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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 21:11

                            

Editions  : « J’ai lu »

Parution : Janvier 2012

86 pages

4,50 €

 

 

« Inconnu à cette adresse » fut publié une première fois avant la deuxième guerre mondiale, puis 50 ans après. Sans doute cette nouvelle inspirée d’un échange de courrier entre deux amis intimes, l’un allemand et l’autre juif  américain, est-elle  une mise en garde contre des meurtrissures inguérissables.  Si K. Taylor est une fois de plus  rééditée aujourd’hui, c’est pour l’intemporalité de son ouvrage  qui laisse percevoir la vulnérabilité de l’homme  quand règne la tyrannie : la peur assaille celui-ci, la soumission l’annihile,  surgit le reniement, l’amitié est bafouée, et règne le racisme suivi de près du génocide. Petit livre aussi  triste qu’authentique.

B.D

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 13:28


 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Mars 2013

294 pages

19,50 €

 

 

Didier van Cauwelaert n’a peur de rien : dans son dernier roman il réhabilite avec brillance  Ilsa Schaffner, femme-officier fourvoyée chez les SS. Celle-ci est responsable du H-Plan, une école de surdoués pour l’élite intellectuelle allemande au service d'Hitler.

Un jour la belle Ilsa Schaffner débarque de sa voiture décapotable  à l’hôpital psychiatrique de Hadamar  récupérer le petit  David Rosfeld . Si celui-ci est un fragile épileptique considéré comme une charge pour le Reich et une nuisance à la « race parfaite », il est néanmoins le détenteur du secret   de sa mère,  Yael Rosfeld, une physicienne nucléaire qui a découvert la fission du noyau de l’atome bien avant Albert Einstein.  David refuse de collaborer avec un pays qui a éliminé sa mère et  ne veut engendrer qu’ « une race d’athlètes abrutis qui obéissent ». Alors il capitule, change d’identité avec son seul ami qui va  être gazé. Celui-ci s’appelle Jürgen Bolt, il  est le narrateur lui-même au chevet d’Ilsa dont il cherche à convaincre la petite-fille de ne pas diaboliser sa grand-mère, comme la presse continue à le faire .  

 Une fois Jürgen  devenu David,  la belle officier réalise le sacrifice de l’un  et le courage de l’autre, ferme les yeux  et,  à ses risques et périls,  éduque son nouveau  protégé jusqu’à en faire le bras droit d’Einstein.

 

 Un bien  beau roman où rien ne paraît  impossible : l’amour  peut se trouver au fond d’un enfer, une réputation peut être sauvée d’extrême justesse, un rôle de second peut devenir primordial, un petit juif un grand saint et un enfant interné  un grand  humaniste : une porte ouverte pour trouver "une trace d'amour sur terre".

B.C

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 13:54

 

 

Editions de l’Emmanuel

Parution : Octobre 2012

166 pages

15 €

 

L’intérêt de ce livre réside dans le souci de l’auteur : mettre en évidence, de façon didactique, deux mondes qui se combattent au nom d’un Dieu unique. Patricia des Granges met en scène la jeunesse d’aujourd’hui, se basant sur des arguments d’autorité puisés autant dans le Coran que dans la Bible. L’histoire commence le jour où les têtes des sept moines de Tibberine sont retrouvées. La famille de Mohamed, musulman modéré, quitte alors l’Algérie pour Marseille et c’est en France que tout  commence vraiment avec la deuxième génération. Omar se lie d’amitié avec deux catholiques dont la foi le convainc, tandis que Rachid, son  frère aîné, après une liaison avec une Française émancipée, finit par haïr les mœurs occidentales et se retourner vers le fondamentalisme islamique. Seul un miracle peut transformer l’esprit guerrier  en esprit de paix, la haine en réconciliation: il se nomme  Miséricorde ; dans le roman il se nomme  Omar qui a le sens du pardon,  Rania qui transforme le désir de tuer en amour de la vie ,  Philippe, handicapé physique, qui par son sang-froid déjoue  les plans  les plus machiavéliques … Ainsi la grâce se trouve  au cœur des hommes …Puisse-t-elle être au cœur de toutes les  religions établies , et que  l’ « appel au combat » et les « menaces d’un châtiment douloureux » soient remplacés par une mansuétude infinie qui conseille : « rengaine ton glaive » et « aimez   vos ennemis » !, telle est la leçon de ce livre…

B.C .

