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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 10:42
"le bal des folles" par Victoria MAS

« Le bal des folles »   par Victoria Mas

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2019

251 pages

18,90 €

 

Ce joli roman  a plus d’un atout. Il transpose le lecteur dans  un contexte historique tout à fait réaliste. En 1885 où se passe l’histoire d’Eugénie Clery,  la médecine a acquis un immense prestige. Une confiance absolue est accordée aux expériences d’hypnose du docteur Charcot pour soigner la démence des internées de la Salpêtrière. La révolte des Communards n’est pas loin et une rigueur effrayante règne dans Paris pour réfréner toutes femmes hors la loi et  hors normes. Eugénie en fait partie. Douée d’un talent de médium elle est enfermée par son père  à la Salpêtrière  où les hommes de savoir et de science n’ont  guère de  sentiments. Dans un contexte sombre qui n’a pour égaiement que le bal de la mi-carême se dessinent  quelques portraits de femmes attachantes malgré leur handicap qui suffiront à convaincre une intendante dévouée depuis toujours à tout faire pour les sauver. Et ce, non pas avec le recours d’une science exacte, mais les premiers balbutiements du spiritisme fondé par P-G Leymarie qui, quoique  décrié par les bien-pensants de l’époque, avait séduit Eugénie. Si Victoria Mas a toutes les caractéristiques de la jeunesse d’aujourd’hui, féministe et sentimentale, elle a une qualité rare, celle de valoriser  les voix que personne n’écoute. Ainsi grâce à elle, " la mort perd en gravité et fatalité, l’existence gagne en valeur et en sens ». Livre qui fait réfléchir sur l’influence de ceux qui nous ont précédés …B.C.D.

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 10:50
« Giono, furioso » par Emmanuelle Lambert

« Giono, furioso » par Emmanuelle Lambert

 

 

 

Editions : Stock

Parution : Septembre 2019

219 pages

18,50 €

 

Emmanuelle Lambert est toute en symbiose avec ce provençal au regard à la fois  brumeux et furieux. Elle comprend l’ambiguïté de sa pensée, décèle ses contradictions, découvre sa sensibilité en même temps que sa force du dieu Pan. Elle perçoit combien la nature humaine est une énigme pour lui. S’il est traité par les uns d’indifférent à la tragédie juive et par d’autres de collaborationniste pour oser dire « j’aime mieux être Allemand vivant que Français mort », E. Lambert comprend la révolte intérieure de cet homme traumatisé par la Grande Guerre  qui ferme les yeux devant son retour en 40. Elle dépèce ses romans tout en  autopsiant ses personnages. Elle découvre un « catastrophiste » alors qu’il proclame que « le poète doit être un professeur d’espérance ». Elle comprend la vengeance du  « carnassier » qui aime la race des vivants, des hommes  et des  bêtes, de la  végétation et des pierres. La mort le hante comme la guerre. Il ne s’en détourne pas, au contraire il l’apprivoise. Il la voit partout, dans la déchéance des vieux corps comme dans les mutilations des jeunes soldats, et on ne sait s’il la défie ou la courtise, tant ses descriptions sont crues et réalistes.  Blaise de  Monluc dans « Le désastre de Pavie » ne fait qu’un avec le Poilu, même si quatre siècles les séparent. Tout se confond dans la tête de Giono, le perforage d’un tunnel  de son enfance, les explosifs des tranchées de 14-18, la cervelle éclatée d’Aurore, la foudre tombée sur Bobi, ou le suicide à la dynamite  du Roi sans divertissement. Ce n’est pas la peur qui lui dicte ses mots, mais la conviction que la guerre déshumanise et qu'il faut sauver la vie à tout prix. Tout son corps se crispe pour écrire ses multiples anecdotes, transposer sur le papier la bonté transmise par un père philanthrope, cette générosité qui « dévore et consume », cette nécessité de ne pas oublier les faibles ni effacer les disparus. Un magnifique livre d’Emmanuelle Lambert qui incite les jeunes à relire cet écologiste, plus contemporain que jamais quand il dévoile les dangers de l’argent tout en reconnaissant sa nécessité. Elle y parvient aisément, car, comme toute amoureuse, elle s’approprie inconsciemment  le style, à la fois direct et spontané, de celui qui aimait répéter : « J’écris pas pour les intellectuels »…

