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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 14:12
« OPUS 77 »  par Alexis RAGOUNEAU  

« OPUS 77 »  par Alexis RAGOUNEAU  

 

 

Publication :  2019

Editions : Viviane Hamy 

Le Livre de Poche 2021

256 pages

 

 

C’est un exploit stylistique que réalise Alexis Ragouneau dans ce roman où résonnent du début à la fin  les différents  tempos musicaux de l’« Opus 77 » de Chostakovitch, compositeur partagé sous  la dictature soviétique entre soumission et révolte. La protagoniste  du roman,  célèbre pianiste dénommée Ariane,  souffre de l’autoritarisme de son vieux père Claessens,  chef d’orchestre à l’exigence assassine qui tue à petit feu les talents de son jeune frère David,   violoniste prodigieux.  Le livre du début à la fin   transpose en phrases spontanées cette musique où soumission et révolte  deviennent détestation et  folie.  Tandis que le « Nocturne » résonne  de toute la tristesse due à l’enterrement de Claessens, le  « Scherzo »  se déchaîne de façon hystérique : la réussite  est pour  Claessens devenue obsessionnelle à tel point que les souvenirs d’enfance  assaillent Ariane et élucident l’incompréhensible. La  « Passacaille » est le cœur de l’œuvre : David vaincu dépose son violon et s’enfonce dans un monde intérieur, tandis qu’Ariane s’envole  au son de notes de piano toujours plus folles, jusqu’à ce que  la « Cadence » laisse entrevoir l’espoir dans  la rencontre du vieil arménien Krikorian, maître spirituel  du frère et de la sœur désemparés.  S’ensuit le « Burlesque », chapitre fou qui déroute mais réconcilie miraculeusement l’art et la vie, la jeunesse et la vieillesse,  la discipline et la confiance en soi. Livre très original qui touche par sa pédagogie,  son souci de créativité et surtout son analyse du cœur humain, fragile et fort tour à tour quand il est sous l'emprise de la tyrannie …


B Clavel Delsol

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 09:36
« BORGO VECCHIO  »  par Giosuè CALACIURA

« BORGO VECCHIO  »  par Giosuè CALACIURA

 

Editions : NOTAB/LIA

Parution : Août 2019

150 pages

16 €

 

 

Une fois entré dans  Borgo Vecchio à la périphérie de Palerme, où l’imaginaire vient dédramatiser la pauvreté  , on ne peut plus quitter ce quartier. Ses ruelles étroites renferment  des secrets graves, inaudibles, que l’auteur allège avec  humour. La violence, la prostitution, le vol et la lâcheté du silence  n’excluent pas  de nobles  sentiments. Une amitié profonde entre  deux jeunes garçons  se développe   face à la cruauté d’un père ivrogne et à la malhonnêteté sans vergogne de l’autre.  Mimmo et Cristofaro reportent toute leur affection sur un pauvre cheval de course exploité, leur amour sur Céleste enfermée par tous les temps sur un balcon, et  leur admiration sur un  pickpocket qui fait fi de la police comme des non-dits. Sans révéler la fin de ce récit à rebondissements qui a plus du conte philosophique  que du roman, où la fête  de la  sainte patronne du quartier devrait sanctifier l’union de la   femme déchue et le voyou, il est aisé de deviner que l’auteur parvient à transformer l’abject en une poésie irrésistible avec des phrases aussi tortueuses et animées que les rues de Borgo Vecchio d’où l’espoir n’est pas entièrement exclu. Cette littérature typiquement italienne offre un style très vivant qui déguise  la dérision en mascarades, certes rebelles, mais combien touchantes et inoubliables…

Brigitte Clavel Delsol

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 10:32
« Rhapsodie italienne » par Jean-Pierre CABANES

« Rhapsodie italienne » par Jean-Pierre CABANES

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Octobre 2019

726 pages

 22,9O  €

 

 

