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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 13:47

  Editeur : J.C.Lattès

   Publication : janvier 2008

     210  Pages

   Prix :17,50 €

 

   

 

 

 

 

      "Le bonheur des petits poissons" : pourquoi un titre aussi humoristique alors que le livre du célèbre sinologue Simon LEYS se veut philosophique ?
"Lettre des Antipodes " pourquoi un sous-titre aussi polyvalent alors que dès le début l'auteur nous présente le précepte qui sera le fil conducteur de son ouvrage :"la vérité n'est pas le résultat de la réflexion : elle en est la précondition et le point de départ".
En effet , c'est depuis le haut du pont que l'on voit les poissons heureux, c'est du haut de la vérité que l'on perçoit la nature de l'existence .
Dans un  premier temps , Simon  Leys s'oppose aux idées toutes faites, aux préjugés de classes qu'il qualifie de "valeurs illégitimes" ,au snobisme de la mode qu'il nomme "atrophie du goût", à l'hyperactivité qui nuit à la réflexion et à la créativité, à " la mémoire  primaire" qui ne sait pas tenir compte des valeurs du subconscient ni s'enrichir de sentiments et d'imagination
C'est alors qu'il nous invite à découvrir le souffle puissant de la création, grâce à la richesse de l'altérité ,de  la beauté morale, de la sensibilité, de l'amour et de l'angoisse du temps qui passe qui ns fait découvrir que" notre vraie Patrie est l'Eternité"
Imagine-t-on un poisson qui s'étonne de la mouillure de l'eau? imagine-t-on alors un homme qui s'étonne de sa condition humaine? non, si le temps fut créatif,  car selon Leys  : "l'Eternité est amoureuse des oeuvres du temps".

Brigitte Clavel-Delsol

 

 

 

 

 

 

   

 

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 13:40

 

 

 

Editeur : Publication : Août 2008Sabine Wespieser ,

  529 pages ,   prix : 26€

 

 

Tous les thèmes chers  à Nuala O’ Faolain,  sont regroupés dans son dernier livre  que son amie et éditrice Sabine Wespieser  s’est empressée d’éditer après  la mort de celle-ci  en Mai 2008.

Rosie est une  quinquagénaire  aussi généreuse que dynamique. Rédactrice expérimentée qui a beaucoup voyagé, elle  rentre en Irlande,  pour s’occuper de sa vieille tante. Mais bien vite elle ressent un sentiment  d’impuissance face au temps qui passe et d’inutilité face à  la détresse de ceux qui l’entourent ; elle décide alors  de rédiger un petit manuel de leçons de bonheur aux gens de son âge.

C’est avec une âme d’adolescente révoltée qu’elle  prend conscience de la fugacité de l’amour, de  la rigueur insupportable de la religion,  du corps qui vieillit   et du temps qui passe. Son manuel commence alors avec des conseils très épicuriens afin que l’esprit, lui, ne vieillisse pas .Mais l’angoisse demeure,, jusqu’à ce que Rosie prenne  racine dans son pays natal où elle finit par découvrir la beauté de la nature qui s’offre à elle,  l’amour de ceux qui l’entourent et les secrets de ceux qui l’ont précédée..Son manuel se termine alors sur une note d’espérance, ultime héritage de Nuala O’Faolain.

Brigitte Clavel -Delsol       

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 17:43

           

 

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 2009

452 pages

21 € 

 

 

 

C’est un Philippe Labro plus dynamique et réaliste que jamais que nous retrouvons dans « Les Gens ».Il nous y présente la société parisienne du show-business, avec tout ce qui gravite autour, et l’Amérique profonde, où tout est possible à celui qui veut s’en sortir. A la fois étude sociologique et approche intimiste, ce livre nous met face à des personnages bien d’actualité. Le célèbre producteur d’émissions télévisées, Marcus Marcus, grisé de succès, Caroline  la coach-woman indispensable pour affronter les dîners mondains, Tea Stadler ,la bourgeoise américaine déguisée la semaine en dame de charité avant les mondanités du week-end, le monde des chauffeurs et la belle polonaise Maria qui sillonnent les routes d’Amérique, toute une panoplie de personnages bien attachants, « Les Gens » tels qu’ils apparaissent, tels qu’ils sont vraiment, avec cette volonté permanente d’adaptation qui est leur seule force et leur seul espoir.

Brigitte Clavel-Delsol  

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 19:58

Editions : Actes Sud

Parution : janvier 2009-01-29

182 pages

19,50 €

 

Comme un enfant «  seul dans le noir » le personnage principal du dernier livre de Paul Auster  résume à lui seul toutes les angoisses du monde actuel. A peine le lecteur  a-t-il partagé la première nuit blanche d’August Brill qu’il ne connaît plus  un seul instant de répit : il va suivre autant les drames intimes de la vie de celui-ci que subir son cauchemar nocturne.

 L’histoire se déroule alors comme un dédoublement de personnalité, comme si un seul homme ne suffisait pas à faire face aux innombrables affres de l’existence.

 August Brill souffre des séquelles d’un accident de voiture mais surtout de la tristesse de sa fille et de sa petite-fille durement éprouvées, l’une par un divorce, l’autre par l’assassinat de son mari en Irak. Il n’en dort plus et meuble ses insomnies avec Owen Brick, piégé dans une guerre civile innommable au cœur d’une Amérique qui n’a connu ni 11 Septembre ni guerre d’Irak et où il est enrôlé de force pour éliminer celui qui en est l’auteur,  Brill lui-même.

Aucune épreuve  humaine n’est ignorée : menaces, lâcheté, pauvreté extrême, appât du gain, cruauté, tristesse des enfants de divorcés, oubli des vieux parents par une génération hyperactive, carriérisme,  médecine sélective, salaires insuffisants, plaisir éphémère d’assouvir sa faim d’un hot-dog spongieux ou d’une liaison sans lendemain avec une amie d’enfance, mais surtout sentiments de culpabilité et de responsabilité.

