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Editions : JC Lattès

Parution : Septembre 2011

437 pages

19 €

 

 

Delphine de Vigan a envie de « raconter sa mère », Lucile Poirier. Pour se rapprocher d’elle, elle s’enfonce  dans l’écriture,  qu’elle veut  quête de vérité et hommage filial, étude psychanalytique autant qu’autobiographique. Car les détails réalistes et fantasmatiques s’entrecroisent. Pour comprendre l’inconsistance de Lucile, il faut tenir compte de sa beauté  aussi grande que sa fragilité psycholo­gique,  remonter le temps de son enfance. Dans cette famille nombreuse, les joies et les chagrins s’alternent à vive allure grâce à l’amour  rayonnant de   Liane et Georges, parents  de neuf  enfants dont Lucile, et grands-parents maternels  de Delphine de Vigan. Malheureusement il y a le revers de la mé­daille : à l’âge adulte, le mal-être de Lucile éclate au grand jour, ses drames personnels  se multiplient et finissent par lui faire perdre la raison.  Alors il faut en trouver la  cause. Les amants successifs aussi peu fiables les uns que les autres, la drogue et l’alcool sont un pis-aller. Mais  la toute puissance du pater familias et le rayonnement  d’une mère fantaisiste ont vite fait d’être les vrais responsables. La fascination que Lucile enfant ressentait pour son père se transforme alors en haine, l’amour filial devient accusateur d’actes innommables. Comme Lucile, le livre perd de sa beauté et Delphine  de Vigan  de sa lucidité. Un style narratif relate avec banalité les allers et retours de Lucile entre l’hôpital psychiatrique et ses crises de folie. Ses investigations lui permettent de  trouver   dans sa famille autant de maniaco-dépressifs  incurables que  de témoignages d’incestes sans preuve. Delphine de Vigan veut  justifier sa mère, épouse sa cause jusqu’ à ne faire plus qu’un avec elle, sonde aveuglément cette maladie dépressive qu’elle ne veut pas laisser passer sous silence. Le livre arrive à son paroxysme quand Lucile,  sous prétexte d’avoir trouvé  la paix, choisit posément de se donner la mort. C’est ainsi que le prix Renaudot des Lycéens  attribué à ce livre reflète le pessimisme ambiant d’une jeunesse en bien mauvaise santé.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

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