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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 06:13

 

 

Editions du NiL

Parution : 2012

258 pages

20 €

 

 En voulant ressusciter le roi Marcus Julius Agrippa,  c’est non seulement  l’histoire héroïque d’un homme fidèle à Rome et  à la religion juive que relate  J-C Lattès, mais aussi  le récit du peuple juif victime de ses guerres intestines comme de son rattachement à l’Empire. Tandis que  l’Empire romain est à son apogée, le 15 Octobre de l’année 41 du calendrier chrétien, Marcus Julius Agrippa entre dans Jérusalem, non seulement en tant que roi de Palestine mais de tous les Juifs. Ce petit-fils d’Hérode, élevé à Rome par l’Empereur Auguste, va montrer une constante détermination face aux empereurs romains successifs,  Tibère le sévère, Caligula le cruel, Claude  le généreux : faire respecter la liberté de  culte dans un règne de  paix, rester un  juif pieux à Jérusalem tout en étant un esthète romain et hellène à Césarée. Double jeu ?  Certains sont tentés de le croire à en juger  l’effigie des  pièces de monnaie qui varie selon la Loi de Moïse et la loi romaine, mais ceux-là n’ont rien compris. Grand bâtisseur désireux d’enrichir son peuple, Agrippa  est avant tout un pacifiste. A l’aide de son ami philosophe Philon, il envisage un Empire qui change de nature, qui épouse sa foi, « où l’âme triomphe définitivement du corps ». Aux nombreux témoignages du célèbre historien Flavius Josèphe, J-C Lattès ajoute un récit historique précis, non dénudé d’intérêt car, malgré tous les efforts d’Agrippa, un pressentiment de malheur se dégage au fur et à mesure  que souffle un vent de paganisme intolérant, aiguillonné par une succession d’ambitions démesurées et de jalousie refoulée.  Une belle leçon d’humanisme autant qu’une belle page d’Histoire malheureusement trop vite  interrompue!

B. Clavel Delsol

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 07:55

 

 

Editions : Albin-Michel

Parution : Avril 2012

256 pages

18 €

 

 

Romancier du terroir autant que de la Résistance, G-P Gleize a tous les atouts pour séduire le lecteur. Dans ce livre, plein des faits divers qu’ont connus les années 40 et de suspens, de portraits psychologiques et  de descriptions de paysages, les Pyrénées orientales se dressent avec toute leur majesté et aussi leur modestie. Un matin dans sa ferme que plusieurs générations  avaient occupée avant lui, Pierre  Barrès apprend qu’un homme qui lui ressemble étrangement est arrivé au village. S’agirait-il de son frère disparu par une nuit de juin  1943 ? C’est alors que les souvenirs remontent et que Pierre revoit la scène où son frère et lui servaient de passeurs pour l’Espagne…Ce soir là, Roger n’est  jamais revenu, Pierre s’est enfui, et leur vieux père a vécu dans le déshonneur, accusé par les villageois  d’avoir des fils déserteurs. C’est ainsi que G-P Gleize prend plaisir à révéler tout un monde de patriotes qui savaient servir, chacun à leur façon,  leur terre de France.

Brigitte Clavel Delsol  

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 08:04


 

 

 

Editions : Livre de Poche

Parution : Novembre 2012

548 pages

7,60 €

 

 

Chaque page de ce livre et chacun de ses personnages révèlent combien Naahal Tajadod, iranienne d’origine, sait observer, comprendre et aimer son pays. Qu’ils soient  burlesques ou sérieux, artistes ou politiciens, fins lettrés ou petits domestiques, tous tiennent la même place  dans son coeur. Point de manichéisme chez cette auteure qui sait déceler l’importance du détail dans la vie quotidienne, seulement plein de lucidité sur le cours de l’Histoire et la faiblesse des différents régimes qui se succèdent sans crier gare. Son héroïne Ensiyeh  lui ressemble. Depuis sa tendre enfance celle-ci souffre de voir traiter d’archaïsme les exploits et les rites de ses ancêtres guerriers auxquels l’Iran doit sa grandeur. L’esprit de service quel qu’il soit sera toujours  mal récompensé,  jusqu’à ce que la grande révolution instaure au pouvoir  la vengeance du pauvre  et la haine du riche. C’est dans ce contexte anticolonialiste et révolutionnaire  que le sympathique  Fereydoun, réalisateur de films télévisés à la vie dissolue, devient un célèbre personnage et tombe amoureux d’Ensiyeh l’aristocrate, tandis qu’un politicien francophone, Mr. V, s’évertue en vain de faire connaître  Victor Hugo. Une diversité  de personnages  et de situations nous fait ainsi découvrir, non seulement l’Iran du XXème siècle, mais la nature humaine universelle avec ses moments de tendresse et de nostalgie, d’ignorance et de légèreté, qui nous laissent « debout sur la terre » malgré tout….

