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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 04:26

 

Editions de Fallois

Parution : Janvier 2009

239 pages

20 €

 

 

Ebranlé dans sa jeunesse  par la lecture de Céline, le sociologue Paul Yonnet, une fois l’âge mûr atteint, cherche à mieux comprendre  ce personnage mythique de la littérature  qui tripote les phrases comme le corps de ses patients. Homme à double vocation, médecin et écrivain, Céline est un pessimiste, « pas résigné, mais résolu à souffrir ». Au lieu de se focaliser sur son nihilisme, c’est d’abord sur les évènements  politiques de l’époque que P.Yonnet s’arrête, et leurs répercussions désastreuses autant sur le plan littéraire que social. Céline est né l’année de l’incarcération du capitaine Dreyfus et a vingt ans en 1914. Telle est sans doute  l’explication  de sa révolte, de son style  anarchiste, et de sa vision désespérée de la vie, « ma nuit à moi, mon cercueil… », qui font que ses romans n’entrevoient jamais la lumière et rebutent autant qu’il attirent. Si le sociologue reconnaît l’importance des  circonstances sur le destin, il n’en néglige pas pour autant la part de liberté de chacun. Céline scandalise, rompt le pacte du silence, révèle une humanité ignominieuse et la vie d’un absurdisme révoltant : « …le boulevard de la Révolte… C’était ma rue ». Et pourtant  Céline a comme livre de chevet « René » de  Chateaubriand qui aspire à « la monotonie des sentiments ». Mais la pauvreté le torture : « Ils rajeunissent  c’est vrai plutôt du dedans à mesure qu’ils avancent, les pauvres… Leur tâche à eux c’est de se vider de leur obéissance… ». Alors une telle empathie doublée d’un pacifisme sans borne expliquerait, selon P. Yonnet, un racisme obsessionnel qui condamne le nationalisme juif intrinsèquement colonialiste et responsable de tous les conflits internationaux.Thèse discutable, mais bel hommage à Céline trop souvent  incompris qui sut rendre à P. Yonnet  avant de mourir la sérénité que jeune il lui avait ôtée !

B Clavel Delsol

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:09

 

 

Ecrit  en 1931

Editions : Livre de Poche

Parution : Décembre 2009

221 pages

6 €

 


 L’auteur francophile appelle cette vieille aristocrate londonienne «Lady Slane» ou la «veuve» ou «Miladi», ou «Mère», à la dernière page «Sa Seigneurie», mais jamais par son prénom Deborah, sauf quand celle-ci se revoit dans l’innocence de sa jeunesse. Le dévouement silencieux de cette vice-reine des Indes pour sa famille fut  sa qualité majeure. Aujourd’hui, au chevet de son mari défunt, elle surprend son entourage, veut avoir son indépendance, vivre sans la moindre obligation les jours qui lui restent… Hymne à la liberté, à l’amour de la vie, à la sérénité de l’âge avancé « où l’on ne fait confiance qu’à la délicatesse et à la tendresse » et où tout esprit de compétition et de réussite sociale est banni. Alors qu’elle croyait sa vie finie, plein d’imprévu survient. Que va-t-elle alors conseiller à son arrière-petite-fille qui est tout son portrait? Certainement pas le mariage…Et si c’était l’opinion d’une trop vielle dame qui préfère simplement, à une valise de trésors trop lourde à porter, "toute passion abolie » ???

 

Brigitte Clavel

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 22:32

 

 

 

Editions : SEUIL

Parution : Octobre 2009

341 pages 

21,50 €

 

Beaucoup de lenteur dans une atmosphère toute scandinave, mais pas d’ennui dans cette lecture : juste le sentiment qu’une vie isolée, loin des misères du monde, est vide de sens. Après avoir commis une erreur chirurgicale irréparable, le docteur Fredrik Welin a pris refuge sur une minuscule  île de la Baltique appartenant à son grand-père. Une suite de symboles pleins de  signification s’accumulent, comme  un plongeon quotidien dans l’eau glacée pour se sentir exister, une fourmilière libre d’envahir une salle à manger par lassitude du propriétaire , une paire de chaussures réalisée comme une œuvre d’art dans un contexte de grande pauvreté….Le moral de Frederik Welin est bien bas quand il retrouve   la vieille Hariett se  traînant sur la glace avec son déambulateur et ses bouteilles d’alcool pour alléger un cancer incurable,  Agnès la manchote et ses protégées déséquilibrées, Louise, l’hystérique passionnée, ou le facteur hypocondriaque..Et ce sont justement ces personnages malheureux  qui vont redonner le goût de vivre à Frederik Welin et lui permettre de se faire pardonner ses erreurs de jeunesse. B.Clavel

 

 

 

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 21:26

Editions : FLAMMARION

Parution : Juin 2009

438 pages

19,90 €

 

