28 janvier 2023
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« Le Rajah Bourbon » par Michel de Grèce
Editions : JC Lattès
Parution : 2007
260 pages
18,50 €
L’ex-roi Constantin de Grèce s’en est allé avec le mystère de Jean de Bourbon, fils du Connétable, dont Michel de Grèce, son cousin romancier, raconte les aventures dans son roman “ Le Rajah Bourbon”. Qui est cet enfant auquel le Connétable remit avant de mourir une blague à poudre aux armes des Bourbons? Sans doute est il son fils légitime qu’il voulut protéger des rivalités politiques dont il était lui-même victime et qui le forcèrent à changer de camp à plusieurs reprises quitte à passer pour un traître. Jean de Bourbon a tout du Connétable quand on suit ses aventures : même fidélité aux êtres qui lui font confiance, même bravoure pour prendre son destin en main sans jamais renier ses convictions. Car sa vie est en danger permanent. La famille royale de France est prête à le supprimer pour s’approprier sa part d’héritage et c’est alors que le lecteur assiste à une course poursuite où la vocation combative de ce prince en herbe est servie par une succession d’évènements historico-politiques tout à fait caractéristiques de l’esprit de la Renaissance. Arrivé en esclave à Alexandrie il est promu, grâce à ses qualités d’artilleur, prince de guerre du vice-roi Daoud Pacha d’Egypte, honneur auquel il renonce rapidement. Comme son prétendu père il refuse de se battre contre des Éthiopiens chrétiens qui combattent au nom de leur liberté. Il abandonne Daoud Pacha, opte pour l'armée éthiopienne dont il devient le général le plus populaire, jusqu’à ce que, accusé à tort de trahison par son ami jésuite envers l’empereur Galadewos, il saute dans un navire négrier en partance pour l’Inde portugaise. Jean, de par ses talents guerriers, devient non seulement maître d’artillerie mais ami du Grand Moghol Abkar. Leur estime réciproque qui penche d’un commun accord pour la tolérance religieuse va leur procurer des inimitiés qui iront jusqu’à des rébellions que seul Jean parviendra à maîtriser. Se termine alors la vie périlleuse de ce prince aventurier. Il reçoit en récompense du Grand Moghol deux royaumes, Shergar et Marwar, où se trouvent aujourd’hui encore ses descendants qui comme lui préfèrent oublier leur origine royale. Livre très instructif qui n’est pas une légende mais l’histoire didactique d’un prince fugitif devenu célèbre par sa seule grandeur d’âme. B. Clavel Delsol
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2007
18 mars 2013
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Editions : Desclée de Brouwer
Parution : Novembre 2007
184 pages
14 €
Ce roman est passionnant autant par la vérité historique que par la connaissance de la nature humaine dont fait preuve Lucien Jerphagnon. En Septembre 258 après J-C, Caïus Macrinius, légat en Afrique romaine, porte tout son intérêt à l’audience contre une poignée de chrétiens qui refusent de faire des sacrifices aux dieux païens. Sous l’empire de la peur cinq ont déjà renié leur chrétienté, deux sont morts, mais trois résistent : Stratonikos, obsédé par le reniement de St Pierre, la belle et courageuse Sylvia, et Agapius, le viel et discret évêque de Cirta qui connaît la tentation du doute. Caïus prend alors en main le procès : il s’agit de donner à ces trois êtres une chance de survie, car rien en eux n’apparaît dangereux. Les chrétiens voient ce que la plupart des hommes ne voient pas. Pour eux le royaume des Cieux est bien supérieur à celui de Rome. Alors le tourment gagne Caïus. Il a une mission à remplir : « éliminer d’intolérables innocents ». Avec lucidité il mesure l’absurdité de sa tâche comme les limites du sens du devoir inculqué par son père pour servir Rome. La pensée de L. Jerphagnon va encore plus loin. A la tristesse de Caïus déçu par sa charge, il oppose l’esprit réaliste du premier magistrat de Cirta, le bon vivant Serotinus, l’ami de toujours, qui se console dans le bon vin, car , selon lui, l’esprit de discorde n’épargne personne : même les chrétiens, par leurs faiblesses humaines et leurs ambitions personnelles, laissent succomber l’Agneau et ressurgir la Louve…Belle métaphore pour une bien sombre mais juste prophétie qui résume le tragique de l’Histoire où L. Jerphagnon puise sa réflexion …
