Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:37

 

 

Editions : Flammarion

Parution : Août 2010

327 pages

19 € 

 

 

Fatou Diome est une fine psychologue de l’âme africaine. Douée d’un grand talent d’écriture où les raisons de cœur dépassent celles de la raison, elle dépeint l’Europe comme lieu d’enrichissement  et de perdition auquel, telle une sirène, les garçons du Sahel ne peuvent résister, prêts à affronter tous les dangers.  En effet une extrême pauvreté pousse ceux-ci à émigrer et tandis qu’ils découvrent la vie dure d’émigrant où l’exclusion alterne avec liberté de mœurs et racisme, « celles qui attendent » au pays  restent emprisonnées dans des conventions sociales telles que  polygamie et analphabétisme qui les forcent à courber l’échine. Mais sur cette terre torride, la chaleur brûle  du début à la fin, qu’elle  soit maternelle ou conjugale.  Les mères ont plein d’ambitions légitimes  pour leurs fils, et les épouses sont rongées de désespoir par une attente qui n’en finit pas. Quand l’heure du retour sonne, l’émigré est un héros, le bonheur revient laissant derrière lui l’Eldorado tant désiré. La roue de la fortune tourne, et c’est ainsi depuis toujours. D’autres repartiront à leur tour, même si la terre d’accueil est  inhospitalière, car elle a besoin d’eux, comme eux ont besoin d’elle. Une fois ce livre achevé le lecteur pense que « ce n’était pas un roman, c’était le fleuve Sénégal qui se déversait … et rien ne semblait pouvoir l’endiguer », si ce n’est la générosité sans bornes de la vieille Arame ou la regrettable acrimonie de l’auteure vis à  vis de la vieille Europe. …

Brigitte Clavel Delsol

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 10:30
Editions : Liana Levi
Parution : Janvier2010
219 pages
9 €



"Le lieu perdu" est précisément l'endroit où le voyageur dans le temps comme dans l'espace a plaisir à s'arrêter. L'auteur parvient , grâce à une fine analyse psychologique et beaucoup de sensibilité poétique, à faire découvrir la  province de Jujuy au nord de l 'Argentine lors de la dictature de la junte militaire dans les années 1970.
 Un rythme lent, des scènes récurrentes , des descriptions détaillées autant de la nature environnante que des sentiments intimes, font de ce coin du monde  une terre certes  archaïque et désertée, mais désespérément attachante. Marita résiste a toutes les tentations: elle ne s'exilera pas, supportera une grand- mère acariâtre et autoritaire , fera vivre  son petit restaurant grâce à la "chicha" ,aux "tamates" et au "piquante"de poulet.Mais pourra- t -elle longtemps  résister à Ferroni, ce fonctionnaire de Buenos Aires envoyé par la milice pour retrouver Mathilde, sa chère amie , sa presque soeur,  la compagne d 'un dangereux  "subversif" politique , dont elle est seule à partager les secrets amoureux ?
Mais plus que le suspens c'est la qualité littéraire de l 'écriture qui captive le lecteur ,  la diversité des impressions qu'un même homme peut ressentir à partir d 'un même paysage : réminiscences de l'existence d' un enfant innocent comme la prise de conscience  d 'un tortionnaire satisfait du devoir accompli.
Heureusement la nature elle aussi offre cette superposition d 'impressions qui font que les yeux d'une vielle louve morte se transforment en étoiles et que l'apparente froideur d' une jeune fille ne soit que le résultat d'une profonde détermination. 
Mais plus l' histoire avance , plus la tension grandit entre un homme à la patience limitée et une jeune fille opiniâtre.Ainsi la trame de ce roman est aussi  symbolique que le tissage des " panchos" qui font revivre les jours heureux, car les mots choisis de l'auteur sont de   véritables  "fils de soie" qui ouvrent le chemin de la vraie   liberté!
Brigitte Clavel
Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 08:22

                

 Editions : Viviane Hamy

Parution : Décembre 2010

127 pages

7 €

 

Ce petit ouvrage  est un beau conte philosophique. Il met en exergue l’impuissance d’un peuple opprimé par les envahisseurs nazis. Le bon vieux  roi Cédric X  est, dans un premier temps, effondré  et s’en remet  tout simplement à Dieu.  Seul son jeune escadron  a le courage ou l’inconscience de résister. Le peuple ferme les yeux, « préfère le mystère à la vérité nue », une paix factice aux horreurs du combat. Le fatalisme s’instaure  tandis que l’idéologie anesthésie peu à peu les esprits.  Cédric X ressemble  à Créon dans Antigone. Sa vocation première n’était pas de gouverner. Il le fait par devoir. Son cœur de roi préfère à la politique le rôle du médecin qui soulage. Quand soudain il découvre que, sous le masque d’un patient comme les autres, se cache la folie meurtrière,  il  n’hésite plus  à  faire face à l’ennemi, avec, pour seule arme, sa propre dignité. Mais la machine de guerre est  en marche  et anéantit tout. Livre plein d’enseignement  qui rend hommage aux sacrifiés de l’Histoire,  conscients de leur impuissance mais morts au nom de la liberté.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 09:13


