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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 09:41

Editions : ZOE

Parution : 2016

139 pages

6,10 €

 

 

  Un petit chef d’œuvre autant par sa forme que par sa pensée qui redonne le moral quand rien ne va plus. Il ne s’agit pas d’une fuite de la civilisation, mais plutôt d’un recul, d’un silence nécessaire à sa compréhension, d’une solitude qui rend précieuses chaque rencontre et découverte.  Paolo Cognetti fait part de cette expérience en toute humilité, sans hésiter à citer de nombreux poètes qui ont trouvé  refuge dans la montagne et à reconnaître l’instruction et la sagesse de ceux qui l’habitent. Il part dans le Val d’Aoste de son enfance, avec ses neiges de printemps, ses rhododendrons  couleur du feu et ses vieilles ruines de pierre, là où l’homme s’est toujours battu pour survivre avant d’abandonner les alpages aux pistes de ski. Le feu de la Saint-Pierre  insinue la présence de Dieu dans ces coins reculés, comme les vieilles « baita » exhalent la présence des ancêtres disparus et les borne-frontières la fuite des exilés politiques. Ainsi avance Paolo Cognetti  « sur le  fil entre les deux vallées de (s)a vie » tout en poussant le lecteur sur cette même crête, d’où s’élève inévitablement  un chant d’amour pour la création et ses habitants.  Livre magnifique, prélude à  son nouveau roman « Les huit montagnes » paru chez Stock cet été.

B.C.D.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:37

« Et je danse aussi »  par A-L Bondoux et J-C Mourlevat

 

Parution : Février 2016

Edition : Pocket

311 pages

 

La vie conjugale de l’écrivain Pierre-Marie Sotto est un désastre et son inspiration pour un nouveau roman lui fait défaut. Que contient ce paquet envoyé par une de ses lectrices ? P-M Sotto n’a pas l’habitude de correspondre avec ses admiratrices, mais Adeline Parmelan n’est pas comme les autres. Le courrier qu’elle lui adresse   est plein d’humour et de bon sens  et Sotto va sentir le besoin d’échanger avec elle  en toute franchise.  Leur style est spontané et  jovial, et les confidences  auto-dérisoires   finissent  par tisser un lien de complicité. Qui est cette Adeline qui le comprend, qui l’aguiche et le stimule tout à la fois ? Pourtant elle ne lui cache ni son physique ingrat, ni ses déboires amoureux, ni sa solitude, ni la  fermeture de son cabinet. Mais à  la différence du Prix Goncourt, elle chante, elle danse aussi. Elle était « consultante en tout et n’importe quoi » : « ce qui comptait, c’est que les gens sortaient de chez moi avec le sourire ». Si ce célèbre écrivain souffre de blessures qui ne se referment pas, seuls les mots pourront le sauver. « Pour soigner le mal, il faut le nommer, non ? ». Alors Adeline n’ira pas de main morte !  Seules des lettres mystérieuses vont  réaliser  ce que Sotto ne parvient plus à faire, « changer du plomb en or »… Livre original, avec des passages très drôles et d’autres très touchants.

B.C.D.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 19:30

Editions : GALLIMARD
Parution: Septembre 2016
175 pages
17,50 €

Estimation : 4,75 / 5 

Cinq voix venues de Mayotte suffisent à transformer  ce roman magnifique en un témoignage aussi réaliste que tragique. Cinq points de vue différents mais convergents vers le même désespoir. Malgré tout l'amour maternel de Marie, Moïse, partagé entre deux cultures, devient la victime de Bruce, chef d'une bande de délinquants. Olivier est un gendarme désespéré et Stéphane un humanitaire déçu. En arrière fond une île de rêve, au parfum d'eucalyptus, bordée par le plus beau lagon du monde. Bénéficiant du statut de département français voté  depuis un récent référendum, Mayotte est l'eldorado des Comoriens, des Malgaches et d'Africains , ce qui finit par transformer ce paradis en un enfer d'insécurité. Natacha Appanah transcrit avec talent ce qu'elle décrypte dans les cœurs et les coutumes, révèle la bonne volonté de certains et l'engrenage de haine dans lequel d'autres s'enfoncent. Mais point de fatalisme dans la trame de son roman. Après toutes les souffrances endurées, Moïse est lucide. Ce n'est pas "du pain et des jeux" dont il a besoin, mais simplement "un objet qui ne soit rien qu'à soi, même si ce n'est qu'une brosse à dents". Ce souhait réalisé par Hernando de Soto en Amérique du Sud sera-t-il entendu à temps à Mayotte ? En tout cas Moïse restera longtemps dans la mémoire du lecteur l'emblème de la misère actuelle où l'absence de propriété et de patrie fait perdre toute espérance et identité.

