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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 15:40

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2013

462 pages

22,50 €

 

« Dans le silence du vent » par Louise Erdrich

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2013

462 pages

22,50 €

 

Ce livre est recommandé à tous les amoureux de l’Amérique profonde, de ses paysages intenses  où s’enfoncent les meilleurs justiciers  comme les pires assassins, de ses tribus indiennes où  « il ne faut presque rien pour être heureux». Son titre  évoque parfaitement la belle histoire de Joe devenu adulte dans le plus grand des silences. Car sa mère, avocate et épouse d’un juge de la Réserve, a été gravement violentée et sa cliente assassinée, et c’est Joe lui-même qui s’aventure dangereusement sur les traces du criminel. La plume profondément américaine de Louise Erdrich abonde en détails précieux et touchants. Ses descriptions vont jusqu’à décrypter les rêves inavoués de vieux Indiens d’où émerge l’âme de ces territoires si fidèles aux traditions ancestrales, la force morale d’une enfant handicapée,  les liens indéfectibles   de  l’amitié comme ceux de l’amour mutuel d’un père et d’un fils. Derrière  des passages parfois très drôles parfois très émouvants s’instaure le débat  de l’intervention de la justice fédérale sur les réserves indiennes. Ainsi le livre se poursuit comme il a débuté: un enfant qui a pour passe-temps l’arrachage de plants dans les fentes de sa maison vétuste devient un adulte féru de justice, et ce  dans une atmosphère joyeuse et  aimante pour nettoyer la société de son iniquité.

B. C. D.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 13:50

 

Editions : Odile Jacob

Parution : Janvier 2013

289 pages

23,90 €

L’explication de la Bible  par A. Laferrère est brillantissime. Après une telle lecture, impossible  d’accuser le judaïsme et le christianisme de tyrannie, car la Bible se révèle être  quête de vérité pour devenir creuset de liberté. Après que « Le livre des Juges » ait  montré qu’un pouvoir faible ne peut pas fonctionner, les «  Livres de Samuel » reconnaissent les dangers d’une monarchie totalitaire. En effet, en mettant  en évidence la part du mal dans la nature humaine, le pouvoir des dirigeants eux-mêmes  se doit d’être  non seulement surveillé mais  limité.  C’est ainsi que naissent  la légitimité du droit de l’individu unique et  son devoir de défendre sa dignité ainsi que la survie du groupe auquel il appartient. Car, créée à l’image du Dieu  créateur, l’humanité est appelée à changer le monde, à l’améliorer, à distinguer le bien du mal, et même à l’enrichir en mêlant les liens du sang. Aux leçons de morale du livre des « Proverbes » qui ne garantissent pas le bonheur ici-bas succède  la sagesse intime de « l’Ecclésiaste » pour finir par le « Cantique des Cantiques», le plus beau poème qui ait jamais été écrit.  Alors le règne de la  Loi se voit renforcé par la Règle d’Or de Jésus, les Dix  Commandements  par les Béatitudes, le Royaume des Cieux par le résultat du travail des hommes. La première Eglise de Jérusalem va peu à peu  s’ouvrir aux Gentils, et ce, grâce à St Paul, opposé au repliement de l’Eglise sur elle-même, mais fervent défenseur de son ancrage dans la société. Ainsi le lecteur acquiert la certitude que  « partie à la recherche de Dieu, la Bible a trouvé la  liberté ».

Brigitte Clavel Delsol    

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:42

 

 

Editions : Actes Sud

Parution : Sept 2013

542 pages

24,80 €

Svetlana Alexievitch n’a rien à ajouter aux  témoignages bouleversants  qu’elle a enregistrés en direct et  la  raison est simple : l’URSS est morte et avec elle tous les espoirs escomptés évanouis, toutes les souffrances endurées pour le Parti annihilées. Seules demeurent des blessures incurables, d’où s’échappent des cris de souffrance et désespoir, et, pire encore, un sentiment d’avoir été dupé, trompé, trahi. Les mots sont simples, bouleversants, les voix nombreuses et malheureusement  divergentes. Car comment s’adapter au capitalisme après  une enfance vouée au communisme ? Comment croire à la démocratie avec une dictature militaire impitoyable ? Une suspicion générale règne,  vis à vis du  passé comme de l’avenir. L’idéal communiste est  piétiné, le capitalisme redouté, l’écart intergénérationnel se creuse, rebâtir sur un terreau de  délation et de sang n’a rien de persuasif. Muselé,  victime de la pensée unique, l’ "homo sovieticus" se voit dépossédé de son existence et se raccroche aux phénomènes de mode. Les églises deviennent des temples de psychothérapie, les vétérans de l’armée des quincaillers et les jeunes soldats des meurtriers aux grosses primes. La roue tourne, l’argent n’est plus dans les mêmes mains mais les mains sont toujours sales, la haine des riches demeure, la xénophobie s’accroît, le nationalisme s’endurcit et la vodka transforme les héros de guerre en loups. La cruauté dépasse l’imaginable. « Là où il y a de l’amour, Dieu est présent». Malheureusement Dieu semble absent, sauf dans les cuisines où Svetlana Alexievitch façonne ce recueil.  Une revue de presse à cœur ouvert  qui secoue profondément le lecteur.

