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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 11:42
                                     « Citizen Miro    Une histoire de famille » par Estelle MIRONESCO

                                     « Citizen Miro    Une histoire de famille » par Estelle MIRONESCO

 

Editions : Lumen Bio

Parution : 2016

170 pages 

 

L'exil politique est un thème littéraire inlassable que l’auteure  aborde avec originalité en laissant la parole à plusieurs membres de la famille Mironesco meurtrie par la dictature de Ceaucescu.  Ce recueil de souvenirs authentiques de la Roumanie  communiste est  imprégné de tendresse et de reconnaissance pour des parents  héroïques qui surent déjouer avec courage  la surveillance de la Securitate, mais aussi d’une infinie tristesse  devant les purges, les confiscations des propriétés, les restrictions de liberté, les suppressions de postes professionnels. Un départ  clandestin  sera la seule possibilité d’échapper à cet enfer et un long et dur  voyage leur permettra d’atteindre miraculeusement la  France. Mais un miracle se mérite et si les Mironesco y parviennent c’est grâce à une éducation empreinte de culture et du sens de l’honneur. Mais qui est Estelle Mironesco, l’auteure dont le nom n’apparaît pas dans l’arbre généalogique dressé à la fin du livre ? C’est tout à fait incidemment qu’on découvre qu’elle est l’épouse française sympathique (dans le sens étymologique du mot)  d’Alexandre, le protagoniste qui dès son enfance suspecte à travers le silence de ses parents  le danger qui les guette,  cette étiquette d’ « ennemis du peuple » attribuée aux dissidents qui  doivent être supprimés d’office. Le but d’Estelle Mironesco est simple : témoin directe de tant de souffrances elle veut donner impérativement à la jeunesse occidentale  une leçon d’Histoire. Si les Mironesco ont rapatrié en France  leurs sépultures familiales, ils n’abandonnent pas leurs compatriotes et tremblent d’effroi quand ils voient le parti communiste français accéder au gouvernement de Mitterrand. Ainsi ils demeurent loin de leur terre natale  mais unis  dans cette volonté de clamer la vérité.

B. Clavel Delsol

 

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 14:42
"La liberté et la mort" par Nikos Kazantzaki

« La liberté et la mort » par Nikos Kazantzaki

 

 

 

Editions : Cambourakis

Parution : 2016

Imprimé en Bulgarie par PULSIO

603 pages

25 €

 

 

Incontournable pour les amoureux de la Crète, ce roman est un creuset de souvenirs ancestraux, où la réalité des évènements des années 1880 est le reflet  de l’âme crétoise, l’écho d’un   patriotisme exacerbé dû à l’occupation turque depuis deux siècles. La petite ville de Candie résume à elle seule cette atmosphère bouillonnante de passion pour la liberté nationale. Tout est prétexte  à allumer le feu qui couve.  Un sentiment d’orgueil incite à la provocation, l’esprit de  vengeance et le  sens de l’honneur se confondent et font  perdre la raison aux Crétois comme aux Turcs. La force physique  du capétan Michel, son autorité naturelle et sa sensualité débordante effrayent certains, mais séduisent d’autres. Car rien ne fait peur à ce « fauve » capable de conquérir la femme de son rival, de gaver de porc et d’alcool des amis musulmans en plein Carême chrétien, de mettre à sac, juché sur son cheval, le café turc  des Trois-Arcades pour venger son frère qui a blasphémé en faisant rentrer un âne dans la mosquée ! Le sang se lavant  avec le sang, s’ensuit une querelle meurtrière jusqu’en haut des montagnes. Mais pourquoi le capétan Michel est-il mystérieusement absent pendant le siège du beau monastère ? Dieu changerait-il de religion ?  Les insoumis seraient-ils désormais remplacés par de pauvres intellectuels européanisés ? Sous l’œil attentif du centenaire capétan Sifakas, plein d’expériences guerrières, les actes héroïques ne cessent de se multiplier : jeunes ou vétérans, femmes dociles ou guerrières, moines ou maîtres d’école, joueurs de lyra ou manipulateurs d’épées, tous remplissent leur vocation qui n’est pas de tuer mais de gagner la liberté. Ainsi en servant leur pays, ils inspirent à Nikos Kazantzaki une épopée historique exaltante en même temps qu’un philosophie sublime. Livre magnifique qui dépeint la Crète dans toute sa féerie.

