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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 17:31
« La route sombre » par Ma Jian

« La route sombre » par Ma Jian

 

 

 

Editions : Poche 

530 pages

8,40 €

(Flammarion: 2015)

 

 

Ce livre plus noir que sombre ferait douter de sa véracité si l’auteur lui-même n’affirmait pas que « le rôle de l’écrivain consiste à sonder les ténèbres et par dessus tout à dire la vérité. » Il n’est autre que l’histoire d’amour de Kongzi et Meili devenu un cauchemar à cause du despotisme impitoyable  du gouvernement chinois lors de sa politique de l’enfant unique. A une époque où on ne cesse de parler de surpopulation et où la Chine est nommée au Conseil des droits de l'homme à l'ONU, sa lecture est incontournable. Le style est direct: si la terre appartient à l’Etat, le ventre de la femme appartient au gouvernement. Alors les agents du Planning familial grouillent de partout, avortent et posent des stérilets de force, tandis que les rivières surabondent de fœtus et de cadavres de suicidées. Voulant échapper à ce  triste sort qui ne cessera de les rattraper, Kongzi et Meili s’embarquent sur le Yangtze pour s’installer  dans une région marécageuse et polluée,  symbole de leur enlisement dans le malheur, avant d’atteindre la Cité Céleste qui n’est autre qu’un dépotoir de rebus électroniques. Combien de temps faudra-t-il à Meili  pour donner un sens à son existence, pour réaliser que sa survie ne dépend que d’elle seule, pour comprendre que la transmission de la vie apporte plus de bonheur que le succès d’une chanteuse étoile  ou d’une femme d’affaires ? Ni Kongzi le mari confucéen maladroit, ni Tang le bienfaiteur, ni Nannan qui souffre de ne pas être le garçon désiré, ne parviendront  à l’écarter de sa vocation d’amour…   Interdit en Chine et  exilé à Londres  pour révéler en toute liberté ce qui se passe dans son pays, Ma Jian est « l’une des voix les plus importantes et les plus courageuses de la littérature chinoise contemporaine » selon Gao Xingjian qui reçut le Prix Nobel de la littérature de l’année 20OO.

B. Clavel Delsol

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 09:50
« Le hussard sur le toit » par Jean Giono

« Le hussard sur le toit » par Jean Giono

 

 

Folio

498 pages

1ère publication : 1951

 

 Ce roman  de Giono  qui se passe en Provence au temps d’une épidémie de choléra est de notoriété publique. Mais combien savent que les descriptions réalistes, débordantes d’images nauséabondes  ou de personnages dévorés par la peur,  ne sont là que pour révéler la valeur des êtres ? Angelo, jeune colonel de hussards piémontais est parti de Marseille pour rejoindre un carbonaro comme lui qui habite Manosque. On le voit   traverser une  Provence écrasée par la  chaleur et la mort, rencontrer toutes sortes de gens, des crapuleux voleurs, des malheureux agonisants, des gardes de la paix éreintés... Mais c’est Angelo qui transcende le livre.  Son attitude pleine de compassion, sa célérité à porter secours, son sens de l’honneur, son autodérision, incarnent la nature humaine dans tout son dépassement. Angelo n’est pas un homme d’exception mais un homme libre comme Giono lui-même.  Son innocence initiale se transforme au fur et à mesure des épreuves rencontrées en une lucidité sur lui-même et sur le monde qui lui donne une force d’âme supérieure à tous les maux terrestres.  Se réfugiant sur les toits de Manosque pour échapper au mal « bien plus petit qu’une mouche », il observe les manèges funèbres à ses pieds tout en prenant conscience que les hasards de la vie ne sont pas vains. Angelo anarchiste ou aristocratique ? Tout simplement un homme qui mérite son céleste prénom !  Brigitte  Clavel Delsol

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 14:22
« Ceux du fleuve » par Marie-Laure de Cazotte

« Ceux du fleuve » par Marie-Laure de Cazotte

                                                                                                                                      

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2020

250 pages

18,90 €

 

