Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:41

Editions : Télémaque

Parution : Novembre 2009

336 pages

22 €

 

Journaliste, écrivain, animateur culturel, Gonzague Saint Bris, à l’occasion du quatrième centenaire de la mort d’Henri IV, nous offre un ouvrage aussi riche en anecdotes qu’en références historiques et littéraires. Il s’agit d’une biographie qui se lit comme un roman léger. L’amour de la vie d’Henri le Béarnais se confond  avec sa passion pour la France : rendre heureux les  habitants de ce pays déchiré par les guerres de religions  en leur apportant la paix et améliorant leur niveau de vie, tel est le but de ce roi qui semble avoir petit à petit  annexé la France à sa Navarre natale. Il fera la guerre dans l’unique but d’apporter la paix, il se convertira pour faire preuve d’esprit de tolérance et de réconciliation,  il aura soin de réhabiliter le statut des protestants, de respecter les paysans, d’enrichir toujours plus cette terre de France qu’il s’approprie et  aime  avec la même avidité que ses innombrables maîtresses et enfants illégitimes. Bref le roi le plus apte à devenir président de la République !

       

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:36

Editions : Gallimard

Parution : Octobre 2009

328 pages

20 € 

 

 

Ce cinéaste d’origine américaine, mais plus français qu’un Français,  se propose, par ce roman, de nous faire rire sur les sujets les plus graves. Il met en scène le jeune Peyrat au prénom basque de Gotzon pour lequel son père a dû soudoyer le secrétaire de mairie de Saint-Jean-Pied-de Port dont il est originaire. Elevé dans le  dialecte basque  par une grand-mère   superstitieuse, Gotzon  souffre de vivre  dans un monde régi par les serviteurs de la République et d’assister à la disparition régulière  des langues régionales minoritaires comme des croyances religieuses, à l’envahissement de tourisme et surtout à l’ignorance de l’histoire de France comme  du bel usage du subjonctif imparfait, car qui « patoise » a le plus grand respect pour la langue mère. Le Pays Basque va être la métaphore à partir de laquelle se développe ce roman : passé et futur se confondent, réalité et fiction s’entremêlent. Le trop sensible  Gotzon finit par passer pour un terroriste de l’UTA, alors qu’il n’a pour guides que son humour de farceur et son  ange gardien. Dommage que le dénouement soit aussi fantasque que l’auteur ! Ou peut-être  tant mieux : il prouve la nécessité de savoir être ici-bas à la fois basque et normand !  

Brigitte Clavel

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:30

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Janvier 2010

19 €

214 pages

 

C’est le  jour de son quatre-vingt-dixième anniversaire et Tamouna ne peut s’empêcher de voir sa vie défiler à rebours. Le lecteur assiste à un magnifique va-et-vient entre une vieille dame exilée à Paris entourée de sa descendance  et une jeune Géorgienne pleine d’insouciance au cœur de la révolution. La joie de la réunion familiale organisée à son intention la transpose dans un passé où l’exil salvateur fut  au prix de l’abandon de ceux qu’elle chérissait. A la sublimation d’un amour de jeunesse va succéder l’appréhension de le revoir, car Tamaz qu’elle n’a cessé d’aimer  a promis qu’il se joindrait à cette fête. La sensibilité toute slave de Tamouna, sa  confidence à cœur ouvert dévoilent toute une vie de lutte et «  d’efforts  pour être gaie ». Et la soirée d’anniversaire  passe, avec juste assez d’oxygène dans les poumons pour insuffler le message d’espérance qu’attendent les plus jeunes : « la gaieté est une obligation que nous devons aux disparus et à la Georgie. »

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:14

 

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Août 2009

175 pages

18 €

 

 

 

Violente Haïti où flux et reflux des sentiments méritent de rappeler le « Yanvalou », chant national qui salue cette île de misère ! Avant qu’elle soit touchée par ce récent séisme inqualifiable, Lyonnel Trouillot, haïtien lui-même, avait éprouvé le besoin de nous la faire connaître, à la fois  avec un réalisme percutant et une compassion croissante. Le protagoniste, Dieutor, qui s’est rebaptisé Mathurin D.Saint-Fort, est un avocat d’affaires reconnu à Port-au-Prince. Son passé, qu’il a rayé sciemment, le rattrape un jour au galop aussi impromptu que les cyclones de son pays et l’arrivée du jeune Charlie dans lequel il se retrouve. Mathurin se voit contraint de dévoiler  avec cynisme son enfance sordide avant de laisser la parole à Charlie. Celui-ci vient solliciter son aide, après un mauvais coup qui s’est mal terminé. Espoir et révolte se côtoient : le  père Edmond  prêche la morale aux délinquants tandis que deux  jeunes  révolutionnaires attisent la haine de Nathanaël, leader de bande complètement dépassé. Tout un monde de misère se révèle : les enfants  rêvent d’un butin comme d’une étoile partagée à n’importe quel prix. S’ouvre alors un chemin salvateur pour Mathurin  qui ose enfin regarder la vérité en face. L’amour existe encore sur cette île… 

