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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 06:49
« Par les soirs bleus d’été » de Franck Pavloff

« Par les soirs bleus d’été » de Franck Pavloff

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : 22 Août 2019

 202 pages

17,90 €

 

Objet : Pavloff

 

« Par les soirs bleus d’été » de Franck Pavloff

Editions : Albin Michel

Parution : 22 Août 2019

 202 pages

17,90 €

Si les premières pages paraissent fantasques, elles ne tardent pas à évoquer la caverne de  Platon dont les habitants préféraient l'obscurité à la lumière éblouissante du soleil.  Car l'héroïne se veut l'héritière de ces miniers des Ardennes au corps meurtri mais au coeur palpitant.   Pourquoi Détélina, prénom bulgare chargé d’espérance, s’enfonce-t-elle dans les profondeurs d'une mine fermée  avec pour seule référence le miroir à double face de  Lewis Caroll ? Car c’est bien de cela  dont il s’agit: transformer, comme Alice au pays des merveilles, la réalité, transcender, par la beauté de son corps et la pureté de son âme,  l’âpreté de la vie. Si  l'existence des mineurs de « la Montagne Perdue » fut bien noire,  si sa mère elle-même a perdu tout repère,  Détélina veut  honorer ces "perdants magnifiques". Pour perpétuer leur mémoire elle fait de ce lieu un hameau de couleurs. Deux peintres vont l'aider à colorer ce monde: Léo, son petit garçon autiste, et Stépan, jeune Ukrainien  qui essaie  d’oublier les horreurs de la guerre du Donbass. Que de ressemblance et d'attirance entre l'enfant et cet homme dont le vieux  side-car vert est autant source de refuge pour l’enfant et  de fuite en avant pour sa mère.   Le livre avance au rythme des vers  de Rimbaud, dans le simple parfum du calendula, qui suffisent à témoigner des raisons de vivre de ceux qui les ont précédés. La lumière accompagne tout le livre  et le silence des mots réunit Détélina et Stépan.  Elle est en recherche d’un père, et lui d’une mère. La similitude de leur situation ou le hasard  transforme leur amour en gémellité, la fin importe peu, ils reflètent l’humanité vaincue mais heureuse de s’être aventurée « de l’autre côté du miroir ».  Livre magnifiquement écrit, conseillé aux défricheurs  des idées toutes faites, qui  subliment la vie  plus qu’ils ne la subissent…B.C.D.

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 06:33
"Les mains de Louis Braille" par Hélène Jousse

« Les mains de Louis Braille »  par Hélène Jousse

 

 

 

 

Editions : JCLattès

Parution : Février 2019

377 pages

19 €

Roman dans le roman, ce sont deux vies que nous présente Hélène Jousse, celle de Louis Braille et celle de Constance jeune veuve, écrivain-cinéaste chargée décrire un biopic sur le célèbre auteur de la méthode de lecture pour aveugles.  Deux mondes bien opposés, celui de la nuit où des enfants  se battent  pour voir  et celui de trop de lumière qui aveugle bien des adultes. Mais Constance n’est pas dupe de cet entourage à l’apparence superficielle. Sans doute est-ce la raison pour laquelle elle se voue corps et âme à Louis Braille qui par l’exemple de son courage dès son plus jeune âge lui permet de surmonter ses propres épreuves. De même que l’enfant de la nuit résiste  à la dureté disciplinaire et l’insalubrité de l’Institut royal des jeunes aveugles, de même Constance  résiste à la désinvolture ironique de son maître de scénario qui ne veut rien d’autre que du sensationnel et rien de pleurnichard. Ses innombrables recherches et allers retours entre le village natal  de Coupvray et l'Institut parisien vont lui permettre de découvrir l'impact sur la nature humaine de l'environnement  qui peut bouleverser une vie. Car au-delà des erreurs éducatives, des maladresses et de faux-semblants se trouvent aussi des actes d’amour incommensurables dans le plus grand silence et la plus profonde modestie que le lecteur n'est pas prêt d'oublier.  Non, Constance ne contaminera pas son scénario de sa tristesse ! Au contraire elle prouvera combien l’amour peut seul sauver une destinée…B .C. D