Brigitte Clavel Delsol

 

 

 

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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 16:24
« Le génie du Christianisme » par François-René de Chateaubriand

« Le génie du Christianisme »

 

Editions :  L'ACCOLADE

Imprimé aux Etats-Unis Juillet 2016

812 pages

 

Comment inciter à la lecture d’un ouvrage de près de deux siècles d’ancienneté avec au surplus un titre qui pourrait paraître provocateur si ce n’est en évoquant la beauté pleine de simplicité du style de F-R de Chateaubriand, sa culture étonnante et sa générosité? Car au lieu de s’éloigner des hommes par tant de savoir et de réflexion, il se met au service de l’humanité qui selon lui  ne doit ignorer rien de ce qui l’a précédée et de ce qui va lui succéder. Admirateur du paganisme, il accuse néanmoins de froideur le héros antique comparé au chevalier chrétien et de barbarie les rites sacrificiels  du polythéisme. Son  souci n’est pas de  prouver la vérité du christianisme dont se sont moqués les Encyclopédistes et que la Révolution a voulu éradiquer. Il veut simplement mettre en garde   contre le positivisme   et redonner vie à une religion  toute poétique et chaleureuse. Contemplateur né, il subjugue par ses descriptions d’une nature toute en harmonie d’où découlent la cause première et la finalité du Créateur, il élucide  le mystère  des lois naturelles comme celui des rites et des sacrements. Il révèle un Dieu amoureux de la liberté, proclame évidente la divinité  de Celui qui s’est fait le défenseur des plus faibles. Il perçoit dans le désir d’éternité qui torture l’homme l’essence même de l’âme. Il voit dans le serment  l’apaisement des passions et des doutes, et l'éternel humain dans la concomitance des fêtes païennes et des cérémonies religieuses. Par son style enchanteur entrecoupé d’extraits des écrits les plus nobles et de témoignages bouleversants, Chateaubriand séduit. Ses arguments peuvent paraître naïfs, mais son but est atteint : il redonne à la littérature française un esprit religieux plein  d’espérance. Un livre que tout le monde devrait lire car il est celui d’un honnête homme  empli  de foi dans la vie, le meilleur des anxiolytiques. B.C.D.

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 14:36
« Dans la paix des saisons » par Christian Signol

« Dans la paix des saisons » par Christian Signol

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2016

245 pages

19 €

 

 

A l’heure du déclin du monde et de celui de l’âge, l’écrivain du terroir apporte un onguent plein de parfums oubliés. Les plantes odorantes abondent, enivrent le lecteur autant que Matthieu revenu dans la maison des ses grands-parents  suite à un grave cancer. S’en suit une convalescence où le dynamisme de ces deux paysans, qui se sont toujours battus pour subsister, redonne peu à peu  à leur petit-fils le  goût de la vie.  Le lecteur ressent ce même bien-être et surtout cette même confiance dans une  nature toujours renouvelée et en même temps toujours pareille. Ce sont les mêmes acacias d’autrefois  qui agrémentent les beignets d’aujourd’hui, les mêmes poissons de rivière qui procurent les repas du soir, la même exigence de l’effort qui procure la joie du travail. Alors pourquoi avoir choisi une vie urbaine? A ce dilemme de Matthieu s’ajoute un sentiment  honteux  de trahison  et de culpabilité. Car venir se ressourcer chez ce  vieux couple,  sans rien n' avoir à lui offrir en retour, si ce n’est son abattement physique, contrarie le convalescent. Celui-ci finira-t-il par retrouver les passions bucoliques de son enfance grâce à la bienveillance de ses hôtes? Les campagnards de Christian Signol font  penser à ceux de Giono dont la biographe Claudine Chonez loue   "l’autorité insolite qui n’a rien de fantastique :  ils sont seulement ceux qui en savent plus long sur les lois de la nature et de l’âme"… Très joli livre recommandé aux citadins en manque de nature et poésie...  B.C.D.

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 17:01
« Les étoiles s’éteignent à l’aube »  par Richard Wagamese

« Les étoiles s’éteignent à l’aube »  par Richard Wagamese

 

 

Editions : Zoé, 2016

Editions: Poche 2017

308 pages

 

Richard Wagamese en écrivant ce livre offre un  aperçu très réaliste de la Colombie–Britannique à l’extrémité ouest du Canada dans les années 1950. Entre l’Océan pacifique et les Montagnes Rocheuses, la terre  révèle son âpreté et les boulots saisonniers à la ville papetière de Parson’s Gap ne suffisent pas à combler la pauvreté.  Alors Eldon Starlight s’enrôle dans la guerre de Corée, croyant échapper ainsi à un sort trop dur. Mais le retour est plus dur encore et, pour oublier  les terribles épreuves subies, il s’autodétruit en s’imbibant d’alcool. Heureusement  un « vieil homme », dont le nom ne sera révélé qu’à la fin de ce joli roman, prend en charge Franklin, le fils d’Eldon,  et lui apprend les secrets de la nature et les bonheurs d’une vie simple. C’est dans la  beauté des grands espaces  que s’apaisent la douleur et  le désespoir du jeune Franklin jusqu’au jour où  son père lui demande de l’accompagner dans sa dernière demeure pour être enterré comme ses aïeux indiens. Une longue montée dans la montagne a lieu, où la souffrance physique du  père extirpe la honte de son passé en racontant à l’enfant ce qu’il n’a jamais osé avouer à personne. Le silence se rompt,  un vulgaire argot plein de sincères remords s’oppose aux froides réparties de Frank qui se transforment peu à peu en une infinie tendresse. Un bel ouvrage  où deux sang-mêlé finissent par découvrir la beauté de l’aube qui se lève sur l’Amérique. B.C.D.

