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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 14:36

 

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : 2 septembre 2010

321 pages

 

 

Ce récit chronologique d’une institutrice des années 50 est plein de nobles sentiments et conseillé à toute personne qui  a consacré sa vie à l’enseignement ou est désireuse d’enseigner. La narratrice, Ornella, se bat pour accéder à l’Ecole Normale et commence  sa carrière dans une école d’un tout petit village perdu sur les hauts-plateaux du Lot. La guerre n’est pas très loin et la France s’en remet lentement. Le sud-ouest profondément agricole est plus attaché aux valeurs ancestrales de la terre qu’à celles de la République et Ornella va tout faire pour donner le goût de l’instruction à ses élèves  et les aider à réaliser leurs rêves, même si les parents et le curé du village y sont hostiles. Rien ne rebutera cette maîtresse, ni les villageois traumatisés, ni les enfants déficients, ni l’intransigeance de l’administration. Telle est la vocation de l’enseignant : toujours donner le meilleur de lui-même et  transmettre, en même temps que «  le parfum du bonheur », une école de la vie, « une si belle école ».

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 15:12

 

 

Editions : Le livre de poche

Parution en France : Juin 2010

535 pages

7,50 €

 

 

Best-seller lors de sa parution aux Etats-Unis en 2005, cet ouvrage vient d’être édité en livre de poche. A partir du thème de la trisomie, beaucoup d’autres sujets sont abordés dans ce roman d’aspect un peu  commun au premier abord mais qui bien vite révèle toute l’empreinte sur le subconscient des vicissitudes de l’existence : un amour inavoué, la maladie, le délitement d’un couple confit dans le silence, le refuge dans la drogue… Ce livre est intéressant car il confirme combien l’enfer est pavé de bonnes intentions et peut servir de référence aux associations qui se battent contre l’avortement. L’histoire de Phoebe, la petite trisomique, montre le bonheur qu’elle procure à ceux qui l’ont aimée et le désespoir qu’elle a provoqué à ceux qui l’ont ignorée.

Brigitte Clavel

 

 

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 14:33

 

Editions de Fallois

Parution : Mai 2010

115 pages

18 €

 

Dans son âge avancé Jacqueline de Romilly éprouve le besoin de revenir à une époque riche d’enseignements. Il s’agit de l’époque de Périclès (Vème siècle avant J-C) où déjà les dieux n’ont plus de tête d’animaux et les héros ne sont plus des surhommes, mais où un sentiment d’espoir  en l’homme commence à poindre. Notre helléniste fait l’éloge de la rhétorique et de la probité intellectuelle de l’historien Thucydide. Celui-ci a pour souci non seulement l’objectivité  de ses récits mais la compréhension des évènements afin qu’ils servent d’expérience « pour toujours ».  Il prend compte de  l’ambivalence de l’homme et annonce que la violence reviendra  « tant que la nature humaine restera la même ». Il proclame l’idéal de la démocratie avec un profond respect de la vie et de la liberté. L’auteur vante aussi les qualités d’orateur de Périclès  lors d’oraisons funèbres militaires où il met en garde de la tyrannie des guerres tout en encourageant les soldats athéniens. Les tragédies elles-mêmes ne cachent pas la présence des dieux derrière des destins inévitables,  et les passions irraisonnées comme  les égarements de la folie  ne portent pas atteinte à la grandeur des personnages. Rien de « l’éternel humain » n’échappe à Jacqueline de Romilly qui, par ce petit livre, rappelle la fragilité des hommes  et dit son regret de ne pas les voir suffisamment faire référence au  siècle de Périclès.  