B. C. D. 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:11

 

 

Editions du ROCHER

Parution : Avril 2016

510 pages

19,90 €

Estimation : 4,5/5

 

Sous l’hilarité  de ce roman perce une peinture sociale bien réaliste! Malgré une grève générale, le comique de situation commence dès la première page par la nécessité d’un abonnement au club de jujitsu, seule solution à Fred Beaumont laissé en "gare divorce"  par une carriériste ! Quand il accepte un job de pigiste dans « Libertas » pour défendre ses convictions libérales sous le pseudonyme de Félix Paquette, il ne donne pas sa démission au « Journal » de gauche, car quand on a un CDI, on s’y accroche ! Alors la sincérité des sentiments de Fred va devoir en permanence lutter pour dissimuler son double jeu. Si, pour une révolutionnaire convaincue comme Audrey, « c’est horrible de coucher avec un mec de droite », pour un journaliste plein de probité intellectuelle c’est encore plus dur de couvrir en même temps plusieurs évènements  pour deux journaux antagonistes! Mais Fred fait face et le lecteur, en tremblant avec cet anti-héros du début à la fin, rit tout autant. Excellent roman satirique où l’auteur tourne en dérision l’aveuglement d’une société, qui sous prétexte de justice sociale, fustige l’esprit d’initiative au profit de bureaucrates neurasthéniques ! Menottés par un Etat qui leur procure tout, y compris le risque zéro, les citoyens ne manquent de rien, sauf de l’essentiel : « l’estime de soi et le respect des autres ». Jusqu’au jour où la dette nationale explose…A travers ce miroir de l’actualité, c’est une tentative de résistance qui s’opère, ou mieux d'espérance, car c'est à toute l'humanité que s'adresse le toast final "A la liberté"! Alors, même ruiné, on est soulagé et on peut sourire...

B. C. D. 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 18:38

Les Editions de Minuit

Parution : Novembre 2016

 239 pages

17 €

2,5/5

 

Skinhead, toxicomane, raciste, Samuel a tout du délinquant mal dans sa peau.  Sibylle, sa mère, veut lui redonner goût à la vie. Une traversée  du Kirghizistan à cheval, loin des contraintes d’une vie bourgeoise, devrait selon elle lui faire oublier le divorce  de ses parents qui l’affecte. Elle l'emmène malgré lui dans les montagnes et  les lacs  de cette terre aride, que l'auteur décrit à merveille avec ses yourtes, ses voleurs de chevaux et ses loups. Mais  cette échappée qui partait d’un bon sentiment de la part de Sibylle a sur elle un effet imprévisible.  Hantée par les échecs de Samuel, ce sont ses propres déceptions qui ressurgissent. Le lecteur assiste à un chassé-croisé  entre mère et fils, où chacun des deux s’observent à la sauvette, Samuel découvrant en Sybille une femme plus qu’une mère, et lui-même apparaissant plus homme qu'enfant. Ce roman est très plaisant de par le voyage original qu’il décrit et le vent de liberté qui le traverse. Mais les multiples répétitions « Samuel , Samuel …» dans la bouche de la mère angoissée rappellent le souffle divin qu’entend le Samuel de la  Bible et laissent présager dès le début les dangers périlleux d’une telle entreprise, alors que la voie de Dieu est si simple …  

B. C. D.

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 15:41

Editions : Albin Michel

Parution : Décembre 2016

288 pages

24 €

Estimation : 3,5/5

 