Brigitte Clavel Delsol

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 20:14
"Les choses humaines" par Karin TUIL

« Les choses humaines »  par Karin TUIL                                                  

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2019

342 pages

21 €

 

 

Si le prix Goncourt  est défini par l’artiste-peintre Christèle Rondot comme «  toute tendresse et douceur », le roman qui a reçu le prix Interallié et le Goncourt des lycéens est bien différent. Son style a tout de la polémique: un réalisme cru,  même si l'ironie est imperceptible, la passion amère et la caricature désolante. Avant d’aborder le thème de la violence sexuelle, et de le décrire le plus crument possible, Karin Tuil  dénonce les moeurs actuelles. Les liaisons et les divorces éloignent des obligations parentales, sauf s’il s’agit de sauver l’honneur de la famille quand le jeune fils, promis à une grande carrière, est accusé de viol ou quand la jeune fille, au consentement incertain, a sa dignité atteinte. Le lecteur connaît l’art de portraitiste sociétal que pratique  Karin Tuil dans ses fresques de la  bourgeoisie pour laquelle seule l’apparence importe. Belle critique sociale qui ne s'arrête malheureusement pas là.  Ainsi, quand Alexandre, jamais remis du divorce de ses parents et de sa  course aux diplômes, veut  échapper un instant  à sa solitude par l’alcool,  la drogue  et  le viol, le procès qui suit ouvre  la porte à la plus grande des indécences. Rousseau  dénonçait déjà la dégradation des hommes par  la société, mais il avait su réunir éloquence et poésie. Point de souci d’esthétique chez Karin Tuil, les descriptions détaillées  du viol sont trop longues et  récurrentes  et « si il n’ y a pas d’obscénité en littérature » on peut dire que ce livre n’est vraiment pas de la littérature.  Par contre il est  une  belle occasion de  responsabiliser des parents  inconscients et de prévenir des dangers  une jeunesse qui a sans doute exprimé implicitement sa souffrance en accordant un prix à ce livre. B.C.D.

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 11:24
« Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon »  par Jean-Paul DUBOIS

« Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » par Jean-Paul DUBOIS

 

Editions de l’Olivier

Parution : Août 2019

246 pages

19 €

L’appréhension du lecteur de se retrouver dans un univers carcéral s’estompe vite. L’humour du narrateur incarcéré à la prison de Montréal est parachevé par le  style poétique de l’auteur et  offre une vision de l’humanité vraie, réaliste et  lucide. Paul Hansen  partage sa cellule avec "un colosse assassin" dont il a vite repéré la  sensibilité enfantine et la phobie des rats. Tous ceux qu’il aimait sont morts mais il les sent à ses côtés. Il s’évade avec eux  vers un passé pas toujours heureux ni compris, tant sont grandes les contradictions humaines. Des images toutes allégoriques l’assaillent : une église de pasteur s’enfonce dans le sable, une artiste trop belle court après des fantasmes,  des jeux d’argent mènent à la ruine et à des mines d’amiante menaçantes, une belle indienne pilote un hydravion avec pour seul  fétiche un colibri d’acier, un directeur de prison est plein de sympathie pour un  fou de moto tandis qu'un innocent veut plaider coupable… Mais Paul Hansen ne regrette rien de son humble  passé où, homme à tout faire dans une résidence, il a connu la joie de dépanner et d’aimer. Alors pourquoi cet emprisonnement injustifié, cette ingratitude de ceux qu’il a aimés, ce travail si précieux mais dédaigné? Telle  est la trame de ce livre bien d’actualité où la valeur non reconnue d’un salarié peu rentable risque d’entraîner des catastrophes insurmontables. J-P Dubois en  redessinant ainsi  le monde apporte non seulement sa contribution à la littérature française mais aussi à la compréhension de l’humanité. Très joli roman qui a bien mérité le prix Goncourt 2019.