Des paysages magnifiques de bocages et forêts inspirent à M-L de Cazotte une poésie toute personnelle en même temps qu’un langage de terroir bouleversant. On est en 1793, aux tout premiers mois de la guerre de Vendée où la pauvreté des paysans est à son paroxysme, les Républicains brandissent le spectre national pour rappeler la soumission à la Convention. Le thème n’est pas nouveau mais le style de Marie-Laure de  Cazotte immergé dans ce patois de l’Ouest assure le passage entre la fiction et l’Histoire, jusqu’à surpasser les descriptions de Victor Hugo. Le bon sens paysan transcende tout le livre. Il n’ignore pas les plaisirs de la vie, la nécessité  des messes ni le comique de  situation pour tenter d’échapper au  tragique de  l’Histoire. Ce n’est pas seulement un désir de liberté qui l’anime  mais un instinct de survie  avec tout ce qu’il comporte de courage, de ruses et d’imagination face à l’injustice de la  Conscription et aux ordres assassins des Républicains. Les personnages restent inoubliables, que ce soit le petit Henri guidé par la voix de son père défunt, le père Philippe qui donne sa vie pour ses ouailles, Lenglan aussi rustre que tendre, le sieur Amédée Ramurien dénudé  de sa mitre  mais pas de sa générosité. Le  récit s’adoucit avec le retour du printemps,  de Pâques et des amours, mais l’écho « rembarre » ne cesse de résonner au-dessus de la Loire… Une belle façon d’honorer François de Charrette fusillé le 29 Mars 1796 !

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 15:43
"Marie Laurencin, la féerie" par Isaure de Saint Pierre

« Marie Laurencin, la féerie » par Isaure de Saint Pierre 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2019

241 pages

20 €

 

Isaure de Saint Pierre fait revivre à merveille les quartiers de Montmartre et Montparnasse des Années folles. Elle ne s’attarde pas sur les maux et les sentiments de Marie Laurencin, fille naturelle d’une couturière qui sait pertinemment ce qu’elle veut : peindre et aimer à sa façon. La biographe a compris combien seul le maelström parisien parvient à inspirer la jeune maîtresse de Guillaume Apollinaire avant qu'elle devienne la baronne von Wätjen. Comme le pinceau de celle-ci, la plume d’Isaure de Saint Pierre est leste, virevolte, fidèle à son style simple mais riche de connaissances, « une grâce toute française ». Personne n’influence Marie Laurencin, elle résiste aux couleurs du fauvisme, fait peut-être quelques concessions au cubisme dans les visages pointus de ses portraits avant de les arrondir quand elle sera plus paisible, n’adhérera pas au dadaïsme, ne tiendra jamais compte des nouveaux courants picturaux.  Elle se limitera à ses jeunes filles en fleurs aux couleurs toutes en douceur et à de rares  corps androgynes maladroits dans leurs mouvements.  Dans  Paris occupé, le nazisme  lui importe peu,  tant qu’elle vend ses toiles. Jusqu’au jour où elle se rend à l’ambassade d’Allemagne pour faire  libérer son ami Max Jacob interné au camp de Drancy. En vain.  Alors, plus que jamais, la peinture est son  refuge, ses pinceaux le seul moyen d’oublier les horreurs du monde,  ses couleurs deviennent de plus en plus éthérées, jusqu’à s’effacer si Isaure de Saint Pierre  ne les avait pas ressuscitées.

B. Clavel Delsol

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 14:20
"L'échelle de Jacob" par Ludmila Oulitskaïa

« L’échelle de Jacob » par Ludmila Oulitskaïa

 

Editions : Folio

Parution : 2015

806 pages

12 €

 

