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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 14:56
Éditons : Gallimard
Parution : Septembre 2011
266 pages
18,50 €



" Intensifier les moments de bonheur",  tel est le souhait du narrateur qui,
suite au décès de son grand-père,  regrette de ne pas lui avoir  manifesté plus d'affection. Il se promet alors de soulager la solitude de sa grand- mère et finit par ressembler au protagoniste d 'Anne Gavalda dans " Ensemble, c' est tout": il trouve dans cette femme d'un âge avancé le bonheur de vivre, dont   beaucoup autour de lui ont manqué, et la joie de revisiter ses souvenirs. Et c' est  precisement ce dont  il avait besoin. Les épreuves  successives à surmonter  apparaissent  dorénavant, non comme des situations d'  échec, mais  comme sources d inspiration, l' écho de ce que chacun enfouit dans sa mémoire. Mais la  fuite en avant a toujours son point de retour. A partir de cette prise de conscience le narrateur trouve la sérénité nécessaire pour écrire le livre dont il rêvait et apporter à ses lecteurs l' apaisement recherché.
BC
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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 13:03

 Editions : Actes Sud

Parution : Janvier 2013

298 pages

21,80 €

 

Dans ce très joli roman la vie d’Augustinius est parfaitement relatée, de ses frasques de jeunesse dans Carthage la folle à  sa charge d’évêque d’Hippone. L’auteur n’a rien oublié, ni son enfance choyée à Thagaste l’austère, ni ses débats philosophiques qui lui font abandonner le manichéisme au profit du christianisme et inspirent  ses prédications envoûtantes. Néanmoins Claude Pujade-Renaud  n’hésite pas à donner la parole à une femme qu’elle nomme Elissa avec laquelle Augustinius vécut et eu même un fils, mais dont Lucien Jerphagnon, dans la préface de la Pléiade, affirme que «  de cette femme, nul ne saura jamais le nom ». A partir de ces prémisses toute fiction est permise. Ste Monique est présentée comme une mère possessive et arriviste aux penchants alcooliques ; Augustinius comme un homme des plus sensuels, qui prêche l’amour, vante l’ascétisme et combat le libre arbitre. La blessure toujours ouverte d’Elissa  apporte alors à ce livre une tonalité de dépit amoureux qui incite le lecteur à avoir plus d’empathie pour la femme répudiée que pour un des plus grands saints de l’Eglise.

B.C

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 21:51

 Editions :JC Lattès

Parution : Janvier 2013

266 pages

17 €

 

 

 

Qui est ce Jean Hart qui secourt les malheureux, les héberge dans sa maison d’accueil  dénommé «  l’Atelier »,  pour leur redonner goût à la vie et confiance en eux ?  Grâce à lui, Monsieur Mike, le sans–abri,  retrouve toute sa dignité en étant responsable de la sécurité de la maison ; Mariette, professeur déprimée et épouse incomprise, reconquiert  l’assurance nécessaire pour dispenser des cours, tandis  que Millie recouvre sa propre  identité qu’elle aurait voulu falsifier à jamais. Mais pourquoi  Jean Hart, plein de douceur et de prévenance, se  rebiffe-t-il jusqu’à la méchanceté une fois qu’il n’est plus le décideur de la vie de ses pensionnaires ? Sans doute  Valérie Tong Cuong exècre l’autoritarisme qui casse les êtres  et elle le fait bien sentir. Mais sa démarche est plus subtile. Car dans ce joli roman où les sentiments humains se perdent comme dans un noir labyrinthe, perce  la fragilité de l’être humain, de celui qui donne autant que de celui qui reçoit, de celui qui ne trouve pas sa place comme  de celui qui s’y accroche, de celui qui aime et de celui qui croit aimer. Un très joli livre qui reconstruit autant qu’un atelier peut réparer.

Brigitte Clavel

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 16:39

             

 

 

 

Editions : SEUIL

Parution : Janvier 2013

363 pages

21 €

 

 

 

 

 

                                                                  

