5 août 2021
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« DARDANUS » par Jean-Robert PITTE
Editions : Calmann Levy
Parution : Mai 2021
218 pages
18,50 €
Ce roman historique ne se voudrait-il pas initiatique avant tout? Qui est ce Dardanus qui accéda aux plus hautes fonctions de l’empire romain aux côtés de l’empereur Théodose ? Serviteur loyal et sans faille, témoin de tant de crimes et de pouvoirs usurpés, mais aussi de nombreuses conversions chrétiennes, il fut le plus haut général d’Occident, hanté autant par la présence des Barbares aux portes de Rome que par la corruption romaine responsable selon lui de l’effondrement à venir. Mais Jean-Robert Pitte ne se limite pas à la réussite politique de cet humaniste exemplaire. Dardanus est un épicurien, sensible à tous les plaisirs de l'existence qui au lieu de l’éloigner de la vie chrétienne ne vont cesser de l’en rapprocher. Sa quête de l’absolu l’entraîne à une courte retraite sur l’île de Lérins qu’il poursuivra par de nombreux échanges épistolaires avec les plus grands théologiens de l’époque que l’auteur nous fait partager. Ce livre est aussi beau qu’enrichissant et laisse le lecteur avec le désir certain de retrouver en Provence l’havre de paix que ce noble Romain avait construit une fois devenu préfet du prétoire des Gaules. Car Dardanus avait enfin décelé les limites de la raison humaine et compris que seule l’inflexibilité des dogmes chrétiens et l’indulgence pour l’humanité menaient à la paix divine. B. Clavel Delsol
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2021
23 juin 2021
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« Rien qu’une bête » par Franz-Olivier GIESBERT
Editions : Albin Michel
Parution : Mai 2021
357 pages
19,90 €
Franz-Olivier Giesbert ne ménage pas ses lecteurs. C’est en riant jaune que ceux-ci vont découvrir l’humour noir d’une expérience inédite, celle de Charles Aubignan prêt à subir le sort d'un cochon avant son abattage. C'est ainsi que Patrick et Laura , deux amis désireux comme lui de dénoncer la cruauté envers les animaux de boucherie, vont lui faire subir le pire des martyrs. La brillance de l’écriture de F-O Giesbert n’est pas au détriment d’une sensibilité qui va jusqu’à fusionner avec toute douleur, qu’elle soit humaine ou animale. Car c’est bien à toutes les espèces terrestres qu'il s’intéresse. L'horrible métamorphose d' Aubignan a vite fait de devenir insupportable, sous le traitement impitoyable de Patrick, vegan sadique, et de Laura, manipulatrice perverse, à tel point que la maltraitance impitoyable envers leur ami finit par retourner la situation. En dénonçant les gavages d’estomac, les castrations, les engraissements aux hormones et les abattages au couteau, F-O Giesbert tourne en ridicules ces idéologues pourvus des meilleurs intentions pour la cause animale tandis qu’ils martyrisent sans réticence aucune et tuent à petit feu leur meilleur ami. Belle satire du monde actuel où il est un péché de porter une fourrure, une cruauté d’être un carnivore, mais où il est permis d’avorter un enfant, d’euthanasier un vieillard, et de faire dévorer des troupeaux de brebis par des loups intouchables car sacrés..Livre sordide mais très drôle!
B. Clavel Delsol.
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2021
22 juin 2021
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« Au prochain arrêt » par Hiro Arikawa
Editions : Actes Sud
Parution : Mai 2021
184 pages
18,50 €
C’est au cœur de son pays que l’auteur japonais nous emmène, sur une ligne ferroviaire où un petit train toujours bondé dessert plusieurs gares urbaines. Les passagers montent et descendent, certains très silencieux, d’autres très bruyants, mais tous apportant un message qu’il faut savoir décrypter. Ainsi le conseil d'une grand-mère bienveillante sauve Shoko de sa tristesse, les paroles d’une lycéenne follement amoureuse remettent en cause l’amour de Misa pour un homme sans coeur. Les cas sont aussi nombreux que les passagers. Et quand on les recroise plus tard, ce sont les mêmes qui à leur tour témoignent du bonheur trouvé dans une heureuse providence. Car l’attitude de chaque voyageur est par elle-même une leçon de vie. Quand la suffisance pavane ou l’agressivité explose, un seul regard compréhensif, un seul mot d’encouragement, une simple réflexion enfantine suffisent pour consoler le cœur blessé, encourager à descendre du train à temps et remonter dans le suivant avec, pour seul recours, la confiance dans l’avenir. Au fur et à mesure que le train avance l’étendue de l’âme humaine se découvre aussi ample que les paysages traversés. Ce joli voyage allégorique n’est autre que le reflet de la délicate sensibilité de l’auteur qui se plaît à rappeler les vraies valeurs humaines, le respect de l'autre et la fidélité à soi-même sans la moindre concession à une tyrannie ambiante. Un bel ouvrage pour amateurs de psychologie humaine!