Brigitte Clavel Delsol

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 10:15

         

 

Editions : Pocket

Parution : 2013

493 pages

Estimation : 4/5

 

 

  Le célèbre village  de Claude Monet a inspiré à Michel Bussi  plus qu’une simple intrigue policière. Certes son roman commence par la mort de Jérôme Morval , amateur d’art et de femmes. Et bien que ce  meurtre ne soit  ni le premier ni le dernier, le lecteur trouve plaisir à se promener dans Giverny, que ses habitants protègent jalousement contre l’invasion touristique. Le style, plus semblable aux méandres de l’Epte et au chemin des Orties qu'au jardin du célèbre peintre, a autant d’attraits que les protagonistes : Stéphanie l’institutrice est-elle ange ou démon ? La petite Fanette fabule-t-elle quant à l’existence de James, vieux coach américain, apparemment seul conscient de ses talents d’enfant? Plein de mystères que deux inspecteurs devront découvrir, tout en ignorant la présence d'une vieille  femme aigrie. Celle-ci les espionne depuis le haut de son moulin des Chennevières et suscite chez  le lecteur une  immense détestation, légitime ou pas, nul ne le sait… Bref,  un roman si chaud en émotions et en couleurs, si précis en géographie et fin en psychologie, qu'aucun commentaire ne pourrait l’égaler. Un excellent passe-temps…

B. Clavel Delsol 

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 07:30


Éditions : Grasset
Parution: 2013
346 pages
19 €
Estimation : 4,5 / 5
Qui est vraiment cet ermite Nikodime au tempérament tourmenté et au passé inconnu ? En  1937 les bolcheviques pillent les églises et exterminent prêtres et moines. Après avoir recueilli une douzaine de rescapés,   Nikodime crée " la confrérie des moines volants"  qui se donne pour mission  de sauver les trésors d'art sacré encore épargnés . L'intérêt du livre va au-delà de cette initiative courageuse qui fit de Nikodime un grand martyre orthodoxe. Car deux générations plus tard un dénommé Mathias Marceau fait des découvertes inattendues au décès de son père dont il ignore tout. Pourquoi celui-ci ne lui a jamais dit qu'il était orthodoxe, qu'il peignait des icônes et les envoyait  au père   Ashrakoff pour la réouverture des églises russes, et d'où venaient ses mains épaisses  et rugueuses , lui le fin ébéniste? Tandis que  le lecteur y reconnaît celles du rustre Nikodime, Mathias va découvrir le secret de sa grand-mère qu'il n'a jamais connue et surtout la cachette des trésors sauvés par la confrérie. Mais , comme Nikodime lui-même, l'URSS des années 2000 n'a pas envie de déterrer un passé qu'elle s'efforce d'oublier.  Mathias , le petit photographe de mode française , et Ashrakoff, l'humble prêtre sans autre ambition que d'aider ses proches, sauront-t-réagir pour mettre au grand jour les crimes dont personne ne se veut responsable?  Livre magnifique sur le rachat du  péché, seule porte ouverte à la rédemption.
Brigitte Clavel Delsol 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 14:42

Editions Albin Michel

Parution : Mai 2013

393 pages

21,90 €

 

Dans « Le palimpseste d’Archimède » comme dans tous ses romans  Eliette Abécassis laisse déferler autant son imagination que son érudition. Une suite de crimes  est l’occasion pour  le narrateur Joachim, jeune normalien, de découvrir un  monde de rites antiques dont la pratique est de sacrifier des humains. Bien vite il s’aperçoit que la cause première de cette tuerie en série de deux  professeurs  de la rue d’Ulm et d’un de ses amis  est  un vieux codex authentique qui  serait le palimpseste d’Archimède. Cette recherche de la vérité n’est  autre pour Eliette Abécassis qu’une occasion de relancer l’éternel débat entre déistes et rationalistes, entre obscurantistes et fanatiques. Le lecteur est emporté dans un courant d’évènements aussi bien historiques que fictifs qui font que du début à la fin du roman il espère un dénouement plus métaphysique que policier. Le criminel est bien trouvé, mais la Vérité, elle, reste dans  tout son mystère initial… Livre distrayant et passionnant grâce au style d’ Eliette Abécassis qui sait mener de paire intrigues et philosophies. Il est cependant regrettable que celle-ci manque trop souvent d’impartialité à l’égard de la religion chrétienne, tout spécialement des moines du Moyen-Age et de la congrégation des Jésuites, sans parler des Croisés…