Filmer ce que la Grande Catherine dissimulait, faire vivre ses rêves, dévoiler sa sensibilité, révéler « un instant qui dira l’essentiel » : tel est le but du cinéaste Oleg Erdman, un autre Makine,  conscient des erreurs du temps  où l’idéologie politique stalinienne  transforme le cours de l’Histoire et défigure la nature humaine. Comme Makine, Oleg est « un paysan de Sibérie », à l’âme pure et fidèle. Il  ne fera aucune concession pour plaire au jury du « Comité d’Etat pour l’art cinématographique » qui, par pure propagande  antimonarchiste, se plaît à accabler Catherine II  des pires crimes politiques.  Vouloir à tout prix réhabiliter « cette petite Allemande devenue la Grande Catherine »  va bloquer la carrière  d’Oleg, en faire  un simple assistant artistique  impuissant, jusqu’au jour où, le mur de Berlin étant tombé et Gorbatchev arrivé au pouvoir, son ami enrichi, Kozine, le sollicite pour réaliser un péplum télévisé sur la tsarine. Mais de nouveau  Oleg se heurte au mensonge,  cette fois  purement  mercantile, qui ne veut  rien exposer d’autre qu’une nymphomane hystérique pour fasciner l’audimat. Heureusement Makine, le poète qu’on attend depuis le début du livre, se révèle : les couleurs changeantes du ciel et de la Néva, les flocons de neige, la brume du soir comme la beauté sereine d’une femme marchant sous les hauts peupliers blancs rappellent à Oleg que l’essentiel de la vie ne réside ni dans le nombre des décrets signés ni celui des amants, mais dans la simplicité, dans  la promesse d’un voyage secret, dans la fuite de la comédie humaine, dans le calme d’une église au bord du lac de Garde. Makine une fois de plus lance « un pavé dans la mare de l’histoire russe »…

B.C

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 10:48


 

Les Editions de Minuit

Parution : Janvier 2013

108 pages

12 €

 

 

Madame Rebernak a le droit d’être inquiète et méfiante. Son mari mort, elle n’a pas l’intention d’ouvrir sa porte à son propre  cousin Teddy récemment sorti de prison, quitte à passer pour une femme peu charitable. Car quinze ans plus tôt une petite écolière a été assassinée. Et protéger ses enfants est ce qui compte pour elle maintenant. Sa fille Clémence, lycéenne indépendante, semble exaspérée par les vieux principes d’une mère angoissée. Ce qui n’empêche pas  Madame Rebernak  de sillonner les routes de campagne sur son cyclomoteur pour la surveiller, tandis que son fils, qui n’est autre que le narrateur, découvre les allers et venues de chacune en même temps que le lecteur. Tout est source d’inspiration pour Yves Ravey : l’innocence de la jeunesse, l’amour maternel,les réputations indéfectibles, la nonchalance d’un brigadier face à l’esprit justicier d’une femme seule…Grâce au  style épuré et précis de l’auteur, force et  lumière règnent sur la trame de l’ histoire aussi noire et banale qu’une chronique de journal.

B.C

 

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 19:23

 

 

 

 

Editions : Flammarion

Parution : Août 2012

454 pages

21 €

 

 

Plus idéaliste que jamais, tel apparaît Olivier Adams à travers son alter-ego Paul Steiner, le protagoniste de son dernier  roman qui frisa le prix Goncourt 2012. La tristesse lancinante de l’auteur, ressentie dans ses précédents ouvrages, devient ici révolte ouverte contre une société selon lui  injuste, où les ouvriers sont relégués en zone périphérique et où la nouvelle génération passe son  temps à reproduire ce qu’elle  abhorrait.  Depuis toujours Paul Steiner  fuit ce pavillon de banlieue acheté par ses parents et payé à la sueur de leur front leur vie durant. Aux clôtures de jardinets il a toujours préféré le paysage infini offert par  l’Océan. Obligé de revenir  sur les lieux de son enfance dont il a fait table rase, Paul constate  que la souffrance de chacun est due moins aux lisières géographiques qu’aux limites inhérentes à la nature humaine clôturée par les impératifs et les vicissitudes de l’existence, la maladie, les infidélités, le chômage. Son seul désir : regagner l’amour des siens et se réfugier au milieu de plus malheureux que lui, « à la périphérie du monde », là où la reconstruction et la contemplation sont conciliables. Ainsi Olivier Adam oscille entre révolte adolescente et hommage rendu à ceux qui luttent jusqu’à épuisement. Son livre reflète la  société telle qu’il la perçoit, à la fois utopique et déçue,  et c’est là que réside tout le  charme de son écriture qui seule lui donne sa raison d’être.