 

 

 

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 14:23
« Sans jamais atteindre le sommet » par Paolo COGNETTI

« Sans jamais atteindre le sommet » par Paolo COGNETTI

 

 

Editions : Stock

Parution : : Avril 2019

159 pages

17,50 €

 

 

 

Satis Kumar n’est pas le seul à vouloir réconcilier la terre, l’âme et la société. C’est ce que parvient à faire Paolo Cognetti par son très beau récit de voyage dans l’Himalaya où l’important n’est pas d’atteindre le sommet mais de se sentir en symbiose avec cette nature tantôt revêche tantôt apaisante pour mieux comprendre le sens de l’existence. La vallée du Dolpo est un petit Tibet  dans le coin le plus reculé du Népal  qui subsiste au grand Tibet avalé par la Chine. Malgré ses léopards de neige et ses chèvres bleues, ses séracs aux couleurs des nuages, elle  lui rappelle ses Alpes d’autrefois, qui de plus en plus  urbanisées aujourd’hui, reflètent depuis toujours le sort inévitable des habitants de la montagne. Pour seule compagnie de l’auteur quelques  rares amis et porteurs , un chien errant, un crayon pour  notes et croquis ainsi que   le livre lu et relu de Peter Matthiessen, inspirateur de ce voyage malgré les « démons » annoncés, le froid et surtout le vertige qui n’épargna pas  P. Cognetti. Livre magnifiquement écrit où l’échange des montagnards  avec  les marcheurs avides d’un thé chaud ou d’un simple sourire révèle  l'immensité de la nature face à la fragilité humaine. Lecture  qui passionnera  tous les férus des hauts sommets et incitera les autres à rêver de l'Himalaya, " la bien nommée demeure des neiges". B. C. D.

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 15:23
"Un livre Inutile" + "La muraille de Chine" par Chrian BOBIN
"Un livre Inutile" + "La muraille de Chine" par Chrian BOBIN

Christian BOBIN

 

« Un livre inutile »

Editions : Fata Morgana

67 pages

 

« La muraille de Chine »

Editions : Collection entre 4 yeux

56 pages

 

Avril 2019

 

 

Les deux derniers ouvrages de Christian Bobin sont aussi brefs qu’intenses. Ils vont droit à l’essentiel, à savoir ne pas parler ni dire, mais montrer, regarder, contempler et se taire. Tel est le concept de la poésie qui se heurte au mur des mots et des apparences semblable à la muraille de Chine qui coupe les horizons et les frontières entre les hommes   autant qu’entre le ciel et la terre. Avec un  esprit semblable à celui du « Petit Prince » pour qui les hommes trop attachés à leur besogne ne savent plus voir l’invisible,  Christian Bobin nous révèle la face  ignorée de quelques écrivains, leur âme d’enfant enveloppée dans leur chair d’homme.   Ainsi Paul Claudel sous une apparence de « gras ambassadeur, de gris catholique, de gros poète » ne ressemble en rien  au petit Paul écartelé entre deux femmes, entre deux mondes, celui de l’infime et de l’immensité, entre l’éphémère et l’éternel. « Tu aurais dû te défendre contre le succès », conseille Kafka pour qui l’élégance de  la poésie n’est pas dans la forme mais dans la transparence de la vie dont Ramuz sait révéler l’importance des choses qui se moquent du sérieux des doctes et des savants.  L’écriture de C.  Bobin est comparable à « l’élixir du docteur Ponge », elle sait ouvrir les fenêtres, s’envoler avec le vent, secouer les ombres de l’anxiété, pour aimer  la vie des  vivants comme des morts en  ressuscitant  la lecture du monde …Deux petits livres  reposants à lire dans l'air léger de l'été !