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2021
10 juin 2021
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« La beauté dure toujours » par Alexis Jenni
Editions : Gallimard
Parution : Avril 2021
254 pages
19 €
A. Jenni est poète de nature mais il est regrettable qu’il mette ses talents au service de l’indécence. Car que relie Noé à Félice dans un livre qui se veut roman d’amour, si ce n’est sa « queue », mot récurrent du début à la fin ? Certes ces deux êtres sont attachés l’un à l’autre, mais leurs différences s’accroissent au fur et à mesure que leur histoire se déroule. Félice est une avocate brillante qui se consacre à défendre les accusés à tort, car la police attrape toujours les plus faibles, les malins étant plus aptes à leur échapper. Noé est un artiste qui ne sait rien faire d’autre que de dessiner Félice. Les voyages, les dîners mondains ne l’attirent pas, ils le rongent de jalousie en voyant la brillance et le succès de Félice en public. Alors Félice ressent de temps en temps le besoin de prendre du large, pour revenir toujours à lui plus implorante que jamais. Ce livre a quelque chance de remporter du succès : les féministes y trouveront tous les arguments de la femme objet en découvrant le sadisme du premier mari de Félice, les adeptes de l’impudeur y trouveront leur compte, de même que les opposants à l’ordre public. Malheureusement la contemplation charnelle n'apporte pas la clé du bonheur. Certes le narrateur fait l’éloge du langage des corps mais avec une telle indécence mélangée d'inquiétude que, contrairement au titre du livre, c’est un vide abyssal « qui dure toujours » et dans lequel Noé ne peut que « battre des ailes ». On a bien du mal à imaginer Alexis Jenni ,professeur dans un lycée de jésuites lyonnais, transmettre un peu d'Espérance… A moins que ce roman, pris au deuxième degré, soit une belle leçon de morale de la part d'un simple professeur de sciences naturelles!
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2021
15 avril 2021
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« Les terres promises » par Jean-Michel GUENASSIA
Editions : Albin Michel
Parution : Mars 2021
612 pages
22,90 €
Le Club des Incorrigibles Optimistes a légué à Michel Marini le plus beau des héritages : il lui a enseigné que si personne n’est à l’abri de la malchance, chacun est responsable de soi. Mais faut-il vivre ses rêves à tout prix ? La sensibilité de Michel, qui deviendra un célèbre photographe plein d’humanisme et un amoureux plein de persévérance, contraste avec le comportement révolutionnaire de Franck son frère. Un fatalisme semble s’écraser sur ceux qui veulent changer le monde. Franck, après avoir déserté l’armée française et être devenu apatride, se voue à l’avenir de l’Algérie, découvre l'incompétence des nouveaux technocrates, les cruautés de Boumédiène et les bakchichs du commerce. Mais rien ne l’arrête dans son désir de redresser ce pays, ni l’ingratitude du petit voyou orphelin qu’il recueille, ni la colère de son ami épicier Hassen contre les mécréants et recherche, pour se consoler, la vie de Foucauld par Bazin dans la librairie de son ami Habib. Quant à Igor, le père spirituel de Michel, médecin juif qui a fui l’URSS pendant les purges soviétiques, il décide de retourner dans son pays natal pour retrouver les siens. Mais c’est une impitoyable dictature qui l’accueille, où la trahison d’un fils sera adoucie par un neveu inconnu. Les kibboutz juifs ont vite fait de lasser Camille et Michel, tandis qu’Israël se trouve isolée au milieu d’une ceinture ennemie et appelle les siens à la rescousse. Jean-Michel Guenassia ne donne pas de solution, mais décrit les affres de la torture, de l’abandon, ou de la vengeance. Il laisse le lecteur découvrir les méandres de l’âme humaine. Les sentiments fraternels, parentaux, ou amoureux sont loin d’être toujours compréhensibles pour celui qui ne sonde pas les cœurs. Mais la compassion apporte le secours inespéré, comme la loi du sang parvient à réaliser des miracles et l’amitié à redonner confiance. Tel est le rôle de ceux qui s'aiment. En emportant le lecteur aux quatre coins du monde, en faisant maints allers retours entre ses personnages, entre heurs et malheurs, entre athéisme et mysticisme, J-M Guenassia épate par son impartialité et sa capacité d’étreindre toutes les aspirations humaines. Une chose est certaine : la vie est celle qu’on se fait quand on lui donne un coup de pouce ! Le trèfle à quatre feuilles falsifié n’en est-il pas la preuve? Roman très réaliste et magnifiquement écrit qui pourrait bien être le livre de l’été !
