Editions : Le Seuil
Parution : Mars 2009
170 pages
15 €
Un petit garçon ébaubi par un aïeul grand bourgeois, un frère aîné protecteur, une maison en bord de mer bondée de monde où il se sent seul, telle est la situation initiale de ce roman plein de poésie où les moments heureux sont comptés pour le protagoniste qui perd à la Résistance les êtres qui lui sont les plus chers. Comme les galets sont polis par la mer, le cœur du héros est fouetté par les réminiscences d’un passé toujours tourmenté. Lui-même journaliste, il va s’absenter à son tour, voir de près la guerre d’Algérie et, comme ceux qui l’ont précédé, ne répondre que par des silences à sa fille. Comme lui elle aime la vie et surtout elle veut comprendre. Elle connaît les mêmes désillusions mais aussi le même amour de la mer, toujours recommencée qui n’en finit pas de mourir. « Moi, il me suffit de regarder la mer, et je ne m’ennuie pas » disait la grand-mère insulaire, sans dire que sa passion était la connaissance des oiseaux marins. Un amour sensuel de l’existence d’où sont exclues toutes recettes de bonheur, toutes réflexions et moyens d’espérer. Toujours le même silence de la part des aînés, comme s’ils voulaient cacher les horreurs de la guerre, des amours achevés, de la mort qui rôde. C’est pourquoi mieux que quiconque le critique littéraire Frédéric Ferney définit l’auteur : « François Maspero ou bonjour tristesse ! » Une sensibilité à fleur de peau qui n’engendre qu’émotions mais un bien beau livre !
Brigitte Clavel