B.C.D.

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 07:08
« Robert B.   Sept nuances de gris » par François Jonquères

« Robert B.   Sept nuances de gris » par François Jonquères

 

 

Editions : Pierre Guillaume De Roux

Parution : Février 2019

277 pages

 

Le pari de F. Jonquères est grand : réhabiliter par un roman non pas le polémiste de « Je suis partout » mais le poète et romancier talentueux que fut  R. Brasillach. Il plonge alors  le lecteur dans une aventure où ses protagonistes Valérius, Esther et André ressemblent étonnamment aux  personnages de « La conquérante » ou des « Sept couleurs ». En effet Esther a l’âme de Brigitte ou celle de Catherine, partagée entre les deux hommes qu’elle aime.  De plus Valérius et André sont deux provinciaux qui aiment leur Roussillon natal comme Brasillach l’aima. Malheureusement Valérius s’y ennuie à tel point que dans les années 40 il s’aventure à faire passer des Juifs en Espagne pour dans un premier temps les spolier puis les livrer à la Gestapo, actes immondes que l’extrême sensibilité de Brasillach  aurait  bien été incapable de réaliser. Peu importe la suite des événements qui  finissent par entraîner le milicien Valérius dans la guerre d’Indochine et André dans celle d’Algérie. Car, comme dans les romans de Brasillach, "Tout, sauf les Rouges" et "tout pour la Patrie". Mais il vient un jour où le remords est à son paroxysme, où l’homme de guerre demande pardon, et les pages de F. Jonquères se confondent avec les poèmes de Fresnes.  Le poteau d’exécution n’a pas sa raison d’être. C’est le  pardon d’Esther, la jeune Juive,   qui permet la rédemption des deux hommes. Les  « Sept nuances de gris » qui assombrissent la France depuis la Libération peuvent se parer  des " Sept couleurs".  Ce livre se lit  comme on passe "une nuit à Tolède", dans les transes les plus grandes où la quiétude se révèle impossible. Livre qui passionnera les inconditionnels de Brasillach et permettra  aux autres  de mieux approcher ce fantôme de la  littérature française.  B.C.D.

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 14:17
"QUINZE CAUSERIES EN CHINE  Aventure poétique et échanges littéraires"
Editions : Gallimard 
Parution : Avril 2019
203 pages 
19,50 €

 

Ces quinze conférences dispensées par J.M.G. Le Clézio dans différentes universités de Chine ne sont autre qu’une magnifique plaidoirie en faveur de "l'interculturel". Car, pour le conférencier qui fait preuve d'une époustouflante culture, les livres  sont  une passerelle qui ne se limite pas à la nostalgie du passé, mais s'ouvre sur le monde par l'intermédiaire des échanges  de tout horizon, dans le temps comme dans l'espace. Ils relient hier à aujourd’hui et demain, ils sont "le sang" qui circule entre civilisations disparues et nouveaux mondes, une échappée dans l'inconnu qui devient aventure personnelle. La littérature n'a pas besoin de voyager pour être en mouvement: elle puise, dans ses fonds sans fond, une source  d'inspiration qui s'incarne au fur et à mesure de l'écriture ou du travail de résilience. Seule à surmonter   la rapidité du temps par la profondeur de la réflexion, elle  n’a d’autre vocation que de retrouver l'universel dans le particulier. Ainsi le commerce, l'art et les médias  sont les antidotes à la pensée unique, au repliement d'une élite égoïste, au rationalisme sans cœur, en un mot ils tissent les liens entre les hommes. Citoyen de son époque, J.M.G. Le Clézio  n’échappe pas aux repentances de son siècle, fustige "l’exploitation coloniale à l’origine  d’une mondialisation toute artificielle et d’un épuisement des ressources naturelles". Mais le pourfendeur est poète avant tout: le monde actuel n’a plus de rêve, le matérialisme tue, seules "les causeries", mot sciemment choisi car  dénudé de toute prétention intellectuelle,  peuvent faire barrage au désespoir en prenant compte du surnaturel. Livre dont la finesse de l’expression stylistique est la plus convaincante des argumentations. Ouvrage d’un homme mûr pour qui la nécessité de l'échange est le seul combat qui vaille la peine…

