribel, fidèle secrétaire  du général de Gaulle, qui  lui remet une dépêche de Pétain lui annonçant son départ de Vichy pour rejoindre l’armée américaine à Alger.  Pris de court, de Gaulle se montre désespéré, le maréchal lui dérobant  ses plans et  sa victoire. Par contre,  vu l’âge du vieux maréchal, Darlan  voit se dessiner pour lui un avenir prometteur.  Ainsi une  connaissance  profonde des hommes avides de pouvoir révèle combien le cours des évènements  peut changer au gré du vent. Car, si libérer la France  est le motif premier, les ambitions  politiques  et les péripéties amoureuses  se lient et se délient avec la même rapidité. Les aventures  se multiplient  avec un rythme tel que le lecteur sans s’en rendre compte passe des princesses  londoniennes infidèles aux joutes intellectuelles d’Aron et Labarthe qui exaspèrent de Gaulle. Il assiste au  dépit de Churchill devant le départ de l’aviso « Destiny »  sur lequel  le général s’embarque en toute discrétion et grand mystère. Si la plume de Rouart n’est pas acerbe, elle est bien ironique sur la direction géographique  et politique prise par le général ,  ses escapade dans une  sainte Russie qui n’existe plus, son embarras devant le beau cadeau de Staline qui lui inspire des essais romantiques,  et mieux encore son désir d’accéder au  pays des Brumes, le refuge des dieux ! Et si Pétain l’y rejoignait, et si les Français avaient discerné leur complémentarité, et si, et si…  La Libération aurait été tout autre, mais le lecteur n’aurait pas pu découvrir cette jolie fresque picaresque pleine de vérités humaines à défaut de vérités historiques.

B Clavel Delsol

 

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 11:11
« L’inconnue du 17 mars » par Didier van Cauwelaert

« L’inconnue du 17 mars » par Didier van Cauwelaert

 

Editions : Albin Michel

Parution : Septembre 2020

168 pages

17,90

 

 

Ce roman d’une étonnante actualité a quelque chose de fédérateur pour ne pas dire salvateur. Rien  ne manque à cet environnement éclatant d’actualité ni à cette fresque de personnages aussi variés les uns que les autres. Le 17 Mars un confinement généralisé est décrété pour cause de pandémie. Lucas Norden est las de cette société qui ne lui a apporté que chagrins, solitude et  déchéance sociale. Heureux comme un artiste méconnu qui défie toute règle,  ce SDF court pour échapper au fourgon de la Mairie de Paris, s’engouffre  sur le Champ-de-Mars et se fait renverser. Qui peut être cette inconnue qui le ramène sur les lieux de son enfance ?  Une coach impitoyable, un robot charnel, un vampire ? Car en même temps que  son passé, c’est aussi une belle-mère effrayante qui le rattrape, le  souvenir d'un amour indicible, d'une musique thérapeutique qui valut un triple crime mais qui seule peut sauver du virus. C’est ainsi qu’avec une ribambelle d’allégories Didier van Cauwelaert montre la richesse de l’imagination et le puits sans fond du cœur humain. Il y a en lui du Freud et du Lewis Carroll, il y a surtout une espérance libératrice qui remporte tous les combats terrestres. Livre intrigant,  magnifiquement écrit, inclassable tant il comporte d’authenticité  et d’originalité.

Brigitte Clavel Delsol

 
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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 10:42
« La malédiction de Port-Royal » par Anne-Claire VOLONGO

« La malédiction de Port-Royal » par Anne-Claire VOLONGO

 

 

Editions : Salvator

Parution : Octobre 2020

233 pages

20 €

Le thème théologique de la grâce face au libre arbitre  inspire à Anne-Claire Volongo  un roman des plus inattendus qui remet à l’ordre du jour la  condamnation irrévocable des Jansénistes par Louis XIV.  Mais la romancière dotée d’une grande culture ne s’arrête pas là. Une intrigue historique ne l’empêche pas d’aborder un événement d’actualité tel que le but d’un transhumaniste intriguant. Ainsi à partir d’une enquête sur une lettre inédite et d’un suicide, elle parvient à réaliser un thriller des plus originaux.  Sa protagoniste Louise Briquet  va tout faire pour prouver que la  signature  de mère  Angélique Arnaud, apposée au formulaire de Louis XIV, est un faux. Car on le sait, la supérieure de Port-Royal préfère mourir que  capituler devant le roi  et les Jésuites.  Louise ouvre les portes de l’abbaye d’Orval  autrefois abri des jansénistes exilés  devenue aujourd’hui célèbre brasserie. Et si elle s’y étourdit  un instant, elle parviendra à ses fins au grand dam d’un scientifique malhonnête qui, à partir de ce vieux papier jauni et taché de sang, voulait faire une expertise ADN à des fins  commerciales et politiques déloyales. De mystérieuses lettres historiques avec un arrière son de théorbe et de vers raciniens  entrecoupent ce roman plein de découvertes inattendues et de rebondissements amoureux. Car Louise Briquet n‘est pas une allumeuse comme son nom pourrait le faire entendre mais une observatrice née, qui sait saisir les coïncidences providentielles entre une sculpture de St Augustin qui porte un cœur révélateur  dans sa main gauche et la maxime d’un simple sportif en art martial : « C’est le cœur dans les poings qu’on frappe le plus fort ».  Livre aussi amusant qu’enrichissant… 

Brigitte  Clavel Delsol

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 15:01
« L’ami arménien » par Andreï MAKINE

