Editions : Stock
Parution : Mars 2013
280 pages
19 €
Sans doute François Taillandier, historien et romancier, a-t-il été marqué par cet adage romain : « Ce qui est tragique, ce n’est pas que les choses disparaissent, c’est qu’elles ne soient pas même pleurées, et que l’oubli précède la mort ». Son dernier livre ressuscite alors des personnages de l’empire romain aussi séduisants qu’attachants.Les Goths ont envahi l’Empire romain et le vieux noble Cossodorius s’est débattu pour sauvegarder une culture gréco-latine dont il est un grand détenteur. Quand, au seuil de sa vie, il se retourne sur son passé, il a du mal à se reconnaître. Car les honneurs reçus en tant que Senator à la cour de Théodoric n’ont en rien effacé le remords des compromissions. Si au lieu de se rebeller il a préféré la carte de l’efficacité, c’est au prix d’une prudence calculée pour pouvoir participer à la res republica . Mais « savoir » et « œuvrer » sont ils suffisants pour collaborer à l’ouvrage de l’humanité ? C’est cette même question que se pose Théolinda, jeune princesse de Bavière qui, en épousant le roi des Lombards, apporte à l’Italie, grâce à une alliance avec le pape Grégoire le Grand, une stabilité politique et religieuse qu’elle voudrait pérenne. Ainsi chacun, à sa façon, contribue à « l’écriture du monde », que ce soit le poète philosophe Boèce, le jeune Isidore premier encyclopédiste et futur évêque d’Hispalis, Benoît de Nursie …même si l’échec est latent, car « on ne fait pas d’humanité par décret. Il y faut de profonds et rudes instituteurs, qui labourent et sèment au-delà du temps d’un homme». Et c’est précisément cet incessant effort pour la gloire du monde que François Taillandier raconte d'une très belle écriture.
B C