« La liberté de Dieu »
par Mgr L. ULRICH
Editions : CERF
Parution : Octobre 2024
178 pages
22 €
On parle toujours de la liberté de l’homme mais jamais de la liberté de Dieu. L’archevêque de Paris, Mgr Ulrich, inverse le sens des libertés, perçoit dans l’existence une liberté divine qui invite à discerner les raisons d’espérer. Son analyse inclut autant les efforts de l’Eglise que ceux des laïcs, qu’ils soient scientifiques, théologiens, politiques, intellectuels, sportifs ou simples citoyens. Tous cherchent à apporter leur contribution et sont appelés à s’enrichir par le dialogue. L’auteur n’énonce pas un programme mais invite à croire que « notre vie est dans la main de Dieu ». Ainsi une philosophie de l’action, aussi humble soit elle, prônée par Pascal puis Blondel, mène à la solidarité non seulement entre les hommes mais entre le Ciel et la Terre. L’intelligence et la foi ne peuvent être dissociées. Dieu n’est pas « le grand Célibataire du monde », de même que « l’homme n’est pas seul ». Le christianisme apporte une vision positive de l’avenir, appelant à un savoir toujours en recherche, à une vie qui se donne sans cesse et n’est jamais finie. C’est pourquoi l’auteur rend hommage aux papes successifs dans leur complémentarité. L’important c’est la résurrection des raisons d’espérer, la conversion des cœurs, les intentions de l’action, l’amélioration du monde. Mais la foi, l’espérance et la charité ne se font pas seules. Mgr Ulrich insiste sur l’importance de la liturgie où le quotidien et le spirituel sont « partenaires inséparables de la gloire de Dieu », inévitable « entrée dans le mystère », « porte du ciel » que les régimes totalitaires se complaisent à laisser interdite ou fermée. L’Eglise est chanceuse d’avoir des bergers qui considèrent la vie comme un don sacré, et la liberté comme une raison existentielle. L’auteur n’en oublie pas pour autant les péchés de l’Eglise qui lui portent tant préjudice. Il exhorte alors à se convertir soi-même car comme disait Blondel : « Avant de convertir les mécréants il faut convertir les convertisseurs ». Comme dans la Genèse, au moment de la faute, Dieu n’apparaît pas dans le tumulte mais dans « la brise du soir »...
B. C. D.
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