Brigitte Clavel  

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 19:23

 

 

Editions : A.C.T.E.  Association pour la Création Théâtrale Européenne

Parution : Août 2007

76 pages

10 €

 

 

Sénèque revient en force dans la littérature actuelle. Romain Sardou  a magnifiquement redonné vie à ses échanges épistolaires. Xavier Jaillard, tout à la fois auteur de pièces de théâtre et acteur, le met en scène, visitant Saint Paul dans sa cellule de prison où Néron l’a incarcéré suite à l’incendie de Rome. S’instaure alors un débat véhément  entre le philosophe romain et le juif devenu disciple du Christ. Les intentions de chacun d’eux  sont  claires : Sénèque le stoïcien veut sauver  Paul eu lui montrant les dangers de sa passion mystique, Paul, lui, veut convaincre  le philosophe de la supériorité de l’amour sur la vertu personnelle. Et il ne semble pas avoir tort, car le stoïcisme de Sénèque a ses limites : le philosophe a peur de la mort et a besoin des amis de Paul autant que Paul a besoin des relations de celui-ci. Cette mise en scène, aussi belle que sobre, est représentée au théâtre Petit Hebertot  (78 Bvd des Batignolles 75017 Paris ) depuis plusieurs mois et  sa représentation  ne cesse d’être prolongée. Car ce qui s’est passé il y a deux mille ans ressemble fort à ce qui se passe encore aujourd’hui …

Brigitte Clavel

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 15:53

 

 

Editions : Mercure de France

Parution : Mai 2009

150 pages

14,50 €

 

 

La littérature française comporte déjà de nombreux anti-héros et le lecteur  a le droit de se demander pourquoi Philippe Delerm vient en rajouter un supplémentaire  en la personne d’Arnold Spitzweg. Rien de plus banal en effet que ce protagoniste : à la fois suffisant et solitaire, médiocre en tout et sans aucune ambition,  il a «  quelque chose en lui de  Bartelby », personnage de Melville qui refuse toute incartade à la routine  en répétant « je préfèrerais pas ». Arnold Spitzweg refuse toute attache sentimentale, ses voyages se limitent  au jardin du Luxembourg ou aux  fresques  murales du « Train Bleu ». S’il est spontanément opposé à l’hyperactivité ambiante qui est selon lui preuve d’ « angoisse métaphysique » et à une  technologie de plus en plus envahissante, il finit par devenir un blogger émérite dont le blog a pour titre www.antiaction.com. La simplicité de son expression remporte un tel succès que c’est là où commence le dilemme d’Arnold  Spitzweg : écrit-il pour lui ou pour la gloire ?  Car si on parle de lui à la radio, il ne se reconnaît pas, ou mieux il ne veut pas se  reconnaître. Se sentir «  réduit, exposé, résumable » est inacceptable. Saura-t-il longtemps résister à la notoriété et aux tentations de ses admiratrices ? Et si  son blog était  le seul moyen d’exister ? La loyauté de Philippe Delerm est suffisamment connue. Non, son héros comme lui  ne sont pas   faits pour jouer la comédie humaine… 

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 15:51

 

 

Editions de l’Olivier

Parution : Août 2009

293 pages

19 €

 

Dans un coin perdu de l’Amérique du Sud,  Rose Bustamante, la grand-mère, Violette, sa fille, et Vera Candida, sa petite-fille, sont abusées par des hommes qui n’en ont que le nom, à défaut d’attitude respectueuse. Seule Vera Candida saura réagir face aux vices de ceux-ci, fera appel à un journaliste emprunt d’esprit de justice et d’amour, retournera sur son île natale qu’elle a fuie pour débusquer les coupables. Un mélange de style cru et poétique, d’hommes vicieux  et de justiciers délicats, de femmes  annihilées et d’autres  non soumises, tel est le conte de Véronique Ovaldé qui a remporté le prix Renaudot des Lycéens 2009. Le cadre environnant est aussi féerique que l’homme  y est sadique et la femme candide. Une belle leçon de courage de la part d’une grand-mère qui recommande à sa descendance de ne pas pactiser avec des tyrans, de ne pas abandonner sa colère et encore moins de culpabiliser…