Le propre même d’une rhapsodie  musicale est sa forme libre et son thème populaire. C’est précisément ce dont J-P Cabanes  fait preuve  dans cette fresque  italienne du début du XXème siècle où cohabitent une  indépendance d’esprit des plus romanesques et un souci constant de vérité historique. Le style est vivant, entrecoupé de dialecte et de descriptions inoubliables. Le lecteur découvre un petit caporal dans   les tranchées lors de la guerre contre l’Autriche qui deviendra   Duce avant de déserter comme un voleur.  Il fait des allers retours entre  les riches  salons  de  Rome ou Vérone  tout en en passant par  les paysages de la Sicile brûlés de passions amoureuses et mafieuses.  Les  protagonistes,  à la fois  réels  et romancés, reflètent à merveille l’état d’esprit de ces arditi qui  passent du patriotisme le plus sincère à une obsession nationaliste où légalisme et illégalisme se succèdent  selon les circonstances et le bon vouloir de Mussolini. Si l’intérêt du livre réside dans le déroulement  d’un fascisme qui se révèle de plus en plus dictatorial,  c’est le tempérament italien qui domine,  dont la règle est «  l’honneur, le silence et la vengeance ». Sans doute est-ce l’origine des liens indéfectibles entre  Lorenzo Mori  de  la haute bourgeoisie, héros de quatre guerres qui finira général et préfet de Sicile,  et Nino Carderonne chef de la mafia sicilienne, deux frères d’armes que tout sépare mais que le destin ne cesse de réunir. Car Dieu hante l’Italie, tout le monde s’arrange avec Lui, que ce soit le Duce ou la Causa Nostra …Mais le diable aussi est de la partie, Lorenzo ne cesse de s’en rendre compte : le fascisme ne se résume pas à l’huile de ricin… Le Duce est sans pitié pour ceux qui le lâchent à la dernière séance du Grand Conseil .  Et si Lorenzo demeure le héros du livre c’est grâce à sa  fidélité à ceux qu’il aime et sa liberté de penser face aux  dogmes politiques. Livre conseillé à tous les amoureux de l'Histoire et de l’Italie.

B. Clavel Delsol

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:02
          « Le cœur battant du monde » par Sébastien Spitzer

          « Le cœur battant du monde » par Sébastien Spitzer

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2019

441 pages

21,90 €

 

« Regarder les hommes dans leur vie réelle »  tel est sans doute le précepte instigateur de Karl Marx qui inspira à Sébastien Spitzer ce beau livre dont la trame est précisément  la célèbre amitié de Karl Marx et Friedrich Engels. Et c’est en se penchant sur  les faits et gestes quotidiens de ces deux hommes  d’origine allemande, exilés à Londres pour cause de rébellions, que Sébastien Spitzer y décèle tout les travers  du cœur humain.  En  voulant explorer cette amitié dont profite Karl Marx avec la plus grande des ingratitudes, l’auteur s’enfonce dans l’ère victorienne comme dans la complexité humaine.  Les  chômeurs  de Londres et les ouvriers du textile  du Lancashire contrastent avec les nouveaux aristocrates de la révolution industrielle,  menacés eux-mêmes  par la guerre de Sécession qui provoque le blocus du coton et  par la colère de l’Irlande qui secoue son joug. Telle est en  filigrane  l'atmosphère qui se dessine derrière les grandes idées humanistes des  deux  philosophes, à la fois jouisseurs  de la vie et prêcheurs de la faucille et du marteau !  Mais qui est ce Freddy dont Karl Marx et sa femme  veulent cacher l’existence  à tout prix? Dans ce livre l’auteur ne se limite pas à l’amitié des deux co-auteurs du Manifeste du parti communiste, si proches et si différents. D’autres personnages moins connus mais tout aussi réels marquent par leur grandeur d’âme: Malte le guérisseur qui revient de la Compagnie des Indes et connaît le prix de l’existence,  Charlotte Evans,  « la bonne-maman » irlandaise de Freddy, les deux sœurs ouvrières Mary et Lydia Byrns qui ouvriront  les yeux et le cœur du célèbre lord du Coton, leur patron, Tussy la dernière fille de Marx, amoureuse de son demi-frère et qui deviendra célèbre par son militantisme féministe. Livre  plein de vérités historiques, magnifiquement écrit, qui annonce la subtile psychologie dont l’auteur fait preuve dans son dernier très beau livre « Dans les flammes de Notre-Dame » où il dépeint une fois encore tous les balbutiements du cœur humain. 

