5 mai 2016
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Editions : Actes Sud
Parution : Mai 2016
98 pages
13, 80 €
Estimation : 4,5/5
C’est toute la violence du séisme du 11 Mars 2011 que l’on retrouve dans ce petit recueil, violence non seulement des ravages produits sur la côte Est du Japon mais aussi dans le cœur de Yasuo. Directeur du syndicat des pêcheurs, celui-ci, grâce à sa vieille expérience, a permis à ses collègues d’échapper au tsunami en leur faisant prendre le large avec leur bateau pour devancer l’écrasement de la vague déferlante. Mais une fois de retour sur le rivage rien ne le console des visions d’horreur qu’il découvre. A la culpabilité d’être encore vivant s’ajoute un sentiment d’impuissance. Ses certitudes s’effondrent, l’alcool et le sommeil suppléent son envie de vivre, tout lui échappe jusqu’à la jeunesse de sa femme. Grâce à un style sobre et concis, l’auteure trace les diverses étapes de découragement traversées par Yasuo, jusqu'au moment où il retourne en mer, le travail apportant plus de joie que les subventions qui n’arrivent jamais. Halte dans le temps, prise de conscience de la fragilité humaine devant les forces indomptables de l’univers, ce livre lève avec pudeur le voile des désillusions …
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2016
2 mai 2016
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Editions : Albin Michel
Parution : Février 2016
297 pages
19,90 €
Estimation : 4/5
« Newland » porte bien son nom : il s’agit d’un pays futuriste à partir duquel Stéphanie Janicot montre jusqu’où peut mener l’obsession de l’égalitarisme. Certes il s’agit d’un roman fiction, et l’auteur avec une pointe d’humour caricature un lobby qui n’a pas attendu le XXIIIème siècle pour émerger. Comme Orwell, Huxley, Sansal et Bernard Behaile, Stéphanie Janicot dénonce la volonté étatique de museler l’homme jusqu’à transformer sa nature profonde. Point de liberté à Newland : la stérilisation est obligatoire, la procréation artificielle est gérée par informatique afin d’éviter jalousies, frustrations, et transmission des gênes. La longévité de vie doit être égale pour tous. La fermeture des frontières est imposée par crainte de la « christanie » et de « l’islamie » voisines. Le respect de la réglementation est surveillé par bracelets électroniques. La population est divisée manu militari en trois castes selon le jugement et les besoins de l’Etat. Au nom de la bonne entente, il s’agit de supprimer toute liberté de créativité et d’expression, tout esprit de compétition, tout culte religieux. Une erreur d’affectation de la brillante Marian va lui permettre de prendre le recul nécessaire pour garder sa lucidité jusqu’à faire un voyage à rebours qui lui apprendra que mêmes les Amazones trouvaient leur bonheur maternel grâce aux mâles… Sous couvert de divertissement ce roman est une véritable mise en garde contre la pensée totalitaire. Sous prétexte de vouloir le bonheur des hommes, ceux-ci sont robotisés. Stéphanie Janicot atteint son but : de ce livre ressort non seulement l’importance de la liberté mais aussi le caractère unique et sacré de l’être humain.
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2016
29 avril 2016
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Editions : Albin Michel
Parution : Avril 2016
356 pages
20,90 €
Estimation 4/5
Et si à partir d’aventures loufoques et de protagonistes originaux l’auteur abordait des sujets très sérieux ? Telle est la réflexion du lecteur dès le début de ce livre, condition sine qua non pour poursuivre sa lecture. Car la proposition du vieux couple George et Yoa Nodier faite à Illan Frêne et son irrésistible compagne Soline cache un mystère : leur suggestion de réincarnation de Yoa dans le corps de Soline est-elle un jeu ou un contrat, une farce ou une menace ? Derrière les exigences que Yoa imposent à Soline qui à son tour somme Illan d’en faire autant, c’est toute une leçon d’amour qui se trame. Le thème principal de la réincarnation n’est autre qu’une métaphore de la transmission, d’un désir de la « nécessité de la durée ». De même le voyage fou jusqu’en Alaska pour perpétuer une civilisation en voie de disparition ou à travers l’Europe pour récupérer Soline symbolise le chemin des épreuves à parcourir à la conquête de l’amour et de la pérennité. L’auteur alterne situations comiques et tragiques, crée des personnages à la fois attachants et cocasses, aborde avec humour des sujets pleins d’actualité, voire métaphysiques. Livre amusant qui fait passer un excellent moment.