 

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 10:33


 Editions : Albin Michel

Parution : Mai 2012

119 pages

12,50 €

 

Cette nouvelle est semblable à sa trame : elle offre aux lecteurs, comme à ses divers protagonistes, le sentiment qu’ un instant fugace est semblable à une éternité.  L’histoire d’amour qui y est contée dans un style condensé, parfois très simple, parfois très poétique, a tout de la tragédie antique où la fatalité est inexorable. Dans le cadre lumineux d’une Camargue  chaude où règnent marais salants, vignes et corridas, rôde cependant une atmosphère de cauchemar autour d’un amour interdit. Sans en connaître la raison, Valentin Sol,  toréro vaillant qui est la fierté d’Aigues-Mortes, voit subitement son mariage refusé par le père d’Isoline qu’il aime depuis toujours. Malgré les mauvais présages qui s’accumulent et un vocabulaire où résonne le tocsin de la mort, le lecteur, jusqu’à la dernière page, espère un revirement de situation. Mais Maxence Fermine offre mieux : une révélation qui coupe court à tous les  préjugé et les non-dits, à toute entrave de liberté et de vérité. Que ce soit la blancheur des montagnes  de  « Neige », la course éperdue après le « papillon de Siam » ou la chaleur des  « Noces de sel », tout inspire  cet écrivain qui, comme par magie, transforme la quête de l’âme en une communion d’amour.

B.C 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:13


 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février  2013

499 pages

22,50 €

 

 

Ce roman rappelle ceux  de Pearl Buck : même écartèlement entre Occident et Orient, entre modernisme et tradition, liberté de pensée et soumission. Mais à travers l’histoire de Sin Ming, c’est l’histoire de la Chine déshumanisante de Mao et de la Chine revancharde actuelle que  Roselyne Durand-Ruel présente avec réalisme. Sans doute son souci historique  est quelque peu philosophique, ou tout simplement humaniste,  car, selon Liu Ji-Wen, le père de Sin Ming, « l’homme ne peut pas savoir où il va s’il ne sait d’où il vient ». Sin Ming écoute alors sagement son vieux père, professeur de philosophie  qui, insoumis au Parti, fut interné pour lavage de cerveau pendant vingt ans. Aucune doctrine ne pourra jamais justifier la férocité d’un Etat qui se plaît à broyer ses opposants, à appauvrir la mère patrie, à séparer des parents des enfants, et à  les « forcer à se fondre dans la masse ». Quelle stupéfaction quand, au retour de son incarcération,le professeur Liu Ji-Wen arrache Sin Ming de l’université pour un entrainement intensif de natation ! Il en est sûr : le seul  salut de son fils  réside dans la fuite à la nage  jusqu’à l’île de Macao avant de rejoindre son oncle à la tête d’un grand empire financier d’Hong Kong. Le lecteur suit alors le long voyage initiatique de Sin Ming, son éprouvante traversée, sa découverte de  « la forêt de métal et de verre », son envol à la célèbre université de Princeton, où « le nageur de la liberté » connaît des déceptions, mais où il se forge avec obstination. Son retour à Hong Kong  fait de lui un célèbre « tycoon » que toutes les femmes européennes ou cantonaises convoitent. Mais bien vite  ses désirs  d’indépendance  se heurtent à sa pitié filiale. Il se voit imposé de lourdes  obligations familiales auxquelles il ne sait échapper. Heureusement, au libertinage destructeur  des mœurs modernes et aux rites ancestraux très oppressants Sin Ming préfère  la voie d’Ayn Ran.  Célèbre écrivain américaine née en Russie, dans un carcan communiste comme lui, celle-ci « prône l’insoumission et l’estime de soi pour préserver l’harmonie de son entourage ». L’homme est enfin sauvé, mais n’a pas droit au repos. A son tour de participer à la grande histoire humaine ! Il pense aux paroles de son père vieilli prématurément par tant de souffrances : « Un homme honorable en sécurité ne devrait jamais oublier l’existence du danger ». Bravo à Roselyne Durand-Ruel pour tant de psychologie et clairvoyance !

B C

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 18:34


 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2012

330 pages

19,50 €

estimation : 1,5/5

 

 

Après  son livre « Souvenirs » David Foenkinos continue sur sa lancée de confidences intimes. La parole est à un homme en situation d’échec qui se traduit par une souffrance physique. Médecins, ostéopathe, magnétiseuse, psychologue, rien n’y fait. Tout se dégrade, son collègue l’humilie, sa femme l’abandonne, ses parents l’observent, ses enfants sont loin.  Ressentant comme une "anesthésie affective",  il s’enfonce dans l’isolement. Jusqu’au jour où, après tant de silence gardé, surgit  l’explosion suivie d’un sentiment de libération. Au diable l’asservissement à une vie de routine ! Celui qui n’a pas connu le mépris, la trahison  ou la simple indifférence aura du mal à  comprendre ce livre qui appartient au genre de  la thérapie  plus que du roman. Dommage que le dénouement  paraisse être une bouée de sauvetage provisoire, dont la vulgarité porte tort à la réputation littéraire de l’auteur!