Au cœur de l’Irlande la nature humaine n’est pas aussi prometteuse que son environnement. Les ragots vont bon train, et le  jeune  Johnsey, employé à la coopérative du village, passe pour un attardé, un lourdeau, un demeuré. Les voyous en font leur souffre-douleur jusqu’à le martyriser. Bien pire,  tout le monde se ligue contre lui ou manoeuvre pour lui extirper ses richesses dont il est à peine conscient. Car une loi  récente vient de rendre constructibles  les terres de ses ancêtres dont jamais il ne se détachera. L’auteur dans sa peinture de la société n’oublie rien, ni la cupidité des uns, ni le dévoiement des autres, ni les mensonges de la presse et de la justice locales. Un seul personnage lucide, un ami providentiel, Dave Charabia, pas plus gâté par la vie que Johnsey, mais qui, comme l’indique son nom, a la chance d’avoir une force de discernement et un franc parler sans pareils.  Quand Johnsey le croit mort, tout se gâte subitement. Son incompréhension des évènements  et ses difficultés d’expression accentuent sa panique  et l’isolent plus que jamais. Que faire face à « la bêtise tapageuse » ? S’enfermer avec un fusil  ou égrener chacun des mois de l’année… L'histoire de ce coeur pur perdu au milieu d'une société marchande offre des passages très variés, certains pleins de poésie, d'autres plutôt grivois et comiques, mais tous pleins de vérité psychologique.
B.C.D.

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 08:42

Editions : Julliard

Parution : Août 2016

295 pages

19,50€

Estimation : 4,5/5

 

C’est plus un tableau moral que pictural de la Havane que nous dépeint Yasmina Khadra. Sans apparaître comme un auteur de littérature engagée, car homme trop subtile et délicat, il dévoile à travers ce roman les conséquences matérielles et psychologiques engendrées par un État qui possède tout, gère tout, jusqu'à la vie privée des hommes, leur ôtant délibérément toute responsabilité et esprit d’initiative. Malgré le charme exotique de cette île pittoresque, les flots de la mer contre le béton du rivage résonnent comme la souffrance pérenne des Cubains. Car ceux-ci se cognent contre une misère incontournable si ce n’est par le son des trompettes et le bienfait de l'alcool et de la rumba. Le jour où l'Etat décide de se passer de la voix du célèbre don Fuego qui chante depuis trente-cinq ans au « Buena Vista », ancien palace rebaptisé en café pour la bonne cause prolétarienne,  l‘insouciance de celui-ci se transforme en colère avant de sombrer dans un désespoir sans retour. L’auteur décrit à merveille l’angoisse exacerbée de la vieillesse qui s'ajoute aux innombrables déceptions de la vie. Rien pour se reconstruire, pas même la foi en Dieu chassé au profit d’une idéologie politique. Jusqu’au moment où don Fuego, croyant au bonheur retrouvé, découvre avec horreur la nature humaine dénaturée par tant de pauvreté et qui fait des uns des moutons de Panurge et des autres des loups sanguinaires. Livre magnifique qui prouve une fois encore que le roman recèle plein de vérité.

B. C. D.

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 14:08

 

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2016

286 pages

19,50 €

 

