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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 08:34

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mars 2013

17,90€

219 pages

 

Le style coule à flot, prolixe, car à force de cacher des aveux inavouables, il vient un jour où la vérité nous rattrape, où le coeur déborde et se vide complètement. Six nouvelles symbolisent cet état d’âme, six petits contes philosophiques pleins d’évidences : les protagonistes, en se retournant sur leur passé, se sentent enfin libérés. Certes  les désillusions tombent en même temps que l’affaiblissement d’un corps qui a lutté toute une vie. Les  amis présumés ne répondent plus,  la réussite a quelque chose d’arrogant et le déclin d’effrayant. Mais l’auteur n’entraîne pas dans la mélancolie : un jour la vérité  finit par éclater, comme « un coffre-fort qui recèle des trésors », car « la vie a plus d’imagination que nous ».

 Le criminel  de « la rue des Cascades »  usé de remords voit  la fin de son calvaire au moment où le lecteur ne s’y attend plus. Un lynchage d’écolier peut suffire pour être « l’origine des fonds » d’un homme fortuné qui a le sens de l’honneur plus que de la vengeance. Et si  la vieillesse les hante, le  créateur de parfums  à la retraite ne renonce  pas aux arômes et  le vieil antiquaire à la chemise « rouge, rose ou fuchsia » continue d’arborer sa photo de jeune soldat.

Ainsi  Tonino Benacquista bannit résignation et refoulement. Il rompt la loi du silence en révélant avec beaucoup de finesse et psychologie  « nos gloires secrètes ».

B.Clavel-Delsol 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 14:31


 

 

 

Editions : Stock

Parution : Août 2013

149 pages

16 €

 

 

Un  père est bien souvent un héros  invincible, inaccessible.  Il n’en est rien avec celui de  Belinda Cannone auquel elle consacre un portrait peu banal. Elle le présente vulnérable, complexé, incapable de modération, allant jusqu’à frôler la mort en jeûnant, suite au départ de sa femme. Mais cette faiblesse apparente se révèle peu à peu vertu morale. Un  tempérament peureux incitait cet homme à s’inquiéter pour autrui, à prodiguer des conseils, à valoriser ses interlocuteurs, à donner ce qu’il n’avait jamais reçu.  En un mot « il savait aimer ». Il voulait épargner son entourage de la violence du monde et les rendre attentifs à la poésie de la vie. Français immigré, il avait  le culte des mots et  plaisir à transmettre leur subtilité, à développer  l’imagination créatrice, non pas avec un souci d’esthète, mais toujours ce désir  de remplir ce « vide commun » à tous. Ainsi, en reconstruisant la personnalité de son père, passeur aux dons multiples mais non reconnus,  l’auteur découvre le « rôle capital » de celui-ci dans sa vie, et finit par se forger elle-même en même temps que son très joli  livre.

Brigitte Clavel

 

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 15:24

 

 

Edition : Dominique Martin Morin

Parution : Mai 2013

119 pages

15 €

 

Quelques années en arrière ce roman aurait été qualifié de science fiction. L’auteur l’intitule roman d’anticipation. Le lecteur découvre un  petit conte philosophique d’actualité. Belsat est une jeune femme au cœur d’une société dont le gouvernement, à force de brandir  l’étendard de la laïcité et de l’égalitarisme, impose sournoisement une idéologie despotique. Une politique de dénatalité au profit d’une obsession  écologique à laquelle vient s'ajouter la théorie du Genre au service d’une soit disant libération transforme l’amour en  expériences sexuelles et l’euthanasie en solution au désespoir. Belsat est le fruit de ce dogmatisme. Elle est  née  du « marché de la procréation » et, suite à la séparation de ses « deux papas », elle  a survécu grâce au « marché  de l’adoption ». Comme sa vie n’a plus de sens et que son fils sera mieux entre les mains d’éducateurs spécialisés,elle décide de se suicider. Et c’est là que tout commence : un groupe de Catholiques la sauve in extremis de la mort. Sûre de sa supériorité intellectuelle, Belsat  ne craint pas de rester avec eux. Si, dans un premier temps, elle les considère comme « des arriérés mentaux », elle en tombe bien vite amoureuse. Mais parviendra-t-elle à les suivre longtemps ??? Ainsi composé d’antiphrases et de contre-vérités  avec un humour souvent corrosif, ce petit pamphlet finit par aboutir à ce qu’il veut démontrer : sans dimension spirituelle, la vie perd toute son humanité en même temps que sa raison d’être.