En arrière-fond l’horreur de la guerre et de la séparation, au premier plan la tendresse d’un père et grand père étonné : « Et ce monde étrange continue de tourner… », histoire allégorique qui  reflète sans doute  l’Amérique d’aujourd’hui.
Brigitte Delsol-Clavel

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 19:49

Editions : Seuil

Parution : Janvier 2009

293 pages

21€

 

Andreï Makine ne cesse de nous toucher par ses romans toujours emprunts de réalisme et poésie. Ivan Choutov, écrivain russe dissident, souffre de l’atmosphère frivole de l’après guerre où Tchékhov n’est plus qu’un souvenir démodé.  Incompris lui-même, Choutov  ne comprend pas la frénésie de Léa la parisienne  pour la littérature libertine de Nabokov ni la fièvre matérialiste de Iana la russe qui réaménage un immeuble de St Petersbourg  sans se soucier du vieillard sourd-muet qui y loge. Choutov, lui, saura délier la langue de celui-ci. C’est alors que « la vie d’un homme inconnu » commence : dans les horreurs du blocus de Léningrad  par les nazis, le jeune Volski se met à jouer du théâtre et à chanter pour soulager les assiégés ou encourager les soldats au combat avant d’être lui même enrôlé à la guerre et de ramasser les corps tombés. Puis au milieu de l’enfer des purges staliniennes, des fausses dénonciations et des camps de concentration, Volski saura toujours faire preuve d’amour et découvrira  la joie des bonheurs simples. « Ne rien expliquer, juste montrer cette autre vie », tel est le but de Makine qui souffre comme Choukov de voir les jeunes «  bien nourris, instruits, décomplexés », mais auxquels manque l’essentiel, à savoir la poésie de la vie et le bonheur d'aimer.

Brigitte Delsol-Clavel
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 11:43

    "LA RITOURNELLE DE LA FAIM" de J.M.G  LE  CLEZIO    

 

 

 

           Prix Nobel de Littérature 2008

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2008

206 pages

Prix : 18 €

 

Le dernier roman de J.M.G.L.C se déroule  de façon très  précise à Paris  dans les années 30 à 45. La petite Ethel a beaucoup d’amitié pour  une jeune exilée russe, d’affection pour un grand oncle qui lui promet une maison de rêve aux couleurs de l’île Maurice dont ils sont d’origine. Les désillusions arrivent vite. La pauvreté rend son amie cynique, le pavillon de l’Inde  acheté à l’Exposition universelle ne verra jamais le jour sur le terrain familial aux arbres exotiques. Pour le père d’Ethel, l’argent doit primer sur le rêve. Mais  ses projets immobiliers sont aussi fumeux que ses tribulations financières, car « c’est un aventurier des temps modernes. Il travaille à la Bourse », investit l’héritage de sa fille et vend les biens familiaux à pure perte. De plus  ses propos racistes, ses infidélités conjugales et les pleurs de sa mère exècrent Ethel. C’est alors l’effondrement de tous les rêves, l’horreur  les poursuit, l’Occupation, les huissiers, l’exode,  la misère de Nice, la faim qui taraude. L’amour même passe inaperçu entre Ethel et son fiancé juif, tout est nauséeux au moment des retrouvailles, la dernière image est celle de l’esplanade du Vél’d’Hiv et le dernier rêve est celui de l’île Maurice. Roman initiatique, intemporel, ce livre porte bien son titre, « Ritournelle de la faim », sempiternelle insatiabilité des hommes. L’adolescente est devenue adulte.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

                                                            « CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT »       par     YASMINA  KHADRA

Edit :Julliard

Parution :Août 2008

413 pages

20 €

Cette fresque de personnages de l’Algérie  française d’avant la deuxième guerre mondiale  jusqu’à l’Indépendance est l’histoire d’une amitié entre quatre jeunes d’origine différente mais profondément attachés à ce pays.  Tout est d’un réalisme bouleversant : le pouilleux  petit village de Jenate Jato où la loi de la jungle est sciemment ignorée des autorités, la riche ville commerçante d’Oran   où la  probité et la liberté d’expression sont anéanties  par des colons reconvertis en miliciens, les festivités de Rio Salado où la jeunesse s’écoule entre jeux et humiliations.

Seule la voix du narrateur, le petit  Younes, rebaptisé Jonas, reste  lucide au milieu du feu des passions  et nous donne l’espoir que,  comme le Jonas de la Bible, enfermé  dans le noir, il perçoit que le ressentiment peut naître de l’amour pour une même femme comme pour une même terre.                                                                                                                                                           Brigitte  Brigitte Clavel   

 

 

 

 

 

 

«  UN CHASSEUR DE LIONS  »                  d’             OLIVIER ROLIN

 

 

 

 

Editions du SEUIL

Publication : Août 2008

235 pages

17,50 €

 

 

C’est à partir d’une peinture d’Edouard Manet, « Le Chasseur de lions », du Musée d’Art de Sao Paulo que le roman commence. Le chasseur en question,  soit disant un ami du peintre, est  Eugène  Pertuiset,  au physique aussi gras que  disgracieux, aux ambitions aussi grandes que viles .Ce qui lui importe c’est l’opulence. Peu lui importe si on le traite de déserteur et de grossier personnage. Même le peintre d’ « Olympia » est  qualifié de vulgaire !Plein d’aplomb pour devenir  trafiquant  d’explosifs ou  chercheur d’or, voire même hypnotiseur  et orateur volubile, Pertuiset  reste avant tout  maladroit et  grotesque. Si Manet lui attache  tant d’importance c’est sans doute pour  son aspect  rustre et vantard qui  inspire le  peintre conformiste et spirituel. Malheureusement le narrateur  ne nous apprend rien de plus sur cette amitié  et s’il est  aussi friand  en détails sur cette année 1890 à Paris ou en Terre de Feu c’est pour nous montrer comme l’esprit  du parisien mesquin et celui du conquérant insatiable se rejoignent. En effet l’arrière- plan abonde en  personnalités militaires et artistiques, où la quête est toujours la même, celle du temps qui passe : les uns le matérialise dans l’art, les autres dans les expéditions lointaines mais tous se retrouvent dans l’alcool, les froufrous et les rires.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