B. Clavel Delsol

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 15:43
"Marie Laurencin, la féerie" par Isaure de Saint Pierre

« Marie Laurencin, la féerie » par Isaure de Saint Pierre 

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Novembre 2019

241 pages

20 €

 

Isaure de Saint Pierre fait revivre à merveille les quartiers de Montmartre et Montparnasse des Années folles. Elle ne s’attarde pas sur les maux et les sentiments de Marie Laurencin, fille naturelle d’une couturière qui sait pertinemment ce qu’elle veut : peindre et aimer à sa façon. La biographe a compris combien seul le maelström parisien parvient à inspirer la jeune maîtresse de Guillaume Apollinaire avant qu'elle devienne la baronne von Wätjen. Comme le pinceau de celle-ci, la plume d’Isaure de Saint Pierre est leste, virevolte, fidèle à son style simple mais riche de connaissances, « une grâce toute française ». Personne n’influence Marie Laurencin, elle résiste aux couleurs du fauvisme, fait peut-être quelques concessions au cubisme dans les visages pointus de ses portraits avant de les arrondir quand elle sera plus paisible, n’adhérera pas au dadaïsme, ne tiendra jamais compte des nouveaux courants picturaux.  Elle se limitera à ses jeunes filles en fleurs aux couleurs toutes en douceur et à de rares  corps androgynes maladroits dans leurs mouvements.  Dans  Paris occupé, le nazisme  lui importe peu,  tant qu’elle vend ses toiles. Jusqu’au jour où elle se rend à l’ambassade d’Allemagne pour faire  libérer son ami Max Jacob interné au camp de Drancy. En vain.  Alors, plus que jamais, la peinture est son  refuge, ses pinceaux le seul moyen d’oublier les horreurs du monde,  ses couleurs deviennent de plus en plus éthérées, jusqu’à s’effacer si Isaure de Saint Pierre  ne les avait pas ressuscitées.

B. Clavel Delsol

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 14:20
"L'échelle de Jacob" par Ludmila Oulitskaïa

« L’échelle de Jacob » par Ludmila Oulitskaïa

 

Editions : Folio

Parution : 2015

806 pages

12 €

 

 Un roman russe comme on les aime, où les sentiments sont mystérieusement liés à la terre qui les a engendrés, aux êtres qui les entourent, aux évènements familiaux et politiques auxquels nul ne peut échapper.   Et si les tourments sont enfouis au fond des cœurs, un jour ils resurgissent, comme ceux de Jacob dans ses lettres d’amour ou ceux d'Heinrich le renégat mourant dans les bras de sa fille Nora. Celle-ci est une jeune femme de la révolution sexuelle. Si le sexe remplace l’amour, pourquoi alors s’embarrasser d’un simple géniteur, d’un Juif indifférent à tout sauf au Centre d’informatique d’où il se fera expulser sous prétexte de ne pas servir le Parti? Certes Nora  aime son fils Yourik, mais  plus encore sa vie de bohème avec Tenguiez , le Géorgien.  Maroussia sa grand-mère n’était–elle pas la même ? Artiste dans l’âme,  n’avait-elle pas dit à son bienaimé Jakob, grand économiste libéral autant que musicien talentueux,  que jamais elle n’abandonnerait ses convictions révolutionnaires? Elle ignorait qu’en face d’elle, il y avait plus fort que l’immense culture de son fiancé : la politique du Parti qui  le mit en exil de 1911 à 1936 et l’éloigna d’elle à jamais.  Le passé ne disparaît pas et  la vérité finit par éclater. Nora découvre au fond d’une malle  les lettres d’amour de Jacob, dans les archives du KGB ses ouvrages philosophiques qui lui valurent le goulag, tandis que ses amis juifs  lui font découvrir la technologie avancée des Américains que déjà Jacob avait osé annoncer. Ainsi les ressemblances apparaissent, le temps résout les mystères, dénonce  les coupables de purges  politiques, innocente les êtres aimés qui voulurent oublier leur mal-être dans la drogue, la trahison ou l’amour éternel. Inutile de chercher le personnage principal : il  n’est ni Jacob, ni Noura, ni Maroussia ni Vitia…  Ils  ont tous leur importance et leur raison d’être.  C’est l’essence humaine que dépeint Ludmila Oulitskaïa  avec tout ce qu’elle comporte  de grandeur et bassesse, de vérité et d’erreurs, et que l’on ne  commence à comprendre que lorsque la vie s’achève…