Brigitte Clavel

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 05:07

 

Editions : Plon                                

Parution : Juin 2010

20 €

296 pages

 

 Yann Queffélec sait associer littérature et évènements d’actualité. Il nous emmène au Jubaland, au sud de la Somalie, dans le   petit village d’Elyat détruit  par la Vague de  2004. Il n’y reste pour nourriture que drogue, sexe et violence et une admiration sans limite pour le nord du pays  qui pirate les cargos étrangers. Une atmosphère perverse jusqu’au sadisme parcourt le livre du début à la fin, sans miraculeusement toucher à la pureté de Zou et Dalia. Le pauvre père Yves, en fait jeune baroudeur français arrivé là par hasard,  est resté par amour pour ces jeunes  pleins de haine et de révolte. Les uns rêvent de l’Europe, d’autres de razzias, de mafia ou de milice sans pitié. Lui, devant tant de misère, est révolté contre les repus d’or et de sang, qu’ils soient occidentaux ou indigènes. Il veut apprendre à être libre, juste, «  au service de l’autre, avec la foi pour alibi », sans être donneur d’idées toutes faites. Devenu vieillard, il reste avec un cœur de jeune écorché à vif devant les inégalités du monde. Sa seule référence : la sagesse ancestrale  qui inspire les doux et seule apporte quelque  réconfort : « Le courage, petit Zou, c’est toujours de partir battu ».S’il ne parvient pas à empêcher ses lascars de piller, il laisse derrière lui une leçon d’amour, la seule qui puisse sauver…

Brigitte Clavel   

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 15:04

 Editions : Stock/Fayard

Parution : Juin 2010

389 pages

21,50 €

 

 

 

 Le pari d’Erik Orsenna, avec « L’Entreprise des Indes » est original : creuser le terreau des ambitions humaines et en  constater les conséquences. L’auteur donne  la parole au jeune frère de Christophe Colomb, Bartolémé le cartologue, qui vécut dans l’ombre de son aîné mais eut une  profonde connaissance de la nature humaine comme du globe terrestre. L’ouvrage est un hommage aux explorateurs et aux navigateurs  pour la fiabilité de leurs récits, aux  mathématiciens et cosmographes pour leur esprit de précision, aux épouses qui savent encourager et attendre. C’est avec talent et modestie qu’il évoque cette longue chaîne humaine dont tous les maillons sont utiles pour prendre connaissance de  la création, depuis «  la panique de la vérité des prêtres » jusqu’au «  poème de l’intelligence » acquis par  les recherches lumineuses  de ceux restés dans l’ombre du rivage. Mais cet hommage devient triste litanie : le petit cartologue devenu « gouverneur des Indes » découvre la cruauté  et l’imbécilité humaines et, impuissant, meurt de chagrin devant les ravages de l’inquisition et des conquistadors que le fanatisme et la richesse transforment en «  animaux frénétiques ». Dommage que, dans ce livre tout en nuances,  ne se trouve nulle trace des missions évangéliques et civilisatrices pour lesquelles eurent lieu tant d’expéditions…

Brigitte  Clavel  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 18:05

 

Editions : X O

Parution : Avril 2010

378 pages

19,90 €

 

 

Où veut en venir Guillaume Musso avec son dernier roman ? A priori offrir, comme il en a l’habitude, un pur  moment de distraction, même si le début comporte quelques  longueurs et inepties. En tout cas, toujours pas de prétention littéraire. Seule l’humour de l’auteur rend  comique une  situation qui pourrait tourner à la tragédie, si la vivacité de Milo et Carole  et l’abattement de Tom ne faisaient pas  fusionner rêve et réalité en donnant vie à « la fille de papier ». Ainsi le monde de l’imagination fait plus que distraire, il montre sa capacité de transformer l’existence, jusqu’à apporter une raison d’être. C’est sans doute ce qui fait le succès de cet auteur aussi facile d’accès dans son écriture que fantaisiste dans la pensée.

Brigitte Clavel  

 

 

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 22:26

Editions : FLAMMARION

Parution : Juin 2009

438 pages

19,90 €

 

 

La haine engendre la haine, l’amour enfante l’amour : tel est le sentiment que suscite en nous ce livre réaliste avec, en arrière-fond, le terrorisme et ses horreurs, la pensée unique et ses dangers, l’esprit de vengeance ou la pusillanimité. Daniel devient fou à la mort de son fils déchiqueté lors d’un attentat. Il laisse alors tout derrière lui, une vie familiale heureuse, une carrière pleine de promesses, pour punir l’auteur de ces crimes d’innocents. Qui pourra aider cet homme révolté à atteindre son but ? Ni les politiciens, ni la justice, car la diplomatie d’état craint le pire. Seuls  ceux qui l’aiment et le connaissent, seuls ceux qui ont le sens de la vérité et de la dignité humaine  y parviendront, mais non sans mal et imagination …