B. Clavel Delsol

 

Edition : Dominique Martin Morin

Parution : Mai 2013

119 pages

15 €

 

Quelques années en arrière ce roman aurait été qualifié de science fiction. L’auteur l’intitule roman d’anticipation. Le lecteur découvre un  petit conte philosophique d’actualité. Belsat est une jeune femme au cœur d’une société dont le gouvernement, à force de brandir  l’étendard de la laïcité et de l’égalitarisme, impose sournoisement une idéologie despotique. Une politique de dénatalité au profit d’une obsession  écologique et la théorie du Genre au service  d’une soit disant libération transforment l’amour en  expériences sexuelles et l’euthanasie en solution au désespoir. Belsat est le fruit de ce dogmatisme d’où tout sentiment est exclu. Elle est née  du « marché de la procréation » et, suite à la séparation de ses « deux papas », a survécu grâce au « marché  de l’adoption ». Comme sa vie n’a plus de sens et que son fils sera mieux entre les mains d’éducateurs spécialisés,  Belsat décide de se suicider. Et c’est là que tout commence : un groupe de Catholiques la sauve in extremis de la mort. Sûre de sa supériorité intellectuelle, Belsat  ne craint pas de rester avec eux. Si, dans un premier temps, elle les considère comme « des arriérés mentaux », elle en tombe bien vite amoureuse. Mais Belsat parviendra-t-elle à les suivre longtemps ??? Ainsi composé d’antiphrases et de contre-vérités  avec un humour souvent corrosif, ce petit pamphlet finit par aboutir à ce qu’il veut démontrer : sans dimension spirituelle, la vie perd toute son humanité en même temps que sa raison d’être.

B. Clavel Delsol

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 12:50

 

 

Editions des Equateurs

Parution : Avril 2013

168 pages

12 €

 

Certes il ne faut pas manquer d’audace pour condenser les "Essais" de Montaigne en un petit livre de plage… Néanmoins Antoine Compagnon s’y résout avec succès : le lecteur  trouve en lui  cette  loyauté  et cette générosité propres au philosophe du XVIème siècle  dont le but était  de partager avec ses contemporains l’évolution de ses pensées ou plus précisément leurs flux et reflux, au rythme des évènements et impressions  du quotidien. Même jovialité chez ces deux hommes séparés de presque cinq siècles, même spontanéité,  qui font que le lecteur fait des aller-retour entre des sujets très divers, des évènements publics et des expériences personnelles, des sujets graves et des détails insignifiants, sans aucun plan précis, avec la bonne humeur pour seule trame. Un  même objectif : rendre les hommes heureux ici-bas et pour cela inventifs, et non bornés ni intransigeants, mais créatifs à partir de la connaissance du "moi", non installé dans la richesse ni la vanité de l’omniscience, mais sans cesse remis en cause et renouvelé.  A défaut d’ « Un été avec Montaigne », le lecteur aura plaisir à passer un bel hiver grâce à lui, à rêver de plaisirs sains comme une terrasse pour déambuler, une bibliothèque pour s’isoler et d’amis pour dialoguer, en un mot à « mieux vivre pour mieux mourir »…

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 16:25


 

 

Edition : Philippe Rey

Parution : Septembre 2013

238 pages

19 €

 

 Un style familier, sans fioriture, mais précis dans le moindre détail, emmène le lecteur dans la banlieue déshéritée d’une grande ville d’Italie. L’auteur la nomme « la Forteresse » car personne n’ose y rentrer, excepté la police lors de ses rafles régulières, « le ghetto des fauves » tant l’alcool et la drogue y font des ravages. Telle  est l’atmosphère ambiante qui enveloppe l’histoire d’amour de Béatrice et Alfonso. Bien qu’ appelés « les jumeaux » par les bandes de jeunes, tout les différencie, leur physique, leur caractère, leur famille respective,leur façon d’aimer. Une fine analyse psychologique oppose  l’amour plein de tendresse et de faiblesse d’un être cassé par la vie à la passion pleine de force  volontaire  et autoritaire pour faire face aux épreuves rencontrées.  Si le lecteur n’attend pas une « happy end » du fait que la première page du roman relate l’enterrement d’Alfonso, il apprécie la diversité des personnages rencontrés, la folie désespérée des uns et le sens de l’honneur des autres. Un seul point commun à tous : ne s’être jamais avoué leur amour. Mais savaient-ils seulement qu’ils s’aimaient ?