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 13:50
« Puccini l’aimait » par Brigitte HOOL

« Puccini l’aimait » par Brigitte HOOL

 

 

Editions : L’Âge d’Homme

Imprimé par PULSIO à Sofia, Bulgarie

Parution : Juin 2016

277pages

18 €

 

Brigitte Hool est une Soprano reconnue qui aime chanter Puccini et c’est de cette  musique dont se nourrit son premier livre. Car plus que les amours de Puccini, c’est la source d’inspiration du maestro qu’elle a plaisir à sonder, son  mélange d’innocence et de  savoir,  semblable à ceux de la petite Doria qui l’aima comme une créature peut aimer son créateur.   Dans la « Bohême »  c’est Puccini que B. Hool retrouve en  Colline. Celle-ci feint de  pleurer un manteau lors de la mort d’une amie, comme le musicien pleure sa carrière lors de l’agonie de Doria : « Ruiné. Je suis ruiné. Je suis fini. » Ainsi la biographe révèle un homme  qui veut dissimuler à tout prix  ses sentiments profonds. « Cette pudeur c’est toi », s’entendra dire Puccini par son amie  Sybil  « toujours un humain qui rampe ….même ton Scarpia n’est pas haïssable ». La jalousie obsessionnelle de Floria Tosca est  celle d'Elvira, épouse de Puccini. Et comment ne pas reconnaître celui-ci  dans l’hymne à la liberté de  Cavaradossi ? Car s’il refuse de parler politique avec des hommes sans cœur, il pleure profondément la misère du peuple. Et quand le drame familial survient, c’est le désarroi total de  Johnson dans la pièce « Fanciulla del West » qui transperce : « je ne sais plus bien qui je suis ». Si un temps  la musique  est résilience avec Minnie qui représente la femme de caractère  du Nouveau Monde, libre, sans préjugés bourgeois et plein d’optimisme, « Turandot », la toute dernière œuvre, est fidèle à Doria, la toute sainte : « …avant l’aube je fermerai les yeux, fatiguée …» . Cette biographie de B. Hool est  un véritable opéra. En  dépassant   le triangle amoureux, elle  perce un secret des plus inattendus et permet  une meilleure compréhension des œuvres de ce musicien trop aimé des femmes... B.C.D.

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 09:04

 

 

North Star & Médusa Editions

Parution : 2016

426 pages

15 €

 

 

La série télévisée « The Reign » consacrée à   Marie Stuart incite le néophyte à élucider le mystère qui ne cessa d’entourer cette reine catholique. Quoi de mieux que la biographie publiée en 1935 par Stefan Zweig, toujours soucieux d’approcher au plus près la vérité  sans jamais négliger le beau style littéraire qui lui est propre? Stefan Zweig discerne deux périodes bien distinctes dans la vie  de Marie Stuart. D’abord   la petite fille bénie du ciel née bientôt avec deux couronnes sur la tête, celle d’Ecosse et  celle de France. Puis il y a la jeune veuve inconsolable de François II qui perd son titre royal  au profit de Catherine de Médicis et rentre en Ecosse où le mauvais sort s’acharne contre elle.  Jamais elle ne cèdera devant ses ennemis qui ne sont autres que les membres les plus illustres de sa famille, tous partisans de la Réforme, dont H. Darnley le prince consort son époux, sa cousine Elisabeth reine d’Angleterre et son demi-frère lord Murray. Stefan Zweig, l’historien, laisse alors  place au psychologue. Forte en apparence mais d’une grande fragilité, Marie Stuart s’accroche aveuglément à  son ministre des armées lord Bothwell appâté par le pouvoir comme le seront  Norfolk et bien d’autres. L’échec de la conspiration menée par sir Anthony Babington contre la reine Elisabeth sonne le glas : Marie Stuart n’a plus qu’à prier Dieu avant de mourir décapitée. Stefan Zweig achève sa biographie sans oublier de dépeindre  la peur  de l’exécutante bien plus grande que celle de l’exécutée. Sainte et martyre pour les catholiques, folle intrigante et criminelle pour les protestants, Marie Stuart, vaincue mais invincible,  ne peut être comprise que par le  poète qu' elle inspira  dans sa tragédie de Macbeth ...