                                                    

                                                                 « LES DEFERLANTES »     de      CLAUDIE GALLAY

 

Editions  du ROUERGUE

Collection :La brune

Parution : Mars 2008

21,50 €

525 pages

 

 

 

 

 

L’amoureux de la province profonde, le  passionné de la mer, le  philanthrope soucieux de comprendre la solitude des cœurs, le visionnaire qui perçoit la fusion de l’homme et la nature,  tous  apprécieront ce livre au  rythme très lent.  Dans ce petit  port  du Cotentin , les habitants commencent à s’ exaspérer  du vide  ressenti, de  l’absence de l’amour , de la jalousie et de  la haine étalées, des corps déformés par la vieillesse et des esprits corrodés par des temps trop durs.. Comme les vagues qui déferlent, tout bouge dans ce village  au calme apparent ,quand  la narratrice s’y installe sans connaître la durée de son séjour comme les  troupeaux d’ânes  et les hordes d’oiseaux migrateurs ; elle, qui souffre de l’absence de son mari , s’attache à chacun des habitants , devine  leur drame intime,  remarque des volets qui s’ouvrent, un médaillon qui disparaît, admire les oeuvres torturées de l’un ,écoute Prévert chanté par l’autre .C’est alors qu’elle veut élucider des situations insoutenables telles que la tristesse d’un homme revenu sur les lieux d’un naufrage, les revendications des objets rendus par la mer, les amours  inavoués ou éconduits, la folie d’ une vieille à cause d’un secret trop lourd , l’identité du jeune orphelin reparti subitement  et de l’auteur des lettres adressées d’un monastère , les rêves des uns et l’ennui jaloux des autres. Pour ce faire, elle  va délier des langues,  comparer des photos, ouvrir bien des cœurs et ainsi combler de paix  le grand vide de son âme …

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

« LE FAIT DU PRINCE »   par      AMELIE NOTHOMB

 

 

 

Editions : ALBIN MICHEL

Parution : Août 2008

170 pages

Prix : 15,9

 

 

Amateurs de beaux romans : vous abstenir ! Dans son dernier livre « Le fait du prince », Amélie Nothomb  ne fait preuve ni d’imagination ni de vraisemblance. L’antihéros Baptiste Bordave ouvre sa porte à un inconnu qui meurt subitement chez lui. Il prend alors  son identité, sa voiture, sa maison, sa femme et même toute  sa fortune en empruntant un tunnel miraculeusement  creusé entre la maison et la banque. Aucun suspens, nulle réflexion, point de dénouement ni même de comique, on assiste à une série de petits déjeuners pantagrueliques et de parties de champagne  sous prétexte qu’ « il faut se laisser libre  », l’expérience commune se révélant trop esclave d’obligations .Peu importe d’être endetté et poursuivi ! ! Il faut  avant tout  agir en «  prince » et non dans «  la triste tranquillité… des gens sans histoire ».Il semble qu’Amélie Nothomb ait voulu à tout prix conquérir le blanc de «  la page vierge » comme le narrateur  le dit lui-même à la toute dernière ligne du livre. .

Brigitte Clavel.

 

 

 

 

 

 « SUR MA MERE »   par   TAHAR  BEN  JELLOUN

                            

 

                                 Editions : Gallimard
                                                          Parution : Janvier 2008

                                                          Prix: 17,90€

                                                            150 pages

 

 

 


Après Christian BOBIN c'est au tour de Tahar Ben Jelloun de nous présenter la maladie d'Alzheimer non pas diabolisée  comme il est trop souvent d'usage mais comme un retour à la vraie vie
Le narrateur est un fils aimant certes impuissant face à la fatalité, mais plus encore face à la réminiscence des souvenirs heureux. Au chevet de cette musulmane scrupuleuse qui vécut dans le silence du travail bien accompli , il va se laisser emporter par la  défaillance de la malade où la conscience et l'inconscience s'alternent,  où la passé et le présent se confondent, où le jour et la nuit s'unissent , où l'agacement des autres succèdent à l'ennui de la solitude, où les moments passés si heureux font oublier l'amoncellement des factures impayées ou des amitiés tumultueuses, où le monde des morts rejoint le monde des vivants à tel point que ce n'est plus une chute en enfer à laquelle nous assistons mais plutôt un éloge et un retour  à la vraie vie : " je la reverrai jeune et belle ..."

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

« Où on va, papa ? »       par     Jean-Louis  FournierEdition :Stock   Août 2008    155pages   Prix :15€

 

Si Jean-Louis Fournier commence son livre avec révolte et amertume bien justifiées, son amour de la vie va être le plus fort.

A travers la maladie incurable  de ses deux enfants, c’est un hymne à la fragilité humaine qu’il élève, car il parvient à donner à la faiblesse une dimension infinie.

 C’est un cantique à la vie, car en  souffrant  de ne pas pouvoir partager avec eux tous  les  bonheurs  de l’art comme ceux du quotidien,  il nous rappelle la nécessité d’un tel partage.

 C’est un cri d’espoir car, si sa grande crainte est que  Mathieu et Thomas ne connaissent jamais le grand amour ici-bas,  sa tendresse de  père, qui pleure et rit à la fois, est bien plus  utile.

 Combien parmi nous savent  déceler la dextérité de« l’oiseau sans aile » pour parvenir au ciel à toute allure ? 