 Un roman russe comme on les aime, où les sentiments sont mystérieusement liés à la terre qui les a engendrés, aux êtres qui les entourent, aux évènements familiaux et politiques auxquels nul ne peut échapper.   Et si les tourments sont enfouis au fond des cœurs, un jour ils resurgissent, comme ceux de Jacob dans ses lettres d’amour ou ceux d'Heinrich le renégat mourant dans les bras de sa fille Nora. Celle-ci est une jeune femme de la révolution sexuelle. Si le sexe remplace l’amour, pourquoi alors s’embarrasser d’un simple géniteur, d’un Juif indifférent à tout sauf au Centre d’informatique d’où il se fera expulser sous prétexte de ne pas servir le Parti? Certes Nora  aime son fils Yourik, mais  plus encore sa vie de bohème avec Tenguiez , le Géorgien.  Maroussia sa grand-mère n’était–elle pas la même ? Artiste dans l’âme,  n’avait-elle pas dit à son bienaimé Jakob, grand économiste libéral autant que musicien talentueux,  que jamais elle n’abandonnerait ses convictions révolutionnaires? Elle ignorait qu’en face d’elle, il y avait plus fort que l’immense culture de son fiancé : la politique du Parti qui  le mit en exil de 1911 à 1936 et l’éloigna d’elle à jamais.  Le passé ne disparaît pas et  la vérité finit par éclater. Nora découvre au fond d’une malle  les lettres d’amour de Jacob, dans les archives du KGB ses ouvrages philosophiques qui lui valurent le goulag, tandis que ses amis juifs  lui font découvrir la technologie avancée des Américains que déjà Jacob avait osé annoncer. Ainsi les ressemblances apparaissent, le temps résout les mystères, dénonce  les coupables de purges  politiques, innocente les êtres aimés qui voulurent oublier leur mal-être dans la drogue, la trahison ou l’amour éternel. Inutile de chercher le personnage principal : il  n’est ni Jacob, ni Noura, ni Maroussia ni Vitia…  Ils  ont tous leur importance et leur raison d’être.  C’est l’essence humaine que dépeint Ludmila Oulitskaïa  avec tout ce qu’elle comporte  de grandeur et bassesse, de vérité et d’erreurs, et que l’on ne  commence à comprendre que lorsque la vie s’achève…

Brigitte Clavel Delsol

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 19:32
"PARTIS PRIS  Littérature, esthétique, politique" par Marc FUMAROLI

« PARTIS PRIS  Littérature, esthétique, politique » par Marc FUMAROLI

 

Editions : Robert Laffont

Parution : Décembre 2018

1037 pages

32 €

Cette anthologie de la littérature est pleine de promesses : la culture de Marc  Fumaroli  est imparable et laisse entrevoir la pérennité de la créativité depuis l’Antiquité.  Que ce soit Ovide qui sut faire la synthèse des légendes sacrées ou Pétrarque qui évoque « l’usage de soi » dans « l’ère du vide »,  le fondement  de la langue  est là  et ne cesse de croître jusqu’à faire « l’Eloge de la Folie » et annoncer les extravagances de Rabelais. De même les fables animalières  d’Esope reprises par La Fontaine courent sur de bien nombreux bas-reliefs  d’églises et de châteaux de France. Ainsi la vie rustique demeure source de la culture gréco-latine, en attendant que la politique moderne fasse peu à peu son entrée dans la littérature et dévoile  la fresque de la « vanité des vanités ». M. Fumaroli révèle alors cette misère humaine chère à Pascal, heureusement relevée par la grandeur d’âme des personnages cornéliens et raciniens. C’est cette quête de la sagesse qui mène aux fables apologues de La Fontaine qui, comme  Socrate sous le voile des mythes, dit la vérité sous forme allégorique. C’est le rire du grec Démocrite qui se  retrouve dans l’optimisme de Voltaire, comme la tristesse d’Héraclite dans le  pessimisme de  Rousseau. Mais c’est l’extrême sensibilité de Goethe qui annonce le déclin, c’est Werther qui préfère la mort à la vie, c’est le libéralisme romantique de Stendhal et l’homme à l’état naturel de Rousseau qui annoncent une désacralisation de  la littérature, le retour au sauvage, le triomphe de la barbarie.  La nature humaine  dans sa comédie est mise à nu par Balzac qui prophétise le suicide de l’Art avec son démon de peintre  Frenhofer  qui veut se substituer à Dieu, tandis que  la commedia dell’arte est le théâtre d’Avignon d’aujourd’hui … Le voyage dans le temps de Marc Fumaroli est labyrinthique, mais son chemin rejoint celui de Jacqueline de Romilly, souffrante du marasme intellectuel et du flot montant de l’ignorance littéraire au profit du savoir scientifique. Il s’achemine vers des institutions qu’il souhaite nombreuses et variées et non pas régentées par un centralisme démocratique, jaloux et idéologique. Car le malaise est  grand, le « spirituel dans l’art » invoqué par Kandinsky en 1910 n’inspire plus... Ce que recherche nos contemporains, ce n’est pas la beauté pure mais le reflet  de fantasmes que toute communauté porte en elle. Et Marc Fumaroli de conclure que  l’opéra Garnier, symbole d’un passé élitiste est le bouc émissaire à sacrifier : l’opéra Bastille est une réussite républicaine mais pas artistique !

