Editions : Gallimard
Parution : Juin 2009
280 pages
18,50 €
« Large bande de solitude et d’abandon »telle est la définition que donne P.Péju à son titre «La diagonale du vide ».C’est ce que va découvrir Marc Travenne après le décès de son ami et associé. Il abandonne « la jungle de béton et d’acier » où il a fait fortune pour se retirer dans un coin perdu d’Ardèche. Là, les souvenirs l’assaillent, la mort rôde et le vide l’angoisse. Ses secrétaires s’inquiètent, sa mère réclame de retourner à Saint-Euvert, son village natal, pour y voir « la progression du vide ». Mais c’est surtout une mystérieuse randonneuse qui accapare ses pensées et l’entraîne sur cette diagonale. Son nom reste énigmatique : Lucie, Marion, capitaine Keller ou Elisabeth Walter ? Quatre noms pour une même femme, deux coupes de cheveux, poursuivante et poursuivie ; celle-ci aura à peine le temps de lui confier qu’elle fait partie des services secrets en Afghanistan, qu’elle est capable de tuer comme de cultiver des roses anciennes, « adoratrice courbée », fugitive soumise."La diagonale du vide » ne s’arrête pas là : Irène, un vieil amour oublié, lui revient de New York, cancéreuse et mourante, suite aux attentats du 11 Septembre. La solitude est alors partout, d’Afghanistan aux Etats-Unis, jusque dans les dessins de l’adolescent ou des souvenirs d’enfance. Pourtant P.Péju décèle « l’étoile du réconfort » qui est faible, certes, mais qui est bien là : dans la couleur d’une chevelure, dans la timidité d’un amour inavoué, dans l’accueil d’un cafetier, dans les lueurs pâles du ciel comme des visages sacrifiés, dans le parfum d' une école abandonnée... Les descriptions sont empreintes de finesse et de beauté, jusqu’à nous faire oublier la cruauté sadique du capitaine Francis.
Brigitte Clavel