 

   traduit du Chinois par Brigitte Guilbaud

 

 

 

Editions : Philippe Picquier

Parution : Avril 2010

117 pages

14,50 €

 

Ce  petit ouvrage arrive comme un écho de la Chine de Mao. Les paysans  sont  dans la plus grande misère, le père de Yan Lianke se ruine la santé pour faire survivre les siens. La solidarité familiale est grande.  Le souci de chacun est de ne pas être un poids pour les autres, autant moralement que matériellement. Alors Yan Lianke, las de tant de pauvreté,  s’engage dans l’Armée populaire de libération, juste au moment où la Chine intervient dans la guerre du Vietnam. La tristesse de voir son fils partir à une telle guerre finit d’achever le corps épuisé du  père et  dès lors Yan  Lianke culpabilise. C’est pourquoi  il  lui dédie  ce petit  livre. Les souvenirs d’une enfance dure mais heureuse s’accumulent, et tandis que Mao  tente de supprimer les valeurs familiales traditionnelles et reprend les parcelles de terre communale prêtées aux paysans, l’auteur réalise qu’il ne lui reste  que l’amour filial et la douceur de la  prière.

Brigitte Clavel

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 17:52

                              

                          

                                                   Prix Renaudot  Essai 2010

Editions : Folio

215 pages

 

Cet  ouvrage, réalisé à partir de documents archivés, mis aux enchères à l’hôtel Drouot en 2005, est  un  hommage rendu à l’esclave  Furcy et à tous ceux qui ont défendu sa cause. Il est aussi un témoignage précieux, autant sur le plan humain qu’historique. « L’affaire de l’esclave Furcy » se passe  en 1817 à l’île Bourbon (la Réunion), quand  Furcy, à l’âge de 31 ans découvre qu’il est  le fils d’une Indienne  libre  et réclame sa liberté. C’est de façon très nuancée que M.Aïssaoui nous dresse les portraits des  détracteurs  et des défenseurs de Furcy. Avec habileté il parvient à montrer que c’est  l’instinct du pouvoir et le plaisir de s’arroger tous les droits et les richesses qui  sont à l’origine de l’esclavage, plus que le racisme.  Tel est le portait du commissaire général ordonnateur de l’île, Desbassayns de Richemont : il brisera la carrière du procureur général Gilbert Boucher et imposera à Furcy, après son emprisonnement, dix-huit ans de travaux forcés loin des siens, avant que la vérité éclate au grand jour. Livre qui remporta  le Prix Renaudot de l’essai  2010 et mérite de ne pas être oublié.

Brigitte Clavel

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 14:15

                              

 

 

Editions : Plon

Parution : Décembre 2010

194 pages

18 €

 

 

 

Ce livre, sans prétention mais plein de vérités et d’arguments d’autorité, répond à un besoin de nos contemporains trop souvent  désorientés dans une société par trop matérialiste, profiteuse à court terme, mais sans beaucoup d’espérance. C’est  avec  générosité  et simplicité  que Frédéric Lenoir propose une recette pour mieux vivre, faisant référence autant  aux sages de l’antiquité  et à l’Evangile  qu’à  nos  philosophes des quatre coins de la planète et à ses propres expériences personnelles.  L’homme est responsable de son propre  bonheur, de celui des autres, et la mort apparaît alors comme le parachèvement naturel d’une vie bien remplie. L’action comme la méditation sont toutes deux indispensables, et pour cela un recul face aux événements extérieurs et une confiance en la vie  sont nécessaires. Mais l’auteur ne s’arrête pas là,  et avec courage enfile la veste du politicien dont il n’a pas  la carrure : en faisant l’éloge du partage, il en vient à faire celui  du communisme, oublie  la dignité  qu’acquiert l’homme  par le travail et les crimes commis au nom de l’égalité. Il confond politique et religion, morale et économie, jusqu’à même comparer Bouddha à Jésus, et Mohamed à François d’Assise !!!  Le syncrétisme culturel et religieux  a ses limites que F. Lenoir dépasse allègrement. La religion catholique, qui étymologiquement signifie  l’universel, n’est pas un melting-pot de religions ni de philosophies de la sagesse pour qui la vertu et la pensée positive suffisent au bonheur. Elle est basée sur l’amour du prochain jusqu’à mourir sur la croix. Heureusement que l’humour est  selon F. Lenoir une des  grandes qualités de l’esprit humain et qu’il saura rire de ses confusions et de sa sympathique naïveté.

