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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 07:12

 

 

Editions : COMCO

Parution : Janvier 2005

95 pages

20 €



Verdun n’est pas loin, ni dans le temps, ni dans l’espace,pour ce Lorrain qui ne se révolte pas, mais simplement crie son désarroi pour tant de jeunes disparus et  si vite oubliés. Leur mort s’impose sans cesse  à lui, sous toutes ses formes, et ce rappel n’est ni vain, ni stérile. Il prend la forme éphémère d’une petite fille jouant à la marelle, ou d’un Christ dodu trop repeint de blanc. Il prend la forme d’un chat, pour celui qui n’a reçu que des obus pour caresses. Pourquoi une croix de bois stérile  à l’ombre d’une tombe, plutôt qu’un arbre vivant, aux branches et racines protectrices ? De même  le bouquet fané contraste avec la stèle  de lierre, la vasque en déséquilibre avec la pierre immobile. La mort est là, toujours la-même, et jamais pareille … Rien de morbide dans ce livre, comme si les morts étaient plus vivants que les vivants, comme s’il était bon de prendre le temps de se rappeler que l’indicible est plus parlant que la parole, que le silence est plus grand que le bruit. De la nature surgit tout un monde de correspondances que plus personne ne sait  voir: seuls les morts nous les rappellent. Car Dieu est silence lui aussi, si proche et si lointain, sans doute parce que trop souffrant et trop seul….

Brigitte Clavel

 

 

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Published by brigitte clavel-delsol - dans 2005
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