BC

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 11:25


Editions : Flammarion

Parution : Janvier 2013

187 pages

18 €

 

 

Yasmina Reza ne pouvait pas trouver un plus joli titre pour ces scènes de la vie quotidienne qu’elle décrit avec le plus grand humour pour en extirper le ridicule ou le tragique. Toutes les situations sont présentées, des plus graves aux plus comiques, des plus banales aux plus obscènes. L’écriture ressemble à  l’auteur : un style fluide qui déverse sa rancœur avec une élégance au scalpel. La vie de famille est présentée comme un enfer, l’institution du mariage  comme de l’esclavagisme ou mieux du masochisme. Sans scrupules elle réduit le chrétien à un superstitieux simpliste. Si le jeune schizophrène  fait souffrir son père en voulant devenir Céline Dion, la narratrice se contente d’un « masque d’empathie » avant d’éclater de rire, la liberté individuelle et la loi du genre n’étant pas une évidence ? Avec une impudeur qui empêche de mettre ce livre dans les mains d’un adolescent, elle dépeint des scènes de lit à trois ou d’homosexualité rémunérée qui font que la béatitude semble plutôt se trouver en enfer que sur terre. Certes si l’objectif de Yasmina Reza  est de " réduire au minimum l’exigence du bonheur", elle y parvient tout à fait, mais à quel prix ! Aux  "valeurs célestes bourgeoises », elle préfère s’accrocher avec humour  à la force toute animale: « …c’est une erreur de m’avoir mis dans une société humaine. Dieu aurait dû me mettre dans la savane et me faire tigre. J’aurais régné sur mon territoire… ». Et c’est ainsi  que  le nihilisme gagne du terrain.

B.C

 

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 11:59

                                  

Editions : STOCK

Parution : Janvier 2013

248 pages

18 €

 

 

 

Ces dix nouvelles  de Blandine Le Callet ne  sont autres qu’une exploration poétique à la recherche d’une connaissance de l’homme et du monde. Dans  sa postface celle-ci justifie avec humilité son inspiration. Des stèles de cimetières  se seraient imposées à elle, grâce à leur  épitaphe très suggestive. C’est  avec imagination, sous forme de poésie en prose, que Blandine  Le Callet fait revivre des défunts, parfois avec gravité, parfois avec humour, dans des situations souvent tragiques, où le bien et le mal se côtoient, où la légende rejoint la réalité. Dix rêves de pierre qui deviennent rapidement dix diamants de la littérature. La grandeur autre que  la postérité existe,  l’instant heureux ou malheureux résume à  lui seul la raison d’être de l’humanité. Certaines nouvelles ressemblent à des contes merveilleux, d’autres révèlent des mystères jamais élucidés, toutes méritent d’être lues « si l’on souhaite survivre » et non se contenter d’ « une énergie devenue désespoir » ou d’une « égoïste insouciance sans laquelle aucun bonheur n’est possible ».

B.C.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 11:03

 

 

 

Editions : Julliard

Parution : Janvier 2013

204 pages

19 €

 

Louise,  écrivain quadragénaire reconnue, a besoin de solitude pour écrire. Ses romans passent avant François son mari. A la recherche d’inspiration, elle décide une fois de plus de partir seule. Une villa en Toscane sur la mer va être le refuge d’une splendide  fin d’été  et aussi le début d’une liaison avec le  tout jeune Luca. La suite des évènements se devine aisément, mais l’histoire d’amour est incertaine. Un roman sans beaucoup d’intérêt, plutôt banal, où deux hommes que tout oppose  meurent   d’amour pour une  même femme qui se joue de l’amour…Seul le paysage est grandiose et Louise n’a pas la moindre hésitation de repartir voir la mer plutôt que  rester dans la chambre d’hôpital de son mari. Peu lui importe les conventions. Elle avance de son allure désinvolte et envoûtante à la conquête de sa liberté. En arrière-fond une femme de ménage, la mère de Luca, horrifiée par le dévoiement, se noie dans le bruit de son aspirateur, ou s’enferme dans un silence qui en dit long. Elle s’appelle Graziella, du nom de l’héroïne de Lamartine, sans doute parce que sa pureté n’est accessible à personne. Certes elle n’a aucun attrait romantique, juste des principes dont Louise se moque bien et qui font peur à Luca. Ainsi, dans ce roman, la femme est comme un  monstre d’égoïsme ou une froide  génitrice, images réductrices que Fanny Ardant, à laquelle le livre est dédié,  parvient à relever.

B.C.


 

 

 

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 14:56
Éditons : Gallimard
Parution : Septembre 2011
266 pages
18,50 €



" Intensifier les moments de bonheur",  tel est le souhait du narrateur qui,
suite au décès de son grand-père,  regrette de ne pas lui avoir  manifesté plus d'affection. Il se promet alors de soulager la solitude de sa grand- mère et finit par ressembler au protagoniste d 'Anne Gavalda dans " Ensemble, c' est tout": il trouve dans cette femme d'un âge avancé le bonheur de vivre, dont   beaucoup autour de lui ont manqué, et la joie de revisiter ses souvenirs. Et c' est  precisement ce dont  il avait besoin. Les épreuves  successives à surmonter  apparaissent  dorénavant, non comme des situations d'  échec, mais  comme sources d inspiration, l' écho de ce que chacun enfouit dans sa mémoire. Mais la  fuite en avant a toujours son point de retour. A partir de cette prise de conscience le narrateur trouve la sérénité nécessaire pour écrire le livre dont il rêvait et apporter à ses lecteurs l' apaisement recherché.
BC
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