Brigitte Clavel Delsol

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 08:26
« Tu seras un homme, mon fils » par Pierre Assouline

« Tu seras un homme, mon fils » par Pierre ASSOULINE

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Décembre 2019

283 pages

20 €

 

 

P. Assouline nous offre deux  histoires en une,  la  biographie  documentée et  réaliste  de  Rudyard Kipling qu’il rend vivante grâce au narrateur, Louis Lambert,  dont la probité intellectuelle fait penser à celle de  l’auteur mais  qui  a la chance de rencontrer  le grand romancier de l’Empire. Rudyard Kipling  a tout de l’aristocrate britannique, maître de lui et de ses  convictions colonialistes. Fin politicien il pressent le bellicisme allemand et, bien que révolté par les  indépendantistes irlandais, il n’hésite pas à faire enrôler son fils John, refusé en 1914 par la Royal Navy, au 2ème bataillon des Irish Guards. Le style de P. Assouline reflète  les sentiments  de ce célèbre écrivain que l’on voit évoluer avec le tragique des évènements. Le devoir de père de soldat va s’étendre bien au-delà du « privilège du feu », de la solidarité et du  service rendu à la nation. Le lyrisme de l’auteur s’accentue au fur et à mesure que la guerre avance. Car la responsabilité de ce départ est dure à endosser quand on découvre que  la terre n'est plus qu’un ossuaire. L’autre histoire est celle du lieutenant Louis Lambert raillé par ses collègues  du lycée à cause de ses deux obsessions, Mallarmé son professeur d’anglais et  Rudyard Kipling  dont il cherche à parfaire la traduction de « if… ». Là encore l’auteur révèle les liens indéfectibles qui unissent  un père et un fils, fussent-ils spirituels, même quand les tempéraments et les convictions  contraires  les éloignent à jamais. Un livre sur l’amour paternel, où  le souci de ses obligations et la pudeur se confondent et qui font de  ces lignes une belle oeuvre littéraire.

B. Clavel Delsol

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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 19:38
"Dieu, le temps, les hommes et les anges" par Olga Tokarczuk

« Dieu, le temps, les hommes et les anges »      par Olga TOKARCZUK

 

 


Editions : Robert Laffont - Pavillons Poche

Parution : Mars 2019

Publication originale: 1996

391 pages

9,50 €

 

                                  

Olga Tokarczuk surprend le lecteur autant  par son originalité d’écriture que par l’authenticité de sa perception du monde. Son livre est semblable au jeu de labyrinthe qui offre une multitude de chemins pour avancer dans la compréhension de l’existence. Véritable boîte de Pandore, il aborde tous les sujets dans un style éthéré sans frontière entre le rêve, l’imagination et la réalité. L’existence énigmatique de Dieu  à cause de son silence et son  invisibilité  est remplacée par une nature où grouillent plantes et bêtes vivantes, sorcières ou saintes femmes, rêveurs ou idéologues dangereux jusqu’à vouloir réformer  la nature humaine et l’essence divine. Le village d’Antan où se déroule cette saga  est au cœur de la Pologne comme de l’univers. Tour à tour envahi par les nazis et les Russes, il est cerné d’une frontière derrière laquelle tout semble avoir disparu. Il est recouvert d‘un ciel de plomb, repose sur un sol où la propriété est interdite, où la mort se décompose en un mycelium envahissant, où l’homme vit dans l‘angoisse de l’éphémère. La candeur d’Isidor, la capacité d’amour de Geneviève, l’énergie de Paul Divin à aseptiser l’environnement ou à faire régner un égalitarisme uniforme ne suffiront pas à combler le  vide ou la concupiscence. Tout se décompose sous les idéologies monstrueuses. Les instincts bas et vils vont jusqu’à hanter l’âme des morts tandis que  la capacité d’aimer peut transformer une sorcière en bienfaitrice. Et si le paysage s’étend du  fin fond de la terre  jusqu’au ciel,  l’auteur  y parvient grâce à des errances qui lui permettent de discerner  les inévitables souffrances humaines dans les rides d’une lune qui pleure. Une fois le livre fini, le moulin à café, simple butin de guerre, continue comme l’univers à tourner inlassablement, imbibé des multiples sentiments  de ses usagers, parfois grinçant parfois chantant, tout à fait semblable au style métaphorique d’Olga Tokarczuck. Livre envoûtant  où  la raison humaine dans toute sa fragilité essaie d‘endiguer la folie du monde. Livre néanmoins plein d’espoir pour celui qui sait voir la beauté derrière la frontière interdite et la fécondité du mycelium plus puissant que la mort. 

