« Les étoiles s’éteignent à l’aube » par Richard Wagamese
Editions : Zoé, 2016
Editions: Poche 2017
308 pages
Richard Wagamese en écrivant ce livre offre un aperçu très réaliste de la Colombie–Britannique à l’extrémité ouest du Canada dans les années 1950. Entre l’Océan pacifique et les Montagnes Rocheuses, la terre révèle son âpreté et les boulots saisonniers à la ville papetière de Parson’s Gap ne suffisent pas à combler la pauvreté. Alors Eldon Starlight s’enrôle dans la guerre de Corée, croyant échapper ainsi à un sort trop dur. Mais le retour est plus dur encore et, pour oublier les terribles épreuves subies, il s’autodétruit en s’imbibant d’alcool. Heureusement un « vieil homme », dont le nom ne sera révélé qu’à la fin de ce joli roman, prend en charge Franklin, le fils d’Eldon, et lui apprend les secrets de la nature et les bonheurs d’une vie simple. C’est dans la beauté des grands espaces que s’apaisent la douleur et le désespoir du jeune Franklin jusqu’au jour où son père lui demande de l’accompagner dans sa dernière demeure pour être enterré comme ses aïeux indiens. Une longue montée dans la montagne a lieu, où la souffrance physique du père extirpe la honte de son passé en racontant à l’enfant ce qu’il n’a jamais osé avouer à personne. Le silence se rompt, un vulgaire argot plein de sincères remords s’oppose aux froides réparties de Frank qui se transforment peu à peu en une infinie tendresse. Un bel ouvrage où deux sang-mêlé finissent par découvrir la beauté de l’aube qui se lève sur l’Amérique. B.C.D.
