8 juin 2026
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"BOUTES"
par Pascal Quignard

Editions: Hardies
parution : Mai 2026
111 pages
17 €
« Boutès » serait-il la suite de « Il n’y a pas de place pour la mort » ? Dans son dernier recueil Pascal Quignard, comme Boutès, plonge sans hésitation dans le monde de la musique, « tentation qui est au-dessus de nos forces ». Le chant des Sirènes n’est autre que l’incarnation mythique de la Beauté. C’est pourquoi Ulysse, le clairvoyant, se fait ficeler à la proue de son bateau pour les écouter sans crainte d’être emporté ; Orphée, joueur de cithare, parvient à leur répondre par un contre-chant ; mais Boutès, l’Argonaute dissident, préfère sauter à l’eau pour les rejoindre. C’est l’attrait inhérent de l'homme pour l’absolu que met ici P. Quignard en exergue. Lui-même n’a -t-il pas toujours été happé par la poésie et la musique ? Comme celui qui toute sa vie nage à contre-courant pour retrouver sa source initiale, là où les saveurs du monde pénètrent l’âme, P. Quignard nous invite au « principe de l’action » : la musique n’est autre que la nostalgie de l’état antérieur. Car dans l'ontogenèse comme dans la phylogenèse, l'émotion artistique est conséquence de l'attrait vocal avant même l'appel instrumental. Si retourner à la condition originaire c’est remonter le temps au son des souvenirs, alors l'esthète a trouvé sa raison de vivre et les Sirènes ne lui font plus peur. Livre où mythologie et poésie se réunissent au plus grand bonheur du lecteur.
B. Clavel Delsol
Published by brigitte clavel-delsol
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dans
2026
1982
4 février 2016
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19:04
Editions : Folio
1ère Parution : 1982
272 pages
Le succès attribué à « Vendredi, ou les limbes du pacifique » et « Le Roi des Aulnes » a eu tendance à éclipser la beauté de « Gaspard, Melchior & Balthazar ». Et pourtant l’histoire de ces trois rois mages est pleine de vérité sur le fond, de poésie dans la forme, d’originalité dans la symbolique. Michel Tournier mesure la tristesse intérieure de Gaspard due à la couleur foncée de sa peau et de ses amours trahis ; il comprend le désespoir de Balthazar l’esthète, banni par un clergé iconoclaste; il reconnaît sous son habit de mendiant Melchior, le roi déchu de Palmyre par un oncle usurpateur. Alors il partage leur solitude dans le désert, jusqu’à ce qu’ils rencontrent le grand roi Hérode qui leur prône la puissance et la force avant qu’ils ne trouvent au pied de la crèche ce qu’ils avaient toujours cherché. Mais c’est le prince Taor qui est le plus surprenant. La futilité due à sa jeunesse ne l’empêche pas de découvrir un autre royaume, celui qui n’est pas donné une fois pour toutes, mais forgé jour après jour. Alors Michel Tournier ne craint pas de faire voisiner le bien et le mal, les massacres d’Hérode et le « goûter du jardin des cèdres », la pureté de la jeunesse et la corruption de Sodome, le délice du loukoum et l’importance de la nourriture spirituelle. Car étouffer « les sanglots de Lucifer devant les beautés du monde » est le premier but de Michel Tournier qui, de nature insouciante comme ce prince, devient un combattant des ténèbres grâce à son écriture haute en couleurs.
Brigitte Clavel Delsol
Published by brigitte clavel-delsol
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dans
1982