 

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 10:41

Editions : ZOE

Parution : 2016

139 pages

6,10 €

 

 

  Un petit chef d’œuvre autant par sa forme que par sa pensée qui redonne le moral quand rien ne va plus. Il ne s’agit pas d’une fuite de la civilisation, mais plutôt d’un recul, d’un silence nécessaire à sa compréhension, d’une solitude qui rend précieuses chaque rencontre et découverte.  Paolo Cognetti fait part de cette expérience en toute humilité, sans hésiter à citer de nombreux poètes qui ont trouvé  refuge dans la montagne et à reconnaître l’instruction et la sagesse de ceux qui l’habitent. Il part dans le Val d’Aoste de son enfance, avec ses neiges de printemps, ses rhododendrons  couleur du feu et ses vieilles ruines de pierre, là où l’homme s’est toujours battu pour survivre avant d’abandonner les alpages aux pistes de ski. Le feu de la Saint-Pierre  insinue la présence de Dieu dans ces coins reculés, comme les vieilles « baita » exhalent la présence des ancêtres disparus et les borne-frontières la fuite des exilés politiques. Ainsi avance Paolo Cognetti  « sur le  fil entre les deux vallées de (s)a vie » tout en poussant le lecteur sur cette même crête, d’où s’élève inévitablement  un chant d’amour pour la création et ses habitants.  Livre magnifique, prélude à  son nouveau roman « Les huit montagnes » paru chez Stock cet été.

B.C.D.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 07:37

« Et je danse aussi »  par A-L Bondoux et J-C Mourlevat

 

Parution : Février 2016

Edition : Pocket

311 pages

 

La vie conjugale de l’écrivain Pierre-Marie Sotto est un désastre et son inspiration pour un nouveau roman lui fait défaut. Que contient ce paquet envoyé par une de ses lectrices ? P-M Sotto n’a pas l’habitude de correspondre avec ses admiratrices, mais Adeline Parmelan n’est pas comme les autres. Le courrier qu’elle lui adresse   est plein d’humour et de bon sens  et Sotto va sentir le besoin d’échanger avec elle  en toute franchise.  Leur style est spontané et  jovial, et les confidences  auto-dérisoires   finissent  par tisser un lien de complicité. Qui est cette Adeline qui le comprend, qui l’aguiche et le stimule tout à la fois ? Pourtant elle ne lui cache ni son physique ingrat, ni ses déboires amoureux, ni sa solitude, ni la  fermeture de son cabinet. Mais à  la différence du Prix Goncourt, elle chante, elle danse aussi. Elle était « consultante en tout et n’importe quoi » : « ce qui comptait, c’est que les gens sortaient de chez moi avec le sourire ». Si ce célèbre écrivain souffre de blessures qui ne se referment pas, seuls les mots pourront le sauver. « Pour soigner le mal, il faut le nommer, non ? ». Alors Adeline n’ira pas de main morte !  Seules des lettres mystérieuses vont  réaliser  ce que Sotto ne parvient plus à faire, « changer du plomb en or »… Livre original, avec des passages très drôles et d’autres très touchants.

B.C.D.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 20:30

Editions : GALLIMARD
Parution: Septembre 2016
175 pages
17,50 €

Estimation : 4,75 / 5 

Cinq voix venues de Mayotte suffisent à transformer  ce roman magnifique en un témoignage aussi réaliste que tragique. Cinq points de vue différents mais convergents vers le même désespoir. Malgré tout l'amour maternel de Marie, Moïse, partagé entre deux cultures, devient la victime de Bruce, chef d'une bande de délinquants. Olivier est un gendarme désespéré et Stéphane un humanitaire déçu. En arrière fond une île de rêve, au parfum d'eucalyptus, bordée par le plus beau lagon du monde. Bénéficiant du statut de département français voté  depuis un récent référendum, Mayotte est l'eldorado des Comoriens, des Malgaches et d'Africains , ce qui finit par transformer ce paradis en un enfer d'insécurité. Natacha Appanah transcrit avec talent ce qu'elle décrypte dans les cœurs et les coutumes, révèle la bonne volonté de certains et l'engrenage de haine dans lequel d'autres s'enfoncent. Mais point de fatalisme dans la trame de son roman. Après toutes les souffrances endurées, Moïse est lucide. Ce n'est pas "du pain et des jeux" dont il a besoin, mais simplement "un objet qui ne soit rien qu'à soi, même si ce n'est qu'une brosse à dents". Ce souhait réalisé par Hernando de Soto en Amérique du Sud sera-t-il entendu à temps à Mayotte ? En tout cas Moïse restera longtemps dans la mémoire du lecteur l'emblème de la misère actuelle où l'absence de propriété et de patrie fait perdre toute espérance et identité.

B. C. D. 

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