De quel droit rêver d’une société où l’enfant anormal serait interdit et  juger stupide  l’enfant qui ne cesse de se demander, comme un philosophe, « Où on va, papa ? »

Brigitte CLAVEL

 

 

         « L’HEURE DE LA FERMETURE DANS LES JARDINS D’OCCIDENT »    par        BRUNO de CESSOLE

 

Editions : LA DIFFERENCE

Parution : Mars-Avril 2008

393 pages

Prix : 20 €

 

 

 

Qui n’a jamais rêvé d’une amitié intellectuelle, d’un maître à penser, de pistes toutes tracées où l’érudition devient connaissance,  l’expérience sagesse et la réflexion ligne de conduite ? C’est ce qu’espère trouver  le jeune étudiant  Philippe Montclar dans sa relation avec  Frédéric Stauff, vieux philosophe autrefois adulé par le tout Paris  puis mis au ban de l’élite intellectuelle. Aujourd’hui retiré dans une vie presque monacale ce savant souffreteux se fait le devoir de répondre à l’étudiant naïf. Il l’entraîne alors dans d’interminables promenades au cœur de la philosophie où il prend plaisir à s’identifier à de nombreux  auteurs illustres ou inconnus, à lui montrer le gouffre du néant et les hauteurs du détachement .Mais le beau titre métaphorique du livre va prendre tout son sens quand la belle Ariane, vivant pastiche d’un tableau de Boucher, rencontre ces deux hommes :  elle incite l’un à l’amour, aux agapes, aux beaux paysages, et l’autre au crime parfait au nom de la Raison…

A la fois romanesque, philosophique et poétique, ce livre, séduisant comme le Serpent du Paradis terrestre, dénonce, peut-être sans le vouloir, les dangers d’une philosophie d’où est exclue toute spiritualité .C’est pourquoi il est peut-être grand temps de sonner « l’heure de la fermeture dans les jardins d’Occident »s’ils ne sont pas habités par l’Espérance...

 Brigitte Clavel

 

 

 

PRIX GONCOURT   2008             « Syngué sabour »  


Pierre de patience     par                                           

                                                                                                                              Atiq RAHIMI

 

Editions : P.O.L

Parution : Novembre 2008

Prix : 15 €

155 pages

 

 

 

C’est un récit direct et sans emphase, qui a tout du monologue à voix basse, que nous offre l’auteur, fin psychologue de la nature humaine. L’héroïne est une Afghane révoltée dont on ne connaît même pas le nom, car elle a toujours été inexistante, d’abord aux yeux de son père puis de son mari. Il a fallu que ce dernier sombre dans un état comateux dû à une balle dans la tête pour qu’elle puisse lui parler comme elle n’a jamais pu le faire en dix ans de mariage. C’est alors que la femme scrupuleuse et soumise va prendre conscience du tragique de sa situation. Elle se libère peu à peu de ses obligations de garde-malade pour laisser place à la colère, jeter par-dessus bord tous les tabous et les scrupules, ce qui va tour à tour la libérer et la culpabiliser, la rendre lucide sur la nature de l’homme jusqu’à l’aimer comme elle ne l’avait jamais fait, le sublimer en « pierre de patience » et le remercier de pouvoir enfin se réaliser, elle qui se croyait « démone ». Si la fin est tragique, elle reste l’éloge de l’expression, un véritable chant d’amour. Mais la capacité d’aimer n’est pas exclusivement réservée à la femme, son vieux beau-père comme un jeune soldat le confirmeront.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

LE  PRIX    GONCOURT  DES  LYCENS   
   
                                     «   UN BRILLANT AVENIR   »   par     CATHERINE CUSSET

 

Editions : GALLIMARD

Parution : Septembre 2008

Prix : 21 €

369 pages

 

 

 

 

C’est une saga émouvante qui a reçu le Prix Goncourt des Lycéens. Dans un contexte tout à fait contemporain, de la Roumanie de Ceausescu aux USA en passant par Israël et Paris,  Elena a eu des parents qui ont tout fait pour qu’elle ait « un brillant avenir »,  comme elle-même fait tout pour celui de son fils et comme  sa belle-fille le fera  pour leur  petite Camille.  Mais chacun a sa propre destinée, sa façon d’aimer, une mère patrie secrète  et des rêves différents. Le souci  parental qui veut garantir à l’enfant liberté, amour  et réussite de même que l’amour conjugal peuvent être sources  d’aveuglement, d’incompréhension et de malentendus. Seul importe le combat personnel et incessant, contre une politique totalitaire  et raciste,  contre des préjugés infondés ou de fausses intuitions, contre la maladie fatale, la solitude et la tristesse qui en résultent. Tel est le moteur de cette histoire, histoire de tout un chacun, où la prise de conscience des petites  joies quotidiennes  efface  la peur, jusqu’à ressentir une protection venue d’en- haut et retrouver sa dignité.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

                   « LE ROI DE KAHEL »                        par            TIERNO  MONENEMBO

 

 

PRIX  RENAUDOT  2008

 

Editions :SEUIL

Parution : Mai 2008

262 pages

Prix : 19 €



Dans son livre, Prix Renaudot 2008, Tierno Monénembo nous brosse un portrait attachant d’Aimé Victor Olivier,  illustre inconnu qui part dans les années 188O  au cœur  de l’Afrique noire.  Dès sa tendre enfance dans un milieu lyonnais où la colonisation est le sujet à la mode, cet  homme veut non seulement devenir explorateur mais souverain du Fouta-Djalon. Avec plein d’ambitions il s’embarque  et s’il reçoit des Portugais,  grâce à son courage,  le titre de vicomte de Sonderval, seuls les honneurs rendus par les Peuls lui importent. Homme de parole, qui n’a peur de rien, plein de ténacité  et de ruse, il s’enfonce dans le labyrinthe de l’Afrique qu’il aime éperdument.  Il n’en oublie pas pour autant le but de son voyage : apporter les bienfaits de la Civilisation et plus précisément une voie de chemin de fer qui traverserait le Fouta-Djalon tout en l’enrichissant. Mais, par ses multiples  initiatives et conquêtes personnelles, toujours au péril de sa vie, cet homme dérange le Ministère des Affaires Etrangères de France autant que les Anglais qui briguent cette terre. Les Noirs vont finir par se méfier de lui, il devient Nègre  pour les Français, Blanc pour les Noirs, meurt dans l’anonymat total mais reste pour nous un vaillant et sympathique  pionnier de l’Afrique.