B Clavel Delsol

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 14:53

Editions : Albin Michel

Parution : Septembre 2013

437 pages

21,50 €

« Tout l’amour de nos pères » n ‘est autre qu’un hommage supplémentaire de la part de C. Signol à ce Périgord Noir auquel il est si attaché. Littérature populaire peut-être, mais récit authentique de plus d’un siècle de guerres successives où la province profonde sacrifiait ses fils pour l’honneur de la patrie et souffrait en silence d’être un coin trop souvent oublié, sauf par les guerres et les maladies. Ecrit sous forme de journal intime par les quatre générations successives de la famille Marsac, ce roman raconte les combats successifs que celle-ci mena pour servir ses compatriotes autant par les armes que par la médecine. Ludivine parviendra-t-elle à échapper au sort de cette cruelle condition humaine, même si elle se donne autant de mal que ses ancêtres ? Roman aussi plaisant à lire qu’instructif : « l’amour de nos pères » est seul à pouvoir faire croire en l’humanité. Et à la question inévitable : « qui gouverne réellement nos vies ? », la réponse coule de source à travers une jolie écriture sans prétention, mais pleine de finesse dans les sentiments, de volonté dans le devoir et d’émerveillement dans les plus petites choses car « on ne combat la mort que par la vie ».

Brigitte Clavel Delsol

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 10:12

 

Editions : Bayard

Parution : 2013

104 pages

13 €

 

 

Jamais un livre sur la foi ne fut plus empli de tant de simplicité. Et pourtant l’auteur est un intellectuel qui a étudié toutes les religions, un esthète auquel la beauté est indispensable pour transcender l’existence, un acteur qui a joué avec les plus grandes célébrités du cinéma et du théâtre. Son but : partager la foi qui l’anime, la rendre accessible à tous, offrir la recette unique du vrai bonheur, sans prétention aucune et qui peut même se résumer à une seule phrase (ce qu’on appelle savamment « l’hésychasme ») et finir par « oxygéner » l’âme. Michal Londsale n’hésite pas à citer l’importance du  « Notre Père », prière collective où le pardon tient une grande place. Car sans la réconciliation avec les autres comme  avec soi-même, il est impossible d’aimer. Un « cancer de l’âme » peut ronger toute une vie et faire passer à côté de l’Essentiel, de Celui qui  aime…

Brigitte Clavel Delsol

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 06:14


 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Février 2013

374 pages

20,90 €

 

Tout, dans ce roman, semble contribuer à montrer la nature humaine sous son côté le plus sombre.  En Juillet 45, après avoir beaucoup souffert de l’Occupation,  la narratrice, Gabrielle Magne, retrouve son village natal au cœur de la Provence. La  chaleur accablante n’est autre que le reflet de l’atmosphère qu’elle y trouve : une mère anormalement acariâtre,  des villageois méfiants, et surtout un silence pesant au sujet de l’assassinat de la famille Roccetti qu’elle avait tant aimée. Si l’enfance et la guerre n’ont pas épargné Gabrielle, la Libération n’a pas ménagé ceux auxquels elle avait donné son affection et les héros de la Résistance finissent par apparaître plus monstrueux que courageux. Fragilisée à l’extrême et lassée de tout, la seule raison de vivre de Gabrielle est le mystère qui entoure ce crime familial. Si le roman prend une allure d’énigme  policière, le lecteur assiste à une quête de la vérité où la protagoniste est prête à tout accepter. La  guerre n’est autre qu’un prétexte pour assouvir les mauvais instincts et laisse derrière elle « un dégoût des choses et des gens ». Ainsi en voulant élucider un massacre injustifié, Gabrielle  découvre la vérité qui habite chacun : sous prétexte d’agir au nom de la liberté, l’homme se permet tout, jusqu’à changer d’identité, éliminer les gênants, accuser sans preuves, camoufler le déshonneur, et ignorer « le prix d’une vie ». Mais le style d’Emma Locatelli est si beau qu’il métamorphose la désillusion en prise de conscience, seul chemin menant à la maturité.

Brigitte Clavel Delsol

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 16:23
Editions : Stock
Parution : Octobre 2013
215 pages
19,50 €


Les deux raisons essentielles  pour ne pas passer sous silence "L'identité malheureuse" d'Alain Finkielkraut se retrouvent précisément dans le titre: le désir permanent  du"vivre-ensemble"  engendre  une "identité" qui se révèle bien "malheureuse". A force de penser qu'on vit " dans un système" irréversible, c'est nous qui le créons. Une génération de bobos profiteurs d'un Etat Providence, d'idéalistes égalitaires et d'intellectuels démagogues, fait que nos contemporains de nationalités mélangées  refusent toutes règles qu'elles soient morales, sociales ou nationales. Subjectivité et liberté effacent peu à peu le civilisé réalisé par nos ancêtres, rompent avec le passé, éradiquent le nationalisme et finissent par tomber dans une  repentance  sans retour, où le soi se perd dans " l'Autre"  et dans une totale désidentification.  A. Finkielkraut reconnaît néanmoins la nécessité du multiculturalisme, car plus que les démons de l'universel, ce sont les démons de l'identité qui nous hantent et nous annihilent.Et si ce livre avait tout simplement pour vocation de rappeler que l'accueil de l'autre ne suppose pas le reniement de soi-même, tout au contraire ?
Brigitte Clavel Delsol 
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