Editions : Mille et une nuits
Parution : Mars 2009
211 pages
15 €
Le style et la démarche spirituelle de ce livre qui aboutit à son apogée avec une lettre adressée à « Chère dissociée, chair désunie » sont dignes d’un Paul Claudel. Malgré les intentions de l’auteur qui se propose d’être le défenseur de la messe du dimanche, ce livre, plein de sensibilité et d’esprit d’écoute, est présenté comme un roman. C’est en effet dans une véritable aventure que nous entraîne l’auteur. A une époque où l’on parlemente sur le travail le jour du dimanche, le narrateur, dans la tristesse de son divorce, décide d’abandonner le chemin du centre commercial pour prendre celui de la messe dominicale. Dimanche après dimanche il se nourrit de la parole divine. La Bible est lue et commentée comme un livre, dont il se rend vite compte qu’il ne peut se passer : à chaque lecture il y a une suite, un suspense dans le temps. Le fidèle est tout ouïe pour cette succession de paraboles au génie poétique qui lui permettent d’atteindre un niveau inaccessible à la raison et étranger au langage du monde actuel: le pragmatisme et l’égalitarisme ambiants laissent place à une mansuétude d’où le Christ n’est pas exclu mais au contraire en est l’origine et la fin, à « une folie de l’amour qui ne s’accomplit que désarmé ». Livre magnifique qui, en présentant les bienfaits de la messe catholique, invite à la seule violence valable et la seule prière digne : tuer la routine en nous et « faire place nette au bon vouloir de Dieu », faire preuve de miséricorde « qui n’est pas le pardon ni l’amnistie »mais le synonyme de « vouloir pur, vouloir saint, vouloir divin », unique remède à un mariage heureux entre un époux et une épouse, entre morts et vivants, entre l’Eglise et les fidèles, chacun étant le Sauveur de l’autre. Livre à lire et à offrir autour de soi pour le bonheur de tous!
Brigitte Clavel