Brigitte Clavel.

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Claudel                                   «  Le monde sans les enfants »et autres histoires

 

 

Editions : Le  Livre de Poche

Parution : Septembre 2008

154 pages

Prix : 5,50 €

 

 

 

Philippe Claudel n’a pas fini de nous étonner : après la gravité de son livre«Le rapport de Brodeck », il nous offre un recueil de vingt petites histoires écrites dans un registre de langage à la fois poétique et enfantin, s’adressant autant au monde des adultes qu’à celui des enfants. Il n’y oublie personne, ni l’enfant isolé dans sa bulle aseptisée d’hôpital, ni celui qui se trouve moche, ni les enfants qui se cachent pour qu’enfin les parents leur fassent la fête à leur retour, ni la famille installée à plein temps devant la télévision et qui s’étonne de grossir, ni l’enfant mal aimé qui se plonge dans la lecture où il trouve enfin le bonheur …Un moment de grand plaisir à partager entre les différentes générations, où chacun rira,  mais avec des larmes d’émotion..

Brigitte Clavel.

 

                                                                            « NO  ET MOI »             par     DELPHINE de VIGAN

Editions : JC Lattès                                                                

Parution : juillet 2008

287 pages

Prix : 14 €

 

 

 

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Lycéenne surdouée mais  la plus petite et la plus  timide  de sa classe, dotée d’un  esprit ouvert et d’amour à toute épreuve, Lou Bertignac aime partager les émotions des autres, les observer dans la cour de l’école, dans la rue ou la gare d’Austerlitz . Elle est un jour abordée par une jeune SDF, guère plus âgée qu’elle, pour une cigarette qu’elle ne pourra lui offrir. Mais Lou va se lier d’amitié avec elle et  ne la quittera plus,  quelles que soient les circonstances. C’est d’abord un long monologue révolté  par tant de misère et d’indifférence de la société qui va laisser place petit à petit à une prise de  conscience de la nature humaine,  de la bonne volonté des uns et du fatalisme des autres. Le lecteur assiste à une tentative de sauvetage, ressent, comme l’héroïne, un  sentiment d’impuissance devant le cours de l’existence  et constate que seul l’amour aide  le noyé autant que le sauveteur…

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

                                     « L’UN VERS L’AUTRE »                 par    François CHENG

 

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2008

Prix : 14,50 €

173 pages

 

 

 

 

 

Plus qu’un hommage rendu  à Victor Segalen, poète  breton du XIXème siècle qui trouva son inspiration dans l’immensité de la Chine,  François Cheng nous présente un voyage avec celui-ci, l’histoire d’une amitié intellectuelle que seul un siècle sépare et que tout rapproche, un autre lui-même : 

Un poète  pour lequel le monde est un ensemble de correspondances baudelairiennes.

Un scientifique pour lequel l’ontogénèse récapitule la phylogénèse.

Un amoureux qui ne craint pas de  se fondre avec l’Etre aimé, la Montagne ou le Fleuve,  jusqu’à se perdre.

Un animiste croyant  au Souffle qui  dynamise la terre en permanence.

Un créateur pour qui l’art est un espace en devenir et non un mangeur de temps.

Un voyageur inlassable qui avance en croyant piétiner, sensible à tant d’aménité.

Un homme partagé qui voit enfin son Yin et son Yang réunis.

Un angoissé du Vide originel qui ressent un accord entre le Ciel et la Terre, entre l’Univers et lui-même.

Un spontané qui nourrit son Imaginaire de l’instantané.

Un conquérant qui prend à bras- le- corps la réalité pour élucider son mystère.

Un illuminé pour qui l’extase est le but final, car tout est mouvance, tout est vie.

Un respectueux de la hiérarchie qui voit en l’Empereur un fils du Ciel

Un visionnaire persuadé que tout homme est appelé à être empereur et à trouver le repos dans un tombeau tout à fait habitable

Un aventurier qui trouve des trésors et les recouvre de poussière par respect ou les emporte comme un voleur.

C’est ainsi que Cheng  se retrouve en Segalen. A  la sensibilité de celui-ci, il ajoute simplement la gratitude d’avoir su aimer son propre pays.

Brigitte Clavel

 

 

 

 




 « JE NE VOIS AUCUNE DIFFERENCE DE PRINCIPE ENTRE UN POEME ET UNE POIGNEE DE MAIN »








 Si la poésie connaît peu d’adeptes, peut-être Denis Clavel saura-t-il sortir ses contemporains de leur torpeur .Car ce poète interpelle :

C’est un intellectuel qui fend son bois et compte ses abeilles

C’est un contemplatif qui pense avec ses mains

C’est un voyageur qui a pour bonheur d’ouvrir sa porte

C’est un pèlerin, certain que  « l’enfer serait de n’avoir jamais été  »

C’est un prolixe qui invite au silence

C’est un amoureux du silence qui invite à chanter

C’est un sage « parmi les vieux qui savent »

C’est un avide d’éternité qui trouve toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme

C’est un convaincu pour qui « la vie ne meurt pas

Ce qui meurt c’est la mort »

C’est un vitrail qui rend à Marie la lumière qu’elle lui offre 

 C’est pourquoi je vous invite à lire sa poésie éthérée  pleine de vérité.

                                                                                                 B.C.