B. Clavel Delsol

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 19:51
« D »  par Robert HARRIS

« D »  par Robert HARRIS

 

 

Editions : Plon

Parution : 2014

483 pages

22 €

 

 

Les cinéphiles qui n’ont pas vu le film « J’accuse »   seront heureux de se plonger dans cet ouvrage  que Roman Polanski lui-même a encouragé l’auteur à écrire. En effet  Robert Harris ayant déjà beaucoup écrit sur Dreyfus, c’est à Georges Picquart qu’il rend hommage, jeune colonel qui fit  éclater la malheureuse erreur judiciaire subie par Alfred Dreyfus et qui réussit à le réintégrer dans l’Armée. Tout en se mettant dans la peau de Georges Picquart , Robert Harris reprend dans ses moindres détails  la longue  et patiente enquête de celui-ci  dont  la probité scrupuleuse révéla , à ses risques et périls,   la collaboration avec un espion allemand sur le sol de France, les vices et les arrogances mensongères de certains membres de l'Armée, uniquement intéressés par leur avancement dans la hiérarchie militaire. Dreyfus n’apparaissant qu’à travers de brefs interrogatoires et des échanges épistoliers désespérés,  ce que le lecteur retiendra  est cette somme documentaire de preuves qui fait de  Picquart un héros de la vérité et de ce livre un travail d’historien. Il révèle une France coupée en deux, l’une antisémite et l’autre empreinte de justice, l’une voulant sauver la raison d’Etat par n’importe quel moyen et l’autre  l'honneur de l’Armée française  par la loyauté seule.

B.C.D.

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 17:40
« La Fantasia » par Loris Chavanette

 

 

« La Fantasia » par Loris Chavanette

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2020

284 pages

19,90 €

 

Ce roman saura toucher la  génération  qui n’a pas connu l’Algérie des années 50. Loris Chavanette, à l’instar de Camus, décrit avec talent la beauté de ce pays dans ses moindres recoins de paysages et de cœurs humains. Malgré son grand âge et son retour forcé en France, la pensée de  la vieille Mariane est restée au-delà de la Méditerranée, et c’est ce qu’elle veut partager avec son petit-fils qui n’a pas connu la vie de ses ancêtres pieds-noirs. Le jeune Antoine découvre alors  les heures les plus significatives de la vie de sa grand-mère, dont, entre autres,  cette magnifique  Fantasia qui résume la grandeur mauresque ou sa nuit à Tlemcen qui suivit la procession de Notre-Dame de Santa Cruz.  Malgré la lucidité politique de Pierre , journaliste parisien qui fait pressentir une rébellion inévitable, et grâce à la sensibilité de Mariane héritée d’une ascendance noble de coeur,  l’auteur  parvient à faire revivre bien plus les amitiés indéfectibles que les inévitables humiliations humaines,  remémorant des similitudes de mœurs et de rites qui sauront rapprocher les cœurs délicats. Les couleurs chatoyantes de cette  terre magnifique contrastent avec le teint diaphane d’une vieille femme en fin de vie, trop lucide sur la nature humaine pour ne pas dévoiler, avant de mourir, son secret et ses espérances.  Comme le dit Loris Chavanette  lui-même, « Oui !ce livre valait la peine d’être vécu» : une fresque d’ombre et de lumière, une vie pleine de fierté et chagrin, de sensualité et pudeur, imprégnée de l’écho du muezzin et du parfum des fleurs d’oranger, malheureusement blessée par des  séparations fatales et des départs sans  retour ! Et si ce magnifique roman n’était qu’une allégorie de l’histoire d’amour  de la France pour l’Algérie? Au lecteur de le dire , mais en tout cas il en sortira aussi  fortifié que le jeune Antoine.