Brigitte Clavel Delsol

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 09:44
« Eloge de l’inégalité » par Jean-Philippe DELSOL

« Eloge de l’inégalité » par Jean-Philippe DELSOL

 

Editions : Manitoba-Les Belles Lettres

Parution : Novembre 2019

206 pages

19,50 € 

 J-Ph Delsol a plusieurs casquettes. Historien, économiste, philosophe, il se lamente sur  cette pensée unique qui fait de l’Etat une mère nourricière ou un père Goriot qui s’usent à leur propre détriment. Comme Erasme écrivait l’ « Eloge de la Folie » pour condamner un excès de Dame Raison, il fait l’éloge de l’inégalité en rappelant les catastrophes  dues à un souci d’égalitarisme social ou ethnique. Certes « tous les hommes sont égaux dans leur dignité », dit l’auteur,  mais accuser l’inégalité comme cause de tous les maux de la terre c’est nier l’identité humaine dans toute sa singularité et  la possibilité d’un monde harmonieux  dans sa diversité. Il dénonce la petitesse de la nature humaine, la jalousie ordinaire, le nivellement par le bas, une égalité des chances dévoyée. Certains fanatiques vont jusqu’à proclamer l’égalité des hommes avec le monde animal et végétal, jusqu’à manipuler la nature de l’homme. Mais le pessimisme n’atteint pas J-Ph Delsol,  l’Intelligence Artificielle ne lui fait pas peur,  les vraies valeurs humaines seront toujours selon lui supérieures aux truquages des apprentis sorciers, et  l’homme à l’esprit libre, en  aimant l’aventure,  ne peut s’embourber dans  l’égalitarisme. Le philosophe devient politique, il fait de la propriété la pierre angulaire, reconnaît l’importance du commerce, la nécessité de la concurrence,  le danger d’une législation du travail trop restrictive. Sera-t-il suivi dans ses espérances ou considéré comme un humaniste utopique ? Le succès de son livre le dira …BRIGITTE CLAVEL  

 

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 17:29
"La goûteuse d'Hitler"  par Rosella POSTORINO

 « La goûteuse d’Hitler »

Editions : Albin Michel

Parution : Janvier 2019

382 pages

22 €

Ce roman a remporté en Italie plusieurs prix littéraires, peut-être pas toujours mérités car certains passages manquent de décence . Mais l'arrière-fond historique n’est pas dénudé d’intérêt.  Le personnage principal Rosa Sauer n’est autre que Margot Woelk, décédée récemment, qui avait été employée au réfectoire de Krausendorf, à côté du QG d’Hitler, pour apaiser les phobies d’empoisonnement de celui-ci. L’auteure parvient à recréer cette atmosphère de peur permanente qui gravitait autour du dictateur hypocondriaque, non seulement  de la part des dix goûteuses hantées d’avaler le dernier repas de leur vie, mais aussi des SS eux-mêmes. Car le cuisinier Krümel et le lieutenant Albert Ziegler, sous leur aspect glacial et servile, ne font-ils pas preuve de désobéissance aux ordres du Führer? Dommage que l’auteure se perde dans les méandres de la révolte contre un « Dieu sadique » et trouve  l’amour charnel comme seule échappatoire ! Mais cette envie de vivre à tout prix  et par n’importe quel moyen ne se retrouve-t-elle pas pareillement dans « La cuisinière d’Himmler » de F-O Giesbert pour qui l’ «  l’Histoire est une saloperie» ? Le lecteur reste désabusé, avant de se retourner vers « La cuisinière de Mallarmé », où Martine Rouart, qui a opté pour la création artistique, lui souffle « il faut tenter de vivre »… B.C.D