B. Clavel Delsol
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2021
31 mars 2021
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« L’homme de Césarée » par Françoise Chandernagor
Editions : Albin Michel
Parution : Février 2021
380 pages
22,90 €
« J ‘ai besoin de croire à ce que j’écris » tel est le secret de Françoise Chandernagor qui, en restant toujours au plus proche de l’Histoire de l'Antiquité, ressuscite la petite reine Séléné, fille de Cléopâtre et Antoine, sous le règne tyrannique d’Octave Auguste. Dans les yeux asséchés d’avoir trop pleuré subsiste l’angoisse d’une enfant que seule la vengeance de ses parents pourrait apaiser. Le récit de Françoise Chandernagor est vivant : l’empereur Auguste a droit de vie ou de mort sur les nouveau-nés, noue et délie les mariages à son gré, remet Juba sur le trône des rois berbères et a la bonne idée de lui envoyer Séléné comme épouse pour s’en débarrasser. C’est un homme puissant et cultivé que Séléné découvre en Juba. Tout réunit ce couple, l’embellissement de Césarée en une petite Alexandrie, la découverte de la source du Nil dans cette terre aride, sans oublier l’humiliation commune qui remonte à leur enfance lors du défilé du Triomphe sur l’Afrique. Sans doute est-ce par esprit de vengeance que l’architecture de Césarée fut d’inspiration et de réalisation exclusivement grecque et égyptienne. Mais si « le Jardin des Cendres » est le reflet de la tristesse inassouvie de Séléné qui mourut en véritable Antigone, Françoise Chandernagor laisse émaner, au-delà des odeurs de sang, les parfums sucrés de l ’Arabie, et échapper, de la bouche de Séléné, les plus beaux vers de “ L’ Art d’aimer” d’Ovide ! Livre tout aussi beau et enrichissant que les deux premiers de la trilogie que le lecteur aimerait bien voir se poursuivre…
B. Clavel Delsol
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2021
24 mars 2021
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« La vie rêvée du joueur d’échecs » par Denis GROZDANOVITCH
Editions : Grasset
Parution : Janvier 2021
196 pages
19 €
Homme de lettres, grand sportif et passionné du jeu d’échecs, Denis Grozdanovitch souligne d’emblée l’importance de l’activité ludique qui a quelque chose de sacré et qu’il faut préserver à tout prix. De suite il réhabilite le joueur d’échecs, communément caricaturé à cause de sa profonde concentration comme un être renfermé, insensible à son environnement. Car loin d’être un robot, ( et D. Grozdanovitch saura démontrer la capacité de programmation en stratégie de l'homme bien supérieure à la stricte tactique des ordinateurs ), le joueur d’échecs développe, par son assiduité au jeu et son exactitude dans le raisonnement, un potentiel d’anticipation, de réflexion et de rapidité tel que son but ultime n’est plus la victoire mais une vision synthétique de la partie sur l'échiquier. Le combat devient harmonie, reconnaissance de l’adversaire comme « moteur immuable" du jeu et du monde . Les mille variantes des soixante-quatre cases ne sont autres qu’un moyen de prendre conscience de l’incomplétude des lois mathématiques et d’une échappatoire possible à la lourde machine en marche du nihilisme. Le jeu d’échecs ne serait-il pas qu’une vivante allégorie de la vie où le joueur fait face aux vicissitudes du quotidien en maintenant droit son équilibre? Ainsi ce livre plaira à tout lecteur, joueur d’échecs ou non, car quel que soit son domaine, le joueur n’est il pas toujours un « pousseur de bois », un enfant manipulateur de figurines, un fertile aventurier ?
