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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 14:56
Éditons : Gallimard
Parution : Septembre 2011
266 pages
18,50 €



" Intensifier les moments de bonheur",  tel est le souhait du narrateur qui,
suite au décès de son grand-père,  regrette de ne pas lui avoir  manifesté plus d'affection. Il se promet alors de soulager la solitude de sa grand- mère et finit par ressembler au protagoniste d 'Anne Gavalda dans " Ensemble, c' est tout": il trouve dans cette femme d'un âge avancé le bonheur de vivre, dont   beaucoup autour de lui ont manqué, et la joie de revisiter ses souvenirs. Et c' est  precisement ce dont  il avait besoin. Les épreuves  successives à surmonter  apparaissent  dorénavant, non comme des situations d'  échec, mais  comme sources d inspiration, l' écho de ce que chacun enfouit dans sa mémoire. Mais la  fuite en avant a toujours son point de retour. A partir de cette prise de conscience le narrateur trouve la sérénité nécessaire pour écrire le livre dont il rêvait et apporter à ses lecteurs l' apaisement recherché.
BC
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 21:03

 

 

 

Editions BAUDELAIRE

Parution : 4ème trimestre 2011

233 pages

19 €

 

 

Qui aurait pensé qu’une petite ville de décolletage, du nom de Cluses, au cœur de la vallée de l’Arve, inspire à un écrivain tant de sentiments nobles et pieux, tant de patience dans le temps et d’espérance en la Providence? L’auteur n’a oublié aucun détail, ni l’église au bénitier du XIIème siècle  et  aux arcades italiennes, ni le  cimetière  qui longe la voie ferrée menant  au pied du Mt Blanc, ni en amont  la station des Carroz qui attire les touristes tandis qu’en aval grimpe une route abrupte jusqu’au Reposoir où s’est retirée une communauté de carmélites. Là est rentrée Florence Bodlais, originaire de la petite ville de Marnaz juxtaposant Cluses et ancienne camarade de faculté du narrateur,Joachim Sorlay.  Décolleteur célibataire et tourmenté de voir une telle beauté opter pour une vie aussi austère, celui-ci  va quémander quelques  prières. Et si c’était Florence elle-même, devenue sœur Marie-Adèle, qui avait besoin d’aide ? C’est avec un point de vue omniscient que l’auteur alterne timidement désir et respect de l’autre, esprit d’obéissance et de liberté, souci de bonheur et d’efficacité ici-bas. Ouvrage qui fait dire que la spiritualité est loin d’avoir abandonné ce coin de la Haute-Savoie, creuset d’amateurs de ski mais aussi d’êtres empreints de confiance en «  la bonté divine »,  qui « récompense celui qui a cru ».

Brigitte Clavel

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 15:32

 

Editions : Gallimard

Parution : Janvier 1996  et Février 2011

34 pages

8,90 €

 

Impossible de passer sous silence la deuxième réédition de cette œuvre de Giono, petite nouvelle qui se passe dans les monts arides de Haute-Provence. Le seul être rencontré par le promeneur esseulé est un berger peu bavard, mais au cœur généreux.  Pourquoi  celui-ci ramasse-t-il tant de glands et  pourquoi les trie-t-il un par un avec tant de soins ? Il ne s’agit point  d’un simple d’esprit, mais d’un terrien qui non seulement  aime  la  création,  mais qui la prolonge dans le temps. Le lecteur est saisi autant  par la pureté du style de l’auteur que par la noblesse de ce paysan provençal.

B.D

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 10:22


 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Septembre 2011

190 pages

12 €

 

 

 

 

« L’intrus » n’est autre que Méphisto. Comme  celui de Faust il s’incère  dans la vie d’Henri,  vieux  médecin spécialisé dans la recherche du cerveau, lui offrant une dernière jeunesse en échange de son âme. Il apparaît toujours habillé d’humour noir qui enfonce Henri dans une situation comique mais  humiliante et lui fait perdre pied. Roi du doute, de la rébellion, de la négation du bien et du mal, prince de la séduction, Méphisto  est avant tout  voleur de liberté.  Et si Henri résiste un instant « C’est ma vie. J’ai le droit de finir comme je veux, non ? », l’angoisse finit tôt ou tard par ressurgir, sa main se tend alors vers un Méphisto impitoyable qui ne donne aucune solution à ses questions métaphysiques. Et c’est là que  l’Homme se révèle dans toutes ses dimensions. Certes, il « meurt de trouille » car ce n’est pas la mort qu’il souhaite. Mais il réalise enfin que le bonheur était dans  la douceur de sa bien-aimée, la beauté du rire de sa fille, l’odeur des saisons…Alors en même temps que la mort, seule aux côtés du roi du néant,  surgit l’espérance, la conviction qu’  « il ne peut pas y avoir que cette petite vie humaine …Non, non, c’est impossible, c’est sûrement mieux que cela. Plus subtil, plus intelligent, plus beau…  ». Ainsi par cette pièce de théâtre qui résonne comme un hymne à la vie,  Antoine Rault semble être non seulement  dans  la lignée de Goethe mais aussi celle d’ Anouilh.