Brigitte Clavel Delsol

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:44

 

 

Edition : Gallimard

Parution : Janvier 2012

24 €

392 pages

 

 

Sa patrie c’est l’Autriche, sa langue c’est l’allemand, mais sa nationalité  est italienne : tel est le dilemme que vit depuis trois générations la famille d’Eva. Ce drame est aussi historique que familial : il remonte à 1919 lors du démantèlement de l’Empire austro-hongrois où le grand-père d’Eva s’opposait   à l’italianisation forcée de sa province du Tyrol du Sud, rebaptisée en Haut-Adige et ardemment  surveillée par l’armée italienne. Tandis qu’Eva  entreprend un long voyage en train vers la Calabre, ses pensées remontent vers le  passé  douloureux  de sa mère Gerda. Elevée  dès  sa plus jeune enfance  dans le sillage des indépendantistes avec  un père au passé nazi et   un frère terroriste, celle-ci fut  dans l’obligation de gagner sa vie très jeune  tandis que  sa beauté germanique enflammait tous les regards des officiers italiens. Mais pourquoi ce gentil brigadier calabrais du nom de Vito qui vécut quelques années avec elle deux, juste le temps pour Eva de savoir ce qu’est un père,  les quitta  subitement ? C’est ce que veut élucider Eva en rejoignant Vito avant sa mort. C’est surtout l’intention de l’auteur de révéler, dans un style émouvant,  combien la rigidité des lois et des frontières entrava pendant longtemps le bonheur des individus.  Selon elle, à temps nouveau, nouvelles mœurs !  En réalité le sang versé et les amours  sacrifiés semblent une fois de plus être l’éternel  prix à payer ...... Un style magnifique berce le lecteur au rythme régulier du train.

B C

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 16:45

Editions : Stock

Parution : Août 2012

316 pages

20 €

 

 

 Pour  qui aime flâner  au  jardin du Luxembourg   ce livre est tout à fait conseillé. Ses allées bordées de statues, son kiosque à musique, ses grenadiers sortis des serres, rappellent au narrateur « l’enfant grec » qu’il était à Callithéa. Mais au-delà des souvenirs personnels c’est un autre monde qui s’ouvre, celui de l’imaginaire  qui  se fond avec la réalité. Rescapé d’un grave anévrysme et d’une suite d’amours malheureux, le narrateur marche avec lenteur à l’aide de béquilles et profite de son handicap pour mieux observer ce beau parc de Paris. Il découvre alors que le Gnafron de Laurent Mourguet  a laissé sa place à de vrais personnages tout droit sortis de la Littérature ou de l’Histoire. Au détour des chemins, le lecteur croise alors d’Artagnan, don Quichotte, Anatole France, Jean Valjean, Milady, tous les compagnons d’enfance du narrateur. L’imagination est reine tant qu’elle redonne vie au néant. C’est ce que parviennent à réaliser deux sœurs, Odile, fabricante de marionnettes et  Georgette qui a plaisir à en  tirer les ficelles au théâtre du Guignol du Luxembourg, de même que  le SDF Ricardo  épris du parc dans ses moindres recoins, et Marie-Paule, pleine d’empathie dans l’exercice de son humble gagne-pain.  Alors que le narrateur  avait  du mal à avancer avec ses béquilles et qu’il traînait péniblement derrière lui tous ses fantômes de jeunesse, surgit, au milieu de ce  joyeux monde loufoque, le souvenir d’une Grèce  contemporaine en déroute et de sa politique d’austérité, qui une fois de plus brouille la frontière entre la littérature et la vraie vie, entre le passé et le présent, et donne envie de se perdre dans le  jardin du Luxembourg…

B.C.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 20:38


 

 

 

 

Editions : Buchet – Chastel

Parution : Avril 2012

203 pages

15 €

 

 

 Ce très joli récit réconcilie Paris et la province profonde, l’individualisme de la grande ville et  la petite cellule  familiale où  Claire a pris racine. Les  unités de valeurs récoltées à la Sorbonne  lui procurent  autant   de bonheur  que les ultraviolets du soleil du Cantal natal, le chant des coqs élevés pour des fins culinaires dans les cours de restaurateurs sont l’écho des fermes de son enfance, et les stages d’été remplacent  aisément les gros travaux des champs. Mais point de vaine nostalgie en elle.  «  Il fallait élargir  sa vie et la gagner par le seul  et muet truchement des livres ». Deux pays, deux temps, deux corps. Claire laisse consciemment  s’opérer en elle la jonction entre ces deux mondes si différents. Le livresque et le ressenti, comme le naturel et le raffiné, ne sont point incompatibles. Le confiné et le  grand espace ont chacun leurs avantages. Le rythme   frénétique et le calme  paisible sont aussi  aussi attrayants l’un que l’autre.   La sécurité de l’emploi et l’incertitude des récoltes laissent songeur  le vieux père  à la fois dubitatif et admiratif… Une très belle présentation de  la France d’hier et d’aujourd’hui qui peut susciter bien des débats, sauf pour le petit-fils dont le pas a vite fait de dépasser celui de Claire.