 

 

 "LES GENS"  de Philippe Labro

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 2009

452 pages

21 € 

 

 

 

C’est un Philippe Labro plus dynamique et réaliste que jamais que nous retrouvons dans « Les Gens ».Il nous y présente la société parisienne du show-business, avec tout ce qui gravite autour, et l’Amérique profonde, où tout est possible à celui qui veut s’en sortir. A la fois étude sociologique et approche intimiste, ce livre nous met face à des personnages bien d’actualité. Le célèbre producteur d’émissions télévisées, Marcus Marcus, grisé de succès, Caroline  la coach-woman indispensable pour affronter les dîners mondains, Tea Stadler ,la bourgeoise américaine déguisée la semaine en dame de charité avant les mondanités du week-end ou de l’ambassade, le monde des chauffeurs et la belle polonaise Maria qui sillonnent les routes d’Amérique, toute une panoplie de personnages bien attachants, « Les Gens »tels qu’ils apparaissent, tels qu’ils sont vraiment, avec cette volonté permanente d’adaptation qui est leur se






ANDREÏ   MAKINE        «  LA VIE D’UN HOMME INCONNU »

 

 

Editions : Seuil

Parution : Janvier 2009

293 pages

21€

 

Andreï Makine ne cesse de nous toucher par ses romans toujours emprunts de réalisme et poésie. Ivan Choutov, écrivain russe dissident, souffre de l’atmosphère frivole de l’après guerre où Tchékhov n’est plus qu’un souvenir démodé.  Incompris lui-même, Choutov  ne comprend pas la frénésie de Léa la parisienne  pour la littérature libertine de Nabokov ni la fièvre matérialiste de Iana la russe qui réaménage un immeuble de St Petersbourg  sans se soucier du vieillard sourd-muet qui y loge. Choutov, lui, saura délier la langue de celui-ci. C’est alors que « la vie d’un inconnu » commence : dans les horreurs du blocus de Léningrad  par les nazis, le jeune Volski se met à jouer du théâtre et à chanter pour soulager les assiégés ou encourager les soldats au combat avant d’être lui même enrôlé à la guerre et de ramasser les corps tombés. Puis au milieu de l’enfer des purges staliniennes, des fausses dénonciations et des camps de concentration, Volski saura toujours faire preuve d’amour et découvrira  la joie des bonheurs simples. « Ne rien expliquer, juste montrer cette autre vie », tel est le but de Makine qui souffre comme Choukov de voir les jeunes «  bien nourris, instruits, décomplexés », mais auxquels manque l’essentiel, à savoir la poésie de la vie.

Brigitte Clavel  

 

 

 

ELIETTE ABECASSIS         « MERE ET FILLE, UN ROMAN »

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Juin 2008

169 pages

15,90 €

    

Etre un fan du monde de la mode n’est pas nécessaire pour apprécier ce livre inspiré par la célèbre maison de couture Kyriel.

Le titre  pourrait aisément être rebaptisé « mère et fille, même combat », car si le lecteur assiste à un amour fusionnel entre une mère juive Sonia, chef d’entreprise, et sa fille Nathalie qui lui succède, il est aussi témoin de leur antagonisme.

Sonia a voué toute sa vie au travail mais aussi au succès et à la séduction. Elle est reine au pays de l’apparence et tyran de Nathalie qu’elle adore, craint et jalouse à la fois.

Nathalie, tout en ménageant sa mère, se bat pour obtenir le poste de président de l’entreprise que celle-ci a du mal à lui transmettre. C’est avec un style passionné qu’Eliette Abécassis nous livre cette rivalité entre femmes d’aujourd’hui pour lesquelles la paix intérieure ne passe plus par l’abnégation mais par le combat.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

« L’INAPERCU »   par   SYLVIE GERMAIN

 

 

 

Une fois encore l’auteur parvient à réconcilier , à travers un dédale de souffrances intérieures , des attitudes d’apparence fantasque avec un cheminement intérieur qui va remonter jusqu’aux sources des enfances malheureuses ,des passions inassouvies ,  des accidents de désespérés , des révoltes contre la tyrannie des conventions d’un patriarche au sens du devoir qui va de plus en plus  s’épanouir avec sa bonne conscience tandis que l’amour, le renoncement , la poésie et la paix intérieure vont apporter la sérénité .Etude psychologique intéressante où tout a une explication et une raison d’être .Le mari excédé pour une peccadille ,  l’enfant mutilé , la belle-fille veuve détestée , la mère de famille jamais aimée si ce n’est par l’intrus  hors norme sur lequel on a plaisir à cracher ,la fusion  avec la nature  de même que la recherche de sensations fortes  forment à eux seuls  « une fenêtre sur le monde ,sur l’inexploré du monde », sur  « l’inaperçu qu’un homme s’est appliqué à rendre discernable . »

Brigitte  Clavel

 

Editions ALBIN MICHEL

 Parution : Août 2008 

19 euros

294 pages

 

 

 

« MORT ET VIE D’EDITH STEIN » par  YANN MOIX


S'il fallait définir Edith Stein selon Yann Moix, ce serait : celle qui n'a de cesse que d'actualiser la pensée et la volonté de Dieu.
Que ce soit la petite fille obéissante d'une "vraie mère juive" ou l'élève admiratrice d'Husserl ou  la Carmélite comblée ou la matricule 44074 pleine d'espérance à transmettre, Edith Stein a deux passions : la Vérité et l'Autre . Ne pas rester enfermée dans un carcan d'idées toutes faites mais répandre un amour toujours renouvelé, tel est son objectif. Alors la carte du monde ne va pas suffire à cette amoureuse de l'infini, c'est la carte du temps qui lui importe et qui fera d'elle la sainte patronne de " la Science de la Croix" à laquelle elle convie à jamais  l'humanité.

Brigitte Clavel

 

Editions Grasset

Parution :Janvier 2008

180 pages

 Prix :14,90€

 

 

 

 

« TANT ET SI PEU »    par   ROBERT de GOULAINE

 

Editions :Rocher

Parution : Septembre 2008

16€

142pages



 

 

 

 Quête de l’amour absolu, tel aurait pu être le titre  de « Tant et si peu » de Robert de Goulaine car c’est l’amour sous toutes ses formes que nous présente l’auteur, à la fois  rêveur et philosophe.