B.C

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 10:04

 

 

Editions : Grasset

Parution : Août 2013

362 pages

19 €

 

Avec une plume aussi dynamique que son  goût pour la vie, Laure Adler consacre ses pensées à ses  meilleures amies, Florence, Suzanne et Judith. Toutes trois ont en commun une enfance sans père, une mère malheureuse, mais surtout  une  rage de vivre débordante. La solitude morale leur fait comprendre que le bonheur n’est pas  dans les destins tracés d’avance mais dans la libération de ce qui est caché, condamné à tort, jugé perdu à jamais. Alors elles se battent, se démènent contre le sort impitoyable,  « désireuses que tout redevienne net ». Florence se voue à  la drogue, à l’amour, aux spectacles, avant de se réfugier dans la maladie.  Suzanne se consacre à la psychiatrie et à des missions humanitaires. Judith veut  gommer l’ineffaçable, le passé de sa mère juive comme l’avenir de l’enfant qu’elle porte en elle. Trois vies d’illusions et de désillusions que la narratrice veut  rendre immortelles. Car ce sont ces trois amies qui l’ont  forgée autant qu’inspirée. C’est à elles qu’elle doit la découverte du  nazisme,  de Gide et de Lacan, de l’emprisonnement dans la chair et de la révélation du festival d’Avignon.  Le style est  fluide , le rythme rapide et les histoires de chacune si  entremêlées que  le lecteur ressort épuisé,  avec le sentiment que le bonheur  n’est rien d’autre qu’un leurre, un mirage, une aberration qui donne envie de danser  jusqu’à en mourir.

B.Clavel 

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 12:43

 

 

Editions : Grasset

Parution : Mai 2013

149 pages

 

 

 

« Il nous faut livrer bataille et brandir l’épée pour défendre en riant notre désir d’être », telle est la devise qui fait de sainte Hildegarde de Bingen, moniale du XIIème siècle,  une femme des plus modernes. La petite Hildegarde a dès son plus jeune âge des dons de visionnaire qui incitent ses parents à la confier  à un couvent. Mais la vie monacale n’est pas la prison et Hildegarde y découvre l’affection des religieuses, la joie de l’instruction  et le retrait dans la prière qui ouvre sur le  monde. Et c’est précisément ce monde dont elle est privée qui va inspirer la jeune religieuse. Ses visions ne sont point des hallucinations d’illuminée, mais des réflexions perçues  avec toute son attention, sans extase, mais en toute lucidité, « avec les yeux et les oreilles de l’homme intérieur ».  Tout l’enchante et elle veut le transmettre. Alors elle écrit  pour retrouver le Verbe et  traduire le langage de Dieu, elle loue la nature pour sa beauté et ses remèdes,  elle préfère aux dogmes de l’Eglise  une foi qui vit et une intelligence qui aime. Si le lecteur a plaisir à retrouver cette « viridité » chère à Hildegarde, élan vital qui l’aiguillonnera toute sa vie, il est circonspect quant aux allusions de l’auteur sur les mœurs de celle-ci, spécialement avec la jeune moniale Richardis. Il n’ignore pas le sérieux des enquêtes qui précèdent toute canonisation, et regrette que le but de L. Nobécourt   ne soit « pas simplement  d’honorer un  désir de clôture, mais un engagement politique de  subversion ».Celle-ci en effet  prend  plaisir à montrer un clergé inflexible et pousser le  mysticisme  à son paroxysme en utilisant un champ lexical où l’éros se confond  avec le sacré.  Les saints étant les derniers bastions de l’Eglise, il est malheureusement de  bon ton de supprimer leur aura et d’en faire des humains comme les autres !...

