Editions : Flammarion
Parution : Mars 2009
375 pages
19 €
Il est grand temps de passer au peigne fin ce livre au titre séduisant, aux idées consensuelles très politiquement correctes où il faut un tueur en séries pour parvenir à faire réagir le lecteur. C’est un tableau de la société du monde d’aujourd’hui que veut nous offrir Paulo Coelho avec tout ce qu’elle comporte d’arrivisme, d’intérêt matérialiste et mercantile, de course au bonheur et de rêve de gloire. Les forts écrasent les faibles non seulement de leurs richesses mais de leur vedettariat et de leur bonheur feint. La jeunesse sacrifie tout pour ce miroir aux alouettes, et le millionnaire russe comme le simple détective las de « la maladie de l’âme » n’hésitent pas éliminer ceux qui en souffrent. L’ange et le démon ne font plus qu’un, et si les puissants écrasent les faibles, on assiste surtout à un faible qui élimine des innocents avec la bonne conscience et le sang froid du protagoniste de « Parfum » mais sans le style poétique de Patrick Süskind. Néanmoins doux rêveur, Paulo Coelho fait preuve d’un subtil mélange d’éclairs de vérités et d’inepties à la mode qui font passer un excellent moment : sans doute lui aussi fait-il appel aux « cabinets de tendance » dont il ironise !
Brigitte Clavel-Delsol