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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 09:34


 

 

Editions : Galimard

Parution : 2011

163 pages

16,50

 

 

La littérature contemporaine bénéficierait-elle d’un nouveau Jean Raspail, d’un romancier visionnaire, non pas craignant de voir arriver une ère nouvelle, mais souffrant de constater une certaine continuité  dans les erreurs  humaines ? Sept histoires et non pas sept  nouvelles, car elles remontent à la nuit des temps, à celle qui doit céder sa place à une aube nouvelle. Et si tout jour nouveau est synonyme d’espoir, celui-ci n’empêche pas de regarder en arrière et de contempler une dernière fois l’innocence qu’on ne verra jamais plus. Tel est le dernier livre de Rufin:l’insulaire  comme le montagnard sont conscients de la finitude de leur espace naturel ; mais cette prise de conscience est semblable à celle du médecin devant  le cadavre qui n’a rien d’un mort, mais renferme une vie riche d’enseignements ; de même, comme  l’histoire d’un amour trop parfait, rompu car imperfectible, ou celle de  l’humanitaire malade de son  impuissance  devant la sempiternelle barbarie, ou celle de la bru méprisée, ce livre est comme la vie, admirable de beauté et de surprises.  

Brigitte Clavel

 

 

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 12:02


 

 

 

 

Editions : Gallimard

 Parution : Avril 2011

94 pages

11,50 €

 

 

Dans son dernier ouvrage de poésie en prose, C.Bobin rend hommage à la vie. Avec justesse il discerne la beauté, pas toujours là où l’esthète s’y attend, mais dans la moindre créature digne de ce nom. Chantre du paradoxe et des « éphémères chefs-d’œuvre », il affirme que « toute créature est pleine de Dieu ». Simultanément  il perçoit sa fragilité, les hommes sont « des miracles qui s’ignorent », portant en eux les souffrances du Christ. Et c’est précisément dans cet incontournable sort que « l’assassin » va être dénoncé, qui n’est autre que le Temps et auquel Bobin prête la blancheur divine.

 Le Dieu de Bobin est « aveugle », « enfant » capricieux, qui  « multiplie les apparitions et aussitôt s’en lasse » et qui joue à cache-cache « derrière le chatoiement des apparences et derrière le néant ».

Le Lucifer de Bobin est celui qui « empêche de voir »,  « la sinistre économie mondiale », la modernité qui  supprime « le désir de vieillir » et se révèle être « une guerre menée contre la vie ».

Alors Bobin recourt à la poésie qui, selon lui, n’est « pas un genre littéraire mal vieilli mais une affaire vitale, la dernière chance de respirer dans le bloc du réel ».

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 16:27


 

Editions : Presses de la Cité

Parution : Janvier 2011

454 pages

21 €

 

 Quoi de plus énigmatique que cette couverture de livre  où un vieillard en pyjama rose et à la mine des plus sérieuses se tient au garde à vous, avec, dépassant de sa poche,  une bougie d’anniversaire ou un détonateur? Le lecteur a vite fait de comprendre le caractère du vieux Allan Karlsson qui, maître en matière d’explosifs toute sa vie durant, préfère être en cavale plutôt qu’enfermé dans une maison de retraite. Jonas Jonasson  alterne alors avec beaucoup d’humour le présent et le passé de ce centenaire qui, depuis sa jeunesse, ne cesse d’échapper, grâce à sa débrouillardise et à sa naïveté, aux truands comme aux grands politiciens. Car Allan est aussi candide qu’apolitique. Il n’hésite pas à mettre ses talents de dynamiteur au service des hommes mais ne veut adhérer à aucune révolution. Le lecteur le voit faire sauter les ponts de la dictature espagnole  tout en sauvant la peau du général Franco, aider la femme de Tchang Kaï-Check et se sauver avec celle de Mao Tsé-toung, déjouer en Iran un attentat contre W.Churchill,  participer, par le plus grand des hasards, à la réalisation de la bombe atomique du président Roosevelt comme plus tard à celle du camarade Staline avant de se retrouver au Goulag avec Einstein… L’auteur a plaisir à ironiser sur le XXème siècle en multipliant les situations comiques  et en tournant en dérision toutes les idéologies politiques qui paraissent bien incongrues au lecteur du XXIème siècle. Mais en 2005, ce sympathique Allan parviendra-t-il, malgré son grand âge, à mater le gang de malfrats et à échapper à la police  à ses trousses ?

