Editions : Seuil
Parution : Janvier 2009
293 pages
21€
Andreï Makine ne cesse de nous toucher par ses romans toujours emprunts de réalisme et poésie. Ivan Choutov, écrivain russe dissident, souffre de l’atmosphère frivole de l’après guerre où Tchékhov n’est plus qu’un souvenir démodé. Incompris lui-même, Choutov ne comprend pas la frénésie de Léa la parisienne pour la littérature libertine de Nabokov ni la fièvre matérialiste de Iana la russe qui réaménage un immeuble de St Petersbourg sans se soucier du vieillard sourd-muet qui y loge. Choutov, lui, saura délier la langue de celui-ci. C’est alors que « la vie d’un homme inconnu » commence : dans les horreurs du blocus de Léningrad par les nazis, le jeune Volski se met à jouer du théâtre et à chanter pour soulager les assiégés ou encourager les soldats au combat avant d’être lui même enrôlé à la guerre et de ramasser les corps tombés. Puis au milieu de l’enfer des purges staliniennes, des fausses dénonciations et des camps de concentration, Volski saura toujours faire preuve d’amour et découvrira la joie des bonheurs simples. « Ne rien expliquer, juste montrer cette autre vie », tel est le but de Makine qui souffre comme Choukov de voir les jeunes « bien nourris, instruits, décomplexés », mais auxquels manque l’essentiel, à savoir la poésie de la vie et le bonheur d'aimer.
Brigitte Delsol-Clavel