B.C

 

 

 

 

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 21:03

 

 

 

Editions BAUDELAIRE

Parution : 4ème trimestre 2011

233 pages

19 €

 

 

Qui aurait pensé qu’une petite ville de décolletage, du nom de Cluses, au cœur de la vallée de l’Arve, inspire à un écrivain tant de sentiments nobles et pieux, tant de patience dans le temps et d’espérance en la Providence? L’auteur n’a oublié aucun détail, ni l’église au bénitier du XIIème siècle  et  aux arcades italiennes, ni le  cimetière  qui longe la voie ferrée menant  au pied du Mt Blanc, ni en amont  la station des Carroz qui attire les touristes tandis qu’en aval grimpe une route abrupte jusqu’au Reposoir où s’est retirée une communauté de carmélites. Là est rentrée Florence Bodlais, originaire de la petite ville de Marnaz juxtaposant Cluses et ancienne camarade de faculté du narrateur,Joachim Sorlay.  Décolleteur célibataire et tourmenté de voir une telle beauté opter pour une vie aussi austère, celui-ci  va quémander quelques  prières. Et si c’était Florence elle-même, devenue sœur Marie-Adèle, qui avait besoin d’aide ? C’est avec un point de vue omniscient que l’auteur alterne timidement désir et respect de l’autre, esprit d’obéissance et de liberté, souci de bonheur et d’efficacité ici-bas. Ouvrage qui fait dire que la spiritualité est loin d’avoir abandonné ce coin de la Haute-Savoie, creuset d’amateurs de ski mais aussi d’êtres empreints de confiance en «  la bonté divine »,  qui « récompense celui qui a cru ».

Brigitte Clavel

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 18:41


 

 

Editions : Continents noirs  N R F  Gallimard

Parution : novembre 2012

223 pages

17,90 €

 

 

Ce livre de S. Mukasonga, à la fois roman et autobiographie, montre comment un  différend ethnique peut vite tourner en folie obsessionnelle pour les uns, en guerre intestine pour les autres. Au sein d’une école catholique du Rwanda, dénommée Notre-Dame du Nil, les lois de la nouvelle République à majorité Hutu  imposent  un quota de  fréquentation aux jeunes Tutsi. Les Hutu sont désireux de raser la pauvreté de  la vieille Afrique,  exhortent  la richesse et  la liberté des mœurs, organisent une chasse aux Tutsi, à leurs rites religieux  archaïques  et leur idéologie marxiste. Cette dichotomie va rattraper les jeunes pensionnaires de Notre-Dame du Nil, établissement  sensé éduquer les filles de la haute bourgeoisie. Devant l’intrusion d’une perversité effrénée, la mère supérieure panique tandis que  l’aumônier de l’établissement à la personnalité ambiguë  s’adapte comme un caméléon à ce nouveau régime qui n’a rien de chrétien. Lors de ce   voyage au cœur du Rwanda le lecteur est horrifié  par les protagonistes  qui ont tout de la caricature.  Hélas s’il en juge le témoignage de l’auteure tutsi, ceux-ci semblent  être le pur reflet de la triste réalité qui frappa récemment ce beau pays.

Brigitte Clavel

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 19:32


Les Editions de  Minuit

124 pages

12,50 €

Parution : Octobre 2012

 

 

 

La beauté de ce livre empreint tout à la fois de candeur et de réalisme ne fait qu’accroître l’horreur de la guerre. C’est avec la fleur au fusil que part un groupe de jeunes Vendéens en direction des Ardennes un après-midi de l’été 1914. Un vocabulaire chatoyant comme  la nature qui les entoure promet un retour rapide.   Blanche qui les attendra  est ravissante, Charles est plein d’une hautaine  assurance  tandis qu’ Anthime, son cadet, plus docile mais plus inquiet, tente d’apaiser ses camarades. Bien vite les grondements du front se rapprochent, les bombardements se multiplient, les tranchées s’enfoncent, les corps sont ciblés par les rats ou les poux quand ils ne sont pas déchiquetés. C’est une lente descente aux enfers où les plus épargnés  sont les plus décevants. Et où les mutilés apprécient la vie à son  juste prix.

B. C

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 15:32

 

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 1996  et Février 2011

34 pages

8,90 €

 

Impossible de passer sous silence la deuxième réédition de cette œuvre de Giono, petite nouvelle qui se passe dans les monts arides de Haute-Provence. Le seul être rencontré par le promeneur esseulé est un berger peu bavard, mais au cœur généreux.  Pourquoi  celui-ci ramasse-t-il tant de glands et  pourquoi les trie-t-il un par un avec tant de soins ? Il ne s’agit point  d’un simple d’esprit, mais d’un terrien qui non seulement  aime  la  création,  mais qui la prolonge dans le temps. Le lecteur est saisi autant  par la pureté du style de l’auteur que par la noblesse de ce paysan provençal.

B.D

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