Qui n’a jamais eu envie d’écrire un livre, de surmonter l’angoisse de la page blanche et refouler l’orgueil blessé par le sentiment d’être « un écrivain raté »? C’est cette empathie qui inspire "Le mystèreHenri Pick" à David Foenkinos. Dans le petit village breton de Crozon se trouve une «bibliothèque de livres refusés». Delphine Despero, dynamique éditrice dans le monde littéraire, y entraîne Frédéric, l’homme qu’elle aime, avec la même compassion que l’auteur ressent pour « les orphelins de l’édition ». Car Frédéric a écrit un livre intitulé « La Baignoire » malheureusement écarté de toute publication. Les deux amoureux ne se rendent pas compte du comique de situation, allant jusqu’à oublier « La Baignoire » pour se plonger passionnément dans un livre intitulé « Les Dernières Heures d’une histoire d’amour » qui grâce à Delphine va devenir un succès national. Mais avant, il faut retrouver l’auteur, un habitant de Crozon dénommé Henri Pick. L’enquête sera longue, énigmatique et suscitera plein d’évènements imprévisibles. Comment un fabricant de pizzas peut-il se révéler plus talentueux que Frédéric ? Comment Rouche le journaliste peut-il mieux que Delphine juger du niveau et de l’origine de l’ouvrage? Pourquoi la bibliothécaire est-elle partie ? Pourquoi la jeune éditrice craint-elle pour sa carrière ? Autant d’émois causés par le succès d’un livre qui font que David Foenkinos parvient à maîtriser tout à la fois littérature, enquête et portraits réalistes, même si les Crozonais eux n’y parviennent pas ! Histoire amusante, joliment écrite et tout à fait représentative de notre époque!

 

B.C.D

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 21:47

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2016

356 pages

21 €

Estimation 4/5

 

Qui est cette Ada au prénom digne de celui des héroïnes de Pierre Benoit que l’inspecteur Frank Logan doit retrouver à tout prix ? Elle possède un champ immense de connaissances littéraires, a toutes les capacités pour comprendre et polémiquer, voire publier un roman, mais son style comme ses sentiments sont d’un piètre niveau. En fait Ada n’est autre qu’une intelligence artificielle programmée par des ingénieurs de la Silicon Valley auxquels elle a échappé. Quand l’inspecteur Logan, chargé d’enquêtes pour personnes disparues, découvre la nature d’Ada et ses capacités à dépasser sa programmation formatée, un énorme cas de conscience s’impose à lui : devra-t-il la livrer à ses concepteurs et laisser ainsi la technologie gérer le monde? Dans cette fresque à la fois surréaliste et amusante, l’auteur n’a rien oublié : la beauté des haïkus et de l'histoire d’amour de Frank contraste avec la pauvreté d’une littérature industrielle et d’un sexisme commercial, l’esprit créatif des uns s’oppose à l’arrivisme magouilleur des autres, et les puissances capitalistes américaines ne font pas oublier la misère de Cuba. Il ne s’agit ici ni d’un roman-fiction ni d’un roman-policier, mais plutôt d’une réflexion burlesque sur la robotique dans un cadre finalement bien vraisemblable, qui plaira autant aux lecteurs technophobes qu’aux technophiles.

B.C.D

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 13:52

 

 

Editions : Flammarion

Parution : Août 2016

427 pages

21 €

Estimation : 4/5

 

Aurore symbolise parfaitement la femme d’aujourd’hui, dirigeante d’une petite entreprise en difficulté, mère de deux enfants si ce n’est trois avec le fils de son mari, homme d’affaires brillant. Tout accable Aurore, la trahison de son associé, l’absence comme la réussite de son mari, si bien que le croassement des corbeaux dans la cour de son immeuble comme le bruit des enfants dans son bel appartement deviennent son obsession. L’élégante bourgeoise devient « femme aux abois », perd l’équilibre et tombe dans les bras de Ludovic, paysan d’origine à l’apparence inébranlable, prêt à perdre son âme pour la femme qu’il aime dans ce Paris inhumain et l’impitoyable monde des affaires. Tout les oppose et c’est ce qui les rapproche. Très joli scénario auquel s’ajoute une excellente étude sociologique et psychologique qui a mérité le Prix Interallié 2016. Sans parler des descriptions parfaitement romantiques où chacun des paysages environnants est le reflet des sentiments du moment. Livre qui, comme cette aventure amoureuse, est une magnifique « spirale aspirante ». Le lecteur comme les protagonistes ne savent plus de quel amour il s’agit : amour désintéressé ou amour empoisonné ? Jusqu’à ce qu’ au « j’assume tout » de l’un , l’autre réponde « repose toi sur moi », tendres recommandations mutuelles qui font de cette histoire une allégorie, celle du bonheur procuré par le sentiment d’être utile à ceux qu’on aime…

B.C.D

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