Brigitte Clavel

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 13:53

 

 

Editions : Sabine Wespieser

Parution : Août 2011

117 pages

15 €

 

 

Un tragique accident familial a éloigné Nestor de son épouse Mélina. Depuis  ce jour Nestor n’a d’autre consolation que la nourriture qu’il ingurgite en vain. Ce vide d’amour n’est comblé  que par une obésité qui paradoxalement le console et le complexe. Mélina est mourante sur un lit d’hôpital où Nestor se rend chaque jour, jusqu’à ce qu’un médecin, le Dr Alice, détecte en lui tous les indices d’une maladie qu’elle se promet de guérir. C’est avec délicatesse que Clara Dupont-Monod se plaît à analyser cet homme. Sous la métaphore de l’obésité, c’est la maladie de la solitude qu’elle relate où  les heureux souvenirs rejaillissent et s’entremêlent à des cauchemars qu’il faut dissimuler à tout prix sous une  graisse rassurante et dans  un repliement sur soi. Point  d’autre remède que le plaisir procuré par l’ouverture d’une porte de frigo, si ce n’est la bienveillance d’un médecin perspicace… Le dénouement peut varier, l’auteur nous le démontre subtilement. Son écriture, tout en symboles, fait du « gros père » Nestor  un albatros englué dans le pétrole, avec la honte en plus, ou un immigré inconsolable d’avoir laissé le beau  phare rouge et blanc de son  pays d’origine…C’est le bonheur seul  qui donne cette belle  allure élancée du  Dr Alice qu’elle-même perd dans la tristesse. Ainsi le regard scrutant de l’auteur donne de l’allant à ce livre  dont le thème principal reste celui de la pesanteur. B. Clavel

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 18:40


Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2011

236 pages

17,90 €

 

  Bien que septuagénaire, Philippe Sollers ne serait-il pas  un boulimique de l’existence ? Dès les premières pages, il  adopte, pour nous leurrer, un ton ironique, mais le champ lexical récurrent du vide a vite fait de révéler une angoisse existentielle. Ce livre est plus un essai qu’un roman, et son titre résume en un mot sa pensée : un besoin de lumière, une « éclaircie » indispensable qu’il trouve dans le souvenir de sa sœur aînée, dans le prénom de son amante, dans les yeux noirs de Berthe Morisot, dans les nues de  Manet et de Picasso « porteuses de toutes les sensations à la fois ». Car le temps comme la femme méritent  d’être regardés en instantané et non en pose figée. « Un seul tableau, un seul livre vous sauvent de l’avalanche du rien ». Telle est la leçon qui se cache derrière le parisianisme de Philippe Sollers. « Tant que le vide est comblé, tant que l’anti-mort est réalisé, tout est art ». L’important est de vivre, créer, réagir aux  idées toutes faites, se battre, résister aux critiques, se réaliser, survivre aux horreurs de l’existence. Bref une invitation à faire comme Manet et Picasso, si différents dans leur peinture, mais si semblables dans leur vie, c’est à dire à plonger dans l’art pour s’évader à ce qu’on aime, quitte à « se la jouer mégalo sur plus de deux siècles ».

B.Clavel

 

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 18:13

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2011

243 pages

18 €

 

 

 

 

Isaure de Saint Pierre a le goût de son grand-père pour l’Histoire, les capacités de son père pour le roman, un brin de sensualité et autant  de talent d’écriture que de passion pour les paysages du Maghreb.  Après avoir écrit « La Magnifique », roman inspiré par l’unique femme de Soliman,  elle offre à ses lecteurs le portrait de Dahya,  généralement plus connue sous le nom de «  La Kahina », la Sorcière. Digne descendante et amante passionnée de deux célèbres guerriers berbères qui se battaient contre l’envahisseur arabe pour préserver l’indépendance de leur peuple, elle-même guerrière intrépide, elle réussit à faire de Kairouan la capitale des Berbères dont elle fut la reine. Possédant  un précieux  talent de visionnaire, elle poursuivit sans relâche et jusqu’à son dernier souffle une politique de guerre préventive. Elle fit brûler avec intransigeance la terre de ses fidèle plutôt que de l’abandonner aux ennemis et néanmoins elle confia ses enfants à l'assassin de son mari qu'elle s'était jurée de venger, sachant qu'elle courait à sa propre perte... L’opposition berbère était finie.  On est en 704 après J-C . Une race disparaissait. Et on pense à « Septentrion » de Jean  Raspail, à ces « hommes du refus »,aux résistants des hordes d’envahisseurs, aux passionnés  de liberté, aux amoureux de l’indépendance  

B.Clavel

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 06:36

 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2011

403 pages

23 €

 

 