B. Clavel Delsol
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2021
12 mars 2021
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« L’Inachevé »
Entretiens sur la poésie
2003-2016
Par YVES BONNEFOY
Editions : Albin Michel
Parution : Mars 2021
299 pages
22,90
Avant de quitter ce monde, Yves Bonnefoy a voulu éclairer sa conception de la poésie. Selon lui, la supériorité des images et des figures sur les concepts philosophiques est indéniable. Notre condition humaine trouve plus de bonheur dans des moments intimes que dans l’abstraction qui n’apporte que du général ou du partiel. Ce sont les temps forts comme les émotions ou les souvenirs qui délivrent de l’enfermement conceptuel, fécondent l’imagination., et s'ouvrent à l'universel. Mais il ne faut pas confondre lyrisme et poésie. La poésie est un dialogue de personne à personne, elle doit se délivrer du « moi », s’ouvrir à l’autre, parvenir au « je » conscient de la finitude, sans pour autant négliger l’importance de l’inconscient et de l’existence diurne pleins du sens de notre finitude. La poésie est aussi mémoire et anticipation. Ainsi « un désir d’être » envahit Y. Bonnefoy, un désir d’expérience et de renouveau du monde, « un sentiment d’immédiateté » dans un proche comme dans une volute d’Alberti ou un regard de Poussin, une dialectique du sens et du son, du dessin et de la couleur, une parenté entre musique, peinture et poésie. Y. Bonnefoy, comme déjà Denis Clavel en 2007 ( Publié chez Edimontagne), trouve dans ces vers de Paul Célan la meilleure définition de la poésie : « Je ne vois aucune différence de principe/entre un poème et une poignée de main ». Grâce à "L'Inachevé" le lecteur ne se sent plus étranger au monde de la poésie, si nécessaire à notre société occidentale ...
B. Clavel Delsol
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2021
3 mars 2021
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« Dictionnaire amoureux de Montaigne » par André Comte–Sponville
Editions : Plon
Parution : Septembre 2020
625 pages
26 €
Quatre siècles séparent Montaigne d’André Comte-Sponville mais notre philosophe contemporain a bien l’intention de redonner vie à l’auteur des Essais trop méconnu aujourd’hui selon lui. Et pourtant la modernité de Montaigne est indéniable, notamment par son style qui va au hasard de sa pensée et de ses expériences, sans construction, et court avec la plus grande spontanéité. Certes les deux philosophes ont plus d’un point commun : leur bagage intellectuel et leur conscience de la complexité humaine ne les font pas hésiter à renverser l’échafaudage livresque quand la pensée devient dogmatique au détriment d’une liberté de conscience. Si le gentilhomme ne dissimule pas ses souffrances physiques et ses tourments métaphysiques, il ne s’enferme pas égoïstement dans sa Librairie. Il ne cache pas son respect pour les habitants du Nouveau Monde, ni sa colère contre les guerres de religions qui sévissent en France. Il est chrétien comme il est périgourdin. Comme A. Comte–Sponville et Socrate il est « du monde ». Rien ne l’indiffère, ni les devises de l’Ecclésiaste ni l’impuissance de la raison à prouver les vérités religieuses. Car «c’est la vie qu’il faut aimer », tout en « cultivant son moi » pour mieux vivre et « se soumettre doucement » aux réalités de la vie. Si la philosophie montanienne rejoint un prudent relativisme, si elle fait preuve d'une certaine distanciation vis à vis des lois et ouvre la voie à la laïcisation , Montaigne est un humaniste avant tout. Mais de là à en faire un homme de gauche, A. Comte-Sponville fait l’erreur qu’il ne fallait pas faire : Montaigne console dans la désillusion et converge vers le principe poétique selon lequel « nature est un doux guide »…
B. Clavel Delsol
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2021
2 mars 2021
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« La maison de Bretagne » par Marie SIZUN
Editions : Arlea
Parution : Janvier 2021
257 pages
20 €
La question du poète: «Objet inanimé avez-vous donc une âme... » ne se pose plus après la lecture de « La maison de Bretagne ». Cette maison ne lui rappelant que de sombres souvenirs familiaux, Claire décide de partir la mettre en vente. Mais une fois arrivée, tous les évènements se conjuguent pour élucider ce qu’elle n’avait jamais pu comprendre plus jeune. Tout l’assaille dans ce village de bord de mer, le côté océan qui incitait un époux à prendre le large, le côté grève solitaire où se complaisait sa mère au cœur apparemment asséché par trop de tristesse, l'image douloureuse d'une soeur noiraude mal aimée. Le talent de Marie Sizun réside dans la simplicité sans détour des sentiments. Il parvient à métamorphoser la grisaille ambiante, joindre les couleurs de la mer à la pudeur des sentiments, entremêler les boucles blondes de l’insouciance à la noirceur du désespoir. La maison abandonnée devient atelier de peinture en même temps qu’un joli roman qui invite à s’ ouvrir au passé pour mieux construire l’avenir. Livre qui laisse dans son sillage tourmenté une lumière indéniable, celle de deux femmes âgées capables de rouvrir le cœur de Claire en même temps que les portes de sa maison ... Lecture sans prétention mais combien apaisante malgré une macabre découverte au tout début qui permet à l’imagination de vagabonder joyeusement en toute bonne foi !
B. Clavel Delsol
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2021