 

 

 

 

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 14:30
"SOIF" par A. NOTHOMB

« SOIF »  par Amélie Nothomb

 

Editions : Albin Michel

Parution : Août 2019

160 pages

11,50 €

 

 

 

Amélie Nothomb n’a peur de rien, ni de Barbe Bleue ni du comte Neville ni de se mettre dans la peau et les pensées de Jésus sur la croix. Le style du début est pauvre et  des plus familiers car il faut bien que Dieu fait Homme  soit crédible, et de ce fait semblable à l’humaine condition. Certes Amélie Nothomb a raison de souligner l’importance du corps et  de sa pleine existence et d’affirmer qu’ « il n’y a pas d’art plus grand que celui de vivre ». Alors Jésus transforme l’eau en vin, guérit les malades et ressuscite les morts, même si, selon l'auteure, il ne récolte que l'ingratitude.  Mais attribuer à Jésus toute une fratrie au lieu d’un cousinage  et des sentiments amoureux pour Marie-Madeleine au lieu du pardon, n’est ce pas  revenir au temps des apocryphes?  Dédaigner la pensée jusqu’à l’appeler « acouphène », mépriser l’esprit jusqu’à faire dire au Christ que «  le mal trouve toujours son origine dans l’esprit » ne revient-il pas à oublier que le bien lui aussi  a  son origine dans l’esprit ? Une fois sur la croix, le  Jésus d’ A. Nothomb a du mal à résister au diable tout en le niant. L’amour de Dieu ne serait qu’un concept,   « le pouvoir de l’écorce » tombe,  cet « élan mystique » qui permettait le miracle disparaît, la rationalité prend le dessus. Le style devient celui du « faux-calme », comme il se définit lui-même, il s'emporte.   On n’est plus en christologie mais dans une littérature fantasque où l’imagination s’accroche à l’idéologie ambiante. C’est le refus de l’obéissance à Dieu, la révolte, l’injure qui aboutit  à la réfutation définitive de la Trinité. Malheureusement en méconnaissant la nature divine de Jésus, en niant le salut apporté par la passion  du Christ, A. Nothomb récuse ce désir de spiritualité auquel aspire l’homme. Si la crucifixion n’a servi à rien,  si Dieu n’est pas un recours au moment de la mort,   c’est  l’espérance qui est ôtée et remplacée  par  l'espoir d’un prix littéraire, même si la forme n'est pas meilleure que le fond…  B.C.D.

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 10:09
« A la première personne » par Alain Finkielkraut

« A la première personne » par Alain Finkielkraut

 

Editions : Gallimard

115 pages

Parution : Août 2019

14 €

 

Cher Alain Finkielkraut,

Votre première personne qui met cartes sur table n’est pas celle du singulier, mais celle du pluriel, celle de  nous tous  qui déplorons ces idéologies abstraites, au nom d’un égalitarisme sans frontière,  rendant  toute Histoire nationale une image d’Epinal.

Vous avez raison de rappeler Auschwitz,  son exploitation anticapitaliste par les uns,   le négationnisme affirmé par d'autres, et aujourd’hui son instrumentalisation pour démolir la politique israélienne, que certains conquistadors prétendent inspirée par celle de Josué qui  anéantit Jericho…Mais combien savent qu’il s’agit d’une victoire de la prière  et non des armes ?

Si  « le plus jamais ça » résonne faux, merci de nous rappeler que  la guerre n’est pas qu’économique mais  répond à des passions,  des croyances, des coutumes …C’est alors que l’étranger s’impose et que l’indigène se sent en exil. C’est ainsi que la démocratie prône l’égalitarisme et l’émancipation de l’individu, raye le passé  au profit d’une marche en avant à tout prix.    Certes on croit le totalitarisme vaincu, mais il est comme le diable, il prend une autre forme.