B.C.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 21:11

                            

Editions  : « J’ai lu »

Parution : Janvier 2012

86 pages

4,50 €

 

 

« Inconnu à cette adresse » fut publié une première fois avant la deuxième guerre mondiale, puis 50 ans après. Sans doute cette nouvelle inspirée d’un échange de courrier entre deux amis intimes, l’un allemand et l’autre juif  américain, est-elle  une mise en garde contre des meurtrissures inguérissables.  Si K. Taylor est une fois de plus  rééditée aujourd’hui, c’est pour l’intemporalité de son ouvrage  qui laisse percevoir la vulnérabilité de l’homme  quand règne la tyrannie : la peur assaille celui-ci, la soumission l’annihile,  surgit le reniement, l’amitié est bafouée, et règne le racisme suivi de près du génocide. Petit livre aussi  triste qu’authentique.

B.D

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 13:54

 

 

Editions de l’Emmanuel

Parution : Octobre 2012

166 pages

15 €

 

L’intérêt de ce livre réside dans le souci de l’auteur : mettre en évidence, de façon didactique, deux mondes qui se combattent au nom d’un Dieu unique. Patricia des Granges met en scène la jeunesse d’aujourd’hui, se basant sur des arguments d’autorité puisés autant dans le Coran que dans la Bible. L’histoire commence le jour où les têtes des sept moines de Tibberine sont retrouvées. La famille de Mohamed, musulman modéré, quitte alors l’Algérie pour Marseille et c’est en France que tout  commence vraiment avec la deuxième génération. Omar se lie d’amitié avec deux catholiques dont la foi le convainc, tandis que Rachid, son  frère aîné, après une liaison avec une Française émancipée, finit par haïr les mœurs occidentales et se retourner vers le fondamentalisme islamique. Seul un miracle peut transformer l’esprit guerrier  en esprit de paix, la haine en réconciliation: il se nomme  Miséricorde ; dans le roman il se nomme  Omar qui a le sens du pardon,  Rania qui transforme le désir de tuer en amour de la vie ,  Philippe, handicapé physique, qui par son sang-froid déjoue  les plans  les plus machiavéliques … Ainsi la grâce se trouve  au cœur des hommes …Puisse-t-elle être au cœur de toutes les  religions établies , et que  l’ « appel au combat » et les « menaces d’un châtiment douloureux » soient remplacés par une mansuétude infinie qui conseille : « rengaine ton glaive » et « aimez   vos ennemis » !, telle est la leçon de ce livre…

B.C .

 

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 10:33


 Editions : Albin Michel

Parution : Mai 2012

119 pages

12,50 €

 

Cette nouvelle est semblable à sa trame : elle offre aux lecteurs, comme à ses divers protagonistes, le sentiment qu’ un instant fugace est semblable à une éternité.  L’histoire d’amour qui y est contée dans un style condensé, parfois très simple, parfois très poétique, a tout de la tragédie antique où la fatalité est inexorable. Dans le cadre lumineux d’une Camargue  chaude où règnent marais salants, vignes et corridas, rôde cependant une atmosphère de cauchemar autour d’un amour interdit. Sans en connaître la raison, Valentin Sol,  toréro vaillant qui est la fierté d’Aigues-Mortes, voit subitement son mariage refusé par le père d’Isoline qu’il aime depuis toujours. Malgré les mauvais présages qui s’accumulent et un vocabulaire où résonne le tocsin de la mort, le lecteur, jusqu’à la dernière page, espère un revirement de situation. Mais Maxence Fermine offre mieux : une révélation qui coupe court à tous les  préjugé et les non-dits, à toute entrave de liberté et de vérité. Que ce soit la blancheur des montagnes  de  « Neige », la course éperdue après le « papillon de Siam » ou la chaleur des  « Noces de sel », tout inspire  cet écrivain qui, comme par magie, transforme la quête de l’âme en une communion d’amour.

B.C 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 18:34


 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2012

330 pages

19,50 €

estimation : 1,5/5

 

 

Après  son livre « Souvenirs » David Foenkinos continue sur sa lancée de confidences intimes. La parole est à un homme en situation d’échec qui se traduit par une souffrance physique. Médecins, ostéopathe, magnétiseuse, psychologue, rien n’y fait. Tout se dégrade, son collègue l’humilie, sa femme l’abandonne, ses parents l’observent, ses enfants sont loin.  Ressentant comme une "anesthésie affective",  il s’enfonce dans l’isolement. Jusqu’au jour où, après tant de silence gardé, surgit  l’explosion suivie d’un sentiment de libération. Au diable l’asservissement à une vie de routine ! Celui qui n’a pas connu le mépris, la trahison  ou la simple indifférence aura du mal à  comprendre ce livre qui appartient au genre de  la thérapie  plus que du roman. Dommage que le dénouement  paraisse être une bouée de sauvetage provisoire, dont la vulgarité porte tort à la réputation littéraire de l’auteur!

BC

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