B.C
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2007
24 janvier 2011
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Editions : Gallimard
Parution : Décembre 2007
264 pages
17 €
Boualem Sansal n ‘est pas le premier à soulever les graves séquelles psychologique sur la jeunesse des actes de guerre, dissimulés par faiblesse ou par souci de protection. C’est ce que nous révèle le journal intime de chacun des deux frères Schiller, Rachel et Malrich, fils d’un nazi allemand Hans Schiller. Après les horreurs de la 2ème guerre mondiale, « le SS, l’exterminateur, l’usurpateur »se réfugie en Algérie, se bat pour l’indépendance, adopte la nationalité algérienne et se convertit à l’Islam pour épouser la jeune Aïcha. Très vénéré dans son village, il est malheureusement égorgé le 24 Avril 1994, avec son épouse, par les talibans lors d’une cruelle razzia dans leur calme petit bled « en emportant avec lui son secret dans la tombe ». Ses deux fils, qui avaient été prudemment confiés à un oncle dans une banlieue parisienne défavorisée, vont tout faire pour commémorer, chacun à leur façon, ce père et le révéler dans toute sa vérité. L’aîné, parfaitement intégré à la société française, meurt de honte, de folie et de chagrin : « se découvrir le fils d’un bourreau est pire que d’avoir été soi-même un bourreau ». Le cadet, beaucoup plus jeune et inculte, se bat pour faire connaître l’Histoire. Car c’est la loi du silence qui engendre le crime, et les jeunes de la cité doivent connaître la vérité, les dangers du fanatisme et de la haine, les similitudes entre nazisme et islamisme et leurs méthodes barbares, jusqu’à ce que justice soit faite. « Dire la vérité, partout dans le monde ». Tel semble l’intention première de l'auteur talentueux, Boualem Sansal, comme s’il était à la fois témoin du passé et responsable de l’avenir. Mais ce n’est pas facile de contrer un imam qui maintient par la force la nécessité de l’islam dans la cité, qui confirme le statut d’émir à « l’Eradicateur » de Nadia , petite coiffeuse de 16 ans aux mèches blondes, et de pécheurs à ceux qui se désolidarisent de leur frère en islam… Livre plein d’actualité qui fait peur, de réalisme quant à la nature humaine mais d’espoir dans la capacité de discernement d’une jeunesse encore saine !
Brigitte Clavel
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2007
27 décembre 2007
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"Je ne vois aucune différence
entre un poème et une poignée de main"
par DENIS CLAVEL
EDIMONTAGNE
Avril 2007
72 pages
15€
Si la poésie connaît peu d’adeptes, peut-être Denis Clavel saura-t-il sortir ses contemporains de leur torpeur .Car ce poète interpelle :
C’est un intellectuel qui fend son bois et compte ses abeilles
C’est un contemplatif qui pense avec ses mains
C’est un voyageur qui a pour bonheur d’ouvrir sa porte
C’est un pèlerin, certain que « l’enfer serait de n’avoir jamais été »
C’est un prolixe qui invite au silence
C’est un amoureux du silence qui invite à chanter
C’est un sage « parmi les vieux qui savent »
C’est un avide d’éternité qui trouve toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme
C’est un convaincu pour qui « la vie ne meurt pas
Ce qui meurt c’est la mort »
C’est un vitrail qui rend à Marie la lumière qu’elle lui offre
C’est pourquoi je vous invite à lire sa poésie éthérée pleine de vérité.
B.C. Delsol
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2007