B.Clavel Delsol

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 18:36
Frédéric Beigbeder

FREDERIC BEIGBEDER

Editions : Grasset

Janvier 2020

317 pages

20,90 €

 

 

Une fois ce livre acheté  le lecteur se sent  victime de la tyrannie des médias.  A quoi bon  un roman sans titre, simplement annoncé par un smiley narquois qui déverse  un flot de paroles d’un  somnambule  qui n’est autre qu’Octave Parango, « l’humoriste le plus écouté de France » sur l’émission Matinale la plus populaire ?  Animateur d'une radio publique, ce Parisien,  obsédé par la drogue et le sexe, par sa jeunesse dorée et la mort de ses utopies, ne sait plus  s’il est espion  ou victime de son temps. Certes son égocentrisme  sans limite a toujours nui à son bonheur. Mais, à la veille de sa matinale radiodiffusée, il ne veut plus jouer ce rôle de diversion. Car l’humoriste professionnel ne réussit que s’il parvient non seulement à ridiculiser mais à détruire sans pitié. Or cette nuit  l’empathie d’ Octave Parango  prend la relève.  Dommage que son passé plein d’amères expériences et profondes déceptions  envahisse sa tête nébuleuse d’un vocabulaire tout scatologique et d’images pornographique ! Sera-t-il assez fort pour  donner sa démission ? Peut-être peut-on  voir  dans cet anti-héros l’appel au secours d’un homme déçu par le matérialisme roi et d’une prise de conscience du rôle de l’écrivain qui se doit de montrer « une vision liturgique du monde»! Rien d’impossible puisqu’Octave Parango n’est autre que Frédéric Beigbeder qui a fui Paris et n’a pas dit son dernier mot …

B. Clavel Delsol

 

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 17:00
"Un moine en otage" par J. MOURAD avec A. GUILLEM

« Un moine en otage »  par Jacques Mourad avec A. Guillem

 

 

Editions Emmanuel

Parution :  2018

17,90 €

213 pages

 

 

L’œuvre d’Orient a décerné son prix littéraire 2019 à un ouvrage sans pareil : un témoignage bouleversant du père syro-catholique  Jacques Mourad retranscrit  en direct par Amaury Guillem, directeur RCF Aix-Marseille, auteur de plusieurs ouvrages profondément marqués par sa foi en Dieu et dans les hommes. Si le récit du père Mourad  alterne entre les souvenirs heureux lors de la reconstruction des monastères de May Moussa et de Mar Elian et un douloureux enlèvement par les djihadistes où il subit  une torture autant physique que psychologique, l’importance de ce livre réside dans le renfort et le salut  que peuvent apporter la solidarité entre croyants de diverses confessions. Car comment réagir devant des fanatiques qui accusent d’œuvre du diable  l’école de musique fondée par le père Mourad, détruisent ses deux  monastères  et  prônent le massacre des mécréants ? Il est connu que Dieu ne fait des miracles qu’avec la participation des hommes. Et c’est ce que démontre le livre. En effet  grâce à l'aide de jeunes musulmans qui le paieront de leur vie et à la constance de ses prières, le père Mourad, après cinq mois de dure captivité,  retrouve miraculeusement la liberté. Puissent  les pays chrétiens  apporter la compréhension et l’amour du prochain quel qu’il soit! tel est le souhait de ces deux co-auteurs qui s’en  réfèrent au Dieu unique et remplacent les différends  dogmatiques  par une  sagesse  toute spirituelle. Le livre s’achève par une supplication du père Mourad au retour à la prière, seul moyen de pallier à l’urgence du dialogue et de l’évangélisation et de chasser la peur de ceux qui font régner la terreur. Conseil  à divulguer!

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