 

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 



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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 16:14

 

 

Edition : Albin Michel

Parution : Août 2013

17,50 €

 

La guerre de Troie a été l’objet de plusieurs scénarios, et  c’est avec un grand art, très épuré,  que David  Malouf se concentre sur la souffrance du roi Priam  à la mort de son fils Hector. Priam, à la surprise de tous,  laisse tomber son habit de roi, ses apparences de souverain inaccessible et son amertume de vaincu,   pour  mieux embrasser sa condition de père endeuillé. Tandis qu’Achille dans sa folle fureur continue à traîner à l’arrière de son char un Hector déchiqueté et refuse pour lui toute sépulture, Priam part à sa rencontre. Il est  sûr que seule l’humilité qui  accompagne le  pardon peut se révéler  utile pour obtenir de son ennemi la restitution du corps de son fils. Certes il emporte avec lui une rançon, mais dans un bien piètre équipage. Et  c’est là que David Malouf touche le lecteur comme Priam touchera Achille. Une  prise de conscience des beautés de l’existence se substitue  au devoir royal permanent.  Se rapprocher de ses sujets en partageant leurs plaisirs simples, en se dépouillant de l’accessoire pour atteindre l’essentiel, telle est la découverte du vieux Priam qui sans se  départir  de sa noblesse la découvre dans le cœur des autres. Belle occasion de se replonger  dans la célèbre épopée d’Homère, dans un style contemporain plein de sobriété et gravité, qui fait espérer que l’auteur sera encore inspiré par d’autres scènes de l’Iliade et l’Odyssée.

Brigitte Clavel Delsol 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 16:32

 

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2013

152 pages

16,50 €

 

 

 

    Amélie Nothomb est une habituée de la rentrée littéraire. Mais cette année elle n’est plus la frondeuse qui ironisait sur  l’esprit  japonais ou  affrontait sans crainte Barbe Bleue, mais une  romantique   qui, revenant  sur les lieux  de ses jeunes années, le pays du Soleil levant, « se cogne au mur de l’indicible ». « Gage de plus d’émotion, de plus d’attachement, de plus de deuil » ??? ? Sans doute car, si la maison de son enfance a été rasée et les montagnes environnantes de Tokyo recouvertes d’immeubles, elle s ‘émeut de retrouver les bras ouverts de  sa vielle nourrice bien-aimée et son ex-fiancé   toujours égal à lui-même. Peu importe la réalité ou l’imaginaire, le vrai et le faux. Amélie Nothomb,  reconnaît  une fois pour toutes l’empreinte que laissa sur elle ce pays : une «nostalgie heureuse », la nostalgie triste n’étant pas une notion japonaise, et une pudeur dans l’expression  qui n’autorise au  lecteur  aucune conclusion. L’important  c’est de transcrire la musique inspirée par le vécu.

Brigitte Clavel Delsol 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 16:25

 

Editions : Albin Michel

Parution : 22 Août 2013

276 pages

19 €

 

 Il est de bon ton de confondre religion et intolérance. Par un roman dans le roman, Patricia Reznikov rappelle les excès du puritanisme de la Nouvelle-Angleterre dont  les Transcendantalistes, équivalents de nos Romantiques du XIXème siècle, dénoncent  l’impitoyable cruauté. C’est précisément le thème du livre de l’un deux,  « La lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne, unique objet  que Pauline retrouve épargné de l’incendie de son appartement parisien. Elle y voit un signe du ciel, cache ses brûlures sous son tee-shirt et s’envole à Boston sur les traces de Hawthorne. Elle découvre que si celui-ci  et ses amis  ont été sensibles aux beautés de la nature, ils n’en ont pas moins ignoré les injustices de ce bas monde. En effet ce sont les condamnations publiques d’Elizabeth Pain et d’Hester Craford, toutes deux coupables d’infidélité conjugale, qui ont inspiré à Hawthorne son héroïne, Hester Prynne. Contrainte par la justice  de l’époque de porter la lettre écarlate qui affiche son adultère, celle-ci symbolise pour notre Parisienne la souffrance morale de toutes les  femmes humiliées de l’Histoire. « Je compris  que la vie était courte. Tragique. Précieuse ». Alors les blessures cachées de Pauline  et ses impressions sur ses deux guides bien singuliers  prennent une autre dimension …Livre plaisant à lire, qui montre la raison de vivre que porte en soi  chacun des mystérieux  personnages rencontrés.

B.C

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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