5000 mètres avant l’aube » par DAI SIJIE
Un style à l'allure des protagonistes de Dai Sijie, des chapitres courts qui vont à l'essentiel, un environnement insolite à la frontière sino-birmane où se trouve en 1944 , sur un ancien site d' une mission jésuite, un camp japonais de prisonniers eurasiens: tel est le contexte de ce récit. Quand Matsui, commandant de la prison, réputé pour son impitoyable cruauté, reconnaît en Jean Sautet l’homme qui le dépassa, vingt ans plus tôt, à l épreuve des 5000 mètres des Jeux Olympiques de Paris, naît en lui une obsession : celle de la revanche, et mieux encore, de la vengeance. Dans le cœur de Jean Sautet l’important n’est pas de gagner une course mais de faire évader du laboratoire d'expérimentations biochimiques, découvert au cœur de ce centre d'internement, des centaines d’enfants et adultes chinois martyrisés. Y parviendra- t -il et gagnera -t -il encore une fois ces jeux olympiques réalisés à l’initiative de ce fou sanguinaire? En tout cas la plume de l’ auteur est riche de symboles. Elle commence par une magnifique chasse au cerf, source de la vocation d’athlète de Sautet qui évolue peu à peu vers un triste réalisme quant à la perversité humaine. Mais le dépassement héroïque voire christique de celui-ci laisse le lecteur sur une note d’espérance. Car l’auteur réussit à démontrer que la nature humaine peut être aussi altruiste que machiavélique.
B. C. D.
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