B. Clavel Delsol

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5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 13:53
"Un autre son de cloche" par J. Laurentie

« Un autre son de cloche » par Jacques LAURENTIE

 

 

 

Editions : Téqui

Parution : Octobre 2019                                                                                  

301 pages

18 €

 

 

S’il est de bon ton de faire du christianisme l’origine de tous les maux de la terre, Jacques Laurentie n’hésite pas à apporter un autre son de cloche. A son franc parler s’ajoute  une riche bibliographie qui apporte plus d’un argument pour le catholique confus de honte autant que d’ignorance face aux attaques inconsidérées. Certes la critique d’une Eglise imparfaite est légitime mais combien dangereuse quand elle ne se réfère qu’à des textes apocryphes, dénature le but des croisades, ignore les secours des missionnaires, détourne de son contexte historique un tribunal juridique ecclésial, et stigmatise sans nuance les  guerres de religion. Elle devient pur combat idéologique, fait du Christ  une simple invention humaine, méconnaît que la vocation de l’Eglise est le soutien du plus pauvre. Alors Jacques Laurentie multiplie les exemples des bienfaits de cette institution, sans pour autant oublier ses erreurs, dues, selon lui, autant à un déclin de civilisation qu' à une nature humaine imparfaite. Il ne sera jamais assez répété  que le but de l’Eglise n’est autre que de proclamer l’amour du Christ et la paix de Dieu. Car la religion chrétienne n’est pas une « religion du Livre » mais de la Parole, du Verbe qui s’est fait chair, une religion de la vie, de « la foi en l’avenir ». Et l’avenir ne réside pas dans l’euthanasie, ni l’avortement, ni le mariage pour tous, ni dans l’Homme nouveau  et ce trans-genre qu’il veut instaurer. J. Laurentie, quelque peu partial, a le mérite de rétablir des vérités pour poursuivre un débat  qui se doit d’être permanent, avec, pour seule  arme, la vérité.

 

Brigitte Clavel Delsol

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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 07:32
« La panthère des neiges » de Sylvain TESSON

« La panthère des neiges » de Sylvain TESSON

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Septembre 2019

167 pages

18 €

 

 

Il ne viendrait pas à l’idée de Sylvain Tesson de s’identifier à cette panthère des neiges dont il est à l’affût au cœur du Tibet à 6OO0m d’altitude à -30°… Et pourtant son agilité intellectuelle et ses perceptions poétiques de la création en font un écrivain aussi rare que ce félin des hautes montagnes. Pas une seconde d’ennui pour le lecteur dans cette attente incertaine d’une vision qui somme toute a quelque chose d’éthéré. Car dans ce monde animalier du silence et du gel, de solitude et de nuit, ce n’est pas la mort qui hante l’esprit de l’écrivain,   mais au contraire une énergie céleste. L’alpha et l’oméga se rejoignent,  l’attente devient patience, la prière n’est autre qu’une correspondance   avec la création dans sa totalité. De tout jeunes enfants se révèlent être les bergers d’énormes yacks comme l’homme blessé parvient à accorder au monde sauvage une harmonie insoupçonnée. Cirrus dans le ciel, il regarde  la planète avec humour et amour, conscient que  si tout passe à une allure vertigineuse, tout s’incruste dans les cœurs comme sur les falaises.  La patience est la plus belle des vertus. C’est elle qui incite à la contemplation et permet la confiance au monde de demain. Si on en juge par la photo de son ami  Vincent Munier, la panthère est devant nous, elle nous fixe  et on ne la voit pas. Belle allégorie  du bonheur  qui échappe à nos yeux tout en coulant de nos mains …

Brigitte Clavel Delsol

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