 

La haine engendre la haine, l’amour enfante l’amour : tel est le sentiment que suscite en nous ce livre réaliste avec, en arrière-fond, le terrorisme et ses horreurs, la pensée unique et ses dangers, l’esprit de vengeance ou la pusillanimité. Daniel devient fou à la mort de son fils déchiqueté lors d’un attentat. Il laisse alors tout derrière lui, une vie familiale heureuse, une carrière pleine de promesses, pour punir l’auteur de ces crimes d’innocents. Qui pourra aider cet homme révolté à atteindre son but ? Ni les politiciens, ni la justice, car la diplomatie d’état craint le pire. Seuls  ceux qui l’aiment et le connaissent, seuls ceux qui ont le sens de la vérité et de la dignité humaine  y parviendront, mais non sans mal et imagination …

Brigitte Clavel      

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:04

 

 

 

 

 Editions : CERF

 Parution : Octobre 2009

189 pages

20 €

 

 

Il a paru bon à Béatrice Marchal de rendre justice  à Cécile Sauvage (1883-1927), mère du célèbre compositeur de musique sacrée Olivier Messiaen.  Méconnue pour avoir trop longtemps dissimulé une poésie dédiée à un amour illégitime, Cécile Sauvage n’en demeure pas moins une des plus grandes poètes amoureuses de notre siècle. Comme son fils, elle ne dissocie pas passion et mysticisme. L’acte charnel est entièrement spirituel : « Enlacement aérien…/ Où ton âme à mon âme arrive ». L’amour perfectionne et rend  la fusion amoureuse  rencontre divine. Et quand l’amour ne répond plus « tout est calice d’amertume ». Béatrice Marchal réussit ainsi à mettre à jour les talents d’une femme qui méritait d’avoir sa place dans notre littérature du XXème siècle.

Brigitte Clavel

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 07:06

 

Editions : Le Laurier

Parution : Décembre 2009

55 pages

5 €

 

 

 

 

 

Ces confidences de l’auteur dont le fils se consacre à Dieu sont touchantes. Dans la déchirure momentanée que celle-ci éprouve, elle a une pensée pour toute mère qui souffre de la séparation, pas toujours évidente ni compréhensible, due à la vocation religieuse de son enfant. Heureusement l’angoisse ressentie est  éphémère et bien vite remplacée par la joie profonde d’un appel au service de Dieu et des hommes.  Petit recueil qui permet de «  plonger dans le firmament » de son enfant, de le porter comme à ses premiers jours. Mais ce livret ne se limite pas à des conseils : le miracle s’effectue quand l’enfant devient  guide lui-même  en direction de Dieu et source de  liberté intérieure pour chacun. La solidarité est totale, le jeune consacré a autant besoin des prières de ses proches que les parents eux-mêmes de celles de leur enfant.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:58

 

 

 

Editions : Télémaque

Parution :

1er tome : Octobre 2009 : Les années de bohème   21€ - 256 pages

2ème tome : Janvier 2010 : Les Encyclopédistes   21€ -  315 pages

 

 

 

 

 Après le succès de ses  biographies de peintres du quattrocento, Sophie Chauveau se lance un nouveau défi : rendre à  Denis Diderot la place qui lui revient. Sa  passion du détail et la vivacité de son récit donnent à ses deux tomes  une allure de roman. Au-delà du rationalisme du philosophe éclairé, elle tient compte du labeur persistant du chef de file de l’Encyclopédie, de sa soif non seulement de savoir mais de liberté de pensée et d’action,  et de son souci de servir l’humanité…à sa façon !  Rien ne fait peur à cet homme brillant, ni l’autorité d’un père intransigeant, ni la censure, ni les obligations familiales et amicales. Observateur impénitent, il est fidèle à lui-même avant tout, nul ne l’arrête, tout l’inspire. Un voyageur de passage  sera « Jacques le Fataliste », son ingrat protégé  « Le Neveu de Rameau », son alter ego. Moderniste avant l’heure, il défend la musique italienne et le théâtre moderne, présente les planches scientifiques de son ami Watelet comme nécessaires à l’éducation sexuelle des jeunes filles. Il secoue l’autorité cléricale avec « La Religieuse »,  trouve plaisir à choquer avec son roman érotique «Bijoux indiscrets », multiplie les aventures amoureuses jusqu’à se partager les trois sœurs Volland tout en écrivant avec bonne conscience  « Père de famille ». Personne, ni même Catherine II, ne peut influencer cet homme qui «  a de l’esprit comme un diable », disait Voltaire. Denis Diderot  posera pour la postérité sans perruque et débraillé, éternel bohème, corrupteur intellectuel et moral : « Mes pensées sont mes catins ». Malheureusement il  n’a pas voulu entendre tambouriner la révolution française et a continué à danser «  la vile pantomine »…

