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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 07:59

 

 

Editions : Grasset

Parution : Février 2011

173 pages

14 €

 

 

« Quand il ne reste rien d’autre, il faut hurler. Le silence est un véritable crime contre l’humanité ». Telle est la raison de cet ouvrage : faire connaître au monde les horreurs de la grande terreur de 1937 dans l’Union des Républiques soviétiques. Rien n’ y est inventé : Jean-Pierre Milovanoff se base sur les notes mêmes d’un protagoniste  ukrainien retrouvées dans les archives de sa famille.  Fourgons entiers de cadavres jetés clandestinement dans des fosses communes, bureaux de police d’état transformés en   salles de torture, gardiens de prison embauchés pour leur surdité tant les cris des détenus sont  insupportables. La cruelle réalité ne se limite pas au décor de cette petite bourgade. Le commandant Gromov est très fier de son service au Parti, jusqu’à ce qu’il soit remis en cause par Moscou : Staline, de plus en plus impatient de voir  les quotas d’exécution atteints, lui reproche un nombre insuffisant d’arrestations.  Il est aisé pour Gromov d’accuser de trahison un gradé qu’il n’a jamais supporté, un fin intellectuel, le capitaine Anton Vassiliev, fils d’une famille amie des parents de l’auteur. Mensonges, trahisons, supercheries, délations, campagne d’éradification, torture lente du « cercueil », l’horreur est à son comble, l’indicible est deviné. Mais plus le lecteur avance dans le livre, plus le style est empreint de poésie, de lucidité, de désir de justice et de liberté ainsi que de nombreuses preuves de compassion et d’amitié : « il n’y a pas de fatalité et Staline n’est pas un dieu », encouragera l’ami secourable Mikhaïl Koutzine.  Ainsi Milovanoff, tout en rendant hommage à ces  millions d’innocents, morts sans savoir pourquoi, rappelle la beauté de l’insoumission et la préciosité de  la mémoire :   « Retiens le et raconte le à tes enfants pour qu’ils sachent ce que nous avons enduré et qu’ils désignent le fautif. Mais qu’ils ne se vengent pas ! La vengeance est le portillon de l’enfer. »

Brigitte Clavel 

 

 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 08:08


 Editions : Albin Michel

Parution : Septembre 2011

261 pages

18 €

 

 

L’altruisme semble être la qualité première de tout philosophe soucieux du bonheur de l’homme. L. Jerphagnon n’échappe pas à cette généralité : son seul désir est que ses lecteurs trouvent  dans ce livre de quoi affirmer ce qu’il nomme leur «  ipséité », c’est à dire leur « moi ». Pour cela il aborde les sujets les plus sérieux, qu’il nomme plaisamment « bagatelles », avec une tonalité légère et spontanée, à laquelle il associe humour et authenticité, érudition et intuition. L. Jerphagnon juge l’avenir de notre civilisation indissociable du passé. Créer une philosophie nouvelle n’est pas  le but de cet historien-philosophe : « Il y a bien assez d’intellectuels pour ça ». Celui-ci veut simplement rappeler l’évolution  de la pensée  pour mieux connaître  ses conséquences dans le quotidien. L’étonnement est la pierre angulaire de sa réflexion qui, en chassant l’absurde de la routine, apporte l’émerveillement et avec lui  l’espérance. Jerphagnon différencie le savoir et la foi, mais ne les juge pas incompatibles. Il rejette  le « politiquement correct » et  l’idéologie  qui  empêchent  de penser, il  prône l’esprit libre  qu’il faut savoir partager. Il reconnaît la banalité mais invite à l' "assumer... sans jamais s’y résigner ». Ainsi le mythe sous l’Antiquité avait déjà pour but de tuer la solitude  et le non-sens de l’existence. Et c’est  à partir de cet hellénisme païen qu’est née "l’idée d’une divinité non plus matérielle ou corporelle, mais bien spirituelle et transcendante ». Le malheur est que l’homme ne transcende plus ni le monde, ni l’amour, et que le mal ne peut être éludé…Un seul remède: ne pas tomber dans «un coma intellectuel » et apporter à la société « le supplément d’âme »  dont  elle a tant besoin, disait déjà Bergson. Livre conseillé à tous ceux ébranlés par les contingences  de l’existence.

