20 janvier 2025
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« VIVA LA VITA » par Dominique Barbereau-Agenais
Editions : l’Orangerie
Parution : 2024
205 pages
Dominique Barbereau-Agenais avait déjà abordé le thème de l’euthanasie dans son très beau recueil de nouvelles paru en 2017. Elle y revient dans ce roman avec cette maturité de l’âge qui chante la vie plutôt que de la pleurer. Le style s’écoule à toute allure au cœur d’une maison familiale « La Vita » où les retrouvailles du moment sont hantées par la décision de Mamysa, aïeule bien déterminée à donner un terme à sa vie à la fin de l’été. Sans doute la conscience du médecin qui a prêté le serment d’Hippocrate poursuit l’auteure, mais, dans sa préface comme dans la bouche de son héroïne, tout commentaire d’ordre moral ou religieux est interdit. Chacune de ses filles a son propre point de vue. Toutes trois septuagénaires, grand-mères à leur tour, sauront-elles se mettre d’accord ? En peine de solut la narratrice remonte la généalogie, tente de trouver modèle sur les fondateurs de la demeure où débarque maintenant une armée de descendants, tous avec leurs problèmes personnels, amours délaissés, familles recomposées. Alors jaillit l’idée de sauvegarder « La Vita » pour en faire un havre de paix. Les trois grands-mères y parviendront-elles ? Si l’auteure n’a pas le romantisme de Pierre Adrian dans son livre « Que reviennent ceux qui sont loin », son pragmatisme est le plus fort. Il faut agir, écrire des romans , faire du yoga, jouer du violon, en un mot il faut dévorer la vie, lui donner un sens, transcender à tout prix les affres de la mort…
B. Clavel Delsol
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2024
15 décembre 2024
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08:17
« La Petite Bonne » par Bérénice PICHAT
Editions : Les Avrils
Parution : Août 2024
267 pages
21,10 €
Deux femmes que tout oppose, deux styles d’expression, des vers libres très brefs qui courent à toute allure vers l’inévitable et une prose lente et descriptive qui ne cesse de réfléchir au meilleur: une petite bonne et une bourgeoise face à une gueule cassée, autrefois pianiste prometteur auquel il ne reste que des moignons à la place des pieds et des mains suite à la bataille de la Somme, aisément transposable aux guerres contemporaines. Sur ses genoux un pistolet que ses pinces n’arrivent pas à manipuler. Tandis que la Petite Bonne reste à ses côtés, Madame part un week-end à la campagne . Pendant que l’une découvre la superficialité de ses amis, l’autre se bat contre la répugnance de Monsieur pour lui redonner goût à la vie qu’elle-même a perdu. Car tous souffrent, lui dans son corps, les deux femmes dans leur âme meurtrie. Alors quand Madame revient, on tremble devant l’éclat d’une éventuelle jalousie. Très joli livre où une une fois de plus un beau Requiem suffit à apaiser les pires maux de l’humanité…
B. Clavel Delsol
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2024
23 mai 2024
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18:01
« Le miracle de Théophile » par Jérémie DELSART
Editions : Le Cherche Midi
Parution : Mars 2024
397 pages
22,50 €
Cette satire de l’enseignement actuel a le grand avantage d’offrir au lecteur une perspective toute spirituelle et ce, paradoxalement, grâce au diable lui-même. Le stagiaire Théophile de Saint-Chasne est stigmatisé comme réactionnaire dans l’ « Education pour Tous » et son malaise est bien justifié. En permanence soumis à des inspections, à des conseils d’une tutrice et à des récriminations d’une proviseure, cet esthète a bien du mal à imposer sa passion pour la littérature. Peu importe, il fait le serment de ne pas renier son idéal, convaincu que seules les Lettres peuvent sauver la jeunesse de leur léthargie, de leur langage elliptique jusqu’à la vulgarité, de leur obsession égalitariste qui se concrétise avec l’écriture inclusive. Voilà où se cache le diable et Théophile est le seul à s’en apercevoir. Quand Lucifer se manifeste en bel Andalou aux dents immaculées et aux effluves de girofle, il envoûte le corps professoral. Théophile saura-t-il le reconnaître à temps pour lui résister ? Tel est le défi de Jérémie Delsart doué d’un style des plus diversifiés, de connaissances éclectiques , et d’une telle foi qui parviendra peut-être à dérouter Lucifer! Malgré ses sarcasmes et ses excès , ce pamphlet défend un possible retour en arrière pour redonner goût à la beauté littéraire. Livre très intéressant où la personnification du diable est certes un peu naïve mais symbolise à merveille les tentations déguisées de la facilité.