Brigitte Clavel      

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 17:54

 

 

Editions : Quai Voltaire

Parution : Juin 2010

376 pages

23€

 

 

Tracy Chevalier est fidèle à elle-même. A partir d’un fait historique elle sait broder un roman. Les tapisseries hollandaises, les amours d’une célébrité, les superstitions religieuses, tout l’inspire, si bien que ses livres ne se sont pas  simple divertissement mais vraie fresque du passé. En plein XIXème siècle, trois sœurs londoniennes s’exilent dans un village de bord de mer du Dorset. L’une d’elles, Elizabeth Philpot, se découvre une vocation de minéralogiste à force de parcourir les plages alentour où elle collectionne des fossiles avec une toute jeune fille du village Mary Annig dont c’est le  gagne-pain. Ni le conventionnel ni le traditionalisme n’arrêtent notre héroïne, scientifique en puissance. Elle se bat pour la reconnaissance du travail des « chasseurs de fossiles  » sans lequel les collectionneurs et les chercheurs  universitaires ne pourraient avancer leur thèse. Rapidement elle comprend l’importance des découvertes d’espèces disparues, preuve de  l’évolution de la création sans remettre en cause la religion. Ce livre, intéressant pour tous ceux chez qui  le darwinisme sème le doute, est un hommage rendu à ces deux femmes qui ont véritablement existé.

Brigitte Clavel        

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 09:22

 

 

Editions : Grasset

Parution : Mars 2010

297 pages

17,90€

 

 

 

 

Il avait plusieurs noms  ce jeune Asiatique qui venait passer les dimanches chez le grand-père de Lucas : à l’orphelinat il répondait au nom de Louis Noël, pour Lucas il était «  Bouk le jaune » ou mieux « le dernier roi d’Angkor », au Cambodge il s’appelait Attitya, ce qui signifie « victorieux ». Ce beau roman se résume à la recherche de Bouk, soit disant reparti dans son pays, et avance sous la devise « ce que tu trouves t’apprend ce que tu cherches ». Ainsi Lucas va de l’avant, oublie une épouse qui l’éconduit et se jure de retrouver celui qui fut longtemps le mystérieux  protégé de la famille, d’abord dans le moindre recoin de Paris puis en Asie. C’est dans un décor exotique, pas toujours aussi idyllique qu’il l’imaginait mais grandiose, que Lucas s’enfonce pour mieux comprendre la passion de ses ancêtres pour cette terre d’Indochine et plus aimer encore ce «  presque frère » de l’enfance.

Brigitte Clavel

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 14:10

Editions : CERF

Parution : Juin 2010

168 pages

14 €

 

 

 Antoine Suau  peut exaspérer par son envolée  mystique, sa révolte injurieuse contre le monde d’ici-bas imbus de gloire et de mensonge, et son salut dans une sorte de désincarnation qui semble éloigner de son prochain. Mais celui-ci rassure  vite en invitant à «  rentrer dans la réalité supérieure », c'est-à-dire dans le monde de l’invisible,  à laisser tomber le chemin de la facilité qui mène au néant et à « suivre l’impossible » qui seul  mène à la joie. Combat contre la mort de l’âme, contre une civilisation trompeuse, tel est l’objectif d’Antoine Suau qui a, comme  unique recette du bonheur, l’amour du Christ : « Tournez vous vers Jésus, et vous vivrez ». Malheureusement la nature première de ce mystique passionné n’est pas à la portée de tous : son appel au silence et au vide, et même à l’inaction, de même que sa perception de l’homme comme «  un dieu et une bête », semblent nous éloigner des vicissitudes quotidiennes qui font la beauté de la vie … Antoine Suau oublierait-il la grâce que peut être la contemplation de la création?

Brigitte Clavel

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