Brigitte Clavel

 

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 20:02

 

Editions : Presses de la Cité

Parution : Juillet 2011

417 pages

21 €

 

 

Bien que son thème  soit celui de la deuxième guerre mondiale, ce  roman à la plume très féminine, se lit volontiers.  Le lecteur y découvre une fratrie partagée  entre l’épuration nazie au nom de la grandeur de l’Allemagne et un humanisme judéo-chrétien conscient des horreurs que le Reich engendre.  Elise Fischer et Geneviève Senger  analysent avec psychologie  l’engagement d’une aristocrate allemande au service du Führer  et celui  de sa sœur adoptive, d’origine juive et française, lucide sur le sort de ses compatriotes. Tandis que l’une met  aveuglément  toute sa  confiance au service d’Hitler,   l’autre  se donne pour but d’ « être  utile et efficace, libre et le rester ». Ce joli roman   faire revivre cette époque dominée par l’instinct de puissance  engendrant  haine et extermination, mais où quelques personnages savent encore faire preuve de  grande lucidité et de sacrifice. Personnalités politiques,  batailles et attentats   sont  représentés, peut-être parfois  avec  amateurisme, mais  le néophyte y trouve une belle leçon d’amour où « la goutte d’eau dans l’océan du Mal » peut parvenir à changer le cours de l’histoire.

Brigitte Clavel

 

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 14:15

                              

 

 

Editions : Plon

Parution : Décembre 2010

194 pages

18 €

 

 

 

Ce livre, sans prétention mais plein de vérités et d’arguments d’autorité, répond à un besoin de nos contemporains trop souvent  désorientés dans une société par trop matérialiste, profiteuse à court terme, mais sans beaucoup d’espérance. C’est  avec  générosité  et simplicité  que Frédéric Lenoir propose une recette pour mieux vivre, faisant référence autant  aux sages de l’antiquité  et à l’Evangile  qu’à  nos  philosophes des quatre coins de la planète et à ses propres expériences personnelles.  L’homme est responsable de son propre  bonheur, de celui des autres, et la mort apparaît alors comme le parachèvement naturel d’une vie bien remplie. L’action comme la méditation sont toutes deux indispensables, et pour cela un recul face aux événements extérieurs et une confiance en la vie  sont nécessaires. Mais l’auteur ne s’arrête pas là,  et avec courage enfile la veste du politicien dont il n’a pas  la carrure : en faisant l’éloge du partage, il en vient à faire celui  du communisme, oublie  la dignité  qu’acquiert l’homme  par le travail et les crimes commis au nom de l’égalité. Il confond politique et religion, morale et économie, jusqu’à même comparer Bouddha à Jésus, et Mohamed à François d’Assise !!!  Le syncrétisme culturel et religieux  a ses limites que F. Lenoir dépasse allègrement. La religion catholique, qui étymologiquement signifie  l’universel, n’est pas un melting-pot de religions ni de philosophies de la sagesse pour qui la vertu et la pensée positive suffisent au bonheur. Elle est basée sur l’amour du prochain jusqu’à mourir sur la croix. Heureusement que l’humour est  selon F. Lenoir une des  grandes qualités de l’esprit humain et qu’il saura rire de ses confusions et de sa sympathique naïveté.

Brigitte Clavel

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  @                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 13:14

                                

 

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Mai 2011

158 pages

17 €

 

 

 Les  nouvelles  de Laurent Gaudé qui composent son dernier livre présentent quatre situations d’époques différentes, toutes également riches en leçon. Les noms, « le vieux Négus »,  « le bâtard de l’Aventin »,  «  le golem », «  la bête », scandent chacune des  histoires, Gaudé voulant faire de ses personnages fictifs des réalités vivantes. Et il y parvient. A partir de faits et gestes individuels, c’est l’universel qu’il décrit, la folie de l’homme  engendrée par les  horreurs de la guerre, son aveuglement  face à l’anéantissement imminent de la civilisation ou sa lucidité impuissante face aux  forces du mal. Il n’oublie rien : la tristesse incurable, la nature consolatrice ou vengeresse, la peur inextinguible, la honte de la capitulation.  Le style est magnifique, la description des lieux et des sentiments unique, le message important et à décrypter d’urgence.

Brigitte Clavel

 

 

 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 13:09

                                                             

 

Editions : Actes Sud

Parution : Mai 2011

216 pag

18 €

 

Sans doute Siri Hustvedt bénéficie-t-elle de deux atouts majeurs pour que son livre se trouve sur les étalages de  toutes les librairies : d’abord le fait d’être l’épouse de Paul Auster et ensuite l’à-propos de son titre pendant cette période estivale. Mais le lecteur a le droit d’être déçu par un style et une traduction aussi pauvres l’un que l’autre et  même être choqué par les expressions crues d’une féministe invétérée ou mieux d’une refoulée en mal d’amour et de reconnaissance. Et pourtant, malgré la meurtrissure de celle-ci, il décèlera une femme capable de se tourner vers les autres au lieu de s’abandonner à des remèdes psychiatriques. Mia, que son mari a quittée, ouvre son cœur à plus malheureuses qu’elle. Mais, en chacune de celles-ci, femmes âgées ou adolescentes, elle découvre un vide infernal, une libido inassouvie. Son remède ?  Faire éclater au grand jour le noir obscur de l’âme, la souffrance trop souvent prise pour de la folie. L’urgent est de faire appel à « la danse de l’imagination », peu importe la  qualité des ouvrages réalisés.  Une aide à la détresse, une invitation à mieux vivre, voilà ce que Mia veut apporter à son triste entourage ; et elle y parvient , même si elle a perdu l’innocence et la pureté de sa fille Daisy qui n’a d'autre souci que la réconciliation de ceux qu’elle aime.