Brigitte Clavel      

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 15:38

 

Editions : Robert Laffont

Parution : Août 2009

538 pages

22 €

 

Soif d’écriture, d’obscurantisme, d’énigmes policières, d’amours impossibles, tels sont les thèmes de ce livre. Le lecteur retrouve l’atmosphère de Barcelone d’avant guerre  qui fit le succès de « L’ombre du vent », le précédent roman  de  Zafon. Les sentiments sont aussi impénétrables, la palette des personnages aussi variée, et  l’intrigue encore plus complexe.  Le désintérêt des hommes de lettres ne suffit pas à compenser la cruauté des arrivistes et des  stars déchues.  Le sympathique  David rêve de succès littéraire pour arriver à vivre. Mais, sans raison apparente, il est renvoyé  du journal dans lequel il écrivait avec succès. Son vieil ami  libraire Sempere l’incite alors à déposer son livre  méconnu au fameux  « Cimetière des livres oubliés  » dans le quartier gothique de Barcelone. Et c’est à partir de ce moment que l’écrivain en herbe devient détective malgré lui. Pourquoi ses deux éditeurs meurent dans l’incendie de leur boutique après que David ait signé un contrat exclusif avec eux ?  Pourquoi, au même moment, Corelli, un troisième éditeur spécialisé en religion, lui fait des propositions séduisantes ? Le hasard, la tentation de la fortune, l’amour des vieilles demeures et surtout le désir d’élucider des mystères vont alimenter les péripéties de notre héros. Autant de raisons qui nous donnent envie de tourner les pages de ce gros volume dont  le style nous emporte avec toute la finesse et l’allégresse d’une sensibilité espagnole. Mais cet enchantement a ses limites : Zafon, comme ses nombreux personnages, ressent le  besoin d’écrire et, si son style est envoûtant, il faut reconnaitre que ses rebondissements  multiples et inextricables sont un vrai  labyrinthe entre réalisme et imaginaire.

Brigitte Clavel

 

 

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:55

Editions : Gallimard
Collection : Folio à 2 €
Parution : Octobre 2009
124 pages

 

Alors que règnent  le politiquement correct et la frilosité catholique,  Patrick Kéchichian, journaliste et critique littéraire au « Monde » nous révèle en toute simplicité sa récente conversion au catholicisme. Il ne s’agit pas d’une conquête racontée avec un style triomphant, mais du souci de partager son bonheur, la foi n’étant pas une affaire privée. Ce désir de faire un « petit éloge de catholicisme », il le doit à un esprit d’ouverture et d’amour, car les liens  entre les hommes ne se résument pas à une simple civilité.  Imbu de liberté, Patrick Kéchichian a l’audace de révéler les bienfaits des dogmes catholiques qui ne font pas plier la raison mais lui délimitent ses frontières en lui offrant une ouverture infinie. Bien peu aujourd’hui osent comme lui proclamer qu’il faut « réapprendre à nous agenouiller », à ne pas hésiter à «  entrer dans l’immensité du diamètre des sacrifices ».Mais cette pratique est  comme l’art baroque : elle est « un héroïsme de la foi », menée  par un élan du cœur, « vertu de bonne humeur », qui seule sait aimer les hommes et sans laquelle ne  peuvent être fondées  les bases de l’Eglise. Brigitte Clavel.

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article
27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:47

 

Editions : Zulma

Parution : Avril 2009

212 pages

18 €

 

 Le prix Courrier International du meilleur livre Etranger 2009 est composé de cinq nouvelles où l’auteur se plaît à sonder les cœurs dans une atmosphère toute orientale. Conciliabules féminins, amitiés indicibles, histoires d’amour qui se font et se défont, déceptions ou humiliations  dues à trop de fidélité à la tradition,  rêves d’émancipation et de  liberté, tels sont les thèmes peints avec un style aussi spontané que réaliste. Le plus important de l’existence réside dans le détail de l’instant. Les images se succèdent avec véracité. Aux bavardages des femmes s’oppose le silence ou l’insouciance de l’homme, au savoir des plus âgés  la naïveté  ou l’esprit de provocation des plus jeunes. Si l’objectif de l’existence  est un  mariage réussi ou le legs d’une maison trop aimée, la déception n’en est  que plus grande. Seul secours pour résister à la tristesse ambiante : l’amour inavoué, la passion des fleurs, le son d’un harmonica, le goût âpre des kakis. Epicurisme  pas exclusivement oriental, mais bien universel...

Brigitte Clavel  

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2009
commenter cet article