 Attirée autant par l’art que par la tendresse, par le riche esthète sans cœur comme par le barman Newyorkais ou la légendaire Madame Solario dont elle est le sosie, Adriana est une jeune étudiante idéaliste.  Rêve ou cauchemar, réalité ou fiction, hasard ou poursuite  du sort, tout deviendra plus clair dans la grotte  de Giuliano, tailleur de pierres et de rosiers, le seul qui lui paraît posséder le calme intérieur mais qui ne lui offre que méditation et solitude.

Ainsi  la vielle Rosa au seuil de sa mort, qui s’était revue jeune dans Adriana, achève sa vie : le bonheur parfait n’est qu’un leurre, la richesse, l’amour charnel, la chaleur du cœur dissimulent un vide sans fond, recouvrent une imperfection naturelle, seules les épreuves  relient entre eux les hommes,  la vie est toujours plus rêvée que vécue, et c’est alors qu’arrive la paix tant désirée.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

« BEST LOVE ROSIE » de NUALA O’FAOLAIN 

 

 Editeur : Sabine Wespieser , Publication : Août 2008

                              529 pages ,   prix : 26€

 

 

Tous les thèmes chers  à Nuala O’ Faolain,  sont regroupés dans son dernier livre  que son amie et éditrice Sabine Wespieser  s’est empressée d’éditer après  la mort de celle-ci  en Mai 2008.

Rosie est une  quinquagénaire  aussi généreuse que dynamique. Rédactrice expérimentée qui a beaucoup voyagé, elle  rentre en Irlande,  pour s’occuper de sa vieille tante. Mais bien vite elle ressent un sentiment  d’impuissance face au temps qui passe et d’inutilité face à  la détresse de ceux qui l’entourent ; elle décide alors  de rédiger un petit manuel de leçons de bonheur aux gens de son âge.

C’est avec une âme d’adolescente révoltée qu’elle  prend conscience de la fugacité de l’amour, de  la rigueur insupportable de la religion,  du corps qui vieillit   et du temps qui passe. Son manuel commence alors avec des conseils très épicuriens afin que l’esprit, lui, ne vieillisse pas .Mais l’angoisse demeure,, jusqu’à ce que Rosie prenne  racine dans son pays natal où elle finit par découvrir la beauté de la nature qui s’offre à elle,  l’amour de ceux qui l’entourent et les secrets de ceux qui l’ont précédée..Son manuel se termine alors sur une note d’espérance, ultime héritage de Nuala O’Faolain.

Brigitte Clavel        

 

 

 

 

 

 

« LE BONHEUR DES PETITS POISSONS » de SIMON LEYS

 

 

 

 

 

 

 

 

                              Editeur : J.C.Lattès

                              Publication : janvier 2008

                               210  Pages

                               Prix :17,50 €

 

   

 

 

 

 

      "Le bonheur des petits poissons" : pourquoi un titre aussi humoristique alors que le livre du célèbre sinologue Simon LEYS se veut philosophique ?
"Lettre des Antipodes " pourquoi un sous-titre aussi polyvalent alors que dès le début l'auteur nous présente le précepte qui sera le fil conducteur de son ouvrage :"la vérité n'est pas le résultat de la réflexion : elle en est la précondition et le point de départ".
En effet , c'est depuis le haut du pont que l'on voit les poissons heureux, c'est du haut de la vérité que l'on perçoit la nature de l'existence .
Dans un  premier temps , Simon  Leys s'oppose aux idées toutes faites, aux préjugés de classes qu'il qualifie de "valeurs illégitimes" ,au snobisme de la mode qu'il nomme "atrophie du goût", à l'hyperactivité qui nuit à la réflexion et à la créativité, à " la mémoire  primaire" qui ne sait pas tenir compte des valeurs du subconscient ni s'enrichir de sentiments et d'imagination
C'est alors qu'il nous invite à découvrir le souffle puissant de la création, grâce à la richesse de l'altérité ,de  la beauté morale, de la sensibilité, de l'amour et de l'angoisse du temps qui passe qui ns fait découvrir que" notre vraie Patrie est l'Eternité"
Imagine-t-on un poisson qui s'étonne de la mouillure de l'eau? imagine-t-on alors un homme qui s'étonne de sa condition humaine? non, si le temps fut créatif,  car selon Leys  : "l'Eternité est amoureuse des oeuvres du temps".

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

<< LA PORTE DES ENFERS >> de LAURENT GAUDE

 

 

 

 

 

 

 

Editeur : ACTES SUD 

Publication : Aout 2008

  267pages

   prix :19,50€

 

Au fin fond de Naples où règnent le vice et le crime,  Mattéo sent en lui,  après la mort de son fils Filippo, impuissance et résignation. Le hasard lui fait rencontrer un travesti sympathique chez un aubergiste généreux où coulent à grands flots vins et cafés corsés,  autour desquels se retrouvent en marge de l’Eglise un vieux curé au service

Si Mattéo y parvient,  c’est au prix d’une atroce descente aux Enfers  et de sa propre vie.  des damnés,  et un soi-disant professeur, maniaque des rites antiques en possession de la carte du royaume des Morts où ils entraînent Mattéo afin qu’il y récupère son fils .

Et si  Filippo revit, c’est avec une soif inassouvie  de cruelle vengeance .

Peut-on échapper alors à «  la spirale du néant » ?

 Laurent Gaudé semble avoir la solution : sortir les morts de l’oubli,   sauver de l’enfer tous les parias de la société, les ombres de la nuit et les enterrés vivants, et pour ce faire

«   invoquer,  espérer , chérir .. » .Ce livre est donc  un appel au secours des morts comme des vivants ,car il n’y a point de différence, selon l’auteur, entre morts et vivants, entre les bas quartiers de Naples et l’enfer.