Brigitte Clavel

 

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 12:58

                                                

 

 

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Avril 2011

100 pages

14 €

 

Ce petit ouvrage, sans grande intrigue, est touchant de sensibilité et d’innocence. Le lecteur y trouve toutes les limites de la nature  humaine, la maladresse, l’incapacité d’expression, l’obsession du travail et des grossesses inévitables. De plus les non-dits comme les commérages  et les indiscrétions sont   lourds à porter dans cette campagne irlandaise où chacun guette  et envie l’autre. Alors où sont « les trois lumières » annoncées par un titre si prometteur ? Dans la candeur et la confiance aveugle de l’enfant aînée, dans l’accueil chaleureux et désintéressé de ses hôtes, dans  la prise de conscience que seules l’affection et la tendresse apportent la maturité nécessaire au savoir. Alors le lecteur referme le livre en pensant à ce beau prénom de Perle, symbole du rare, du pur et du précieux, symbole de vérité cachée qui ne demande qu’à être découverte.

Brigitte Clavel

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 13:31


 

Editions : Gallimard

Parution : Mars 2011

90 pages

10 €

 

 

Ce livre est  un hommage que rend Philippe Le Guillou au Finistère et à ceux qui surent le lui faire aimer. En suivant les méandres des rivières et  des bocages, l’auteur retourne sur les lieux de son enfance. Tremenic, Kerdour, Rumengol, les sonorités sont joyeuses, et les histoires vraies sont devenues légendes avec le temps. Cette promenade poétique au cœur d’un monde plein de mystères est comme un conte de fée où la maturité de l’adulte serait la  baguette magique de la sublimation. Petit ouvrage à conseiller à tout passionné de la Bretagne profonde  ou tout lecteur doté d’une curiosité séculaire.

Brigitte Clavel  

 

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 17:29


 

Editions : Gallimard

Parution : Avril 2011

81 pages

9,50 €

 

A la première lecture de ce roman d’Erri De Luca le lecteur découvre la beauté des sommets alpins, source de liberté où l’enivrement succède à l’émerveillement. A ce tableau vivant s’ajoute l’histoire pleine de similitudes des « deux rois de la montagne » : un  chamois, chef de sa harde, et un braconnier, qui s’est juré de le tuer. Si une étrange coïncidence les oppose, une très nette  ressemblance les unit. Chacun d’eux est un  grand solitaire, conscient de sa suprématie, mais aussi de son déclin. Peu importe le vainqueur.L’essentiel réside dans l’apesanteur, dans le trophée et non dans le gain, dans l’astuce et non dans l’exploit, dans un merci à l’impossible « maître de tout », dans  le poids du papillon, symbole de la légèreté nécessaire autant à la victoire qu'à la mort et la réconciliation. Livre à offrir aux amoureux des cimes!

 B.Clavel

 

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 09:34


 

 

Editions : Galimard

Parution : 2011

163 pages

16,50

 

 

La littérature contemporaine bénéficierait-elle d’un nouveau Jean Raspail, d’un romancier visionnaire, non pas craignant de voir arriver une ère nouvelle, mais souffrant de constater une certaine continuité  dans les erreurs  humaines ? Sept histoires et non pas sept  nouvelles, car elles remontent à la nuit des temps, à celle qui doit céder sa place à une aube nouvelle. Et si tout jour nouveau est synonyme d’espoir, celui-ci n’empêche pas de regarder en arrière et de contempler une dernière fois l’innocence qu’on ne verra jamais plus. Tel est le dernier livre de Rufin:l’insulaire  comme le montagnard sont conscients de la finitude de leur espace naturel ; mais cette prise de conscience est semblable à celle du médecin devant  le cadavre qui n’a rien d’un mort, mais renferme une vie riche d’enseignements ; de même, comme  l’histoire d’un amour trop parfait, rompu car imperfectible, ou celle de  l’humanitaire malade de son  impuissance  devant la sempiternelle barbarie, ou celle de la bru méprisée, ce livre est comme la vie, admirable de beauté et de surprises.  

Brigitte Clavel

 

 

 

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