Brigitte Clavel Delsol
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2024
10 février 2024
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18:40
« LE MURMURE » par Christian BOBIN
Editions : Gallimard
Parution : 2024
127 pages
17 €
Œuvre posthume rédigée dans un murmure de la dernière heure, cet ouvrage reste semblable aux précédents. Pas étonnant que Christian Bobin l’aborde par un éloge au musicien Dimitri Sokolov qui comme lui a le culte du moment présent. Pas étonnant que l’envie d’écrire le taraude, car si la maladie est là , son amour pour tout ce qui est vivant est plus fort que jamais. « Pas de temps à perdre », alors perdons le pour mieux apprécier la vie ! L’oisillon saute comme des notes de musique, le linge frais sur le fil comme l’écriture. Livre de guerre pour faire des vivants , car rien de pire que les morts à la vie. Christian Bobin n’en oublie pas pour autant la belle mort , celle qui couronne l’existence, ni la berceuse de l’enfance qui prend dans la solitude la place de Dieu, ni le feu du don total. Car c’est là que se trouve l’amour vrai, « cette timide présence de l’éternel » qui n’a plus besoin d’ailes pour s’unir à l’autre et aller « vers des jours extraordinaires ». Bien bel héritage que nous laisse Christian Bobin : victoire de l’amour sur la mort, de la vie sur les ténèbres, de l’écriture sur le silence éternel!
B. Clavel Delsol
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2024
24 janvier 2024
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18:52
Pour la peau de Shirley Page » par Constance Trautsolt
Editions : Harper Collins
Parution : Janvier 2024
246 pages
19,90 €
Où veut en venir cette jeune écrivaine dont l’écriture puissante coule à flots? Anticonformiste et volontiers provocatrice, elle ne cache pas son amitié d’enfance pour « Alma la pute », ni ses amours avec Hatem, tunisien colérique aux lèvres de mer et de sel, délaissé pour « un garçon au sourire rouge » rencontré dans une boîte de nuit dont on ne connaîtra jamais le nom, tant il importe peu pour elle. Un peu semblable à sa mère par son désir de prendre du large vis-à-vis de sa famille, elle opte pour un travail au centre culturel de Tunis. A son retour, tandis qu’il faut vider la maison d’un grand-père défunt, elle découvre une photo d’une mannequin de la société Kodak de Rochester qui n’est autre que sa mère. Pourquoi celle-ci ne lui a jamais parlé de ce séjour outre-Atlantique ? La curiosité de la narratrice devient obsession. Un sentiment de culpabilité serait-il devenu tabou? La fille volubile veut en savoir plus sur ce laboratoire de photo qui n’embauchait que des jeunes filles à la peau blanche, toutes surnommées Shirley Page. Chasse au mensonge, au racisme comme au machisme, telle semble la raison de ces deux portraits de femmes. L’une était soucieuse de camoufler ses sentiments , l’autre est désireuse de mettre au grand jour les hypocrisies de la vie. Les chapitres défilent entre souvenirs américains et tunisiens, sans plan établi, chacun d’eux annoncé par une couleur, qui va de la plus pâle à la plus chaude, heureux palliatif pour éluder les tabous et les tensions intergénérationnelles très à la mode. B.C.D.
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Published by brigitte clavel-delsol
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2024