Brigitte Clavel

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 16:36


 

Editions : Seuil

Parution : Mars 2011

499 pages

Prix : 23 €

 

 

L’originalité de Fabrice Hadjadj n’est pas nouvelle, mais dans  son dernier ouvrage elle est à son paroxysme. Références  éclectiques,  réalisme cru quant à la nature humaine, et pragmatisme en sont la base. Le bonheur de l’homme étant en permanence  gâché par  l’angoisse de la mort, il s’évertue à montrer « le paradis à la porte ». Au diable l’optimisme mièvre,  le règne des pontifes, le culte de l’immédiateté,  l’idée d’une vallée de larmes récompensée par  un monde meilleur !  A ces jugements hâtifs  sur la vie et donc sur la mort, F. Hadjadj oppose l’étymologie de la béatitude et de la joie : point de béatitude sans béance donc conscience d’un abîme, point de joie sans le joug qui relie à l’autre. Alors que l’homme cherche la solution en creusant le passé et en scrutant l’avenir, F.  Hadjadj se plonge dans l’ « aujourd’hui », celui qui révèle l’existence de Dieu comme l’auteur premier de tout sujet d’émerveillement, dans le charnel qui rend spirituel, dans  ce qui est fait pour être loué, non pas aux normes de la perfection,  mais à celles de la  fragilité et de l’humilité. «  Chaque corps glorieux ne rendra jamais autant grâces aux richesse de son Créateur qu’en étant créatif à son tour ».  C’est ainsi qu’en partant du jardin d’Eden Hadjadj mène à la Cité céleste aux douze portes, non pas pour  engendrer un rêve utopique, mais un esprit d’ouverture et de créativité sans cesse renouvelé.

B.Clavel

 

 

 

 

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 12:24


 

 

 

Editions : Atelier Joëlle Vulliez-Matringe

Parution : Avril 2011

87 pages

 

Quand on sait que le haïku est une poésie d’origine japonaise

et que Hyacinthe Vulliez est savoyard ,

Que l’illustration est composée par sa nièce Joëlle Vulliez

 de douces peintures dégradées entre le noir et le blanc

Tandis que le poète est un prêtre qui scande  le  temps,

Le lecteur se dit que l’art est ouverture sur le monde

Enchantement de l’existence

Essence divine 

Où l’alpha et l’oméga se rejoignent

Comme la femme  et l’ascète

Comme le tic tac de l’horloge

et les pas pressés sur les trottoirs

Comme la braise et la cendre

L'instant et l'éternité.

Plein de questions assaillent l’esprit :

Où va le temps ?

D’où vient la lumière ?

Qu’est-ce la transfiguration ?

Pourquoi tant de contraires évanescents ?

Toujours la même  réponse :

Tout est  «  vertige de l’instant »

Car il est celui qui était et qui sera

Celui de l’avant et de l’après

Celui de l’ombre et la lumière

Comme deux présences  se complètent

Se hissant  l’une  vers l’autre

Avant de descendre en soi et se reconnaître.

Tout coexiste

La neige et les sables

La nuit et le jour

La mort et la naissance

L’aigle et sa proie insouciante

La muette forêt où résonne le coucou de l’aube

La rade d’Afrique et les hautes  cimes

Bourgeons et nuages de plomb

Nièce légère en couleurs  et roi mage lourd de pensées  

Ce siècle retentit de poètes

Du nom de Bobin, Clavel et Vulliez.

B.C

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 06:17


Editions : JOSE CORTI

Parution : Janvier 2011

325 pages

19 €

 

Tatiana Artel semble écrire, comme peint « le môme », avec un style prolixe et coloré, voire même parfumé des intentions de son tendre clown Giacomo : apaiser les souffrances de ceux mis au rebut de la société. Le lecteur, dès le début, est frappé par la réitération du rouge qui s’oppose au gris, comme si la vie était une lutte constante  entre la  chance  et la   malchance, entre la  vie et la mort qui lui court après. Le môme est un enfant abandonné qui s’élève seul dans une décharge avec, pour seul jeu, les couleurs qui suintent des plastiques bleus. Melle B. a un toit, et des parents sans cœur  qui la font passer pour folle. Giacomo, lui, reçoit l’amour de parents artistes que  la mort vient interrompre sans crier garde. Ainsi se construisent peu à peu, avec des mots et des couleurs, des vies bien différentes.  A la joyeuse piste multicolore du cirque où chacun est solidaire, s’oppose un « salon bourgeois » où pèse un silence exécrable nourri d’anxiolytiques.  Giacomo vieillit, mais le gris de sa vieillesse tant redoutée a la douceur de celui qui précède le soir et non de « l’épaisse poussière de l’indifférence du monde ». Roman magnifique qui transforme l’existence comme par magie. Le lecteur se retrouve avec un cœur d’enfant. Il réalise qu’il s’est fait bercer par le style envoûtant de Tatiana Arfel. Certes il lui a concédé quelques préjugés contre une société avilissante et des solutions utopiques, mais il est heureux d’avoir  fait un très beau rêve.