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16 mai 2019 4 16 /05 /mai /2019 05:45
« Le vent reprend ses tours »  par Sylvie Germain

« Le vent reprend ses tours »  par Sylvie Germain

 

 

Editions : Albin Michel

Parution : Avril 2019

213 pages

19 €

 

La fantaisie poétique dont Sylvie Germain a toujours fait preuve a sa raison d’être. Elle  éclate plus que jamais dans son dernier roman où Gavril, l’acteur principal, peut être considéré comme  son alter ego. Car pourquoi attrister le petit Nathan à l’enfance suffisamment morose par de tristes récits? Au lieu de lui raconter l’histoire tragique de son beau pays d’origine, ce vieux Roumain exilé préfère l’amuser par ses déambulations dans Paris sur des échasses de fortune, par ses  multiples références poétiques  qu’il souffle aux passants, par ses rêves de courses en moto et ses rires intarissables. Il n’en oublie pas pour autant de l’initier discrètement à repérer les mémentos et stigmates sur  les murs parisiens, car s’il faut aimer la vie, il ne faut pas rester ignorant.  Sylvie Germain est une véritable alchimiste, elle transforme en or les plus malheureux secrets, elle maîtrise le vent des évènements, elle enchante par la beauté de ses longues phrases, séduit par l’originalité de ses mots inventés  et à force de distraire l’enfant et de lui cacher l’essentiel, elle en fait un homme fort qui partira à la recherche de la vérité. Très beau roman qui invite à réapprendre la beauté, à lire dans les âmes, à déceler dans toute vie un mystère sacré…

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 09:41
« La plus précieuse des marchandises » par Jean-Claude Grumberg

« La plus précieuse des marchandises » par Jean-Claude Grumberg

 

 

Editions du Seuil

Parution : Janvier 2019

110 pages

12 €

 

Ce petit livre est un joyau littéraire. Sous couvert d’un conte il est le récit d’une histoire vraie. Le style est  d’une simplicité biblique, va droit à l’essentiel. On y trouve deux mondes : celui de la grande pauvreté et du sens des valeurs humaines cachés au fond des bois, et celui du génocide  ethnique qui se fait en plein jour. Point de misérabilisme dans cet ouvrage, point non plus de haine, mais une froideur glaçante devant tant de cruautés inconcevables. Directement concerné par ce  drame familial lors de la dernière guerre mondiale, l’auteur fait preuve de grandeur d’âme, où le pardon semble trouver  une issue en faisant part d’un tel événement afin qu’il ne se répète jamais.  Car l’homme à la gueule cassée et  la misérable  bûcheronne ont bien  sauvé  une petite fille au châle divin, tombée miraculeusement du train parti de Drancy le 2 mars 1943 pour Auschwitz. Et si  on ne sait rien de son  jumeau resté à bord, c’est qu’il n’est jamais revenu de l’enfer. Mais une  chose est certaine c’est que le titre de ce joli livre lui est dédié autant qu'à sa soeur jumelle. 

B.C.D.