Brigitte Clavel .

  

 

 

 

 

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 18:08

 

 

 

 

Editions : ALBIN MICHEL

Parution : Août 2008

170 pages

Prix : 15,9

 

 

Amateurs de beaux romans : vous abstenir ! Dans son dernier livre « Le fait du prince », Amélie Nothomb  ne fait preuve ni d’imagination ni de vraisemblance. L’antihéros Baptiste Bordave ouvre sa porte à un inconnu qui meurt subitement chez lui. Il prend alors  son identité, sa voiture, sa maison, sa femme et même toute  sa fortune en empruntant un tunnel miraculeusement  creusé entre la maison et la banque. Aucun suspens, nulle réflexion, point de dénouement ni même de comique, on assiste à une série de petits déjeuners pantagrueliques et de parties de champagne  sous prétexte qu’ « il faut se laisser libre  », l’expérience commune se révélant trop esclave d’obligations .Peu importe d’être endetté et poursuivi ! ! Il faut  avant tout  agir en «  prince » et non dans «  la triste tranquillité… des gens sans histoire ».Il semble qu’Amélie Nothomb ait voulu à tout prix conquérir le blanc de «  la page vierge » comme le narrateur  le dit lui-même à la toute dernière ligne du livre. .

Brigitte Clavel.

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 18:01
 « LES DEFERLANTES »     de      CLAUDIE GALLAY

 

Editions  du ROUERGUE

Collection :La brune

Parution : Mars 2008

21,50 €

525 pages

 

 

 

 

 

L’amoureux de la province profonde, le  passionné de la mer, le  philanthrope soucieux de comprendre la solitude des cœurs, le visionnaire qui perçoit la fusion de l’homme et la nature,  tous  apprécieront ce livre au  rythme très lent.  Dans ce petit  port  du Cotentin , les habitants commencent à s’ exaspérer  du vide  ressenti, de  l’absence de l’amour , de la jalousie et de  la haine étalées, des corps déformés par la vieillesse et des esprits corrodés par des temps trop durs.. Comme les vagues qui déferlent, tout bouge dans ce village  au calme apparent ,quand  la narratrice s’y installe sans connaître la durée de son séjour comme les  troupeaux d’ânes  et les hordes d’oiseaux migrateurs ; elle, qui souffre de l’absence de son mari , s’attache à chacun des habitants , devine  leur drame intime,  remarque des volets qui s’ouvrent, un médaillon qui disparaît, admire les oeuvres torturées de l’un ,écoute Prévert chanté par l’autre .C’est alors qu’elle veut élucider des situations insoutenables telles que la tristesse d’un homme revenu sur les lieux d’un naufrage, les revendications des objets rendus par la mer, les amours  inavoués ou éconduits, la folie d’ une vieille à cause d’un secret trop lourd , l’identité du jeune orphelin reparti subitement  et de l’auteur des lettres adressées d’un monastère , les rêves des uns et l’ennui jaloux des autres. Pour ce faire, elle  va délier des langues,  comparer des photos, ouvrir bien des cœurs et ainsi combler de paix  le grand vide de son âme …

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 17:47

«  UN CHASSEUR DE LIONS  »                  d’             OLIVIER ROLIN

 

 

 

 

Editions du SEUIL

Publication : Août 2008

235 pages

17,50 €

 

 

C’est à partir d’une peinture d’Edouard Manet, « Le Chasseur de lions », du Musée d’Art de Sao Paulo que le roman commence. Le chasseur en question,  soit disant un ami du peintre, est  Eugène  Pertuiset,  au physique aussi gras que  disgracieux, aux ambitions aussi grandes que viles .Ce qui lui importe c’est l’opulence. Peu lui importe si on le traite de déserteur et de grossier personnage. Même le peintre d’ « Olympia » est  qualifié de vulgaire !Plein d’aplomb pour devenir  trafiquant  d’explosifs ou  chercheur d’or, voire même hypnotiseur  et orateur volubile, Pertuiset  reste avant tout  maladroit et  grotesque. Si Manet lui attache  tant d’importance c’est sans doute pour  son aspect  rustre et vantard qui  inspire le  peintre conformiste et spirituel. Malheureusement le narrateur  ne nous apprend rien de plus sur cette amitié  et s’il est  aussi friand  en détails sur cette année 1890 à Paris ou en Terre de Feu c’est pour nous montrer comme l’esprit  du parisien mesquin et celui du conquérant insatiable se rejoignent. En effet l’arrière- plan abonde en  personnalités militaires et artistiques, où la quête est toujours la même, celle du temps qui passe : les uns le matérialise dans l’art, les autres dans les expéditions lointaines mais tous se retrouvent dans l’alcool, les froufrous et les rires.

Brigitte Clavel

 

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 17:43

      

Editions  :Julliard

Parution :Août 2008

413 pages

20 €

Cette fresque de personnages de l’Algérie  française d’avant la deuxième guerre mondiale  jusqu’à l’Indépendance est l’histoire d’une amitié entre quatre jeunes d’origine différente mais profondément attachés à ce pays.  Tout est d’un réalisme bouleversant : le pouilleux  petit village de Jenate Jato où la loi de la jungle est sciemment ignorée des autorités, la riche ville commerçante d’Oran   où la  probité et la liberté d’expression sont anéanties  par des colons reconvertis en miliciens, les festivités de Rio Salado où la jeunesse s’écoule entre jeux et humiliations.

Seule la voix du narrateur, le petit  Younes, rebaptisé Jonas, reste  lucide au milieu du feu des passions  et  donne espoir : comme le Jonas de la Bible, enfermé  dans le noir, il perçoit que le ressentiment peut naître de l’amour pour une même femme comme pour une même terre.                                                                                                                                                           Brigitte   Clavel   

 

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