Brigitte Clavel

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:16


 

 

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mai 2010

226 pages

17,50€

 

 

 

 

Fin 1945 l’Allemagne est en pleine défaite. Les Alliés se sont partagé l’occupation de ce pays en déroute et le capitaine français Louyre est responsable d’un canton qui possède le calme apparent de la campagne profonde. Mais plusieurs indices suspects arrêtent son attention.  Une adolescente, Maria Richter, a été retrouvée dans une ferme  où, dans le plus grand abandon, elle se cache des pilleurs et assassins.  Pourquoi son père, grand exploitant agricole, est-il parti précipitamment sur le front russe ? Pourquoi l’hôpital, seule activité rentable du village, a-t-il fermé ses portes sans laisser ressortir sa mère? Marc Dugain plonge le lecteur dans la société nazie où les hommes obéissent avec la peur au ventre et deviennent criminels au nom de grands principes. A la plaidoirie du docteur Halfinger pour  l’amélioration de la race, il oppose la  probité et le dévouement du capitaine Louyre . Le thème de ce livre est celui du bien et du mal, non le bien qui fait des discours doctrinaires, mais celui qui donne en silence et aime avec humilité, non le mal qui engendre le remords, mais celui qui est fait avec bonne conscience et l’ambition d’être reconnu par la collectivité. Rien de la nature humaine n’échappe à l’auteur, ni la bassesse du faible, ni la léthargie de l’administration mise en place, ni la force d’âme  de ceux qui gardent leur liberté intérieure. Et le lecteur reste  imprégné à jamais de l’image du train qui emmène Maria au pays de la liberté et de celle du petit garçon qui  claudique, symboles d’espoir ou de miracle.

Brigitte Clavel 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:14

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2011

129 pages

12,50€

 


 

Le dernier livre de Sylvie Germain est plus qu’une oraison funèbre adressée à ses parents défunts, il est un hommage rendu à  tous ceux trop vite oubliés. En embarquant dans le Transsibérien, Sylvie Germain pense échapper au temps comme au deuil. Une vaste étendue de paysages variés s’impose à elle et ne peut l’empêcher de penser à sa mère « claquemurée » sous terre. Son seul  réconfort est la poésie de Mandelstam qui, comme le roulement régulier du train, unit espace et temps. Si le poète interdit  est mort, ses vers perdurent. Mais nul besoin de laisser un héritage écrit : l’amour de la vie, dont faisait preuve sa mère, est autant leçon de poésie. « Tout est écriture, et effacement continu »,  écho et silence. Tout meurt mais tout subsiste. Ainsi une fresque  de Piero della Francesca , par son harmonie dans les formes comme dans le jeu des lumières, rappelle à Sylvie Germain la sobre beauté de son père et la noblesse de ses ancêtres horticulteurs. Intuition toute  poétique qui« spatialise le temps » et apporte à la mort  une autre image que celle habituellement donnée. Celle-ci n’est plus un « poids », mais une « grâce », et le lecteur devine la fin du titre inachevé: le monde sans vous  est encore plein de vous.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 13:25

                            

 

Editions : Wespieser

Parution : Avril 2011

89 pages

13 €

 

C’est toujours le même lyrisme et la même poésie que le lecteur retrouve chez Michèle Lesbre. Avant de s’enfermer dans son bureau, Edith Arnaud, la narratrice, a pour habitude de s’arrêter au Café lunaire où elle entend un Italien  parler de Ferrare, ville dont elle n’a jamais pu se détacher. A partir de ce moment elle va attendre cet homme. Mais, avec la neige qui tombe sur le Jardin des Plantes, c’est un autre qui la rejoint, celui de sa jeunesse qui n’est jamais revenu mais qui lui avait fait aimer « un lac immense et blanc » de l’Aubrac. D’innombrables souvenirs submergent Edith et se confondent, brouillent sa vue et sa mémoire. Très beau récit allégorique où la pâleur de la  neige  contraste avec le noir de la ville, comme la pureté de l’amour avec les dictatures. Sans le corbeau preux, personne à qui parler, sauf  peut-être cet Italien de Ferrare …

Brigitte Clavel

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 14:59


 

 

 

 

Editions  de Fallois

Parution : Mars 2011

245 pages

18 €

 

L’œuvre posthume de Jacqueline de Romilly révèle une sensibilité qui ne fait qu’accroître sa  renommée. Connue comme grande helléniste qui a consacré sa vie à sa passion de l’Antiquité, sans cesser de vouloir la partager avec tous,  elle fait preuve d’une grande sensibilité non dénudée de psychologie et d’un sens aigu d’observation. Intellectuelle comme son père, elle  a su cerner  le cœur de sa mère, Jeanne, veuve trop jeune, mais déterminée à faire aimer la vie à sa fille. A partir de quelques photos, de non-dits devinés et d’articles de journaux, elle compose un portrait d’une femme qui fut non seulement son soutien mais un modèle de courage et de créativité littéraire. Jeanne  ne se contenta jamais d’être heureuse, elle se voulait utile et elle le sera auprès de sa fille toute sa vie durant.

Brigitte Clavel

 

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