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2016
15 avril 2016
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Editions Albin Michel
Parution : Avril 2016
181 pages
12 €
Le flou délibérément voulu par l’auteur avec lequel elle tisse son roman à partir de plusieurs nouvelles ne fait qu’ajouter du charme à ce livre. Les personnages sont tous aussi attachants les uns que les autres dans leur solitude. Les destins sont inattendus, s’unissent ou s’éloignent, se croisent ou s’oublient, tant ils sont fragiles. Les exemples sont multiples mais se ressemblent. La tristesse est toujours due à une misère affective, souvent à une erreur de jeunesse, la plupart du temps à la lâcheté des adultes. L’enfant abandonné, la femme mal aimée, la vie mensongère, la brillance séductrice sont des mélopées universelles. Un rien pourrait suffire à changer le cours des évènements. Avec un peu de courage Emma aurait pu garder sa gaîté ! Avec moins d’égoïsme le cœur de Marina Volonge ne serait pas devenu une coquille vide ! Alors le chagrin doit s’apprivoiser, les efforts se multiplier, le bonheur se gagner dans l’apprentissage de la vie et le secours aux plus malheureux, comme en témoignent la directrice d’école et l’institutrice de la petite Alice! Car sur les chemins qui s’ouvrent devant chacun s’offrent plein de « vies insoupçonnées ». Dans un style fluide et émouvant, Anaïs Jeanneret semble vouloir rappeler qu’il n’y a pas de fatalité, et de conclure : « le bonheur qui tombe comme une bassine d’eau tiède n’est pas le vrai bonheur».
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2016
4 avril 2016
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Editions : Albin Michel
Parution : Février 2016
239 pages
17,50 €
Estimation : 2,5/5
Il est facile de comprendre pourquoi ce roman a inspiré le film de Noami Kawase sélectionné à Cannes. L’histoire se passe au rythme des saisons des cerisiers japonais. Dans sa petite boutique Sentero a bien du mal à fabriquer et vendre ses dorayaki, « les délices de Tokyo ». Sa vie va changer le jour où, en désespoir de cause, il autorise la vieille Tokue à venir l’aider dans son échoppe. Malgré ses mains toutes déformées, les talents de la pâtissière attirent la jeunesse jusqu’au jour où son passé de lépreuse la rattrape. Bien que définitivement guérie Tokue doit repartir, mais en laissant derrière elle une belle leçon de vie, qui enrichira le lecteur autant que Sentero. Emouvante par sa simplicité d’expression et sa dignité, Tokue fait partie de ces personnages qui chantent la beauté de l’existence malgré les plus grandes souffrances. Un combat pour l’espérance, une ode à ces reclus, un livre poignant de réalisme qui mérite d’être lu.
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2016
21 mars 2016
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Editions : Gallimard
Parution : Février 2016
154 pages
15 €
Le feu d’ « Inigo » ne brûle pas dans le dernier livre de François Sureau. C’est là que réside le talent de l’auteur. Il adapte son style à son héros, Charles de Foucauld, à la fois éternel insatisfait, désireux de convertir sans jamais en être apparemment capable. Le fil conducteur est imperceptible, comme Dieu dans la vie de l’officier de St Cyr et du moine de la Trappe. Néanmoins une lueur d’espoir s’élève peu à peu chez ce réfractaire. Le froid ethnologue se métamorphose en un traducteur sensible à la langue et à la poésie touareg. L’aristocrate militaire a la ferme intention d’étendre l’Evangile plus que les colonies. S’il se révèle indulgent pour les déshérités, il fait preuve d’intransigeance pour les milieux fermés, militaires ou religieux. Il croit au progrès mais prône le plus grand dépouillement et le statut de serviteur. L’ouvrage de F. Sureau est sobre, il va dans le sens de Charles de Foucauld, invite à avancer sur une route « sans paroi » entre le royaume des cieux et la vie terrestre, car ils ne font qu’un. Erreur à ceux « qui pensent que Dieu est loin, ailleurs, quelque part, qu’il commande et qu’il juge » ! Très belle réflexion sur le radicalisme et le fanatisme qui montre que Charles de Foucauld est toujours d’actualité !
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16 février 2016
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Editions : Albin Michel
15 €
Janvier 2016
187 pages
On se sent loin du monde quand on lit C. de Calan, loin de toute prétention intellectuelle. Peut-être même qu’au début du livre la narratrice a quelque chose d’exaspérant dans sa tonalité de bonne de curé, de concierge de village au langage cru. Mais bien vite la vie sauvage de cette côte de la Manche enveloppe le lecteur d’une douceur toute authentique. Les aléas de la vie n’épargnent personne, bonheur et malheur cohabitent, et deux jeunes gens se lient d’amitié dès leur enfance. L’un qui a toutes les qualités requises pour être un grand amiral de la Marine préfère devenir prêtre de son village natal. L’autre semble vouloir à tout prix expier la vie dissolue d’une mère déchue en choisissant une vie d’ermite. Chacun dans son sacerdoce anime Saint-Clair-des Champs comme ce roman par sa nature hors du commun et hors du temps. Car Claude de Calan sait comme personne décrire cette région dominée par le mont St Michel où l’on peut vivre certes de coques et de salicorne, mais surtout de prières et de compassion.
Brigitte Clavel Delsol
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2016