
Editions : Buchet – Chastel
Parution : Avril 2012
203 pages
15 €
Ce très joli récit réconcilie Paris et la province profonde, l’individualisme de la grande ville et la petite cellule familiale où Claire a pris racine. Les unités de valeurs récoltées à la Sorbonne lui procurent autant de bonheur que les ultraviolets du soleil du Cantal natal, le chant des coqs élevés pour des fins culinaires dans les cours de restaurateurs sont l’écho des fermes de son enfance, et les stages d’été remplacent aisément les gros travaux des champs. Mais point de vaine nostalgie en elle. « Il fallait élargir sa vie et la gagner par le seul et muet truchement des livres ». Deux pays, deux temps, deux corps. Claire laisse consciemment s’opérer en elle la jonction entre ces deux mondes si différents. Le livresque et le ressenti, comme le naturel et le raffiné, ne sont point incompatibles. Le confiné et le grand espace ont chacun leurs avantages. Le rythme frénétique et le calme paisible sont aussi aussi attrayants l’un que l’autre. La sécurité de l’emploi et l’incertitude des récoltes laissent songeur le vieux père à la fois dubitatif et admiratif… Une très belle présentation de la France d’hier et d’aujourd’hui qui peut susciter bien des débats, sauf pour le petit-fils dont le pas a vite fait de dépasser celui de Claire.
B.C.