Brigitte Clavel

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  @                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:16


 

 

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Mai 2010

226 pages

17,50€

 

 

 

 

Fin 1945 l’Allemagne est en pleine défaite. Les Alliés se sont partagé l’occupation de ce pays en déroute et le capitaine français Louyre est responsable d’un canton qui possède le calme apparent de la campagne profonde. Mais plusieurs indices suspects arrêtent son attention.  Une adolescente, Maria Richter, a été retrouvée dans une ferme  où, dans le plus grand abandon, elle se cache des pilleurs et assassins.  Pourquoi son père, grand exploitant agricole, est-il parti précipitamment sur le front russe ? Pourquoi l’hôpital, seule activité rentable du village, a-t-il fermé ses portes sans laisser ressortir sa mère? Marc Dugain plonge le lecteur dans la société nazie où les hommes obéissent avec la peur au ventre et deviennent criminels au nom de grands principes. A la plaidoirie du docteur Halfinger pour  l’amélioration de la race, il oppose la  probité et le dévouement du capitaine Louyre . Le thème de ce livre est celui du bien et du mal, non le bien qui fait des discours doctrinaires, mais celui qui donne en silence et aime avec humilité, non le mal qui engendre le remords, mais celui qui est fait avec bonne conscience et l’ambition d’être reconnu par la collectivité. Rien de la nature humaine n’échappe à l’auteur, ni la bassesse du faible, ni la léthargie de l’administration mise en place, ni la force d’âme  de ceux qui gardent leur liberté intérieure. Et le lecteur reste  imprégné à jamais de l’image du train qui emmène Maria au pays de la liberté et de celle du petit garçon qui  claudique, symboles d’espoir ou de miracle.

Brigitte Clavel 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 17:12


 

 

 

 

 

 

EDITIONS : Zulma

Diffusion : Seuil

PARUTION : Septembre 2010

333 pages

20 €

 

 

Où part ce jeune islandais Arnljotur au tempérament si contraire à la jeunesse d’aujourd’hui qu’il pourrait être pris pour un simple d’esprit ? Pourquoi laisse-t-il derrière lui sa terre natale pour un pays jamais nommé, avec le  seul rêve de faire revivre une roseraie disparue?  Rien dans ses bagages si ce n’est quelques boutures d’une fleur au nom qui lui ressemble : «  Rosa candida » ; aucune attache dans son cœur, pas même une enfant à qui il a donné la vie en toute ingénuité. Et si ce conte était plus actuel qu’il le paraît ? Si l’auteur, en révélant un libertinage sans lendemain et une vaine  quête de soi à travers de savants diplômes, voulait offrir une voie du bonheur autre  que celles trop souvent empruntées aujourd’hui ? Rien de niais dans ce roman, l’amour des fleurs y est contagieux comme la gaieté des moines à la culture aussi biblique que contemporaine.

Brigitte Clavel

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 07:58


 

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2010

154 pages

12,50    

 

 

François Sureau offre au lecteur un parcours tourmenté : celui d’Ignace de Loyola,  « Inigo » dans sa langue natale du Pays Basque, ce qui signifie « enflammé ». Ce chevalier du roi veut devenir chevalier de Dieu. Jusqu’ici il a toujours connu la gloire à la guerre et le succès auprès des femmes. Mais c’est vaincu et grièvement blessé qu’il sort de la bataille de Pampelune. Souffrant autant physiquement que moralement, il éprouve le besoin de s’épancher, de reconnaître son orgueil belliqueux et d’avouer ses fautes contre la chair. Les souvenirs de la cour du roi l’assaillent tandis qu’une vie d’ascète l’attire. A un vocabulaire guerrier  succède  peu à peu celui de la souffrance  de l’âme due à l’abîme qui le sépare de Dieu. Inigo n’est plus qu’un corps squelettique brûlant d’absolu, se mortifiant jusqu’à ce qu’il ressente en lui la présence divine tant attendue. Avec ce roman, François Sureau a reçu le prix des écrivains croyants. Peut-être  a-t-il connu lui-même les tourments de la foi pour relater, avec tant d’empathie, ceux de ce grand saint, connu plus comme auteur  des « Exercices spirituels" et fondateur de « l’Ordre des Jésuites » que par ses angoisses métaphysiques.

Brigitte Clavel

 

 

 

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 18:58

Editions de l’Olivier

Parution : Août 2010

232 pages

18 €

 

 

Un mal-être permanent, des falaises abruptes, des penchants suicidaires, une famille incompréhensive, tels sont les thèmes chers à Olivier Adam. La narratrice Sarah ne peut se remettre du décès de son frère jumeau, Nathan, jeune anarchiste déprimé qui s’est tué en voiture. Pour se rapprocher de lui et mieux le comprendre, elle se rend au Japon «  où il avait trouvé…mieux qu’une cure de sommeil… le repos, un répit, un refuge… ». Là elle rencontre ceux que Nathan  a croisés et se sent plus proche d’eux que de  sa propre famille. Ainsi en voulant comprendre son frère, Sarah se découvre elle-même. C’est alors un beau voyage de révélations sur les autres  et sur soi. C’est aussi  une très belle écriture qui abonde en descriptions de la nature, en variétés de personnages, qui nous fait aimer le Japon plus que jamais, comme si l’amour d’Olivier Adam pour cette île était prémonitoire.

Brigitte Clavel

 

Repost 0
Published by brigitte clavel-delsol - dans 2010
commenter cet article