« L’ami arménien » par Andreï MAKINE

 

Editions : Grasset

Parution : Janvier 2021

214 pages

18 €

 

Une petite communauté de lumières dans  un immense enfer de ténèbres, tel est le dernier beau récit d’Andreï Makine qui laisse derrière lui, malgré toute sa poésie, un sentiment de tristesse infinie.  Il faudra du temps au jeune narrateur pour comprendre la raison d’être de Vardan, son petit protégé caucasien, bouc émissaire d’une bande de voyous soviétiques mais ange tombé du ciel d’Arménie : il relève la prostituée enivrée, remarque ce que nul autre ne prend le temps de voir, la beauté d’un envol d’oies sauvages ou la main d’un prisonnier touchant le ciel à travers des barreaux. Pourquoi   Vardan si fragile ou  Sarven le vieux sage,  Gulizar l’amoureuse  ou Chamiram la généreuse, tous d’origine arménienne, se retrouvent-ils en Sibérie centrale, au milieu de nulle part, dans un  quartier dénommé "le Bout du diable" ?   C’est ce que va apprendre peu à peu  le jeune  Makine et ses découvertes sont loin d’être finies. Il lui faudra toute une vie pour réaliser l’héroïsme de cette communauté venue s’installer près de ses proches, prisonniers politiques dont elle attend les jugements dans le plus grand dénuement.  Par la sobriété du  style qui  creuse l’abîme entre  la bêtise et la bonté humaines, par le point de vue d’un enfant qui ouvre la voie à « une autre dimension d’existence », ce  livre est une leçon d’Histoire  autant que d’espoir : Vardan, persuadé que le ciel est autant "sous nos semelles" qu'au-dessus de nos têtes,  symbolise par son courage silencieux les nombreux sacrifiés qu'Andreï  Makine ne peut et ne veut oublier. Inconditionnels de Makine et de la liberté,  adeptes de l'intelligence du coeur, ce livre vous enchantera !

B. Clavel Delsol

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 06:49
« Nos frères inattendus » par Amin Maalouf

« Nos frères inattendus » par Amin Maalouf

 

Editions : Grasset

Parution : Octobre 2020

330 pages

22 €

 

 Amin Maalouf  parvient par cette  histoire toute fictive  à décrire l’humanité dans son essence même. Notre  civilisation est en déclin, Alec Zander artiste dessinateur  veut la comprendre, Eve Saint-Gilles écrivaine la fuir, deux attitudes bien contemporaines. C’est par  hasard qu’ils se retrouvent sur l’île  d’Antioche, un petit paradis de solitude quand le drame commence. Des dysfonctionnements technologiques  se multiplient  sur la planète, isolant les hommes les uns des autres dorénavant angoissés par  des nuages soit disant  radioactifs. Qui sont ces responsables qui affirment que la paix internationale est en jeu ? Qui sont ces inconnus qui accostent sur Antioche faisant un « tunnel de guérison » pour « remettre à neuf » le corps humain ? Qui sont les saboteurs  de ce navire-hôpital ? Un fonctionnaire municipal de l’île, Agamemnon, à l’humble tâche de passeur mais helléniste passionné,  redonne espoir aux deux insulaires : selon lui l’avenir a encore une adresse ici-bas,  c’est celle de Démosthène, le plénipotentiaire qui parlemente avec le président des Etats-Unis. Ainsi déguisés de noms antiques qui réjouiraient Jacqueline de Romilly, ces hérauts font comprendre où réside la sagesse, non pas dans l'esprit de conquête et encore moins dans les craintes archaïques des « frères inattendus », mais dans la modernité toujours renouvelée mise au service de l’humanité.  Un message d’espoir sur cette île d’Antioche dont le refuge devient porte ouverte au futur comme le montre la jolie couverture du livre.  C’est le repli sur soi et la peur de l’avenir  qui tuent, « c’est  le progrès qui sauve ». Telle est la leçon de ce beau livre qui réconcilie le monde d’hier et de demain, comme le gouay à travers  la mer rallie la  solitude au continent et comme la culture antique enseigne la modernité.

B. Clavel Delsol

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 20:08
« Le temps ordinaire » texte et peintures  par DENIS CLAVEL

« Le temps ordinaire » texte et peintures  par DENIS CLAVEL

 

 

 

Editions   Esope Chamonix

Parution : 1er trimestre 2020

21 pages

19 €

 

 

Le poète contemple 

"épouse ce qui vient"

Une danse de parfums, de fleurs  et de lumière

à laquelle se joignent le silence  et la joie

fait que la mort n’est pas une fin en soi

« Mourir n’empêche pas d’être éternel »

et s’il est dur de « donner un nom aux choses de la terre »

il est doux de sentir

« Le soleil bat comme un cœur »

il est beau de voir

« l’angoisse passe par les yeux »

et de réaliser

« aimer c’est mourir à la place d’un autre »

il est merveilleux de confondre

« musique murmure et sanglot »

prière et silence

poésie et consolation

il est bon de rappeler

un rien est « quelque chose de sacré »

la fête un  artifice

il est important de croire

le présent est miracle

l’absence de rêve  enfer

le poème une feuille de papier

et la pensée une fleur…

 

telle est ma lecture de Denis Clavel

accompagnée de ses peintures aux couleurs insaisissables

que je vous laisse découvrir tant est beau

« Le temps ordinaire »

 

 

B.C.DELSOL

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