Editions : Fayard
Parution : Juin 2009
287 pages
19,50 €
Invitation au voyage, invitation à regarder le passé pour mieux comprendre le présent, telles emblent être les intentions de l’auteur .Avec un style et une nostalgie dignes de Makine, Jean-Paul Kauffmann nous entraîne dans ce petit pays de Courlande triste mais attrayant. Ce récit est aussi historique qu’intime. La grandeur des seigneurs germano-baltes réussit à percer la misère due au joug soviétique et à l’épuration des Juifs par les nazis. Tel est le charme de Courlande, comme celui d’un visage embelli par la tristesse. « La Courlande, image inversée de l’Italie ».Une lumière pâle, des églises luthériennes austères, des plaines couleur cendre, une mer refermée sur elle-même, des crimes de guerre ineffaçables font de ce pays une terre pauvre mais pas démunie. Le narrateur sort ce pays de sa torpeur, comme le « Résurrecteur » exhume les corps étrangers tués à la guerre. « Beauté tragique », « désolation heureuse », « suite envoûtante » de châteaux délabrés, rencontres incessantes d’anciens asservis dont le quant-à-soi resplendit de dignité et le silence de vie intérieure. Récit de voyage transformé en un conte poétique où l’anéantissement engendre le rêve, le souci de la transmission, le désir de « boire de la liberté ».
Brigitte Clavel