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 16:32
« Les enfants de l’aurore » par Marie Cosnay
« Les enfants de l’aurore » par Marie Cosnay
 
 
Editions : Fayard
Parution : Février 2019
156 pages
18 €
 
 
Ils sont tous enfants de l’aurore. Troie les appelle, et Rhésos  et Memnon viennent à son secours.  Certes Achille le Grec attend  de venger son ami Antiloque  avant de rentrer dans cette danse guerrière. Le style est lent,  répétitif, plein d’allers-retours entre Homère et Euripide, Ovide et Sophocle, les Troyens et les Grecs. Le rythme est binaire car les deux camps sont semblables avec leurs  espions, leurs chefs de guerre couverts de peaux de bêtes, leurs fleuves ruminants d’eau et de sang.  La similitude ne s’arrête pas là. Elle s’étend jusqu'aux habitants du Bénin et de la Guinée  actuels,  de Belleville à la périphérie  de Paris.  On voit les combats, la mort, et toujours la vigueur qui appelle  à la guerre, à la vengeance. La jeunesse semble être définie par cette ardeur qui l’anime, indifférente aux présages des oracles et aux intentions des dieux. Seuls les parents poussent à la liberté et à l’audace, car ils n’attendent plus rien de leur terre qui les affame. Alors les gamins courent comme Rhésos, Achille et Memnon. Mais les eaux, les sables et les montagnes sont toujours les plus forts et la mort menace. "Je vais mourir, dira Achille...On m’a menti".  Mais Achille comme les gamins continue à  courir, les jeunes ont des ailes, ils  ne meurent pas, ils sont l’éternité elle-même. La nuit tombe sur l’un pour qu’un autre se relève. Et ainsi  de suite, les évènements contredisent les savoirs des savants. « Le monde se reconfigure », les cadavres s’amoncellent, mais les enfants renaissent, arrivent de plus en plus nombreux sans référence aucune à l’Antiquité, luttent comme ils le doivent, pour avoir ou non la chance d’enfourcher un cheval de Belleville !  Ouvrage où l’allégorie autant que le mythe règnent en maître. Inutile d’en dire plus, il est aisé de comprendre où Marie Cosnay puise son inspiration, car elle n’est pas seule à être tourmentée aujourd'hui  par les traversées incessantes de la Méditerranée et l’invasion d’une jeunesse pleine de fougue  et du désir de voir une nouvelle aurore…Ainsi se poursuit  l'Iliade  !
B.C.D.
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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 08:27
« La femme aux cheveux roux »par Orhan PAMUK

« La femme aux cheveux roux »par Orhan PAMUK

 

 

Editions : Gallimard

Parution : Février 2019

298 pages

21 €

 

 

Orhan Pamuk parvient toujours à relier l’intime et le politique, la littérature et la philosophie, l’histoire vraie et le mythe. Alors son style  est au rythme du travail  de maître Mahmut,  puisatier qui a pour unique outil une pioche qui cogne   contre la roche du haut plateau d’Ongören, au-dessus d’Istanbul. Cem, le narrateur, est son apprenti jusqu’au jour d’un tragique accident qui va le culpabiliser pendant une  trentaine d’année. Le passé va le rattraper mais d’une façon toute autre que celle imaginée. Avec une sensibilité d’adolescent et la culture d’un homme mûr, Cem ne cesse de se référer  à « Œdipe roi  » de Sophocle le Grec et au « Livre des rois » de Ferdowsi l’Iranien : quand il n’est pas absent, le père, oriental ou occidental, est  toujours  en lutte avec son  fils. En effet, le plus grand regret de Cem, c’est de n’avoir jamais eu ni père ni fils, et le plus beau soir de sa jeunesse fut la représentation théâtrale   de la femme aux cheveux roux, mère-épouse qui n’avait que ses yeux pour pleurer la lutte de Rostam et Shorab. Autoritarisme ou libertarisme, fatalisme ou volontarisme, tels sont les thèmes principaux de ce magnifique roman où  « l’homme moderne s’égare dans la jungle des villes ». Ongören n’est plus, les barres d’immeubles en ont fait un quartier neuf d’Istanbul, le puits est cadenassé, mais  la femme aux cheveux roux mérite le dernier mot. L’auteur lui rend la parole car le sens de l’honneur n’est pas réservé exclusivement aux hommes, mais aux femmes mal aimées…

B.C.D.

 

 

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