Ce roman, bien américain, plonge le lecteur dans une psychose que l’auteur semble attribuer à la génétique certes, mais facilitée par la  technologie. Si  les jeunes protagonistes  ont  du mal à accepter la société telle qu’elle est, ils y nagent comme des poissons dans l’eau.  Trois histoires parallèles se déroulent  aussi vraisemblables qu’époustouflantes.  Ryan,  dans l’Etat du Michigan, retrouve son père biologique qu’il croyait être  son oncle, un  baroudeur malhonnête et drogué, bien plus attrayant que son père adoptif. Lucy, jeune étudiante à Pompey dans l’Ohio, suit, sans bien le connaître mais avec une confiance aveugle, son professeur d’université George Orson. Miles recherche son jumeau Hayden, schizophrène qu’il aime profondément. Thriller au fil conducteur très plausible et plein de fines analyses psychologiques, le livre révèle que la plus grande fragilité humaine peut  camoufler, sous un physique insoupçonnable, un dangereux mythomane. Pour exister, des hommes  sont disposés  à jouer tous les rôles, séducteurs, menteurs, escrocs, assassins. Sans scrupule  ils montent des sociétés fictives sur internet ou suppriment des parents gênants, changent de passeports  en même temps que de pays. Et pendant cette folle course-poursuite à la quête d’une identité, ils ne retrouvent plus leurs repères, les paysages de l' enfance ne sont plus les mêmes et leurs proches, sans rien comprendre, deviennent leurs souffre-douleurs.  Dan Chaon parvient  à donner « le vertige et la nausée » et faire croire qu’ « on peut être qui on veut » et avoir plusieurs vies. Seuls un frère et  une sœur sont toujours là pour témoigner que  le  vrai soutien ici-bas  est la famille.

B.C

 


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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 14:08

                 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2011

252 pages

18,50 €

 

 

 

Ce roman donne raison à Bachelard qui disait que "l'eau est un lait pour l'inconscient". Pascal Quignard transporte le lecteur sur les landes qui s'étendent au-dessus des falaises de St Lunaire à St Briac, en compagnie de personnages malheureusement frappés dès leur tendre enfance et dont les tourments intérieurs s'apaisent au contact de la nature environnante. A force de parcourir les dunes mouillées de pluie ou d’embruns, Claire Methuen devient aussi décharnée et blanche que les coquillages délavés. Sa passion d’enfance impossible pour Simon, aujourd’hui respectable père de famille, se transforme en une contemplation obsessionnelle qui la ronge comme le sel. "Les solidarités mystérieuses "  apparaissent comme un désir instinctif des corps, sans pacte ni même compréhension mutuelle, auquel  Claire et Simon ont du mal à résister, de même que  Paul, le  frère de Claire, et Jean, le jeune  curé. Bien triste tableau d’où le véritable amour est exclu : accidents volontaires, suicides, divorces, violations de serments, héritage injustifié, incendie criminel, chacun pense à soi, "j'en ai assez de servir". Demeure heureusement  un imperturbable et magnifique  tableau de la côte bretonne, où Claire prend plaisir à se perdre ou à se sauver …

Brigitte Clavel

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 15:05

 

Editions : Actes Sud

Parution : Novembre 2011

327 pages

22 €

 

 

A la lecture de ce livre autobiographique il est difficile de réaliser  que l’auteur-narrateur, de nationalité belge, est âgé de 98 ans.« L’enfant rieur » est celui qu’il était vraiment,  que personne ne percevait, mais qui, au bout d’une longue vie, resurgit plus fort que jamais. Grâce à des talents de psychanalyste autant que d’écrivain, Henri Bauchau brosse un environnement  qui a toujours été cause de ses tourments. De son plus jeune âge jusqu’à sa maturité, il souffre de scrupules et du doute de soi. Car les situations où il se trouve opposent sans cesse son cœur à sa raison. Dès 1916 « il est forcé de vivre la haine » car les Allemands envahissent la Belgique, tout en conservant une admiration secrète pour un père chasseur de papillons. Que ce soit la domination d’un grand frère, l’autoritarisme d’un oncle, l’emprise d’un ami, l’audace d’une femme, rien ne lui échappe. A cela s’ajoute l’esprit dictatorial de l’Eglise qui finit par l’amuser. Mais l’ordre  de l’armée belge de capituler  en  avril  40 alors qu’il est officier l’affecte profondément. Tout est donc  cause de soumission, de révolte intérieure et de désarroi. « Rien de ce qui arrive n’est ma propre aventure ». Rien n’est feint, le narrateur est lucide autant sur ses faiblesses que celles de l’humanité, sur l’ironie du sort qui peut rayer une histoire d’amour comme  déclencher une guerre. C’est en l’écrivant noir sur blanc qu’il se renforce, comprend ses renoncements au service du bien commun et redevient « l’enfant rieur ». Sans doute est-ce la raison pour laquelle l’histoire de sa vie  se lit avec tant de plaisir…

Brigitte Clavel

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