La solution, vous la donnez : si elle est une fois pour toutes  dans le partage de la Palestine, elle est aussi dans cet « amor mundi » qu’on trouve dans la littérature, « douce volupté » seule à nous laisser croire qu’on n’est pas  tout à fait mort et qu'on a  encore le droit d'espérer …

Brigitte Clavel Delsol

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 17:19
"Ame brisée" par Akira Mizubayashi

« Ame brisée »  par Akira Mizubayashi

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Juin 2019

239 pages

19 €

 

C’est par un magnifique tour de force littéraire que l’auteur parvient à transformer un cœur brisé en une reconstruction rédemptrice. Et ce, non seulement grâce à la ténacité du jeune luthier  Rei pour reconstruire le violon de son père détérioré sous ses yeux  par des militaires fanatiques, mais par un heureux concours de circonstances où la musique sut réunir des êtres des quatre coins du monde et même de l’au-delà. En effet Rei n’a que onze ans  en 1938 quand  son père,  suspecté de trahison par l’armée japonaise, est arrêté lors d’une répétition  musicale avec trois étudiants chinois. Le quatuor sera dispersé, le père de Rei jamais revu et l’enfant miraculeusement sauvé par le lieutenant Kurokami, mélomane passionné qui restera sa vie entière honteux de la politique de son pays. Alors Akira Mizubayashi démontre les liens indéfectibles entre un père et un fils,  entre des musiciens talentueux voués exclusivement à leur passion commune. Il rappelle surtout le rôle salvateur  de l’art  et de l’amour dans un monde de haine et semble même prêter une main heureuse à la Providence pour effacer les violences inhumaines. Car si le père de Rei et le lieutenant Kuromaki ne sont plus de ce monde,  leurs descendants respectifs ne sont autres que le reflet de leur âme et conscience. Très beau livre dont la simplicité du style ne fait qu’accroître l’extraordinaire véracité de l’histoire et de ce fait permettre une  heureuse rentrée littéraire avec la victoire de la vie sur la mort…   

Brigitte Clavel Delsol

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 15:27
" Les Victorieuses »  par Laetitia Colombani

" Les Victorieuses »  par Laetitia Colombani

 

Editions : Grasset

Mai 2019

222 pages

18 €

Ce sont deux belles histoires d’humanitaires, celle de Blanche Peyron, membre de  l’Armée du Salut au début du XXème siècle, et  de Solène, brillante avocate parisienne du XXIème siècle. Blanche oeuvra corps et âme pendant toute son existence à la réalisation du Palais de la Femme, foyer exclusivement réservé aux femmes démunies au cœur de Paris. C’est là que se retrouve, un siècle plus tard,   Solène,  brillante avocate qui, suite à  une sérieuse dépression, essaie de reprendre goût à la vie en  donnant quelques heures de bénévolat. Le tableau que nous offre Laetitia Colombani de  toutes ces pensionnaires meurtries est plein de détails aussi vivants que réalistes, bien caractéristiques du monde d’aujourd’hui comme de celui d’hier. Elles viennent des quatre coins du monde et parfois même de pas bien loin, et  si Solène a du mal à se faire accepter à son arrivée, elle y parviendra non  seulement  grâce à sa compassion  et sa capacité d’écoute mais aussi à cause de sa propre fragilité. Car toutes ces femmes en détresse ont connu une souffrance morale souvent bien plus profonde que la misère matérielle et les plus aptes à apporter du réconfort ne sont pas toujours celles qu’on croit. Ainsi même retirées du monde certaines ne pensent qu’à apporter du bonheur à ceux qui n’en ont pas, comme l’attestent ces deux  beaux poèmes d’une religieuse anonyme que Laetitia Colombani met en exergue et qui semblent résumer à eux seuls cet esprit fraternel indispensable à l’être humain, seul rempart contre la solitude et la déchéance. Très  joli livre qui n’est autre qu’un bel hymne à la solidarité, thème cher à l’auteure, et qui plaira autant  que "La tresse", son premier roman…B.C.D.

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