Brigitte Clavel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:51

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2009

148 pages

15 €

 

 Eric Fottorino est journaliste et romancier. Dans ses romans il a toujours été hanté par la figure du père. Enfant illégitime lui-même, il aura le bonheur d’avoir, à l’âge de sept ans, un père adoptif qui lui léguera non seulement son nom mais le goût de la vie et auquel il dédie ce livre. Le style correspond à ce qu’ils  ont vécu  ensemble : une vie simple mais  pleine d’heureux moments intenses. De souche tunisienne Michel Fottorino apparait à cet enfant élevé entre une mère et une grand-mère catholiques comme le Zorro de son enfance : la messe du dimanche et le Carême sont remplacés par des courses folles à vélo  et des baignades périlleuses. Peu importe si Eric ne ressemble pas à Michel, s’il n’est pas un champion cycliste. L’essentiel est de « transmettre le feu sacré ». Michel le sportif ne brisera pas les rêves du jeune intellectuel, au contraire il les nourrira. C’est pourquoi Eric Fottorino  rend un hommage public à ce père « aux mains de sauveur », qui « aimait tout bas », dans l’ombre, et qui ne fut pas secouru à temps…

Brigitte Clavel

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:46

Editions : Salvator

Parution : Novembre 2009

172 pages

16 €

 

Pour qui veut comprendre la dichotomie entre franc-maçonnerie et religions chrétiennes ce livre est plein d’intérêt .Il relate le cheminement spirituel de l’auteur qui après avoir été franc-maçon, se convertit d’abord à la religion orthodoxe puis catholique, grâce à l’effusion de l’Esprit Saint.

  Maurice Caillet  raconte  son «  initiation » à la Loge du Grand Orient de France dont le caractère occulte et l’engagement indéfectible semblent être les deux piliers de la porte d’entrée. A l’heure de la loi autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse, votée unanimement par la franc-maçonnerie, il applique en tant que chirurgien gynécologue  cette intervention qu’il trouve vite antinaturelle.  Promu « Vénérable » de la Loge,  « Membre du Chapitre », séduit par un esprit qui s’adresse exclusivement à l’intelligence, il accepte un poste administratif dans la Santé, privilège qu’il doit à un « frère », directeur de la Sécurité Sociale. Il se rend compte alors que l’esprit de fraternité qu’il recherchait est au prix de sa liberté. Cette constatation provoque en lui un désir  soudain d’indépendance et de vérité. Il prend la route de Lourdes, puis celle de la conversion à l’église orthodoxe. Ce qu’il veut c’est une doctrine  qui «  étanche sa soif spirituelle ». Il la trouve  dans le mouvement du Renouveau charismatique qui répond  non seulement à sa raison mais à son cœur et à son corps. Dorénavant il n’a plus peur de rien, pas même de l’exigence de la religion catholique universelle qui n’accepte pas le divorce. Le rayonnement de Jean-Paul II  et l’esprit d’ouverture de Vatican II vont faire  à Maurice Caillet la plus grande des révélations : celle de l’indulgence de l’amour, là où il n’y a pas de place pour l’intolérance. L’esprit de charité retrouve sa place première, bien au-dessus de la seule raison humaine qui tôt ou tard méprise Dieu.

A noter cependant une sensibilité exacerbée de l’auteur qui  ne rend pas  ses expériences intimes toujours crédibles.

Brigitte Clavel
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:42

 

Editions : Julliard

Parution : Décembre 2009

232 pages

18 €


 
Yasmina  Khadra a acquis sa réputation par la beauté  de son style et la prise de conscience de deux mondes, l’un où on ne fait pas de cadeau, l’autre où tout est gratuit. Il a choisi, comme toile de fond pour son dernier roman,  un terrain vague entre la mer et une décharge publique. Parmi ses personnages qui pataugent dans les détritus, certains exhortent à la survie, d’autres aux vices, d’autres ne comprennent rien à l’existence et suivent le premier  venu ; mais  tous rejettent à leur manière les règles de la société : le travail, l’argent, le confort. Jusqu’au jour où Ben Adam tente de leur redonner goût à la vie sociale. Le vieux Ach, qui avait fait jurer à son protégé qu’il n’irait jamais en ville, change alors d’avis et l’encourage  à partir tenter sa chance. Malheureusement ce faible va-nu-pieds  ne connaitra que le bagne…Khadra nous présente deux mondes qui se côtoient et qui s’entrechoquent. L’un s’enferme dans l’égoïsme où il est impossible d’entrer, l’autre dans la misère dont il est impossible de sortir. Fin psychologue,  Khadra est aussi poète : les magnifiques passages décrivant la mer déchaînée, le désespoir des cœurs ou l’apologie de l’existence ne peuvent laisser le lecteur insensible.

Brigitte Clavel

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